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Publié le 15 novembre 2012

Revue de presse n°24

Semaine du vendredi 9 au jeudi 15 novembre 2012

Vendredi 9 novembre

Nucléaire : la fable des « réacteurs au thorium »

Tôt ou tard, si ce n’est déjà fait, vous allez être confronté à quelqu’un qui, apprenant votre opposition au nucléaire, va vous dire « Comment ? Vous ne connaissez pas les réacteurs au thorium ? Ils sont plus sûrs, produisent de l’électricité moins chère et moins de déchets radioactifs, et les réserves de thorium sont immenses alors que celles d’uranium s’épuisent ! »

Il y a juste un tout « petit » détail qui cloche dans cette affaire : le thorium n’est pas fissile. Pour obtenir une réaction nucléaire, il faut donc le bombarder avec des neutrons pour le transformer en élément fissile. Ce processus est celui des surgénérateurs, comme Superphénix, que l’industrie nucléaire mondiale échoue à faire fonctionner depuis 50 ans.

Dans Superphénix, c’est l’Uranium 238 (qui existe en quantités immenses sur Terre) qui devait se transformer en plutonium 239 (fissile). Dans un « réacteur au Thorium », c’est le Thorium 232 qui doit se transformer en Uranium 233 (fissile).

Ça marche très bien sur le papier... mais pas du tout dans la réalité. Tous les grands pays nucléarisés s’y sont cassé les dents, les USA, la France avec Superphénix bien sûr, l’Allemagne avec le réacteur de Kalkar, le Japon avec le réacteur de Monju qui a connu un grave accident, etc.

Le lobby nucléaire français, qui n’a jamais accepté son échec total avec Superphénix (dont l’arrêt a été attribué à une décision politique de M. Jospin, pour sauver la face), va à nouveau gaspiller des milliards pour refaire une vaine tentative, à Marcoule (Gard), sous le joli nom d’Astrid... plus présentable que « Superphénix 2 » (cf http://reacteur.generation4.free.fr)

Pendant ce temps, l’Inde, qui possède de grandes réserves de thorium, essaie désespérément depuis 50 ans de faire son propre « Superphénix au thorium ». L’échec est là aussi au rendez-vous. Fermez le ban.

Lauvergeon planche sur l’Europe de l’énergie proposée par Hollande

  • Dépêche AFP :

L’AFP nous signale que le gouvernement français veut proposer une Communauté européenne de l’énergie « avec l’aide de spécialistes du secteur dont Anne Lauvergeon, l’ex-patronne du groupe nucléaire Areva. »

On attend avec délectation de voir la façon dont les voisins de la France, qui ont tous rejeté le nucléaire (Italie, Luxembourg) ou programmé sa disparition (Belgique, Allemagne, Suisse, Espagne) vont accueillir les idées « lumineuses » de l’omniprésente Mme Lauvergeon.

Celle-ci est d’ailleurs probablement menacée de « burn-out » : entre autres activités, elle siège aux conseils d’administration de Total et de Vodafone, elle surveille Libération, elle est pressentie pour animer le « débat sur l’énergie » de François Hollande (voir plus loin) et, donc, elle planche sur l’Europe de l’énergie à la sauce radioactive.

Espérons pour elle qu’elle a un peu de temps pour préparer sa défense dans l’affaire Uramin qui pourrait bien l’envoyer derrière les barreaux (au moins avec sursis). A suivre...

Energie solaire : alternative... ou nouveau désastre ?

  • Article de Euronews : le Japon : pays du solaire levant ?
  • Article de PMO : le soleil en face

Chers lecteurs, veuillez nous excuser par avance de vous saper le moral. En effet, s’il faut se féliciter de voir des gens – en l’occurrence ici près de Fukushima - s’organiser pour vivre sans nucléaire, on peut trouver des données bien inquiétantes concernant l’industrie de l’énergie solaire. « Le soleil en face » invite à ne pas se laisser aveugler.

Il est de toute façon avéré qu’il est absurde de développer les énergies renouvelables en plus des énergies conventionnelles (pétrole-gaz-charbon-nucléaire), dans le but de continuer à sur-consommer et à gaspiller comme si de rien n’était, comme si cela n’obérait pas l’avenir...

