Observatoire du nucléaire

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Publié le 24 janvier 2013

Revue de presse n°34

Semaine du vendredi 18 au jeudi 24 janvier 2013

Vendredi 18 janvier

L’évêque de Troyes pose quelques questions sur le nucléaire...

Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes, pose quelques bonnes questions par rapport au projet d’enfouissement des déchets radioactifs : « Pouvons-nous ainsi nous débarrasser de ces colis gênants sans nous interroger sur ce qu’ils pourraient provoquer dans quelques centaines d’années sur nos descendants ? » ou bien « L’an dernier, les communes riveraines [du site d’enfouissement] ont reçu 654 euros par habitant. Un élu doit s’interroger avant d’accepter cet argent. A quoi s’engage-t-il vraiment ? Garde-t-il sa liberté de penser et d’agir ? »

Mais aussi : « Notre actuelle boulimie d’énergie légitime-t-elle que nous compromettions l’avenir de nos enfants et traitions notre terre de façon irresponsable ? » Il nous est avis que cet honnête homme ferait bien de se méfier : à poser de telles questions, il pourrait bien se retrouver à la retraite anticipée ou réaffecté dans le désert de Gobi...

Quand La Marseillaise sert la soupe aux multinationales

  • Propagande dans La Marseillaise : « À l’aube d’une énergie nouvelle »

La Marseillaise est un quotidien proche du Parti communiste (PCF) et qui, dans ses colonnes, prend fait et cause pour les combats des salariés. Par contre, dès qu’il s’agit de nucléaire, comme le PCF ou la CGT-énergie, La Marseillaise fait le jeu des multinationales. A l’occasion de l’inauguration du siège d’Iter, La Marseillaise se fend d’un « article » (en fait un véritable publi-reportage !) qui reprend tous les arguments bidons avancés en faveur de ce projet délirant, exactement comme tous les autres médias : on cherche en vain la différence. Par contre, rien sur le fait que des groupes industriels aussi sympathiques que Vinci (aussi impliqué dans le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes) soient les seuls vrais gagnants du projet Iter.

La blague du siècle : EDF s’engage sur le délai et le coût de l’EPR !

EDF tente désespérément de construire un réacteur nucléaire, le fameux EPR, à Flamanville (Manche). Au départ, le réacteur devait entrer en service en 2012 et coûter 2,8 milliards. A ce jour, le retard est de 4 ans et le surcoût de 300% : 8,5 milliards. Et voilà que, subitement, EDF annonce s’engager « sur le délai et le coût » de l’EPR. Quelle blague : une fois pris en compte ce retard et ce surcoût gigantesques, il est effectivement plus facile de « tenir ses engagements ». Encore que : rien ne dit qu’il n’y aura pas de nouvelles déconvenues...

Montebourg, EDF, Areva et le CEA : les gentils toutous de la dictature saoudite (avant d’aller en Chine)

  • Article des Echos : « La France pousse son atome au royaume du pétrole »

Nous l’avons déjà vu, seuls les pays richissimes peuvent encore se payer des réacteurs nucléaires, tant cette façon de produire de l’électricité est ruineuse et déficitaire. La liste se résume pratiquement à la Chine et aux pays producteurs de pétrole. Comme par hasard, ce sont des dictatures, régime politique préféré des nucléocrates français : pas de manifestants, pas d’opposition démocratique.

C’est ainsi que MM Proglio (EDF, le gars qui lit les graphiques à l’envers, cf rdp n°30), Oursel (Areva, l’inconscient qui attaque l’Observatoire du nucléaire en justice) et Bigot (Commissariat à l’énergie atomique, le nul qui prétend que les centrales japonaises résistent à tout, cf rdp n°33), ont été promenés en Arabie saoudite par l’animateur Montebourg.

Ces plaisantins, désignés par l’expression « Équipe de France du nucléaire », se sont prosternés devant les despotes saoudiens, qui envisagent de s’offrir des centrales nucléaires, pour leur proposer l’inénarrable réacteur français EPR (cf http://reacteur.epr.free.fr). Le regrettable Bigot se pâme : « L’essentiel, en matière nucléaire, c’est qu’il y ait une stabilité politique » (traduction « Vive la dictature » !)

