Observatoire du nucléaire

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Publié le 16 août 2012

Revue de presse n°11

Semaine du vendredi 10 au jeudi 16 août 2012

Vendredi 10 août

Le nucléaire se fissure en Belgique et ailleurs (suite)

Nous nous sommes quittés la semaine dernière en évoquant la découverte de dangereuses fissures sur les cuves de réacteurs belges, avec la probabilité de trouver les mêmes défauts sur une vingtaines de réacteurs en Europe, aux USA et en Argentine.

  • Article RTL-Belgique : « Ce type de défaut peut conduire à une explosion nucléaire »
  • Dépêche AFP : « L’agence de sûreté nucléaire belge sceptique sur la réouverture de Doel 3 »
  • Dépêche 7sur7 (Belgique) : « Cuves défectueuses : les régulateurs du nucléaire se réunissent le 16 août »
  • Dépêche de Boursier.com : « EDF en baisse malgré les messages rassurants de l’Autorité de sureté nucléaire »
  • Article de LaTribune.fr (16 aout) : « La Belgique soumettra ses conclusions fin septembre à des experts internationaux »

On notera que l’Autorité de sûreté nucléaire française n’a pas perdu de temps pour assurer à qui voulait bien l’entendre que les cuves des réacteurs français allaient très bien (ce qui est faux : lire L’Essentiel du 16 août 2012). Quant aux sociétés de cotations en bourse, elles se préoccupent bien plus de la pauvre action EDF que du risque de catastrophe. Enfin, aux dernières nouvelles, les « experts internationaux » se retrouveront en septembre et octobre pour savoir quoi penser de ces fissures. L’Observatoire du nucléaire est tout disposé à suggérer à ces « experts » quelques décisions à effet immédiat...

Emplois et sortie du nucléaire : la curieuse comptabilité de Reuters et de l’AFP...

  • Dépêche Reuters : « RWE va supprimer 2.400 postes supplémentaires »
  • Dépêche AFP (14 août) : « RWE, encore éprouvé par la sortie du nucléaire, taille dans les emplois »

C’est en l’an 2000 que l’Allemagne a décidé d’engager la sortie du nucléaire. Très lentement hélas, mais le point positif était la décision simultanée d’investir dans les énergies renouvelables, ce qui a eu entre autre effet de créer plus de 300 000 emplois.

Les aléas politiques ont bien failli remettre en cause cet objectif, mais la catastrophe de Fukushima a définitivement obligé les dirigeants allemands à respecter la volonté populaire, radicalement antinucléaire. Les entreprises allemandes s’adaptent évidemment à cette nouvelle donne, c’est donc logiquement que les emplois dans le nucléaire sont en diminution, pendant que les emplois dans les alternatives sont démultipliés.

Pourtant, en lisant les récentes dépêches d’agence, on pourrait croire que la sortie du nucléaire sème la désolation et la misère. Titrant avec entrain sur les emplois supprimés dans l’atome, Reuters et l’AFP n’ont pas jugé utile de rappeler que les emplois créés dans les alternatives sont immensément plus nombreux...

Nucléaire : Israël envisage d’attaquer l’Iran avant novembre

Nous n’avions pas encore évoqué dans cette revue de presse les grandes manœuvres en cours autour du nucléaire iranien. Il est vrai que ce dossier fait l’objet depuis des années d’un véritable feuilleton à rallonge, à grand renfort d’effets d’annonce, de menaces de matamores, etc.

Pourtant, cette fois-ci, il se pourrait que nous entrions hélas dans une période réellement critique. Israël se préparerait pour de bon à bombarder les installations nucléaires iraniennes, avec des conséquences dramatiques pour l’avenir de la planète, mais pourtant avec la bénédiction (et l’aide indirecte mais décisive) des USA et des européens.

Disons les choses une bonne fois pour toute :

  • il est stupide et criminel de développer un programme nucléaire, qu’il soit militaire ou prétendument civil...
  • ...mais l’Iran a autant le droit que d’autres pays - à commencer par Israël - d’être stupide et criminel

Oui, bien sûr, les dirigeants iraniens font froid dans le dos... mais finalement pas plus que Poutine (Russie) ou Hu-Jintao (Chine). Sans oublier que Thatcher (Grande-Bretagne), Bush (USA) et Sarkozy (France) ont eu eux aussi accès au « bouton nucléaire », même si des personnalités supposées moins inquiétantes sont pour le moment en place dans ces trois pays.