Samedi 10 novembre

Un ex de Greenpeace débauché pour faire avaler la pilule atomique !

  • Article de LaTribune.fr : Anne Lauvergeon nommée au comité de pilotage du débat sur l’énergie
  • Rappel : Yannick Jadot, cireur de pompes de Sarkozy à Ayrault...

Hollande et Ayrault se croient malins : ayant placé leur "Débat sur l’énergie" dans la main du lobby nucléaire, avec Anne Lauvergeon (ex-Areva) et Pascal Colombani (ex-CEA) aux commandes, ils ont aussi débauché un ex-directeur de Greenpeace (Bruno Rebelle) pour faire passer la pilule radioactive.

Pas de chance, la fronde vient... de Greenpeace, dont les nouveaux dirigeants ne semblent pas décidés à renouveler la triste manœuvre de leurs prédécesseurs qui, pour doper leurs carrières personnelles, ont déroulé en 2007 le tapis vert pour Nicolas Sarkozy et son pseudo "Grenelle"...

Nucléaire : le coup de la « transparence »

  • Article de La Dépêche du Midi : « Valence. La CLI s’offre un bel exercice de transparence »

Si vous êtes antinucléaire, nous vous invitons à vous méfier de ceux qui réclament « la transparence » (au lieu de l’arrêt du nucléaire) et, pire, de ceux qui prétendent la faire. Cet article de La Dépêche est à ce sujet parfaitement édifiant.

En effet, la « Commission locale d’information » (CLI) de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) a organisé une superbe soirée au cours de laquelle on a pu voir une « avalanche d’experts et de scientifiques du nucléaire se succédant à la tribune ».

Le tout a été présenté par Jean-Michel Baylet, Président de la CLI, comme un « exercice de démocratie participative », probablement parce que le public a pu poser une ou deux questions vers la fin.

Pour information, M. Baylet est le PDG de La Dépêche (on ne risquait donc pas de voir comme titre quelque chose comme « La CLI enfume les citoyens au profit du lobby nucléaire »), mais aussi Président du Conseil général et sénateur...

Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes : la centrale de Golfech peut continuer à contaminer en paix, et EDF à acheter quelques pages de pub bien lucratives pour la Dépêche...

François Baroin, le niveau zéro de la politique

Les anti-nucléaires veulent "un retour à la marine à voile et à la lampe à huile" selon François Baroin, ex-ministre et actuel député qui, avec de tels propos, serait expulsé sans ménagements du moindre Café du commerce, où les débats tombent rarement aussi bas. Il est vrai que l’on trouve la centrale de Nogent dans la circonscription du député Baroin, mais le nucléaire ne saurait excuser une telle nullité.

Notons d’ailleurs que, à part quelques sous-marins et porte-avions, les bateaux ne fonctionnent pas au nucléaire, contrairement à ce que semble croire M. Baroin. Ce dernier sera toutefois un peu moins ignorant (mais il part de loin) en apprenant que le retour à la marine à voile est réellement d’actualité.

Autorité de sûreté nucléaire : Pierre-Franck Chevet succède à André-Claude Lacoste

Après Delphine Batho (et vogue la galère), encore un nom propice aux jeux de mots (Pierre-Franck au Chevet du nucléaire français...). Mais la suite risque d’être moins marrante : déjà que le « mythe » Lacoste avait le plus grand mal à faire appliquer ses « décisions » par les industriels de l’atome, on se demande bien ce qui va se passer maintenant. Finalement, la situation pourrait être encore pire. C’est dire.

Dimanche 11 novembre

Les Japonais manifestent à nouveau contre l’énergie nucléaire

Les japonais ont à nouveau manifesté en nombre un peu partout dans le pays, contre le nucléaire en général et contre le fonctionnement de la centrale de Ohi, située exactement au dessus d’une faille géologique active (cf Mardi 13 novembre).

Profitons-en pour évoquer un article et une situation stupéfiante qui nous avaient échappé : juste après le début de la catastrophe, les salariés de la centrale de Fukushima ont été invités à aller chercher sur le parking les batteries de leurs voitures... pour essayer d’alimenter les systèmes de secours de la centrale. Véridique.

