Observatoire du nucléaire

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Publié le 7 février 2013

Revue de presse n°36

Semaine du vendredi 1er au jeudi 7 février 2013

Vendredi 1er février

Procès d’Areva contre l’Observatoire du nucléaire : à Noël !

  • Brève Ouest-France
  • Communiqué de l’Observatoire : « L’Observatoire du nucléaire dénonce la lenteur de la justice »

Heureusement qu’il y a eu quelques lignes de Ouest-France à propos du rassemblement de soutien organisé à Quimper (il y en avait aussi à Nantes, Bordeaux et une dizaine d’autres villes), autrement on n’aurait trouvé dans la presse aucune trace de la première audience du procès d’Areva contre l’Observatoire du nucléaire.

Il faut croire que, en pleine guerre menée par la France au Mali pour sécuriser les mines d’uranium d’Areva au Niger, la presse est invitée à ne pas égratigner le « consensus national » autour du grand chef de guerre Hollande... et d’Areva ! Curieusement, la première date disponible pour l’audience n’était pas avant le 20 décembre : pratiquement dans un an ! Areva a donc obtenu un long sursis avant d’être déboutée...

Proverbe hollandais : « Guerre en février, procès en décembre »

En pleine intervention militaire française au Mali, à proximité immédiate des mines d’uranium d’Areva au Niger, il aurait été intéressant de savoir si les curieux versements financiers d’Areva, possiblement pour acheter un nouvel avion au Président du Niger, relèvent de la corruption. Mais voilà, le procès Areva / Observatoire du nucléaire aura lieu... en décembre. A la guerre comme à la guerre, voici la liste des médias qui se sont étonnés de cette date si lointaine : .

Areva et l’uranium du Niger (suite)

  • Dossier de Golias : « Areva, les dessous d’une présence africaine »
  • Dépêche Reuters : « Le Niger veut rééquilibrer son partenariat avec Areva »

Golias Hebdo est une revue hebdomadaire d’informations générales d’inspiration chrétienne, progressiste. Elle publie cette semaine un excellent dossier sur la présence d’Areva en Afrique... et un encart sur le procès contre l’Observatoire du nucléaire. Reuters publie pour sa part une dépêche qui relate les annonces de la présidence du Niger, lequel prétend exiger de la France, et plus particulièrement d’Areva, un meilleur prix pour l’uranium extrait du sous-sol nigérien. Il s’agit là seulement de belles paroles, le principal objectif de M Issoufou étant d’être réélu en 2016 comme indiqué dans le document confidentiel que nous avons publié dernièrement.

Samedi 2 février

Pas de fumée sans feu à la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly

  • Dépêche AFP :

Selon la République du Centre, un dégagement de fumée aurait été provoqué par "l’échauffement d’une courroie de ventilateur d’un bâtiment auxiliaire". Rien de grave donc... à part qu’on apprend aussi que « Quatorze véhicules de pompiers se sont joints aux équipes d’intervention du site quelques minutes après ce dégagement de fumée ». Quatorze véhicules de pompiers ! Sans oublier les équipes d’intervention de la centrale elle-même ! C’était sûrement un gros ventilateur....

Dimanche 3 février

Le Monde, RFI et TV5 oublient de poser certaines questions au Président du Niger !

Ils s’y sont mis à trois pour interviewer M. Issoufou, le Président du Niger, et pourtant personne n’a parlé du curieux « don » d’Areva (il suffisait pourtant de se « retrancher derrière la dépêche AFP du 12 décembre : "Le Niger veut s’acheter un avion présidentiel grâce à Areva, qui dément").
Ni du fameux document confidentiel qui montre l’emprise d’Areva sur le Niger et confirme les accusations de l’Observatoire du nucléaire (là, il suffisait de se baser sur la dépêche AFP du 14 janvier 2013 ). Sollicités poliment par l’Observatoire du nucléaire, afin de savoir pourquoi certaines questions n’avaient pas été posées, les 3 journalistes ont répondu ceci : .

Lundi 4 février

Le Bure britannique enterré ! Nouveau désastre pour EDF !

  • Article du Guardian (30 janvier) : « Nuclear expansion plan thwarted after Cumbria no vote to underground store »
  • Article du Guardian (31 janvier) : « Cumbria sticks it to the nuclear dump lobby - despite all the carrots on offer »
  • Article du Guardian (4 février) : « Sellafield management sharply criticised by Commons committee »

C’est une affaire qui fait les gros titres en Grande-Bretagne, mais dont aucun média ne veut parler en France : le projet d’enfouissement des déchets radioactifs en Grande-Bretagne, comparable à celui de Bure en France, vient d’être rejeté par le Comté de Cambrie.

