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Publié le 25 mai 2011

Comment l’Autorité de sûreté française a réussi à réduire la portée des stress-tests post-Fukushima

AFP - 10 mai 2011 et Le Monde avec AFP - 24 mai 2011

Etape 1 : Le commissaire européen refuse que les stress-tests soient au rabais

Nucléaire : Bruxelles refuse des tests de résistances incomplets

AFP - 10 mai 2011 - STRASBOURG (Parlement européen) - Le commissaire européen à l’Energie Günter Oettinger a refusé mardi de cautionner des tests de résistance des installations nucléaires européenne qui ne prendraient pas en compte les risques humains et les actes terroristes. Un test de résistance allégé ne portera pas ma signature, a-t-il affirmé devant les députés européens réunis à Strasbourg.

A quelques jours d’une réunion importante jeudi avec le groupe des autorités de régulations dans le domaine de la sûreté nucléaire (ENSREG) au cours de laquelle doivent être définis les critères de ces tests, M. Oettinger a jugé insuffisant de ne pas prendre en compte les risques humains et terroristes. Si on ne parvient pas à un accord entre la Commission et les régulateurs européens, alors nous rendrons peut-être le mandat (d’élaboration des critères) au Conseil, où siègent les 27 gouvernements européens, a-t-il menacé.

Dès mercredi soir, la Commission va présenter aux régulateurs des 27 pays européens ses propositions, consistant à prendre en compte tous les risques, quelle que soit leur nature, y compris les facteurs humains, les défaillances, les actions terroristes, les attaques informatiques et les accidents d’avions, a-t-il annoncé. Il y a un intérêt du côté de la population européenne à ce que ces tests soient le plus exhaustif possible, a-t-il fait valoir.

J’ai besoin de l’accord de la Commission —je l’ai— mais aussi des régulateurs nationaux de tous les pays européens, a-t-il souligné. Une grande majorité de députés européens ont décrié vivement mardi le refus de plusieurs pays de prendre en compte les risques humains.

Seize pays, dont la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Espagne, groupés au sein de l’Association des responsables d’autorités de sûreté nucléaire d’Europe de l’Ouest (WENRA), ont en effet proposé de limiter ces critères aux seules catastrophes naturelles, comme celles qui ont provoqué l’accident de Fukushima au Japon.

Etape 2 : Le lobbying pronucléaire est passé par là...

L’UE parvient à un accord sur les "stress test" des centrales nucléaires

LEMONDE.FR avec AFP - 24 mai 2011

Les Européens sont parvenus, mardi 24 mai, à un accord sur les modalités des tests à mener pour vérifier la résistance des centrales nucléaires de l’Union européenne à des catastrophes naturelles et à des événements d’origine humaine. Le commissaire à l’énergie, Gunther Oettinger, a donné son aval. Le compromis approuvé par le groupe des régulateurs européens dans le domaine de la sûreté nucléaire (Ensreg) dissocie la sûreté des centrales face aux risques de catastrophe ou d’accident, et leur sécurité face à des actes terroristes ou à des sabotages.

Il prévoit des tests de sûreté très poussés pour vérifier la résistance des centrales nucléaires dans l’UE à des catastrophes naturelles, comme les séismes et les inondations, ainsi que "les conséquences de tout type d’accident d’origine humaine ou naturelle", selon une source diplomatique. Mais les régulateurs ont souligné dans leur projet de déclaration, dont l’AFP a obtenu une copie, n’avoir aucune compétence pour les questions liées à la sécurité contre le terrorisme.

Le compromis propose donc "la constitution d’un groupe de travail composé par des experts des Etats et des représentants de la Commission" dont le format, le mandat et les méthodes de travail doivent encore être arrêtés. Les dirigeants de l’UE ont demandé aux régulateurs de s’entendre sur les critères des tests à mener pour contrôler la résistance des installations nucléaires dans l’UE, dont les cent quarante-trois réacteurs en activité, afin de limiter les risques d’un accident comme celui de Fukushima, au Japon.

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