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Publié le 2 février 2013

Procès Areva : dans un an !

L’Observatoire du nucléaire dénonce la lenteur de la justice

  • Le procès est finalement fixé au vendredi... 20 décembre 2013 : pratiquement dans un an !
  • Ce délai insensé permet à Areva de maintenir la pression sur l’Observatoire du nucléaire
  • L’Observatoire maintient toutes les accusations portées contre Areva... et va continuer à agir

L’audience qui s’est tenue hier vendredi 1er février au Tribunal de grande instance de Paris a permis de fixer la date du Procès intenté par Areva à l’encontre de l’Observatoire du nucléaire. Or, la première date disponible pour une audience d’une durée de deux heures était le vendredi... 20 décembre 2013 !

Le procès aura donc lieu plus d’un an après la publication (le 9 décembre 2012) du communiqué de l’Observatoire du nucléaire considéré par Areva comme de la "diffamation". L’Observatoire proteste contre le manque de moyens de la justice : le gouvernement devrait s’occuper de ce grave problème au lieu de mettre en place, avec l’argent public, un Fonds d’aide à l’industrie de l’atome.

Ce délai totalement insensé - un an ! - donne un sursis inespéré à Areva et lui permet de maintenir la pression sur l’Observatoire du nucléaire, menacé de disparition du fait du montant des pénalités demandées par Areva.

Pour autant, l’Observatoire du nucléaire va continuer inlassablement son action et, concernant l’affaire présente, maintient toutes ses accusations contre Areva, et continue à poser les questions qui dérangent la multinationale atomique :

  • Areva a-t-elle fait un curieux "don" de 35 millions d’euros au Niger ?
  • Ce don sert-il à l’achat d’un avion pour le Président du Niger ?
  • S’agit-il d’une "manœuvre relevant de la corruption" ?
  • Pourquoi Areva veut-elle la disparition de l’Observatoire du nucléaire ?
  • Quels liens avec l’intervention militaire français au Mali ?
  • Pourquoi le ministre EELV du Développement aide-t-il Areva ?

Pour mémoire, dans un premier temps, Areva a nié l’existence de son curieux "don" (26 millions d’euros plus 9 millions l’an prochain) fait au Niger (cf dépêche AFP du 12 décembre). Puis, face aux pièces mises en ligne par l’Observatoire du nucléaire, Areva a fini par reconnaître l’existence de ce "don"... tout en prétendant qu’il ne fallait rien y voir de compromettant.

Pourtant, le compte-rendu confidentield’une rencontre entre des dirigeants d’Areva et le chef de cabinet du Président du Niger, révélé par l’Observatoire du nucléaire, permet de constater que Areva, aujourd’hui comme autrefois, dicte ses volontés aux dirigeants du Niger et, pour finir, décide d’accorder un "don", comme un "bienfaiteur" secourant un défavorisé.

Cela n’a rien à voir avec une taxe qui aurait été infligée par le Niger à Areva, coupable de s’arroger l’uranium du Niger à bas prix depuis 40 ans. D’ailleurs, une telle taxe se monterait en milliards d’euros et non à 35 millions, une somme qui relève bien plus du "dessous de table".

L’Observatoire du nucléaire est une des rares voix qui, tout en dénonçant les agissements ignobles des groupes islamistes, s’élèvent (cf Tribune pour estimer que l’intervention militaire française au Mali vise avant tout à sécuriser les mines d’uranium d’Areva au Niger voisin.

Enfin, après avoir questionné le ministre EELV du développement, Pascal Canfin, en direct sur France inter le 21 janvier, l’Observatoire du nucléaire reste sidéré par la réponse de cet ancien membre de la "Commission spéciale du Parlement européen sur la criminalité organisée, la corruption et le blanchiment de capitaux", puisqu’il a "justifié" la manœuvre d’Areva...

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