Mais, aussi méchants et arrogants que soient les dirigeants saoudiens, rien ne laisse à penser qu’ils soient assez bêtes pour acheter des EPR ! Même en se prosternant, nos tristes nucléocrates français n’arriveront probablement à rien. Encore une fois. Tant mieux.

Samedi 19 janvier

L’Observatoire du nucléaire négocie-t-il avec l’Iran ?

« Aucun accord n’a été atteint lors des discussions de deux jours entre l’Iran et l’observatoire du nucléaire, a rapporté l’agence de presse semi-officielle ISNA » Bigre ! L’Observatoire du nucléaire négocierait donc avec les Iraniens ? Quelle terrible responsabilité ! En réalité, il apparait que l’agence « semi-officielle » ISNA a dégoupillé, et pas à moitié pour le coup. De toute façon, l’Observatoire du nucléaire est trop occupé à « négocier » avec Areva : prochain rendez-vous le 1er février au Tribunal de grande instance de Paris !

Du poisson super radioactif pêché à Fukushima

De tristes individus tentent de faire croire que Fukushima fait déjà partie du passé et qu’il ne faut pas remettre en cause le nucléaire pour « si peu ». En réalité, la catastrophe ne fait que commencer : les cœurs des réacteurs sont toujours en fusion, et refroidis en continu pour éviter une reprise des réactions nucléaires.

D’autre part, environ 200 000 personnes ont été évacuées et, pour elles, le drame n’en est qu’au début. Sans oublier que des millions de personnes vivent dans des zones plus ou moins contaminées, avec des conséquences inévitables sur la santé, en particulier celle des enfants. Quant à la faune, elle se porte mal comme le prouve la découverte, deux ans après le début de la catastrophe, d’un poisson 2500 fois plus radioactif que les « normes », pourtant déjà terriblement laxistes. Il est bien évident que ce poisson n’est qu’un parmi d’innombrables autres.

Comme chacun le sait, les petits poissons sont mangés par les plus gros, etc : la chaine alimentaire entière est touchée. Le drame de Fukushima ne fait que commencer, le nucléaire est bien une calamité qui répand la désolation sur cette planète.

Dimanche 20 janvier

Des projets pour le Fort de Vaujours... contaminé par le CEA !

Remarquable enquête menée par le Collectif « Sauvons la Dhuis » à propos du Fort de Vaujours, joyau historique qui a hélas été « salopé » (pardon mais il n’y a pas d’autre mot) par le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) pendant 40 ans (de 1955 à 1997). Les contaminations y sont multiples. Pourtant, Placoplâtre (filiale du groupe Saint-Gobain ) projette d’exploiter ce site pour en extraire le gypse, et la Communauté d’Agglomération de Marne et Chantereine (CAMC) propriétaire de 11 hectares, souhaite y implanter une zone d’activité. Affaire à suivre...

Lundi 21 janvier

Douze incidents de niveau 1 à la centrale nucléaire de Paluel en 2012

Certes, il vaut mieux 12 événements de niveau 1 que 2 de niveau 6 ou 3 de niveau 4. Mais il vaut surtout mieux zéro événement, zéro incident, zéro accident, et la seule façon d’y parvenir est de stopper définitivement cette centrale. Et les autres.

L’AIEA acte l’arrêt virtuel du nucléaire japonais... et puis finalement non

Les nucléocrates sont décidément de sacrés plaisantins. Ainsi, le 17 janvier, on apprenait que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) venait de classer 47 réacteurs nucléaires japonais dans la catégorie « en arrêt à long terme », alors qu’ils étaient jusqu’ici dans la catégorie « en activité ».

L’AIEA étant le fer de lance du lobby nucléaire au niveau mondial, ses dirigeants ont eu beaucoup de mal à accepter la réalité de la catastrophe de Fukushima et la fermeture des réacteurs japonais. Mais, comme on dit, mieux vaut tard que jamais. Et puis finalement non : quatre jours plus tard, ces zozos ne se faisant pas à l’idée d’abandonner leurs jouets, voilà qu’ils reclassent les 47 réacteurs japonais dans la catégorie « en activité ». Na ! Trop forts les nucléocrates.

