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Publié le 11 octobre 2012

Revue de presse n°19

Semaine du vendredi 5 au jeudi 11 octobre 2012

Vendredi 5 octobre

Iran : manifestations pour la démocratie... et donc contre le nucléaire

  • Article du Monde : "La crise économique attise les tensions en Iran"

En 2009, le peuple iranien s’est levé contre la dictature qu’il subit depuis si longtemps. La répression a été terrible. Il est donc très dangereux de manifester à nouveau, mais c’est pourtant ce qu’on fait, le 3 octobre à Téhéran, environ 20 000 personnes. Il s’agissait au départ de protester contre l’aggravation de la situation économique, en bonne partie due aux sanctions occidentales contre le programme nucléaire iranien. Nous avons déjà évoqué l’indécence des pays nucléarisés (dont la France) qui s’autorisent à dire qui a le droit ou non d’accéder à l’atome.

Pour autant, les dirigeants iraniens ne sont pas de « courageux résistants » face à l’impérialisme occidental, ce sont des tyrans et des pronucléaires (cela va souvent ensemble). Il est donc finalement logique, et porteur d’espoir, d’apprendre que la manifestation du 3 octobre a été l’occasion de scander des slogans pour la démocratie et contre l’énergie nucléaire. Le chemin est encore long pour le peuple iranien, mais la voie est tracée...

EDF et Areva rêvent de nucléaire en Pologne

Le lecteur non averti pourra être trompé par ce genre d’article qui laisse croire qu’un programme nucléaire, celui de la Pologne en l’occurrence, est en cours. En réalité, il n’en est rien. En 2007, la Pologne annonçait qu’elle allait construire une centrale nucléaire en coopération avec les 3 pays baltes. Fin 2007, les Polonais quittaient le projet.

En 2009, le premier ministre polonais annonçait sa volonté de faire construire des réacteurs en Pologne, sans les Baltes, avec une mise en service « en 2020 ». En mai 2011, malgré la catastrophe de Fukushima, le premier ministre maintenait la mise en service « en 2020 » (Cf.Le Figaro du 31/05/2011). Mais, en février 2012, la mise en service du premier réacteur était repoussée à 2025, celle du second à... 2035 (cf. DailyBourse.fr). Suite au prochain épisode...

La « compétence » du nucléaire français : Areva recalée en Tchéquie et en Finlande !

  • Article du Figaro : « Areva écarté d’un appel d’offres en Tchéquie »
  • Dépêche Reuters : « La Finlande pourrait préférer Toshiba à Areva »
  • Article de Capital.fr : « Areva : L’action séduit les investisseurs, achetez »

Nous pouvons voir chaque semaine que la plupart des programmes nucléaires sont virtuels et ont les plus grandes chances d’être abandonnés en cours de route. Tant mieux. Nous pouvons aussi lire dans de nombreux article que la France est « championne du nucléaire » et dispose d’une expertise que le monde entier lui envie.

Or, même dans le cas où un programmes nucléaire serait mené à bien, la France n’aurait toujours aucune chance de construire des réacteurs à l’étranger... puisqu’elle est systématiquement écartée au profit de ses concurrents ! Par exemple, après le fameux et retentissant flop aux Emirat arabes unis (cf. L’Express/l’Expansion du 28/12/2009), ce sont maintenant la Tchéquie et la Finlande qui disent « non » à l’atome français et tout particulièrement au réacteur EPR.

Rien de surprenant de la part des Finlandais, accablés par le désastre du chantier d’Olkiluoto. Finalement, rien de surprenant non plus de la part de Tchèques : ils n’ont certes pas testé la « compétence » du nucléaire français... mais qui n’ont aucune envie de s’y risquer. En effet, tout le monde sait que EDF (à Flamanville) et Areva (en Finlande) n’arrivent pas à construire leur pauvre EPR, personne ne veut être la victime suivante !

Pourtant, en fin de semaine, Capital.fr se hasarde à inciter ses lecteurs... à acheter des actions d’Areva ! Et ce sous prétexte que son cours en bourse a « bondi » le 9 octobre de 14,50 euros à 14,71 euros. Et que cette hausse « vertigineuse » pourrait atteindre les 15 euros. La belle affaire : il n’y a pas si longtemps, l’action Areva valait 82 euros ! (NB : au moment où nous diffusons cette Revue de presse, l’action Areva perd près de 3% et repasse sous les 14 euros...)

