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Publié le 14 février 2012

L’oubli de Nicolas Sarkozy à Fessenheim : La France nucléaire a été massivement importatrice d’électricité pendant toute la vague de froid !

M. Sarkozy s’est exprimé le 9 février depuis la centrale nucléaire de Fessenheim (Alsace), reprenant les arguments pronucléaires usés qu’il avait déjà utilisés le 25 novembre dernier depuis une centrale nucléaire (celle de Tricastin). Alors que la question de l’énergie est des plus sérieuse, M Sarkozy s’était alors abaissé à utiliser les arguments les plus éculés, parlant de "moyen-âge" et évoquant le fameux et ridicule "retour à la bougie".

De même, M Sarkozy avait prétendu que le nucléaire donnait à la France "son indépendance énergétique". Or, ce que M Sarkozy s’est bien gardé de reconnaître à Fesenheim, c’est que, tout au long de la vague de froid, la France est continuellement et massivement restée importatrice d’électricité  [1].

Qui plus est, ce sont... principalement des pays qui sortent du nucléaire ou ont refusé d’y recourir qui sauvent la France de la pénurie, piégée dans l’impasse de l’option "centrales nucléaires + chauffage électrique".

De la même façon, M. Sarkozy a prétendu que la sortie du nucléaire nuirait à la compétitivité économique de la France alors que l’Allemagne, où l’électricité serait d’après M. Sarkozy bien plus chère qu’en France, a une balance commerciale largement excédentaire quand celle de la France est lourdement déficitaire. Nouvelle contradiction.

Par ailleurs, M. Sarkozy a évoqué un supposé "consensus" en faveur du nucléaire dans la société française, oubliant que la construction des centrales a été contestée par des manifestations massives, lesquelles ont été réprimées à grand renfort de compagnies de CRS et de gaz lacrymogènes. Il s’agit là d’un bien curieux "consensus".

Sans surprise, M Sarkozy a aussi tenté d’accréditer l’idée selon laquelle le nucléaire serait un important pourvoyeur d’emplois. Là aussi, il ferait bien de regarder vers l’Allemagne où, par exemple, le grand syndicat IG Metall, longtemps pronucléaire, a totalement changé de position justement au nom de l’emploi.

Il faut par contre signaler que M Sarkozy a fait UNE remarque de bon sens par rapport au projet de M Hollande de fermer 24 réacteurs nucléaires : "Si le nucléaire est vraiment si dangereux, ce ne sont pas 24 mais les 58 réacteurs nucléaires français qu’il faut fermer". On ne saurait mieux dire.


[1Cf. sur RTE

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