Observatoire du nucléaire

— Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire —

Accueil > Communiqués > Climat : remplacer le Président du GIEC par une personne indépendante du (...)

Publié le 23 février 2015

Climat : remplacer le Président du GIEC par une personne indépendante du lobby nucléaire

Le représentant français Jean Jouzel doit lui aussi être remplacé du fait de ses activités lucratives… et fortement émettrices de gaz à effet de serre

Costa Jean Jouzel

M. Rajendra Kumar Pachauri (Inde), président depuis 2002 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), est actuellement mis en cause dans une affaire trouble [1] et ne pourra de fait présider cette semaine la session plénière organisée à Nairobi. Il ne faut certes pas préjuger de la culpabilité de M. Pachauri, cependant il est grand temps de remplacer cet individu aux activités controversées depuis des années [2].

Mais le remplacement de M Pauchari se justifie tout autant par le fait que ce personnage est objectivement à la solde de l’industrie nucléaire, ne manquant jamais une occasion de promouvoir l’atome comme moyen de… "sauver" la planète.

Il est d’ailleurs notable que M Pauchari n’a été proposé à ce poste par son pays que parce qu’il est aligné sur la position totalement pronucléaire des gouvernements indiens successifs. Cet engagement subjectif et absurde a ainsi été réitérée il y a quelques jours à Paris lors de la visite rendue par M Pauchari à… la Société Française d’Energie Nucléaire ! [3]

L’Observatoire du nucléaire dénonce plus globalement la tromperie programmée par les autorités françaises qui, lors de la grande conférence mondiale (dite COP 21) prévue à Paris fin 2015, vont-elles aussi tenter de faire passer l’atome pour un biais acceptable et efficace pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Chacun doit au contraire savoir que l’option nucléaire est à la fois absurde (contaminer la planète pour la "sauver" n’est pas très malin) et inefficace (le nucléaire couvre moins de 2% de la consommation mondiale d’énergie, une part infime, en baisse continue depuis 15 ans et en déclin irréversible avec le vieillissement avancé de la majorité des réacteurs en service sur Terre).

Il est à ce propos nécessaire de se pencher aussi sur le cas de M. Jean Jouzel, le membre français du bureau du GIEC. Il est d’abord notable que M. Jouzel est membre du Commissariat à l’énergie atomique et, à ce titre, cautionne lui aussi l’absurdité du recours au nucléaire… pour "sauver" la planète.

Mais M Jouzel se signale aussi par ses conférences grassement rémunérées sur les bateaux de croisière [4] dont la prochaine est programmée du 9 au 19 août 2015 [5]. Il s’agit là d’une activité terriblement émettrice de gaz à effet de serre (les paquebots de croisière consomment de gigantesques quantités de fuel) pour des déplacement parfaitement inutiles puisqu’il s’agit seulement de promener de riches personnes (le prix des places allant de 5000 à 8000 euros !).

L’Observatoire du nucléaire attire d’ores et déjà l’attention de l’opinion publique sur la gigantesque supercherie que va constituer à la fin de l’année la COP21 dont ne sortira aucune décision à même de protéger l’environnement et les populations. Bien au contraire, ce gigantesques "barnum" va être l’occasion pour les multinationales de l’atome et des énergies fossiles de faire passer pour "écologiques" leurs activités pourtant terriblement polluantes, contaminantes et dangereuses.

Soutenez l'Observatoire du Nucléaire