Quant à la prétendue « rationalité » des dirigeants d’Inde, du Pakistan ou d’Israël, il est bien subjectif de la prétendre supérieure à celle des dirigeants de l’Iran ou même de la Corée du Nord (ces derniers ne feront de toute façon rien sans l’aval de la Chine). A suivre...

Samedi 11 août

Le nucléaire français part en lambeaux...

  • Article de la Nouvelle République : "Civaux : le réacteur n° 2 reste à l’arrêt"
  • Article du Dauphiné Libéré : « La centrale du Tricastin n’a pas assez tiré les leçons de la fuite d’uranium de la Socatri »

Deux exemples parmi d’autres qui témoignent de la désagrégation du parc nucléaire français. Tout cela va très mal finir, c’est une évidence...

Lundi 13 aout

Une voix douce venue du Luxembourg

Edito de Lequotidien.lu

Rien à rajouter à cet édito tout de bon sens et de fraicheur...

Libération zappe Uramin et protège Mme Lauvergeon... ... présidente du Conseil de surveillance de Libération !

Conflit d’intérêt et journalistes bâillonnés. Le quotidien sud-africain Mail and Guardian fait d’importantes révélations sur l’affaire Uramin, du nom de cette société minière ne valant pas un kopek mais payées 2,5 milliards en 2007 par Mme Lauvergeon, alors PDG d’Areva. Cette gigantesque faute professionnelle cacherait en réalité une affaire de corruption.

Or Mme Lauvergeon est aujourd’hui présidente du Conseil de surveillance de Libération et, comme par hasard, ce quotidien a totalement "oublié" de parler des révélations du Mail and Guardian. Notons d’ailleurs que, en quasi totalité, les médias français ont gardé le silence sur ce rebondissement : la puissance publicitaire d’EDF et Areva n’y est assurément pas étrangère... (Cf. plus de détails : Communiqué de l’Observatoire du nucléaire)

Mardi 14 août

Nucléaire : les rats quittent-ils (enfin) le navire ?

  • Dépêche AFP : « Toshiba veut vendre 16% de Westinghouse pour doper ses chances en Asie »

Westinghouse est une société créée aux USA en 1886 et qui, au milieu du 20ème siècle, a développé d’importantes activités dans le nucléaire. D’ailleurs, 54 des 58 réacteurs nucléaires « français » sont en réalité américains, EDF ayant acheté les licences de construction à Westinghouse (cf détails : http://observ.nucleaire.free.fr/40ans-de-flop.htm )

Westinghouse est passée sous le contrôle du Japonais Toshiba en 2006, à une époque où les médias du monde entier annonçaient un supposé « grand retour du nucléaire » et la construction à venir de centaines de réacteurs. Or, ce « grand retour » n’a pas eu lieu et, cerise sur le gâteau, Fukushima est venu gâcher les ambitions des nucléocrates.

Alors quand on voit que Toshiba aimerait bien vendre 20% des actions de Westighouse, prétendument pour « doper ses chances en Asie », on imagine qu’il s’agit plutôt de se débarrasser de ces actions dont l’avenir est des plus sombres...

Des déchets radioactifs abandonnés à Fleurus (Belgique) !

  • Article + vidéo RTL-Belgique
  • Article RTL Belgique (16 août) : « Déchets radioactifs à Fleurus : le contribuable paiera, pas le pollueur »

C’est décidément l’heure de « gloire » du nucléaire belge : en plus des fissures dans les cuves des réacteurs, voici les déchets radioactifs abandonnés. Certes, on nous dira qu’il s’agit là de nucléaire médical et que ce n’est donc pas la faute de l’industrie électro-nucléaire.

Mais cette dernière n’est pas en reste : que ce soit dans la mer, sous terre, dans des hangars, à ciel ouvert, etc, elle a pour habitude depuis des décennies d’abandonner ses déchets. Vendre de l’électricité nucléaire est rentable sur le moment, mais les businessmen de l’atome ne sont pas intéressés à payer après coup pour les lourdes factures dont ils sont pourtant coupables.