La centrale nucléaire de Koursk est-elle plus fiable que le sous-marin éponyme ?

  • Article de « La voix de la Russie » : "Des experts de 11 pays observent les exercices à la centrale nucléaire de Koursk"

Le Koursk est un sous-marin nucléaire russe qui a coulé le 12 août 2000 avec 118 hommes d’équipage (rappels : Wikipédia et Le Figaro). Tout était prévu, et pourtant rien ne s’est passé normalement. Il est donc légitime de se poser des questions sur la centrale nucléaire de Koursk : non seulement c’est une centrale nucléaire (elle a donc vocation à exploser), mais elle porte aussi un nom prédestiné au désastre.

D’ailleurs, trois jours d’exercice ont eu lieu pour voir ce qu’il serait possible de faire en cas d’accident nucléaire dans cette centrale. On apprend aussi que « Des experts de 11 pays ont observé les exercices. » De la concurrence pour l’Observatoire du nucléaire ? En tout cas, les russes semblent reconnaître qu’une catastrophe atomique peut se produire chez eux. Il était temps qu’ils s’en rendent compte. Il leur reste à en tirer "les conclusions qui s’imposent", mais il n’y a pas grand chose à attendre sous le règne de Vladimir Poutinium ( cf LIESI)...

Samedi 6 octobre

Psychodrame à Fessenheim : EDF annule tout !

  • Article de Lalsace.fr : « Fessenheim : EDF annule les visites prévues dimanche »
  • Article de Lalsace.fr : « Les antinucléaires "refusent de porter le chapeau de l’annulation" »
  • Témoignage : « Des militants de Tchernoblaye exclus des journées de l’industrie électrique EDF »

Le week-end des 6 et 7 octobre avait été choisi par la direction d’EDF pour une grande opération de désinformation, organisée principalement par les centrales nucléaires et joliment baptisée « Les journées de l’industrie électrique ».

Seulement voilà : EDF ne supporte pas que le moindre bémol soit apporté à sa propagande bien huilée. Or des associations antinucléaires avaient prévu d’être présentes devant la centrale le dimanche pour donner aux visiteurs un point de vue différent, avec une campagne titrée « J’aime Fessenheim sans nucléaire »

EDF a préféré tout annuler, craignant bien plus le pluralisme que les risques de catastrophes. Notons aussi que, en Gironde, des militants de Tchernoblaye, désireux de visiter la centrale qu’ils contestent, ont été refusés. Les gens dangereux sont pourtant ceux qui dirigent la centrale...

Déchets nucléaires : des concertations bidonnées en Suisse aussi !

  • Article du Matin (Suisse) : "Un papier secret relance la polémique des déchets"

La Suisse a beau avoir décidé de la fin du nucléaire, les problèmes demeurent. D’abord, cette fin n’est prévue que pour 2034, elle peut être remise en cause d’ici là, suite à des alternances politiques. Et une catastrophe nucléaire peut survenir entre temps.

D’autre part, quand bien même les centrales seraient arrêtées aujourd’hui, il n’existe aucune solution pour les déchets radioactifs produits depuis des décennies. Comme dans la plupart des pays nucléarisés, les « responsables » veulent se débarrasser de ces déchets en les enfouissant sous terre, ce qui n’est pas une solution mais juste une option, qui plus est criminelle.

Selon une méthode désormais bien rodée, les décisions déjà prises doivent faire l’objet de concertations truquées de façon à pouvoir prétendre qu’un processus « démocratique » a eu lieu. Ceci afin de « clouer le bec » des gens qui voudraient s’opposer à cet enfouissement.

Une chose est de savoir pertinemment que ces concertations sont bidonnées, autre chose est d’en avoir la preuve. C’est ce qui se passe en Suisse où une fuite a permis de constater que la Nagra (Société nationale pour le stockage des déchets radioactifs) avait choisi des sites avant le lancement de la concertation.