Les salariés ont même été invités à se cotiser pour aller acheter des batteries chez un concessionnaire automobile. Voilà donc ce qu’est la « sûreté » nucléaire tant vantée dans « le pays le plus évolué sur le plan technologique ». Inutile de dire que le même niveau de « compétence » sera de mise en France (ou tout autre pays nucléarisé) lorsque se produira un accident nucléaire...

Les mensonges du lobby nucléaire pour faire rénover une centrale

Belle illustration de la tactique habituelle du lobby nucléaire « Lorsque la centrale Point Lepreau a été fermée en mars 2008, Énergie NB avait indiqué que la remise en état prendrait 18 mois et coûterait 1,4 milliards $. » En réalité, ce fut 4 ans et 2,5 milliards !

Mentir, toujours mentir, cela permet au lobby d’obtenir le lancement de projets : une fois que le chantier est avancé, et qu’il est donc difficile de revenir en arrière, les délais et surcoûts supplémentaires sont enfin révélés. C’est exactement ce qui se passe en France sur les chantier de l’EPR, d’ITER, du Mégajoule, etc...

Lundi 12 novembre

Et si le « Fukushima français » se préparait à Saint-Alban (Isère) ?

L’association « Vivre ici » signale que la centrale de St-Alban est la dernière en France dans le domaine de la sûreté nucléaire depuis 3 ans. Et que l’ASN a récemment convoqué le directeur de cette centrale EDF pour lui signifier que « ça commence à bien faire » (ce qui est probablement la pire « sanction » que l’ASN peut se permettre d’infliger à EDF).

Soyons clairs : même toute neuve et exploitée de façon parfaite, une centrale nucléaire reste terriblement dangereuse, parce qu’elle a été conçue, construite, exploitée et contrôlée par de simples être humains, faillibles. Mais lorsqu’une centrale est, en plus, vieillissante et exploitée en dépit du bon sens, on se dit que c’est miracle que le pire ne se soit pas déjà produit...

Mardi 13 novembre

Japon – Centrale de Ohi : "On répète les erreurs de Fukushima"

Une seule centrale nucléaire a été remise en service au Japon après Fukushima, celle de Ohi. Déçu de ne plus mettre en grave danger l’ensemble des japonais, le lobby nucléaire a néanmoins réussi à maintenir un risque extrême en choisissant de remettre en service... une centrale située exactement au dessus d’une faille sismique active.

On se répètera en rappelant que les gens du lobby nucléaire sont des criminels dont l’objectif est d’irradier le plus possible de monde, voire de nous tuer tous, quitte à y passer eux-mêmes. Cela peut sembler excessif et pourtant : pourquoi avoir remis en service la centrale de Ohi ?

Nouvelles chinoiseries en vue pour l’industrie nucléaire française

L’industrie nucléaire française est à l’agonie, cumulant les déboires, les déconvenues, les investissements absurdes, etc. (Nous ferons d’ailleurs sous peu le point de cette situation sidérante.) En particulier, le réacteur EPR est tellement plombé qu’il apparaît impossible d’en vendre à l’étranger.

Aussi, une fois de plus, les Chinois sont appelés à la rescousse : « EDF et Areva ont signé un accord de coopération tripartite avec China Guangdong Nuclear Power Corporation Holding (CGNPC) pour la construction d’un réacteur nucléaire de moyenne puissance ».

Or, consciente depuis longtemps de la nullité de son EPR, Areva a lancé dès 2006 la conception d’un réacteur de 1000 MW, baptisé Atmea. Et, tout aussi consciente de son incompétence, Areva s’est associée dans ce projet avec le japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI).

Problème : Areva veut bien concevoir aujourd’hui un réacteur avec EDF et les Chinois de CGNPC, mais à condition de partir de l’Atmea. Ce que refuse EDF pour embêter Areva, et ce que refuse CGNPC car leurs relations avec les Japonais sont exécrables et de toute façon parce qu’un réacteur conçu par Areva, même partiellement, serait forcément nul.

L’industrie nucléaire française va donc continuer à se couvrir de ridicule. Mais la majorité de nos concitoyens continuent à croire que « la France est à la pointe de la technologie nucléaire », puisque c’est ce que continuent à prétendre les principaux médias, en dépit du bon sens...