Des papillons mutants découverts après Fukushima

Dépêche AFP

Pour ceux qui en doutaient, une catastrophe nucléaire a aussi des conséquences génétiques. Pour l’heure, à Fukushima, seuls des papillons semblent touchés. Mais, selon l’expression consacrée, l’ « effet papillon » est en marche. De nouvelles études sont prévues sur d’autres espèces. Ne pas se faire d’illusion : les Humains sont bien les cobayes de l’expérience menée depuis 60 ans par le lobby nucléaire...

Coût de l’électricité nucléaire : EDF ment des deux côté de la Manche

  • Article de DD Magazine : « L’électricité nucléaire serait-elle si chère ? »

Excellent article qui rappelle les belles paroles d’EDF et ses affirmations plus que fluctuantes concernant le coût réel de électricité nucléaire. On note aussi que les politiciens les plus libéraux, ennemis de la fonction publique et tenants de la « concurrence libre et non faussée », ne se gênent pas pour recourir à l’argent public lorsqu’il s’agit d’avantager l’atome au détriment des énergies renouvelables.

Plogoff – Fessenheim en vélo : du courage !

Nous souhaitons à nouveau beaucoup de courage aux valeureux cyclistes antinucléaires, tant pour pédaler... que pour muscler leurs revendications : exiger « une date très prochaine pour le débat sur l’énergie promis par le candidat Hollande » reste bien timoré...

Mercredi 15 août

« Pour l’AIEA, la sécurité nucléaire a progressé depuis Fukushima » !!!

Travail honorable de l’agence Reuters qui ne se contente pas de relayer le point de vue mensonger de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et qui le pondère par celui d’une organisation antinucléaire, Greenpeace en l’occurrence.

Pour mémoire, la mission première de l’AIEA est de faire la promotion de l’énergie nucléaire et de la développer sur la planète, il s’agit d’une organisation partisane au service des industriels de l’atome et des militaires.

Les armes principales de l’AIEA sont les manœuvres en coulisse (Cf. par exemple) et le mensonge permanent, surtout concernant la supposée « sûreté » nucléaire (Cf. par exemple), et la minimisation systématique des conséquences des accidents nucléaires (voir par exemple sur Rue89).

Quand Areva se glorifie... pour avoir récolté quelques miettes !

Communiqué (ridicule) d’Areva
Dépêche AFP
Article du blogueur Patrig K

Chacun se souvient de la déconvenue majeure du lobby nucléaire français, en décembre 2009, qui pensait vendre des réacteurs aux Emirats Arabes Unis (EAU) mais qui avait été devancé par les Coréens du Sud (rappel).

Toujours décidés à gaspiller leurs milliards (dont ils ne savent que faire), les EAU viennent d’attribuer les contrats de fourniture de combustible pour leurs futurs réacteurs (si par malheurs ils sont réellement construits). Bien loin d’obtenir la compensation espérée, Areva n’obtient qu’un des 6 contrats, pour un montant de 400 millions d’euros sur 8 ans, c’est à dire quelque chose d’infime dans ce secteur industriel.

Pourtant, Areva se vante sans honte d’avoir obtenu « un contrat majeur » (!), annonce parfaitement ridicule mais reprise telle quelle dans la presse boursière qui situe d’ailleurs parfois les faits en Arabie saoudite (à lire sur Boursier.com), c’est dire le sérieux de ces adeptes de l’atome bousier.

Le blogueur Patrig K pointe lui, de façon un peu désordonnée (il est aussi question de mobylettes !) mais pertinente, les projections de la banque mondiale qui note une surproduction électrique au EAU et prévoit une baisse de la consommation par habitant : de quoi se poser des questions (mis à part le thème du risque) sur la pertinence de ce projet nucléaire...

Jeudi 16 aout

Nucléaire : Westinghouse et Studsvik s’allient dans le démantèlement en Europe

En prolongeant la durée de vie de ses réacteurs, le lobby nucléaire français ne démultiplie pas seulement les risques de catastrophe, il est aussi en train de passer à côté d’un marché gigantesque, celui du démantèlement des centrales nucléaires.

L’Allemagne, qui sort du nucléaire sous les ricanements des « élites » françaises qui lui prédisent la pénurie, ne risque évidemment pas de confier le démantèlement de ses réacteurs à ces gens arrogants... et ridicules (c’est en effet l’Allemagne qui a exporté massivement de l’électricité vers la France pendant toute la vague de froid de février dernier).

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