Observatoire du nucléaire

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Publié le 30 août 2012

Revue de presse n°13

Semaine du vendredi 24 au jeudi 30 août 2012

Vendredi 24 août

Visitez les centrales nucléaires en Chine comme en France !

Les 6 et 7 octobre prochain, vous pourrez visiter la centrale nucléaire qui est proche de chez vous (en France, où qu’on soit, il y a toujours une centrale nucléaire proche !) et écouter EDF vous mentir plus que de raison.
Mais, une fois de plus, les Chinois ont dégainé les premiers : le 23 août, six centrales nucléaires chinoises ont organisé une journée portes ouvertes, en affirmant « garantir le droit à l’information et à la participation du public ». Défense de rire...

Nucléaire : attention... aux robots !

  • Article de 01.net : « Ces robots qui protègent nos centrales nucléaires »

EDF, Areva et le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) ont unis leurs efforts dans la société Intra qui tente de mettre au point des robots aptes à intervenir dans les centrales nucléaires accidentées.

Déjà, on peut noter la lucidité des nos « champions » atomiques concernant leur évidente incapacité à éviter une catastrophe nucléaire. Ensuite, il est légitime de se poser quelques questions par rapport au recours à des robots. En effet, la littérature de science-fiction a montré que tout ne se passait pas toujours comme prévu.

Dès 1950, le grand Isaac Asimov écrit I, Robot, qui a inspiré en 2004 le film éponyme. On peut citer aussi l’ordinateur Hal, de 2001 Odyssée de l’Espace. Confrontées à des impératifs contradictoires, ces bébêtes peuvent réagir de façon inattendue mais finalement assez cohérentes.

Par exemple, selon les trois lois de la robotique, un robot n’a pas le droit de tuer un humain, mais il ne doit pas non plus laisser des humains se faire tuer. C’est ainsi que des robots, confrontés à une contradiction insoluble, peuvent en arriver à assassiner des humains... pour en sauver d’autres.

On peut donc imaginer qu’un robot, programmé pour intervenir dans une centrale accidentée, décide plutôt d’assassiner des ingénieurs du nucléaire pour les empêcher de mettre en service des installations atomique pouvant contaminer des millions de gens, et donc d’en tuer un grand nombre. Précision utile : l’Observatoire du nucléaire décline toute responsabilité en cas d’assassinat collectif d’ingénieurs atomiques par des robots.

Grossière propagande pronucléaire dans Libération (encore !)

  • « Article » dans Libération : « Eurajoki, village finlandais uni à l’atome pour l’éternité »

On dirait un publi-reportage payé par le lobby nucléaire, or il s’agit bien d’un « article ». Mais, finalement, c’est encore mieux pour les atomistes puisque, sans bourse délier, ils ont droit à la propagande la plus écourante. Ainsi, on découvre un village finlandais « qui n’a pas peur du nucléaire » (comprenez « contrairement aux couards qui refusent l’atome » et qui en vit grassement (comprenez « contrairement aux imbéciles qui passent à côté de ce magot »).

Il nous est dit que les déchets radioactifs vont être enfouis sous terre « dans des conteneurs hermétiques », dans une cavité « conçue pour durer au moins cent mille ans ». Et l’article laisse les criminels responsables de ce projet prétendre « nous avons des modèles qui nous permettent de prévoir ce qui se passera dans le futur » , sans donner la parole à quelqu’un pour répondre à ce record de bêtise.

Le seul doute évoqué concerne « ce qui se passera pendant et après la prochaine glaciation, qui devrait intervenir d’ici quelques dizaines de milliers d’années », tout en prétendant que, de toute façon, le danger sera négligeable après les 500 premières années...

On ne peut en vouloir à cette journaliste qui, de toute évidence, a été contrainte d’écrire sous la dictée : il ne faut pas oublier que la présidente du conseil de surveillance de Libération est Anne Lauvergeon, atomiste sans scrupule par ailleurs impliquée dans de troubles affaires... (cf revue de presse des semaines précédentes).

Samedi 25 aout

Fukushima : Le combustible en piscine peut-il prendre feu ?

