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Publié le 20 novembre 2014

Coup de théâtre lors du procès du "don d’Areva"

Uranium/Niger/Corruption

L’Observatoire du nucléaire a présenté une pièce explosive :

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Pascal Terrasse, député PS de l’Ardèche, est un proche de Manuel Valls

Depuis décembre 2012, l’association Observatoire du nucléaire accuse Areva d’avoir opéré une "manoeuvre relevant de la corruption" par le biais d’un curieux "don" de 35 millions d’euros directement affecté à l’achat d’un avion pour le Président du Niger… un ancien cadre Areva.

Ce versement avait comme par hasard été annoncé au moment même où les dirigeants nigériens tentaient d’obtenir une augmentation du prix d’achat de l’uranium, enlevé par Areva depuis des décennies à un tarif dérisoire.

Areva a dans un premier temps nié l’existence de ce versement et a attaqué l’Observatoire du nucléaire sous prétexte de "diffamation", puis a été contrainte de reconnaître l’existence de ce curieux "don" mais en prétendant subitement qu’il s’agissait de "sécuriser les mines d’uranium".

(cf détails et chronologie)

Malgré les pièces édifiantes produites (lettre du ministre des finances du Niger, enregistrement audio d’une séance de l’Assemblée nationale du Niger, etc), l’Observatoire du nucléaire a été condamné en première instance par le biais d’un jugement comportant des fautes grossières.

(cf Un jugement entaché de plusieurs fautes grossières)

Le procès en appel se tenait ce mercredi 19 novembre 2014 à la Cour d’appel de Paris. Les deux parties ont globalement présenté les mêmes arguments et les mêmes pièces qu’en première instance, à une exception près  : l’Observatoire du nucléaire a produit un extrait du rapport parlementaire n°2192 déposé le 10 septembre 2014 à l’Assemblée nationale (voir la page 56).

Ce rapport relate explicitement les discussions tenues en commission, et l’on peut constater en page 56 que, à propos de «  la présence des entreprises extractives françaises (…) sur le continent africain », M.Pascal Terrasse, député PS de l’Ardèche, a déclaré : « Les responsables politiques, notamment africains, font monter le prix des autorisations. C’est ainsi qu’Areva a dû acheter au président de la République nigérienne un avion de 32 millions d’euros il y a quinze jours ! ».

Il s’agit là d’une information de la plus grande importance : M Terrasse révèle que, pour atteindre certains de ses objectifs, l’entreprise Areva a offert un avion au Président du Niger. C’est une affaire de la plus grande gravité.

Cet aveu stupéfiant vient totalement confirmer les accusations portées par l’Observatoire du nucléaire. Ce dernier écrit ce jour même à M Terrasse pour lui demander de donner toutes les informations en sa possession pour faire éclater la vérité mais aussi dans la perspective du verdict du procès du "don d’Areva" qui sera rendu le 21 janvier 2015 à la Cour d’appel de Paris.

Jeudi 20 novembre 2014

Stéphane Lhomme
Directeur de l’Observatoire du nucléaire
12 rue des Pommiers 33490 St-Macaire

À M. Pascal Terrasse


Député de l’Ardèche

Monsieur le Député,

Lors des travaux de l’Assemblée nationale, comme il est possible de le constater sur le site web de l’Assemblée (à l’adresse http://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/rapports/r2192.pdf page 56), vous avez déclaré :

"Areva a dû acheter au président de la République nigérienne un avion de 32 millions d’euros il y a quinze jours"

Il se trouve que l’entreprise Areva poursuit en justice l’association Observatoire du nucléaire (ainsi que moi-même à titre personnel) pour une prétendue diffamation après que nous l’ayons accusée d’une "manœuvre relevant de la corruption".

Il s’agissait précisément de dénoncer un curieux "don d’Areva" de 35 millions d’euros, versé fin 2012 au budget national du Niger et… directement pré affecté à l’achat d’un avion pour le Président de ce pays, M Issoufou, qui est d’ailleurs… un ancien cadre d’Areva.

Votre déclaration faite à l’Assemblée nationale est donc absolument cruciale. Il est nécessaire de faire toute la vérité dans cette "affaire du don d’Areva" et, de façon plus générale, sur les pratiques d’Areva au Niger.

Nous vous demandons donc solennellement de nous faire savoir quels sont les documents et informations qui vous ont permis de découvrir que l’achat du nouvel avion du Président du Niger, rendu public de façon anodine le 1er septembre dernier, a en réalité été financé par Areva.

Nous vous remercions par avance et vous assurons, Monsieur le Député, de notre engagement sans faille en faveur de la protection de l’environnement et de la démocratie.

Stéphane Lhomme


Directeur de l’Observatoire du nucléaire
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