Attention toutefois, il y a un piège dans le piège : le risque est que les citoyens s’écrient « Il est scandaleux que les sites de stockage aient été choisis à l’avance, il faut un processus de sélection vraiment démocratique », au lieu de « Il est criminel d’enfouir les déchets radioactifs, nous nous y opposons ». Qu’on se le dise... jusqu’en Suisse !

Dimanche 7 octobre

Enfouissement des déchets nucléaires et corruption des élus

Reportage vidéo extraordinaire qui montre de façon saisissante comment l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) organise officiellement la corruption des élus afin d’imposer l’enfouissement des déchets radioactifs.

Précision : la corruption n’est pas forcément le résultat de méthodes occultes, elle peut parfaitement être légale et c’est bien le cas dans cette affaire. La directrice de l’Andra reconnaît (elle ne peut pas faire autrement !) qu’elle achète la collaboration des élus, et ceux-ci reconnaissent qu’ils se laissent acheter.

On ne sait pas trop s’il faut ressentir de la pitié ou de la colère à l’encontre du maire de Bure (95 habitants) qui se félicite d’avoir obtenu une salle des fêtes : des dizaines de milliers de petites communes en France se passent d’un tel équipement.

Un crime est en préparation dans la Meuse (cf Revue de presse n°3 et http://www.villesurterre.eu/). Pour parvenir à ses fins, le lobby nucléaire corrompt et des élus se laissent acheter. Il est une fois de plus démontré que le nucléaire nuit à la démocratie autant qu’à la santé publique et à l’environnement...

Lundi 8 octobre

Grève pour le nucléaire ET le charbon : la CGT-Energie en délire...

  • Dépêche Reuters : "Appel à la grève mardi dans le secteur de l’énergie"

Histoire édifiante : la CGT fait partie depuis 40 ans du lobby nucléaire, à la fois pour des raisons idéologiques et matérielles. Idéologiques : le nucléaire est censé représenter le « Progrès » qui doit apporter la lumière (au figuré comme au propre) aux masses laborieuses.

Matérielles : un parc de production nucléaire est ultra-centralisé, ce qui permet de s’accaparer facilement les puissants moyens matériels et financiers attribués aux Comités d’entreprise, et même de les détourner (cf Le JDD . Et encore, il ne s’agit là que de ce qui a pu être mis à jour...)

Depuis toujours, la CGT reprend consciencieusement tous les arguments pronucléaires, des plus éculés aux plus opportunistes, comme par exemple celui de la lutte contre le changement climatique : à bas le charbon, vive le nucléaire. Le problème est qu’il existe, en France, des centrales au charbon avec, dedans, des salariés... et des sections CGT !

L’affaire devient inouïe quand on apprend qu’une bonne partie des centrales au charbon françaises sont détenues par un groupe allemand, EON, qui veut en fermer quatre entre 2013 et 2015... en application de directives européennes sur les émissions de gaz à effet de serre !

Et voilà notre chère CGT qui lance une journée de grève dans le secteur de l’énergie, pour protester à la fois contre la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (en prétendant qu’elle permet de réduire les émissions de co2) et contre le fermeture des centrales au charbon (émettrices de co2). Faut-il en rire ou en pleurer ?

Mardi 9 octobre

Industrie nucléaire : il y a trop d’uranium !

  • Article de RFI : "Les prix de l’uranium au plus bas depuis deux ans"

Contrairement à une idée répandue, l’industrie de l’atome n’a aucun risque de manquer de combustible, à savoir d’uranium. Et ce pour une raison principale : alors qu’il fait courir aux populations un danger extrême, le nucléaire est en réalité une énergie marginale, à peine 10% de l’électricité mondiale, ce qui correspond à 2% de la consommation d’énergie sur Terre.

Qui plus est, de nombreux réacteurs ont été fermés depuis Fukushima, ce qui fait qu’il y a désormais trop d’uranium sur le marché, et le prix de ce minerai est au plus bas : trois fois moins cher qu’en 2007 ! Du coup, il n’est pas rentable d’ouvrir des mines d’uranium, les projets d’exploitation sont donc ajournés... ce qui pourrait causer une pénurie le moment venu. Dur d’être pronucléaire...

Centrale nucléaire de Nogent : stop qui peut !

