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Publié le 12 juillet 2012

Revue de presse n°6

Semaine du vendredi 6 au jeudi 12 juillet 2012

Vendredi 6 juillet 2012

EPR - Procès entre Areva et son client finlandais : les citoyens vont perdre

Article des Échos

Les retards et surcoûts gigantesques du chantier EPR de Finlande ont poussé les « partenaires » - l’acheteur finlandais TVO, et le vendeur « constructeur » Areva - à s’attaquer réciproquement devant des instances internationales.
Il apparaît que Areva a gagné cette « première manche », certes, mais la seconde engagera 16 fois plus d’argent (près de deux milliards contre 125 millions). Autant dire que ce premier résultat ne compte pas.
Mais le plus important est de noter que, dans tous les cas, ce seront les contribuables et les abonnés à l’électricité - qu’ils soient français ou finlandais ! - qui paieront pour les factures gigantesques laissées par l’industrie nucléaire. Comme toujours.

Nucléaire : un choix inéluctable... pour les Echos

Article (ou plutôt publi-reportage) sur Les Echos.fr

Le dénommé Henri Prévot a « commis » un mauvais livre de pure propagande pronucléaire, un catalogue d’arguments éculés et faux. C’est bien son droit. Par contre, on s’étonnera que les Echos aient jugé utile de lui offrir, qui plus est sous la forme trompeuse d’un « article », une publicité gratuite et dénué de tout esprit critique.
On pourra néanmoins penser que les services de communication d’EDF et d’Areva, munis de gros chéquiers, apprécieront...

L’ASN hausse le ton sur Fessenheim

Article du Figaro

Nous avons déjà montré que, contrairement à ce qui est prétendu officiellement, l’Autorité de sûreté nucléaire est (bien évidemment) soumise au pouvoir politique (cf par exemple :Abandon de tout moratoire sur le réacteur EPR : Pressions politiques au plus haut niveau de l’Etat sur l’Autorité de sûreté nucléaire). Le pouvoir politique a changé de main, aussi l’ASN change de point de vue...

Voici donc que le radier (la dalle de béton sur laquelle est posée la centrale) n’est subitement plus assez épais pour que la centrale continue à fonctionner, et que celle ci sera donc stoppée si ce radier n’est pas « épaissi » avant juin 2013, opération ruineuse et quasi-impossible à réaliser matériellement.

Or, en 2008, avant même la visite des 30 ans, le chef de la sûreté nucléaire, M Lacoste, annonçait qu’il ne voyait vraiment pas pourquoi il faudrait fermer Fessenheim (cf l’article de l’Alsace du 15/11/2008). Pourtant, le radier n’était pas plus épais qu’aujourd’hui ! De même, à la suite d’une grande inspection en 2009, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) n’avait trouvé que quelques broutilles : un des pires dangers à Fessenheim était le risque pour les salariés de se prendre les pieds dans des câbles ! (Véridique, voir le site de Stop Fessenheim)

Bien sûr, nous nous réjouirons si cette centrale est vraiment fermée en 2013, mais chacun voit bien que l’ASN est instrumentalisée à des fins politiques : le gouvernement n’aura pas besoin d’imposer la fermeture, il ne fera que « se plier » à la décision de l’ASN. Et pendant ce temps, les autres réacteurs de plus de 30 ans continuerons à fonctionner, EDF préparera la mise en service de l’EPR, les chantiers d’ITER et d’ASTRID continueront...

Le directeur de la centrale de Gravelines a échoué

Article deLa Voix du Nord : « Ma mission première : produire de l’électricité en toute sûreté »

Inutile de disserter longuement : en faisant fonctionner une centrale nucléaire, le directeur de Gravelines a de fait échoué à « produire de l’électricité en toute sûreté ». Le plus étonnant est qu’il n’en soit pas conscient...

Samedi 7 juillet

Algérie : le lourd héritage des essais nucléaires français

Article sur Liberté-Algérie

Un bon résumé des exactions commises par la France atomique en Algérie, dont les autorités ont néanmoins été largement complices puisque 11 essais sur 17 ont eu lieu après l’indépendance de l’Algérie. A noter aussi que les 4 premiers « essais » (euphémisme utilisé pour ne pas dire « explosion nucléaire ») ont eu lieu à l’air libre, avec les conséquences que l’on peut imaginer sur les populations algériennes et africaines en général.

Dimanche 8 juillet

Areva veut encore « sauver » le programme nucléaire britannique !