C’est pourtant dans ce Comté que l’on trouve le site nucléaire géant de Sellafield, comparable à celui de La Hague (Manche). Ce site s’appelait à l’origine Windscale mais il a été renommé pour faire oublier un des plus graves accidents nucléaires de l’Histoire.

Les atomistes sont écœurés, car ils sont tombés sur encore plus cyniques qu’eux : ils ont corrompu jusqu’à la moelle les institutions de Cambrie, leur attribuant de lourdes sommes pendant des décennies, et voilà qu’elles rejettent l’enfouissement des déchets radioactifs ! C’est à vous dégoûter de la corruption !

Si les médias français ne parlent pas de cette affaire, c’est qu’ils entretiennent toujours le mythe des réacteurs EPR que EDF « va construire en Grande-Bretagne ». Or, une « solution » pour les déchets radioactifs (même criminelle comme l’enfouissement) est indispensable pour construire de nouveaux réacteurs. Pas de "solution", pas de réacteurs ! L’avenir du nucléaire britannique est plus sombre que jamais... ainsi que celui des finances d’EDF...

Programme nucléaire britannique : Centrica, allié d’EDF, jette l’éponge

Après l’italien Enel qui, fin 2012, a retiré ses billes de l’EPR de Flamanville (obligeant EDF à rembourser l’argent investi... intérêts compris !), c’est maintenant le britannique Centrica qui abandonne EDF et ses projets fumeux de construction de réacteurs EPR outre-Manche. Avec l’annulation du site d’enfouissement des déchets, c’est en quelques heures un second coup fatal aux projets d’EDF. Par contre, on trouve sur ce sujet de multiples articles, pour une raison principale : tout ce monde s’accroche à l’espoir de voir les Chinois remplacer Centrica et éviter le désastre.

Cette hypothèse est improbable mais, si elle se concrétisait, il serait bien étonnant que les Chinois payent pour la construction de réacteurs EPR (le modèle le plus nul du monde !) : ils imposeraient leurs propres réacteurs. Il ne reste plus qu’à attendre l’annonce du forfait d’EDF en Grande-Bretagne. On parie ?

En 2008, nous dénoncions les investissements insensés d’EDF aux USA (achat de 50% de Constellation pour 5 milliards) et en Grande-Bretagne (achat de British energy pour 15 milliards), pour construire des réacteurs nucléaires qui ne verront jamais le jour. Tôt ou tard, ces délires vont laisser place à des factures gigantesques à la charge. des citoyens français.

Où les Chinois vont-ils donc « exporter des réacteurs » ? En Chine !

  • Article des Echos : « La Chine prête à concurrencer la France sur le marché du nucléaire »
  • Blog des Echos : « Nucléaire : comprendre le bras de fer franco-chinois »
  • Dépêche http://french.peopledaily.com.cn/Ec... : « Les réacteurs nucléaires CAP1400 prêts pour l’exportation »
  • Article de La Tribune : « La Chine prête à exporter un réacteur de 3ème génération face à l’EPR français »

Ca y est, les Chinois sont prêts à exporter des réacteurs nucléaires « de 3ème génération », concurrents de l’AP1000 de Westinghouse (USA/Japon) et de l’EPR (France). Leur modèle flambant neuf se nomme CAP 1400 et il est d’ailleurs largement inspiré de l’AP 1000. Les Echos assurent même que « La Chine veut rivaliser avec l’EPR d’Areva sur la scène internationale. » Pas très ambitieux, vu que personne n’achète d’EPR !

Après ces pauvres Finlandais qui se sont faits avoir en 2003 (cela fait donc 10 ans !), les seuls à avoir acheté des EPR (et encore, bradés par Areva à 3,6 milliards les deux !) sont justement... les Chinois ! Le gros problème des Chinois ne va donc pas être la « concurrence » de ce pauvre EPR, mais bien la quasi absence de clients. Qui voudrait encore acheter des réacteurs nucléaires ruineux et susceptibles à chaque instant de causer de nouveaux accidents comme celui de Fukushima ?

Thorium : le délire continue...

Economie matin produit de curieux « articles » qui relèvent plutôt du café du commerce. Terra éco fait preuve de plus de sérieux, mais les deux accréditent allègrement le mythe du nucléaire « sûr, pas cher, presque sans déchets », avec la fameuse filière thorium. Il semble donc qu’il faille rappeler que le thorium n’est pas fissile et que, faire apparaître de l’uranium 233 à partir du thorium 232 (ou du plutonium 239 à partir de l’uranium 238 comme devait le faire Superphénix), c’est très facile... avec un stylo à la main. Dans les faits, l’industrie nucléaire échoue depuis 50 ans à maîtriser des surgénérateurs aptes à utiliser les ressources fertiles. La « filière thorium » ne sert finalement qu’à vendre du papier et à entretenir à bon compte l’espoir des nucléocrates, mais rien de plus...