Areva au Niger, Lhomme qui dérange

Avec nos excuses pour cette personnalisation momentanée... entièrement de la faute d’Areva. L’article est cependant très édifiant sur la façon dont Areva méprise les citoyens au Sud comme au Nord, probablement du fait d’un grand sens de l’égalité entre tous...

Allo le Ministre de la Françafrique ? C’est l’Observatoire du nucléaire !

Pascal Canfin est ministre du « Développement », nouveau nom de la « la Coopération », dont le coeur d’activité est la Françafrique. M. Canfin est aussi un notable d’Europe écologie-Les verts (EELV) et, malgré cela, il se dit écologiste. Mais il prouve lui-même que c’est faux, voyez plutôt.

Invité de la matinale de France inter ce lundi matin, ce gentil ministre (qui prend bien soin de ne jamais faire de peine à MM Hollande et Ayrault) a été interpellé par un auditeur qui n’était autre que le directeur de l’Observatoire du nucléaire, lequel désirait en savoir plus sur le curieux « don » d’Areva au budget du Niger (rappel). Alors, corruption ou non ?

Le ministre affirme d’abord – c’est donc de la plus grande importance - que son interlocuteur « a des convictions mais il a parfois tendance à les pousser un peu trop loin ». Traduction : aucune chance de devenir ministre, ni rien d’autre de lucratif d’ailleurs : pas assez « souple » ! Le Canfin est souple, lui, malléable, il sait retenir ses « convictions »...

Ensuite, M. Canfin explique que, entre actionnaires, Areva et le Niger peuvent s’échanger de l’argent, ça ne regarde qu’eux. Et que si l’argent versé par Areva sert à acheter un avion au Président du Niger, c’est bien de la liberté de ce dernier. La Françafrique a de beaux jours devant elle : Faux-Cul a pris la suite de Foccart.

Enfin, le prétendu « écologiste » assène que la France intervient militairement au Mali « pour la liberté » (on dirait Bush !) et ajoute même, avec ses gros sabots, que « Areva est en dehors de tout ça ». Aucune remarque sur le fait que le prétendu pompier (la France) est aussi le pyromane qui a maintenu dans la région des régimes affaiblis et corrompus. Régimes qu’il faut bien maintenant venir « sauver » face aux groupes islamistes, lesquels sont effectivement effroyables mais aussi bien utiles pour que la France remette la région sous la coupe de son armée coloniale.

Très fier de lui, Pascal Canfin affirme que « 80% des écologistes soutiennent l’intervention militaire au Mali ». Distrait, il a confondu les notables réunis dans le Conseil fédéral d’EELV (et qui ont effectivement justifié l’injustifiable à 80%) avec des écologistes. Quel blagueur !

En France, en 2010, des antinucléaires ont été torturés

En novembre 2010, des militants antinucléaires ont été réellement torturés par les « forces de l’ordre ». Si vous pensez qu’il s’agit là d’une exagération, nous vous invitons à regarder sur le site web du Ganva les photos des blessures. Et encore : après soins.

Pour mémoire : opposés à un transport de déchets radioactifs ultra-dangereux, des militants se sont enchainés aux rails pour stopper le convoi quelques temps. Ce genre d’évènement a souvent lieu en Allemagne : la police vient alors découper à la scie circulaire, avec précaution, les chaines et autres tubes qui ont permis aux militants de se solidariser aux rails.

Mais voilà : en France, les autorités ont décidé de profiter de la situation pour faire passer aux activistes l’envie de militer : de graves blessures et de terribles brûlures leur ont délibérément été infligées.

Bien entendu, comme nous sommes au pays de l’atome, ce sont les victimes qui ont été trainées en justice, et condamnées : prison avec sursis et plus de 30 000 euros d’amendes et de dommages et intérêts pour la SNCF et Areva. Le lundi 4 mars 2013, à 14h à Caen, aura lieu le procès en appel. Les “7 du Ganva” méritent votre soutien.