Il s’agit exactement du même effet d’annonce que celui du 19 juin dernier (voir Revue de presse n°3). Toujours la bonne vieille méthode Coué. A noter cependant un « détail » avoué par Les Echos : « Tous ces projets restent suspendus aux aides que le gouvernement britannique accordera aux projets nucléaires ».

Ha bon ? Mais il nous a tant été raconté (y compris dans le Echos) que le nucléaire était rentable ! En réalité, sans de massives aides publiques, aucun projet nucléaire n’est possible. Après avoir claironné de longue date (c’était déjà le cas sous Tony Blair puis Gordon Brown) qu’il ne mettrait pas une livre publique dans ces projets, l’Etat britannique est moins ferme lors des discussions en coulisse.

A la fin des années 2000, pour arriver à ses fins, EDF avait embauché à prix d’or ( avec l’argent de nos factures d’électricité...) le frère de Gordon Brown puis John Hutton, le ministre de l’économie britannique qui avait lancé le projet de nouveau parc nucléaire et supervisé le vente de British energy... à EDF (cf. Challenges). Comment ne pas penser que de telles méthodes (il s’agit clairement de « corruption légale ») sont mises en oeuvre actuellement par EDF et Areva...

Japon : grand concert antinucléaire à Tokyo

Les Japonais continuent de se mobiliser en masse contre l’atome. Ressourcez-vous un instant avec Kraftwerk et son morceau légendaire « Radioactivity ». Pour la petite histoire : le groupe allemand a été amené à rajouter un gros STOP avant Radioactivity car, malgré l’évidente dénonciation de l’atome, certaines personnes croyaient ou faisaient semblant de croire qu’il s’agissait d’une ode à la radioactivité et donc à l’industrie nucléaire...

Lundi 9 juillet

Nucléaire : la dictature biélorusse sur la « bonne » voie...

Article de Nuklearforum.ch : « L’AIEA donne son satisfecit à la Biélorussie »

La Biélorussie est dirigée d’une main de fer depuis 17 ans par le dictateur Loukachenko. Ce pays est celui qui a été le plus touché par la catastrophe de Tchernobyl, encore plus que l’Ukraine (où se trouvait pourtant la centrale accidentée).
Depuis des années, le dictateur biélorusse travaille main dans la main avec le lobby nucléaire, en particulier sa composante française, pour cacher la vérité sur les vraies conséquences de Tchernobyl (cf article de la CRIIRAD)
Rien d’étonnant donc à ce que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui adore les dictateurs (car ils sont tous pronucléaires), donne son satisfécit au pouvoir biélorusse... qui veut dépenser des milliards pour construire deux réacteurs nucléaires russes.
Pendant ce temps, avec la bénédiction du lobby nucléaire français, des millions de biélorusses consomment quotidiennement des produits contaminés car ils n’ont rien d’autre à manger.

Areva en Bourse : le Figaro y croit !

Brève du Figaro : « Bourse : Areva en nette hausse »

Il n’y a pas si longtemps, l’action d’Areva en bourse valait 82 euros. Aujourd’hui, elle n’est plus qu’à 11 euros (85% de pertes !), mais le Figaro s’enflamme pour une « énorme » remontée de 1 euro. C’est beau l’optimisme.

Mardi 10 juillet

Dans la série « Faites nous confiance »...

Dépêche AFP : « Les centrales nucléaires suisses résistent aux séismes »
« Nos centrales nucléaires résistent aux séismes ! » : c’est exactement ce que prétendaient les pronucléaires et l’autorité de sûreté japonaise jusqu’à la veille de Fukushima. Il est donc facile de savoir quoi penser de ces fanfaronnades suisses...

Nucléaire : puisque tout va mal, continuons !

Article de Euractiv,com : « La Lituanie veut plus d’argent pour démanteler sa centrale nucléaire »

La Lituanie subit son passé soviétique, en particulier concernant le nucléaire, c’est un fait. Ce pays réclame encore et toujours plus d’argent (public !) à l’Union européenne, pour démanteler sa centrale russe, ce n’est pas une surprise : que les centrales soient soviétiques ou capitalistes, leur démantèlement est toujours légué aux générations suivantes et « offert » aux finances publiques.
Mais comment expliquer que les « élites » lituaniennes, malgré cette expérience aussi édifiante que désastreuse, veulent néanmoins... la renouveler, à savoir construire une nouvelle centrale nucléaire ? Si on écarte la stupidité, il reste la corruption...

Mox : puisque tout va mal, continuons !