  • Article de l’Est éclair : « Les opérations de redémarrage stoppées »

Tout va (presque) bien à la centrale nucléaire de Nogent : deux redémarrages loupés pour le réacteur n°1, un « clapet » de 80 kg qui se ballade dans les tuyaux et crée des dommages... et l’arrêt du réacteur n°2 repoussé à plus tard... ce qui pourrait contribuer à une véritable pénurie d’électricité en France si la température baisse (cf plus loin). Or, généralement, la température baisse en automne et plus encore en hiver...

Suède : Greenpeace pénètre en nombre dans les centrales nucléaires

  • Dépêche AFP : "Action de Greenpeace dans 2 centrales nucléaires en Suède, 59 arrestations"
  • Article de l’Est éclair : "Du sursis pour les neuf militants de Greenpeace"

Voilà une information qui va bientôt devenir banale : des militants ont pénétré dans des centrales nucléaires. Après la France, Greenpeace s’attaque à la Suède, avec succès là aussi : plus de 70 intrusions, 59 arrestations. Hasard du calendrier (ou, au contraire, bonne coordination de Greenpeace), c’est quasi simultanément que tombe en France le verdict pour les pénétrations dans les centrales en décembre dernier.

Au lieu de remercier Greenpeace pour avoir démontré l’impossibilité de protéger correctement les centrales nucléaires, EDF a porté plainte et les activistes ont été condamnés. Ils ont fait appel. A suivre...

L’Allemagne demande la fermeture de deux réacteurs nucléaires belges, mais pas la France

L’Allemagne, qui a arrêté définitivement 8 réacteurs d’un coup juste après Fukushima, demande la fermeture des deux réacteurs belges concernés par l’affaire des cuves fissurées (rappel : Le Monde du 14.09.2012 ou dans les Revue de presse n°10 et suivantes).

La France est tout aussi menacée que l’Allemagne mais se garde bien de faire la morale aux belges, vu que les cuves des réacteurs français sont tout aussi mitées. Mais nous avons entre temps appris que les fissures françaises sont "meilleures que les belges" (cf revue de presse n°12)...

Trains nucléaires : les trois militants relaxés !

Trois militants antinucléaires qui comparaissaient, accusés arbitrairement d’avoir incité à des dégradations pour bloquer un train de déchets nucléaires allemands en novembre 2011, ont été relaxés. Il existe encore des juges indépendants, le lobby nucléaire enrage...

Québec : une usine d’engrais pour remplacer le nucléaire...

Après l’excellente décision de fermer définitivement la centrale nucléaire de Gentilly, les autorités québécoise ont pris des mesures pour soutenir l’économie de la région de Bécancour. Voici donc que la construction d’une usine d’engrais est annoncée.

Bien sûr, rien n’est pire qu’une centrale nucléaire, mais la production d’engrais chimiques n’est pas forcément une alternative bien réjouissante. Et ce d’autant que, ironie de l’histoire, les engrais sont parfois... radioactifs, comme le montre l’affaire de Fertiladour(près de Bayonne) .

Mercredi 10 octobre

France : nucléaire défaillant et risque de coupures d’électricité cet hiver

Les écologistes dénoncent depuis des décennies l’absurdité du chauffage électrique. Ce n’est que maintenant, mais trop tard, que les experts officiels commencent à se poser des questions : « La France a favorisé le chauffage électrique au-delà du raisonnable ». Pour mémoire, la Suisse a décidé de supprimer tous ses chauffages électriques (cf Revue de presse n°17 et Les Echos du Le 25/09/12)

Or, on apprend que « En France, un tiers des centrales sont arrêtées pour maintenance et les retards de remise en activité s’accumulent depuis six mois ». Conclusion : si le froid ne se concerte pas avec la direction d’EDF, il est possible que de nombreuses centrales soient arrêtées au moment où la consommation électrique française sera la plus élevée, à savoir lorsque les chauffages électriques fonctionneront.

Or, suite à Fukushima, l’Allemagne a eu la présence d’esprit de fermer 8 vieilles centrales nucléaires. Or, deux centrales nucléaires belges sont arrêtées du fait des fissures détectées dans leurs cuves. En résumé, les chauffages électriques, installés par millions en France pour justifier le nucléaire, vont entrer en service... alors que le nucléaire sera en partie aux abonnés absents.