Déraillement d’un train contenant « des vêtements », en puis finalement de l’uranium !

  • Première dépêche AFP : « Un wagon contenant des fûts d’objets radioactifs déraille dans la Drôme, pas de fuite »
  • Seconde dépêche AFP : « Un wagon contenant de l’uranium naturel appauvri déraille dans la Drôme, pas de fuite »
  • Infos associatives : http://www.vivreicienvironnement.org

Si on appliquait dans la Drôme les mêmes méthodes qu’en Calvados, il y a des cadres d’Areva, de la SNCF et de la Préfecture de la Drôme qui passeraient à la table de torture ! En effet, un wagon nucléaire a déraillé, sans conséquences a priori, mais on imagine sans peine le résultat si l’accident avait été violent... comme cela arrive très souvent sur le réseau ferré.

D’ailleurs, des militants de l’association « Vivre Ici ?V ????allée du Rhône ??Environnement » étaient présents au bon moment et ont pu photographier un autre wagon du même convoi, mais contenant pour sa part des déchets extrêmement radioactifs. Information qui n’aurait pas été connue autrement, au vu de la désinformation orchestrée par les autorités : dans un premier temps, les « responsables » ont affirmé que le wagon ne contenait que des vêtements, qui plus est coulés dans le béton (ces vêtements en savaient-ils trop ?).

Rectificatif plus tard dans la soirée : il s’agissait en fait d’uranium. Mais, attention, de l’uranium « naturel » et « appauvri », de façon à rassurer le citoyen profane. Or, l’uranium n’est plus « naturel » s’il n’est plus dans l’état dans lequel on l’a trouvé sous terre. Donc de l’uranium « enrichi » ou « appauvri » ne peut pas être en même temps « naturel ».

Par ailleurs, la notion d’uranium « appauvri » est trompeuse, ou du moins subjective. L’uranium naturel est composé à 99,3% d’uranium 238 et à 0,7% d’uranium 235. On appelle usuellement uranium « enrichi » de l’uranium que l’on a modifié pour augmenter sa teneur en uranium 235. De fait, cet uranium « enrichi » (il a plus d’uranium 235 qu’à l’état naturel) est... tout autant « appauvri » (il a moins d’uranium 238 qu’à l’état naturel) !

De même, le fameux uranium « appauvri » (il a moins d’uranium 235 qu’à l’état naturel) est tout autant « enrichi » (il a plus d’uranium 238 qu’à l’état naturel). Mais, surtout, il faut bien noter que le danger est exactement le même si vous respirez des poussières d’uranium naturel, d’uranium enrichi ou d’uranium appauvri : cancer assuré, en quelques mois ou quelques années. La conclusion est que la communication naturelle des autorités est appauvrie en information et enrichie en mensonges. CQFD.

Mardi 22 janvier

Un député allemand dit sur France inter que la France intervient militairement au Mali pour l’uranium du Niger

Günther Krichbaum, est député allemande classé à droite (CDU), mais il est aussi Président de la commission des Affaires Européennes au Bundestag (Parlement allemand). Ce n’est donc pas un simple « godillot ». Ce monsieur doit bien avoir des défauts par ailleurs, mais il faut bien dire qu’il a excellemment mis les pieds dans le plat en direct sur France inter, en estimant que la France intervenait aussi au Mali pour sécuriser son approvisionnement en uranium dans le Niger voisin.

Aussitôt, un autre invité est intervenu pour tenter de « rectifier » et prétendre que l’intervention militaire française était « pour la liberté » : Bernard Cazeneuve, ministre français délégué aux Affaires Européennes. Comme par hasard, ce triste individu est aussi un des pires pronucléaires qui soient.

Nucléaire civil et militaire : Jean-Marie Matagne (ACDN) sur France inter

Bravo à l’animateur et producteur Philippe Bertrand qui, dans son émission « Carnets de campagne », a donné la parole à Jean-Marie Matagne sur un sujet, le désarmement nucléaire, totalement occulté dans l’ensemble des « grands médias ». Et bravo à Jean-Marie pour avoir énoncé quelques vérités de façon claire et pédagogique. Une petite brique de plus...