Mercredi 14 novembre

La chute sans fin de Cécile Duflot

  • Vidéo TF1 : « Duflot en voiture électrique à l’Élysée »
  • Article de Blog : Avec Duflot, échappez aux impôts !

Autrefois écologiste, Cécile Duflot n’en finit plus de se déconsidérer. La voici donc qui arrive au Conseil des ministres en voiture électrique, accréditant l’idée que ce genre de véhicule serait « écologique ». Or, elle recharge ses batteries (ultra-polluantes) avec de l’électricité à 80% nucléaire (et donc ultra-polluante).

Par ailleurs, nous recevons ces derniers temps des messages publicitaires tels que "Loi Duflot, 0€ d’impôts". Égalant Scellier ou De Robien, Duflot ne désigne plus qu’une catégorie d’opérations immobilières au relents libéraux. Voilà ce qui arrive quand on veut par tous les moyens accéder à la postérité. Bien fait pour elle !

Effondrement de l’action EDF

Le Figaro se désespère : plombée par les déboires du nucléaire, l’action EDF à la bourse de Paris n’en finit plus de s’effondrer. Introduite à 32 euros en 2005, elle était montée à 87 euros avant d’entamer une chute vertigineuse jusqu’à 14 euros : 84% de pertes, en attendant la suite.

Notons que, dans le même temps, l’action d’Areva a chuté de 82 euros à 12 euros : 86% de pertes ! La lutte est acharnée : qui d’EDF et Areva passera en premier en dessous des 10 euros ? Le Figaro tente de faire bonne figure : « Sous les 14,5 euros, le risque de forte baisse du titre paraît limité. » Effectivement, l’action EDF ne peut plus perdre que 14 euros !

Notons qu’en octobre 2005, juste avant l’introduction d’EDF en bourse, l’auteur de la présente revue de presse avait rédigé, pour le compte d’une association tombée depuis dans les mains d’imposteurs (cf http://reseau.democratie.free.fr), un communiqué déconseillant fortement d’acquérir des actions EDF. Hélas pour eux, 5 millions de personnes n’ont pas tenu compte de cet avertissement...

Déconfiture du nucléaire français : la faute aux éoliennes allemandes !

Intéressante information apportée par Le Monde : « Cet été, EDF a dû arrêter certains réacteurs, du fait de la concurrence des éoliennes installées en Allemagne, dont la production électrique doit être écoulée en priorité ».

Sachant qu’un réacteur nucléaire arrêté pendant un jour coûte 1 million d’euros à EDF, nous allons probablement voir bientôt les autorités françaises protester contre la production électrique de plus en plus massives des éoliennes allemandes ! Ne faut-il pas carrément aller bombarder ces champs d’éoliennes germaniques qui portent gravement tort aux centrales nucléaires françaises ?

Le bilan de l’option nucléaire, imposée en France depuis 40 ans sous prétexte d’indépendance énergétique et d’avantage économique, est affligeant : l’hiver, il faut importer massivement depuis les pays voisins (belle « indépendance » !) et l’été il faut se ruiner en laissant des réacteurs à l’arrêt !

Jeudi 15 novembre

Lauvergeon : les Échos ne connaissent pas l’affaire Uramin !

  • Article complaisant des Échos : Anne Lauvergeon, sa vie d’après

Un article bien complaisant consacré à l’ex-reine de la radioactivité. L’auteur, pourtant rédacteur en chef et spécialiste de l’énergie, n’a semble-t-il jamais entendu parler de l’affaire Uramin dans laquelle trempe Mme Lauvergeon.

On trouve pourtant quelques traces de cette affaire sur La Tribune.fr, à l’étranger grâce au Mail and Guardian, et même sur votre site web préféré.

On notera par ailleurs que l’auteur, qui liste les activités de Mme Lauvergeon, ne semble pas au courant que celle-ci est aussi présidente du comité de surveillance de Libération. Il est vrai que si l’on commence à s’interroger sur la supposée « indépendance » des médias, on risque de parler du poids des publicités d’Areva (et d’EDF) dans les journaux... dont Les Échos. CQFD.

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