N’ayez aucune illusion, la réponse est oui. Regardez tout de même cette vidéo pédagogique et technique sur le risque d’incendie des gainages des barres de combustibles usagées. 1500 d’entre elles sont noyées dans la piscine chancelante du réacteur du N°4 du Fukushima...

Dimanche 26 août

Japon : des centaines de manifestants antinucléaires défilent à Tokyo

Deux nouvelles manifestations antinucléaires à Tokyo vendredi puis dimanche : une véritable révolution au Japon où le peuple a été habitué à subir en se taisant...

La Provence atomise... les antinucléaires

Article honorable qui rend compte correctement des motivations de ces courageux marcheurs antinucléaires. Mais le rédacteur en chef est passé par là et a imposé un titre parfaitement dévalorisant : « Les antinucléaires marquent le pas ». Ouf, l’essentiel est sauf : La Provence continuera à bénéficier des pages de pub lucratives d’EDF et d’Areva...

Nucléaire : Montebourg se ridiculise mais signe la déchéance des notables écologistes (EELV)

  • Dépêche AFP
  • Interview risible de De Rugy (EELV)
  • Communiqués de l’Observatoire du nucléaire ici et ici

Des milliers d’articles et de reportages ont fleuri après la déclaration ridicule d’Arnaud Montebourg, selon qui « le nucléaire est une énergie d’avenir ». Les notables d’EELV (ministres, parlementaires) ont fait mine de s’évanouir mais, en réalité, Montebourg n’a fait que profiter de leur déchéance politique.

En effet, deux ministres « écolos » cautionnent de fait la politique de ce gouvernement productiviste et pronucléaire, lequel a de plus reçu le vote de confiance unanime des deux groupes EELV (Assemblée nationale et Sénat). De fait, même si Montebourg a tort sur le fond , il a "raison" politiquement vis à vis de écologistes qui se sont eux-mêmes réduits au rand de vassaux.

Aussi, on rira (jaune) en lisant le chef de file des députés EELV essayer de faire croire (dans Le Monde) que « sur le nucléaire, Montebourg a mangé son chapeau ». De Rugy, comme ses camarades notables d’EELV, a avalé chapeau, veston, pantalon, manteau, chaussures, etc. Mais il est député, c’est bien là l’essentiel non ?

Sur le fond, Montebourg a achevé de se ridiculiser en ajoutant que, « depuis la décision de Mme Merkel de sortir du nucléaire, tous les voisins de l’Allemagne construisent des réacteurs ». L’Observatoire du nucléaire a fait savoir que, en réalité, dans les 9 pays voisins de l’Allemagne, un seul réacteur est (péniblement) en chantier : l’EPR français de Flamanville, commencé en 2005, c’est à dire bien avant la décision de Mme Merkel...

Lundi 27 août

L’avenir du nucléaire est sombre

L’excellent Olivier Cabanel fait le point sur le nucléaire en général (après les déclarations de Montebourg) et sur la situation à Fukushima en particulier. Édifiant et bien sourcé, comme toujours.

Mardi 28 août

Souvenirs : une lutte victorieuse contre l’enfouissement des déchets nucléaires

Il y a 25 ans, le gouvernement annonçait par surprise le choix de 4 sites « expérimentaux » pour l’enfouissement des déchets nucléaires. Après des mois de luttes radicales et acharnées, les quatre sites étaient abandonnés.
Mais le lobby nucléaire s’est juré de mieux s’y prendre : c’est alors qu’on été mis en place les « concertations », « débats publics », et autres « consultations citoyennes ». De « grandes associations écologistes » ont été invitées (en échange de grasses subventions) à participer à ces séances de démobilisation des résistances. Parfois, ces méthodes ont été déjouées, parfois non...

A défaut de s’en protéger, Bruxelles mesure la radioactivité

Suite aux révélations sur les fissures des cuves de certains réacteurs (cf revues de presses précédentes), les risques d’accident nucléaire en Belgique sont encore plus élevés que l’on ne pouvait le craindre.
Heureusement, « La Région bruxelloise dispose depuis peu de deux stations de mesure de radioactivité entièrement rénovées ». Si le pire se produit, des millions d’européens pourront connaître avec une grande précision le niveau des radiations qui les toucheront. Quelle chance !