Articles (ou plutôt « publi-reportages ») :

Opération de propagande d’Areva en faveur du fameux MOX. Ce combustible nucléaire contient du plutonium : il est donc encore plus dangereux que le combustible « ordinaire » (ne contenant « que » de l’uranium) et a par exemple aggravé les conséquences de la catastrophe de Fukushima.

Pourtant, on cherchera vainement la moindre remarque désagréable dans les articles des trois quotidiens régionaux qui ont couvert (disons plutôt « relayé ») cette opération de com, de même que dans le papier de l’Usine nouvelle, toujours là lorsqu’il s’agit de tresser des louanges à l’atome. Ces 4 « articles » retranscrivent consciencieusement la prose du Président d’Areva, à savoir que Fukushima n’a causé aucun tort à l’industrie nucléaire, que le monde entier s’arrache le MOX, qu’Areva se porte à merveille, etc.

Mais c’est probablement l’article du Midi libre qui gagne ce concours de complaisance. En effet, la présence de MOX dans un des réacteur accidentés de Fukushima y est... carrément valorisée : « L’un des réacteurs de Fukushima utilisait d’ailleurs ce combustible, dont un seul assemblage peut alimenter en électricité une ville de 100 000 habitants pendant un an. Le Mox est donc un produit extrêmement puissant » Areva ronronne de plaisir...

A noter aussi : les deux députés PS (et ultra-pronucléaires) que l’on peut voir sur la photo avec le Président d’Areva viennent d’être élus avec le soutien dès le premier tour d’Europe Ecologie Les Verts (EELV), qui a aussi pris soin d’exclure les deux militantes vertes (et antinucléaires) qui s’étaient présentées quand même...

Mercredi 11 juillet

Japonaise, occitaniste, et antinucléaire !

Article du Midi Libre

Ne manquez pas de lire ce bel article. Une fois n’est pas coutume, bravo au Midi Libre, qui peut donc arriver à écrire des choses intéressantes... lorsque ce n’est pas le service « économie / industrie » qui est à la manoeuvre !

Industrie nucléaire : tous premiers !

Dépêche de Marketwire (Canada)

L’intérêt principal de cet article n’est pas de constater que des ingénieurs et experts canadiens du nucléaire se mobilisent pour essayer de sauver leur industrie et leurs (lucratives) activités.
Non, ce qui est notable, c’est que ces gens affirment que « Le Canada a une chance de maintenir son expertise dans un domaine où il est aujourd’hui reconnu comme un chef de file mondial ».
Chef de file mondial du nucléaire ? Mais... on nous a tellement dit que c’était la France ! Et en Russie, il est dit que c’est la Russie. Aux USA, on prétend que ce sont les USA. Etc. Ils sont tellement forts dans le nucléaire qu’ils sont tous premiers...

Nouveau : sortir du nucléaire multiplie les déchets radioactifs !

On croyait avoir tout vu avec Eric Besson se déclarant « rassuré par l’état de la centrale de Fukushima » (cf. Eric Besson « rassuré » par l’état de la centrale de Fukushima : alerte générale en France !) ou Nicolas Sarkozy prétendant que « Fukushima n’est pas une catastrophe nucléaire » (cf. Faut-il en rire ou en pleurer ? Selon M. Sarkozy, « Fukushima n’est pas un accident nucléaire »...).
Mais le lobby nucléaire peut faire toujours pire : ainsi, aujourd’hui, on apprend que ce n’est pas la continuation mais l’arrêt du nucléaire qui va démultiplier les déchets radioactifs ! Il suffisait d’y penser.
Le plus étonnant n’est pas que l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA), dont la mission première est de mentir et désinformer, ait osé cette énormité. Le plus incroyable est que divers médias aient l’aient reprise telle quelle : « La conséquence de l’abandon du nucléaire serait une multiplication par 10 du volume de déchets à vie longue. »

Voir dans dans un prochain communiqué de l’Observatoire du nucléaire un décryptage complet de cette affaire.

Déchets nucléaires immergés : la Suisse nous informe

A l’occasion de la publication de la quatrième édition de son inventaire national des déchets radioactifs, l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets, le quotidien suisse Le Matin rappelle que des quantités inouïes de déchets nucléaires ont été immergées dans les océans, en particulier dans l’Atlantique nord. Pour avoir de telles informations en France, pays qui a largement participé à ces opérations véritablement criminelles, il faut se reporter à un grand article de Science et vie publié... en 1992. Il y a 20 ans.

Jeudi 12 juillet

Centrale de Tihange (Belgique) : une fuite radioactive depuis 10 ans !

Article de la Libre belgique

No comment !
A la semaine prochaine...

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