Observatoire du nucléaire

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Publié le 20 décembre 2012

Revue de presse n°29

Semaine du vendredi 14 au jeudi 20 décembre 2012

Avertissement : L’Observatoire du nucléaire est poursuivi en justice par Areva, le terrible « géant du nucléaire », qui veut lui faire payer 25 000 euros, c’est à dire mettre la clé sous la porte. Areva a mandaté à cet effet un grand cabinet international d’avocats (http://www.dsavocats.com).

Sur la mise en demeure, on peut lire entre autres « Paris, Bordeaux, Singapour, Buenos Aires, Shangaï, Canton, etc ». Mais pas Saint-Macaire (siège de l’Observatoire), ouf. C’est toutefois à Paris que rendez-vous est pris, le 1er février 2013, au Tribunal de grande instance (voir ci-dessous). Nous pourrons donc à cette occasion observer de très près le lobby nucléaire. Ou du moins ses avocats.

Vendredi 14 décembre

Le plus récent sous-marin nucléaire russe aurait raté ses essais officiels

Qu’elle fasse dans le civil ou dans le militaire, l’industrie nucléaire est parfaitement résumée par ceci : « Nous avions découvert des centaines de défaillances et de défauts. Le constructeur s’était engagé à les éliminer le plus vite possible. Mais désormais, le nombre de défauts est encore plus grand ». CQFD. Si le Severodvinsk n’a pas l’occasion de vitrifier quelques villes au cours d’une guerre atomique, il est probable qu’il causera un Tchernobyl. A moins qu’on ne le retrouve par les fonds, comme son prédécesseur le Koursk.

Belgique : Electrabel veut attaquer la nouvelle taxe sur le nucléaire

  • Article de l’Echo

« En France, nous avons pu arriver à un accord positif sur les tarifs. La Belgique, elle, ne fait qu’ajouter des difficultés. ». Ce n’est bien sûr pas le néo-belge Depardieu qui s’exprime ainsi, trop occupé à chanter avec la fille du dictateur ouzbek Karimov, par ailleurs ami d’Areva (cf ci-dessous). Si le plus gros acteur français apprécie la fiscalité belge, ce n’est pas le cas d’Electrabel, propriétaire de centrales nucléaires fissurées, et qui doit verser une taxe de 480 millions à l’Etat belge, EDF devant pour sa part verser 70 petits millions.

Si l’on peut encore transporter un Depardieu de France en Belgique, les centrales belges ne peuvent bien sûr faire le chemin inverse et puis, de toute façon, la place est prise. Aussi, dans un premier temps, Electrabel va payer la fameuse taxe... avant d’attaquer l’Etat belge en justice. Electrabel étant une filiale de GDF-Suez, dont le premier actionnaire est l’Etat français, il s’agit en quelque sorte d’une attaque de la France contre la Belgique. C’est moins risqué que contre la Chine.

Ouzbekistan, torture, uranium, Depardieu, Sting : cherchez l’intrus

C’était un piège : il n’y a aucun intrus dans cette liste. Eh non, désolé, pas même le fabuleux mister Sting, lequel a touché plusieurs millions de dollars pour chanter devant le « président » ouzbek Karimov, un vrai dictateur qui pratique les pires tortures. Oui, ce même Sting qui, en 1985, dénonçait la guerre nucléaire et les dictateurs fous. Que fait la gendarmerie ?

Aujourd’hui, c’est notre onéreux Depardieu qui arrondit très grassement ses fins de mois en chantant avec la fille de l’infâme Karimov. Beaucoup de gens « importants » donnent leur avis sur le départ de Depardieu en Belgique, jusqu’à Jamel Debouze qui estime juste qu’ « il ne fallait pas énerver Obélix », mais on ne trouve pas grand monde pour évoquer ses relations injustifiables avec Karimov.

Ce dernier dispose, il est vrai, de beaucoup d’argent en vendant les nombreuses matières premières dont regorge le sous-sol de son pays. On y trouve entre autre pas mal d’uranium, pour alimenter les centrales des pays nucléarisés : Areva, qui adore les régimes « stables » (c’est à dire les dictatures) a pris position en Ouzbékistan depuis 2008...

Dimanche 16 décembre

Alerte : l’autorité nucléaire nippone promet transparence et indépendance !

Après le déclenchement de la catastrophe de Fukushima, une nouvelle autorité de sûreté nucléaire a été installée au Japon, à la place de la précédente, qui dépendait directement du très pronucléaire ministère de l’industrie, le trop fameux METI. Il était donc possible, avec une certaine dose de naïveté, d’espérer quelque chose de cette nouvelle autorité. Hélas, la voilà qui annonce « transparence et indépendance », la promesse habituelle et mensongère du lobby nucléaire. Nous verrons bien vite ce qu’il en est réellement...