Décryptage : comment l’AFP « tord » l’information au profit du nucléaire

  • Dépêche AFP : « Allemagne : les ménages appelés à financer l’éolien offshore »
  • Rappel dépêche AFP 22 mai 2012 : « EDF salue un projet de loi crucial pour ses projets nucléaires britanniques »

Des mesures viennent d’être décidées en Allemagne en faveur des énergies renouvelables, tout comme en mai dernier en Grande-Bretagne mais... en faveur du nucléaire. Voyons comment l’AFP a traité de ces deux informations, en commençant par l’Allemagne.

Le titre, dont l’impact est décisif sur le réception de l’information par les lecteurs, donne le ton : « Allemagne : les ménages appelés à financer l’éolien offshore ». L’introduction enfonce le clou : « La sortie du nucléaire décidée par l’Allemagne en 2011 implique notamment une hausse de la facture électrique des foyers allemands. ». Il est ensuite question d’ « aiguiser l’appétit des investisseurs », de « garantir de généreux prix aux opérateurs d’éoliennes », etc.

Enfin, au cas où le lecteur n’aurait pas bien compris, la conclusion est définitive : « L’Allemagne, qui veut renoncer au nucléaire d’ici 2022(...) se heurte à des problèmes techniques, des impasses de financement et des réticences au niveau local »

Le message est clair : sortir du nucléaire est ruineux, cela engraisse les financiers, c’est irréaliste techniquement et financièrement, et de toute façon c’est rejeté par la population qui va payer fort cher pour les énergies renouvelables. EDF et Areva se régalent.

Pourtant, dans la vraie vie (c’est à dire hors de l’immeuble de l’AFP), c’est avant tout le nucléaire que la population allemande rejette frontalement. Dans la vraie vie, la continuation du nucléaire entrainerait elle aussi une hausse de la facture d’électricité, au moins aussi lourde que si on investit dans les renouvelables. Mais, pour l’AFP, à quoi bon s’embarrasser de telles précisions ?

Regardons maintenant comment l’AFP a évoqué fin mai les mesures pronucléaires du gouvernement britannique (rappel de la dépêche).

D’abord le titre, extrêmement positif « EDF salue un projet de loi crucial pour ses projets nucléaires britanniques ». Pourtant, l’AFP pouvait tout aussi bien titrer à l’instar de ce qu’elle a fait pour l’Allemagne « Grande-Bretagne : les ménages appelés à financer le nucléaire ».

Or cette vérité là est au contraire habilement masquée par l’AFP : « EDF serait compensé s’il vendait l’électricité produite par les nouveaux réacteurs en-dessous d’un prix convenu ». Quel bel euphémisme que ce « EDF serait compensé » ! Cela signifie pourtant que l’argent public et/ou les ménages subventionneront les pertes d’EDF dans le nucléaire (projet diabolique qui, heureusement, devrait être recalé par Bruxelles).

Cyniquement, les rédacteurs du projet de loi évoquent le cas inverse : si EDF gagne trop, elle devra reverser une partie de ces bénéfices ! Il est pourtant certain que cela n’arrivera jamais. Mieux, le même mécanisme est évoqué pour les renouvelables, afin de rendre l’ensemble acceptable, alors que c’est bien le nucléaire qui se taillera la part du lion si ce projet est mis en ouvre. Deux poids, deux mesures. Deux pays, deux dépêches. Deux conceptions de l’information... et de la désinformation. Bravo l’AFP, du grand art.

Jeudi 30 août

Atmea, le projet qui sème la zizanie dans le nucléaire français

Gloire et honneur à l’Expansion, qui n’est absolument pas anti-nucléaire, mais qui fait bien son travail même lorsqu’il s’agit de l’atome national. En l’occurrence, une bonne enquête autour de l’ « ex-futur nouveau réacteur français de 3ème génération », nommé Atmea.
L’avenir de réacteur, qui n’existe que sur le papier, semble aussi sombre que celui de son gros frère ainé EPR. Par contre, les luttes intestines entre EDF, Areva, et désormais GDF-Suez, sur fond de manouvres chinoises, ne sont pas prêtes de s’estomper. Tant mieux.

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