Déchets nucléaires : BURE, même les bactéries attaquent

Une nouvelle donnée qui vient s’ajouter aux nombreuses déjà répertoriées qui font que le projet d’enfouir sous terre des déchets radioactifs relève clairement du crime (cf http://www.villesurterre.eu)

La France importe de plus en plus d’électricité depuis l’Allemagne !

Depuis près de dix ans, le bilan annuel au 31 décembre est limpide : la France est IMPORTATRICE d’électricité depuis l’Allemagne. Suite à la catastrophe de Fukushima, Berlin a fermé d’un coup 8 réacteurs et, exceptionnellement, la France a été légèrement exportatrice en 2011.

Les promoteurs de l’atome ont commencé à ricaner (c’est ce qu’ils savent faire de mieux) mais, depuis, la marche de l’Histoire a repris son cours : en 2012, la France nucléaire est à nouveau importatrice depuis l’Allemagne, bien que celle-ci sorte de l’atome. Qui plus est, l’Allemagne réduit dans le même temps ses émissions de co2 ! Les tenants du nucléaire ont mené la France dans une impasse et, plus le mur final approche, plus ils maintiennent le cap...

Nucléaire français : les pieds-nickelés en Chine

La ministre française du Commerce extérieur, Nicole Bricq, a pris le relais d’Arnaud Montebourg pour promener les PDG d’EDF et d’Areva, Henri Proglio et Luc Oursel : après l’Arabie saoudite, une autre dictature (le régime préféré des nucléocrates), la Chine. Areva saute sur l’occasion pour tenter par communiqué de faire croire que, puisque les Chinois arrivent à construire le réacteur EPR, cela prouve que les français y arrivent aussi. Mais non, cela prouve juste... que les Chinois y arrivent ! Les français sont bel et bien en échec avec leurs EPR, tant Areva (en Finlande) que EDF (à Flamanville) : http://reacteur.epr.free.fr.

Proglio justifie les transferts de technologie vers la Chine... tout en les niant

  • Article de LaTribune.fr : « Proglio nie avoir fourni des secrets technologiques nucléaires à la Chine »
  • Dépêche AFP : « Le patron d’EDF justifie les transferts de technologie nucléaire à la Chine »

On avait déjà le gouvernement du Niger jurant n’avoir pas reçu de don d’Areva... tout en assurant que ce don a été utilisé à autre chose que l’achat d’un avion présidentiel. On a aussi, désormais, M, Proglio qui jure qu’EDF n’a pas fait de transfert de technologie nucléaire vers la Chine... tout en justifiant ce transfert ! Mais, comme déjà expliqué , la France nucléaire n’a aucun secret à transmettre, à part la recette de l’échec, des retards et des surcoûts.

Mercredi 23 janvier

Fessenheim : EDF va renforcer les radiers sous les réacteurs

Suite de la mascarade sur la prétendue « fermeture de la centrale de Fessenheim » : selon la bonne vieille méthode du fait accompli, EDF va dépenser des millions dans la centrale pour dire ensuite « On ne peut pas la fermer alors qu’on vient juste d’y investir de lourdes sommes ! » Notez-bien que ces investissements sont parfaitement inutiles : en cas de fusion de coeur, le radier (la dalle de béton sur laquelle sont posés les réacteurs) sera transpercé, qu’il soit « épaissi » ou non. Une des plus grandes nappes phréatiques d’Europe sera alors irrémédiablement contaminée.

Mais, à nouveau, l’objectif d’EDF n’est absolument pas d’arriver à une « sûreté » qui est en fait impossible à assurer, mais de dépenser de l’argent dans la centrale pour en repousser le projet de fermeture. Le Président Hollande laisse EDF faire, il laisse aussi l’Autorité de sûreté annoncer que la centrale ne sera pas fermée dans les 5 ans, et il a renoncé à débarquer le sarkozyste Proglio de la présidence d’EDF. La guerre « hollandaise » au Mali et au Niger vise donc à assurer l’approvisionnement de Fessenheim – comme de toutes les autres centrales françaises - en uranium volé au Niger.