Lundi 17 décembre

Le réacteur nucléaire de Garoña débranché

Encore aune vieille centrale arrivée en fin de vie, en Espagne cette fois-ci. Les exploitants tentent de faire pression sur le gouvernement en arrêtant la centrale avant la fin de l’année... et en laissant entendre qu’elle pourra redémarrer en 2013. Heu, non non, ce n’est pas la peine. No gracias.

Mardi 18 décembre

L’ONG Sherpa découvre subitement que Areva ment et corrompt

Histoire édifiante. Votre « observateur du nucléaire » préféré agissait jusqu’en 2010 pour le Réseau Sortir du nucléaire qui, avant de devenir le « Réseau Faites un don », ne mâchait pas ses mots. Ainsi, en juin 2009, il exprime « sa plus grande perplexité devant la surprenante volte-face de l’association Sherpa, connue pour combattre - et non accompagner - les activités des multinationales lorsqu’elles sont polluantes ou ne respectent pas les Droits de l’Homme. »

Sherpa, dirigée par le médiatique avocat William Bourdon, vient en effet de toucher 80 000 euros... de la part d’Areva. Le tout sous prétexte de mettre en place un prétendu « Observatoire de la santé » près des mines d’uranium d’Areva au Niger et au Gabon. Votre serviteur prévoit alors que « cet accord va permettre à Areva de redorer à peu de frais son image et de (...) continuer à s’accaparer à bas prix l’uranium du Niger, en contaminant l’environnement, en asséchant les nappes phréatiques, en chassant les populations autochtones. »

Cette position claire est validée par le Conseil d’administration du Réseau Sortir du nucléaire, à la grande fureur du directeur bureaucrate qui commence alors à échafauder le putsch qui aura lieu quelques semaines plus tard (cf http://reseau.democratie.free.fr). Aujourd’hui, discrètement mais piteusement, Sherpa reconnaît ce qui était pourtant évident dès le départ : l’accord avec Areva était une fumisterie. Question : Sherpa va-t-elle garder les 80 000 euros d’Areva ?

Une syndicaliste d’Areva ligotée chez elle !

Nous avons déjà évoqué (revues de presse n°13 et 17) la « guerre nucléaire » que se livrent EDF et Areva pour être le partenaire français privilégié des nucléaristes Chinois. Ces derniers en profitent bien sûr pour exiger des avantages financiers et des transferts de technologie.

Les syndicats d’Areva soupçonnent leur direction de brader à la Chine le prétendu « savoir-faire d’Areva » - qui est en fait incapable de construire son propre réacteur, l’EPR ! - et exigent la copie d’un accord secret (qui perdrait donc son caractère secret !)

Et voilà que l’on retrouve une syndicaliste, en pointe dans le combat pour obtenir ce fameux document secret, ficelée chez elle ! Qui la menace ? Les Chinois ? La direction d’Areva ? C’est cette dernière hypothèse que sous-entend l’article de Libération... qui est illico attaqué en justice par Areva.

Mercredi 19 décembre

Alerte générale : Areva menace l’Observatoire du nucléaire !

Il faut croire que le PDG d’Areva a sacrément besoin de détourner l’attention (aurait-il donc de lourds secrets à cacher ?) : après Libération, c’est l’Observatoire du nucléaire qui est menacé d’être traîné en justice, suite au communiqué de la semaine dernière accusant Areva de corruption pour avoir payé un avion au Président du Niger. L’Observatoire est mis en demeure sous 24 heures de retirer le fameux communiqué de son site web...

Jeudi 20 décembre

Alerte générale : Areva attaque l’Observatoire du nucléaire !

Finalement, sans même attendre 24 heures (quels blagueurs !), Areva traîne l’Observatoire du nucléaire en justice et entend lui faire payer environ 25 000 euros. Autant dire le dépôt de bilan. Couler avant EDF et Areva (dont l’effondrement est proche), ce serait râlant ! Rendez-vous est donné le 1er février 2013 au Tribunal de grande instance de Paris. La multinationale Areva se dit toute triste d’avoir été accusée de corrompre (en plus de mentir, contaminer, piller).

Elle nie d’ailleurs avoir versé de l’argent au budget 2013 du Niger. Curieusement, le Président du groupe majoritaire à l’Assemblée du Niger a attesté, lui, de l’existence de ce versement. Quant au gouvernement du Niger, il prétend comme Areva qu’il n’y a pas eu de versement... tout en précisant qu’il n’a pas servi à acheter un avion. Défense de rire !

Areva porte plainte contre Stéphane Lhomme... et perd 4% en bourse !

« Areva porte plainte contre Stéphane Lhomme », c’est le titre de Zone bourse, au dessus duquel s’affiche la cotation d’Areva à la bourse de Paris : - 4,10% ! Bien fait ! On notera aussi la pertinence des publicités ciblées (merci Big Google) : Stéphane Lhomme peut acheter des éoliennes ou alors... trouver un avocat ! Et même flirter mais, hélas, il paraît que Dame Lauvergeon est déjà prise...

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