Observatoire du nucléaire

— Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire —

Accueil > Communiqués > Comment le lobby atomique mondial tente de cacher l’effondrement de la part (...)

Publié le 1er juillet 2013

Comment le lobby atomique mondial tente de cacher l’effondrement de la part du nucléaire

L’Observatoire du nucléaire met au jour la manoeuvre peu glorieuse de la
World nuclear association (WNA) - Voir l’explication

La WNA a fait disparaître de son site web la courbe mauve(la part du nucléaire dans la production mondiale d'électricité) au lieu de la mettre à jour comme ci-dessus. Voir ici la mise au jour de ce peu glorieux subterfuge. Mais il est vrai que la tendance est désespérante pour les promoteurs de l'atome...
La WNA a fait disparaître de son site web la courbe mauve(la part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité) au lieu de la mettre à jour comme ci-dessus. Voir ici la mise au jour de ce peu glorieux subterfuge. Mais il est vrai que la tendance est désespérante pour les promoteurs de l’atome...

La World nuclear association (WNA) regroupe la plupart des entreprises de l’industrie nucléaire dans le monde, dont EDF, Areva, Westinghouse, Mitsubishi, etc. Cette organisation fait la promotion de ses activités sur son site web et publie des données sur la production mondiale d’électricité nucléaire sur sa page "Nuclear Power in the World Today".

Cette page propose en particulier, théoriquement mis à jour chaque année, le diagramme titré "Nuclear electricity production and share of totale electricity production". Comme son nom l’indique, ce diagramme permet de voir la production annuelle d’électricité nucléaire (bâtonnets bleus) mais aussi la courbe de la part de l’électricité nucléaire dans la production mondiale d’électricité (courbe mauve).

Or, si la page a été l’objet de quelques mises à jour mineures (elle porte encore la mention "Updated april 2012"), le diagramme est pour sa part resté figé pendant plus de deux ans, avec les chiffres de 2010. L’explication de ce blocage est très simple : en mars 2011 a commencé la catastrophe nucléaire de Fukushima, à la suite de laquelle le Japon a stoppé sur environ un an ses 54 réacteurs nucléaires (deux d’entre eux ont cependant été remis en service depuis) et l’Allemagne a définitivement mis à l’arrêt 8 réacteurs. Concrètement, la production mondiale d’électricité nucléaire a fortement baissé en 2011 et encore plus en 2012.

Le 20 juin 2013 [1], après deux ans de "gel", la WNA a enfin mis à jour son diagramme emblématique qui montre enfin la baisse de 2011 et 2012 mais qui permet aussi de constater une baisse continue de la production nucléaire mondiale depuis son apogée en 2006, à part un "rebond" en 2010. Notons cependant que la part du nucléaire dans l’électricité mondiale avait quand même nettement baissé en 2010 : les autres sources de production d’électricité progressent beaucoup plus vite, en particulier les énergies renouvelables.

Mais surtout, il est notable que, sur le nouveau diagramme, la WNA a fait disparaître de son propre document la courbe de la part du nucléaire dans l’électricité mondiale.

Le titre du document a d’ailleurs été raccourci en "Nuclear electricity production" : exit "Share of totale electricity production". A nouveau, l’explication de cette auto-censure est simple : avec la baisse nette de production nucléaire en 2011 et 2012, la part du nucléaire dans l’électricité mondiale est désormais carrément en chute libre, ce que la WNA souhaite absolument cacher à l’opinion publique.

En effet, le lobby nucléaire tente actuellement de faire croire que la catastrophe de Fukushima est déjà "oubliée", que les "enseignements" de ce drame ont même permis de rendre "plus sûre" l’énergie nucléaire et que cette dernière est appelée à un avenir "radieux". Il est évident que cette grossière désinformation ne saurait être confortée par une courbe... qui démontre clairement que la réalité est inverse : alors que l’atome générait près de 17% de l’électricité mondiale en 2000, cette part est aujourd’hui inférieure à 10%.

Le lobby nucléaire s’accroche désespérément à l’hypothèse de la remise en service d’une partie des réacteurs japonais mais, même si cette décision irresponsable était prise, elle ne ferait que retarder légèrement la chute brutale et irréversible de l’atome : la plupart des 400 réacteurs en service sur la planète sont anciens et les fermetures définitives se succèdent à un rythme bien plus élevé que les rares mises en service de nouveaux réacteurs.

La réalité est implacable : le nucléaire est une énergie marginale sur la planète alors qu’elle impose des dangers extrêmes (catastrophes, déchets radioactifs, contaminations, prolifération à des fins militaires, etc), des problèmes insolubles (démantèlement des installations, déchets radioactifs) et laisse à nos enfants des factures incommensurables.

Afin de rétablir la vérité, l’Observatoire du nucléaire publie aujourd’hui le diagramme complet tel qu’il aurait dû être édité, c’est à dire avec la courbe édifiante que la WNA veut censurer.

Soutenez l'Observatoire du Nucléaire