« L’équipe de France du nucléaire » se prend un tacle

L’industrie nucléaire française est nulle, et de longue date : cela va à l’encontre d’une idée reçue mais, enfin, cela commence à se savoir. L’Observatoire du nucléaire l’a clairement montré mais on peut désormais s’en rendre compte ici ou là, comme sur ce blog d’un journaliste du Monde. Il était temps.

La syndicaliste d’Areva aurait inventé ses chinoiseries !

  • Article Libération : « Areva : salariée ligotée, histoire imaginée ? »
  • Dépêche Reuters : « Une syndicaliste CFDT d’Areva placée en garde à vue »

Le 19 décembre dernier, Libération consacrait une partie de sa Une etdeux pleines pages à l’affaire de la syndicaliste d’Areva « saucissonnée » chez elle et menacée. Pire, un « A » avait été inscrit sur elle au marqueur. Aurait-elle la grippe A ? A-t-elle perdu son triple A ? Non, d’après Libération, ce serait tout simplement Areva qui aurait menacé sa propre syndicaliste, qui remuait ciel et terre pour obtenir copie d’un accord secret entre son entreprise et les Chinois de CGNPC. Areva a d’ailleurs attaqué Libération pour diffamation (c’est une manie !).

Libé qui pourrait bien être condamnée car, parait-il, la syndicaliste aurait elle-même organisé son « agression ». Areva serait donc non-coupable ? Allons donc, cette fausse agression est loin d’être la seule chose fictive concernant le prétendu « géant de l’atome ». On peut même dire que tout est faux chez Areva : contrairement à ce qui nous est affirmé, les réacteurs sont dangereux, les mines d’uranium contaminantes, les déchets radioactifs sans solution, les publicités mensongères, etc. Finalement, si cette syndicaliste a inventé son agression, elle n’aura fait que se conformer à l’identité de son entreprise. Elle mérite donc son « A » !

Jeudi 24 janvier

CGT : un recours contre la fermeture de Fessenheim (et de son lucratif Comité d’entreprise !)

La CGT-énergie se mobilise contre la fermeture de la centrale de Fessenheim et, en général, contre toute hypothèse de sortie du nucléaire. Car, pour cette fédération au fonctionnement curieux (par exemple, Madame a succédé à Monsieur au secrétariat général), la fin du nucléaire signifierait la mort de le poule aux oeufs d’or : le comité d’entreprise (CCAS).

Espérons que Madame, son chéri, et ses prédécesseurs (comme l’ineffable Denis Cohen, chef de la CGT-énergie de 1990 à 2005 et soutien du PDG d’EDF dans son projet de casse du statut des salariés) seront disponibles pour le procès des détournements financiers du comité d’entreprise...

Aux fous : Capital.fr vous invite à acheter des actions d’Areva !

Nous avons parfois évoqué dans le revue de presse le destin tragique de l’action d’Areva à la bourse de Paris, passée de 82 euros à 13 (soit 84% de pertes). Considérant que cette cotation est « brutalement » remontée à... 14 euros, Capital.fr prend des risques... ou plutôt (pas fous !) vous invite à en prendre. Capital.fr ignore donc que tout est faux dans Areva ou alors, plus probablement, c’est juste pour rire.

L’armée française envoyée au Niger pour protéger Areva !

  • Article du Point : « Niger : les forces spéciales protégeront les mines d’uranium d’Areva »
  • Communiqué de l’Observatoire et sur Rue89 : « L’armée française pour les mines d’Areva au Niger : colonialisme nucléaire et dépendance énergétique… »

L’envoi des forces spéciales françaises pour sécuriser l’approvisionnement en uranium des centrales nucléaires françaises achève de démontrer que, contrairement à une idée fausse insidieusement entretenue, l’atome n’apporte aucune indépendance énergétique : 100% de l’uranium "français" est importé, et l’armée est envoyée pour protéger son extraction au Niger. Comme nous l’avons affirmé à de nombreuses reprises, ce pays reste donc clairement sous la domination coloniale française. CQFD.

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