Du coup, l’Europe électrique compte sur des exploits de la part des renouvelables, pourtant accusés généralement d’être négligeables par rapport à l’atome : « L’Allemagne cumule 60.000 MW de solaire et d’éolien, soit l’équivalent du parc nucléaire français. » L’hiver qui vient promet d’être édifiant...

Fermeture de Fessenheim : un « grenellien » décrète que ce n’est pas possible

  • Mauvais article du « grenellien » A. Gossement

L’Avocat Arnaud Gossement fait partie des « écologistes » de salon qui ont déroulé le tapis vert pour Sarkozy lors de l’opération d’enfumage appelée « Grenelle de l’environnement ». Aujourd’hui, il s’applique à faire croire que la fermeture de Fessenheim ne peut pas être décidée par le pouvoir politique, pour des raisons juridiques.

L’article de M Gossement repose sur un postulat qu’il décrète arbitrairement : « Cette procédure [de fermeture de la centrale] suppose une demande de l’exploitant. Elle ne sera donc pas applicable s’agissant de la centrale nucléaire de Fessenheim dont l’exploitant a clairement fait connaître son opposition à la décision du Président de la République »

M. Gossement fait semblant d’ignorer que l’Etat est actionnaire à 84% d’EDF. Et inutile de se cacher derrière la composition du Conseil d’administration d’EDF où, curieusement, les représentants de l’Etat ne sont que 6 sur 18 : en réalité, le chef de l’Etat a tous les moyens de faire plier le PDG d’EDF, en le débarquant au besoin au profit d’un autre dont la première mission sera de dire qu’il « décide » de fermer Fessenheim.

Oublions les blagues de M Gossement pour ne retenir que l’essentiel : le chef de l’Etat pourrait faire fermer immédiatement Fessenheim, mais il a annoncé cette fermeture pour « fin 2016 », juste avant la prochaine élection présidentielle. Le Président élu en mai 2017, y compris si c’est à nouveau M Hollande (il trouvera facilement de "bons prétextes"), aura toute latitude pour annuler la fermeture de Fessenheim. C’est 100% politique, et 0% juridique, quoi qu’en dise M. Gossement.

Un député PS suggère au PDG d’EDF de démissionner...

Simple remarque de bon sens du député PS Philippe Plisson (dont la circonscription comprend la centrale nucléaire du Blayais !) : le PDG d’EDF ayant pris des positions contraires à celles de François Hollande pendant la campagne présidentielle, et encore aujourd’hui en contestant la fermeture de Fessenheim, il devrait démissionner.

A un détail près : le dénommé Proglio devrait être démissionné. Il n’y a en effet aucune raison de laisser à la tête d’EDF cet ultra-libéral placé là par Sarkozy. Mais voilà : jusqu’à preuve du contraire, Hollande ne démet pas Proglio. Et le député Plisson s’est fait « recadrer » par le président de la commission du développement durable de l’Assemblée. Ce n’est pas encore aujourd’hui que le PS s’opposera au lobby nucléaire...

Jeudi 11 octobre

La Turquie se fera-t-elle payer une centrale par les Emirats arabes unis ?

Les dirigeants turcs ont annoncé à plusieurs reprises, depuis des années, qu’ils voulaient une centrale nucléaire, malgré tous les éléments qui s’opposent à ce projet, en particulier le caractère très sismique du pays.

Mais un problème reste irrésolu : c’est trop cher ! Mais voilà une solution : les Émirats arabes unis pourraient payer tout ou partie de la centrale ! Ils posent toutefois une (première) condition : que la Corée du Sud soit choisie pour construire l’installation.

Résumons l’affaire : le nucléaire est censé contribuer « l’indépendance énergétique », mais ce n’est pas le cas si c’est une puissance étrangère qui dirige la manouvre. La Turquie serait-elle comparable à un vulgaire PSG ? (Cf. Les Echos du 18/07/2012). Heureusement, comme pour la plupart des projets nucléaires annoncés avec fracas, l’affaire ne se fera probablement pas. A suivre...

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