Mafia et atome font bon ménage

  • Article du Monde : « La pègre japonaise fait son miel de l’après-Fukushima »

Comme dit le proverbe « A quelque chose malheur est bon » : la pègre profite largement du crime de Fukushima commis par la mafia de l’atome. Un courageux journaliste, M Suzuki, a enquêté et a montré que les mafieux sont chargés de trouver des gens pour aller à Fukushima. Ils cibleraient les personnes endettées, les sans-domicile et des personnes souffrant d’un handicap psychologique. Pire, selon M. Suzuki, la pratique ne daterait pas de Fukushima et concernerait l’ensemble de la filière nucléaire, qui aurait recours à ces services pour les travaux les plus dangereux. Bien sûr, ces méthodes ne sauraient être en vigueur en France, et nous ne nous laisserons pas aller à rappeler certains comportements misérables de M. Proglio ou l’implication grave de Mme Lauvergeon dans l’affaire Uramin (Cf http://bit.ly/OE8r0T ).

Guerre du Golfe : uranium appauvri et mensonge enrichi

L’association Avigolfe et son courageux président Hervé Desplat se battent depuis 20 ans pour obtenir la vérité sur les maladies dont sont victimes les vétérans de la guerre du Golfe, souvent contaminés ou irradiés. Bien sûr, on pourrait dire qu’ils n’avaient qu’à pas s’engager. Mais cela ne justifierait pas plus la façon dont les chefs militaires les ont sacrifiés.
Qui plus est, un bon nombre des ces « vétérans » étaient des jeunes plus ou moins désoeuvrés qui ont été attirés par les publicités insidieuses de l’armée, qui fleurissent d’ailleurs à nouveau ces temps-ci avec la campagne ignoble « Devenez-vous même », parfaitement ridiculisée par Action discrète, bravo ! Après avoir piégé des jeunes, l’armée les contamine puis détruit les preuves. Et quand une juge d’instruction courageuse tente de faire émerger la vérité, elle est mutée...

Mardi 5 février

Accident grave au CEA de Saclay : mourir sans avoir donné son avis !

Le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) possède depuis les années 50 un immense site nucléaire à Gif-sur-Yvette (Essonne) et sur les communes environnantes, connu sous le nom de CEA-Saclay. Pas en reste par rapport à EDF et Areva, le CEA peut vous tuer à l’occasion d’un « accident grave pouvant avoir des conséquences à l’extérieur de cet établissement », comme précisé dans le Parisien du 5 février, qui vous invite à consulter le PPI (Plan particulier d’intervention) avant... le lendemain.
Ce délai plus que court a suscité la colère d’un informateur de l’Observatoire du nucléaire d’autant que, habitant une commune voisine du site, il n’est pas invité à donner son avis sur la façon dont il peut mourir. C’est à vous dégoûter d’être irradié...

Scoop : Delphine Batho pense !!!!

  • Interview par 20 minutes : « Delphine Batho : "Je pense que nous continuerons d’avoir besoin d’une part de nucléaire" »

Delphine, la ministre la plus nulle de tous les temps (à égalité avec pas mal d’autres ministres anciens et actuels, il est vrai), se targue de penser. Jusqu’alors, elle s’était contentée de répéter avec application ce que lui soufflaient les communicants d’EDF et Areva. Elle pense, donc théoriquement elle est, mais voyons un peu le produit de cette prétendue réflexion : "Je pense que nous continuerons d’avoir besoin d’une part de nucléaire". Eh bien non, en fait, elle ne pense toujours pas ! Une chose est désormais sûre, nous continuerons à n’avoir pas besoin d’une part de Batho...

Enfouissement des déchets radioactifs à Bure : Batho ivre !

Une grande opération de promotion de l’enfouissement des déchets radioactifs était organisée à Bure (Meuse), où ce projet criminel a reçu le joli nom de Cigéo, pour paraître sympathique et humaniste. Nous vous renvoyons vers l’excellent dossier de nos amis de Ville-sur-Terre, qui propose de nombreux liens vers les articles qui ont suivi l’épisode « Delphine descend sous terre ». On voit la « ministre » s’apprêter à attraper au vol un fût de déchets radioactifs : quel courage, quelle dextérité.

Ensuite, Delphine fait des phrases : « Le confinement géologique est la solution la plus sûre pour les générations futures » : elle veut enfermer nos enfants sous terre ! « L’objectif est de de permettre à des entreprises locales d’accéder à de grands marchés » : Ah bon ? On produit donc des déchets radioactifs pour cela ? « Les déchets radioactifs existent » : si Delphine n’existait pas, faudrait-il l’inventer ?

Mercredi 6 février

Des militants antinucléaires stoppent un train atomique venu... de Hollande !

  • Dépêche AFP : « Un train de déchets nucléaires à l’arrêt en Seine-St-Denis, protestations écologistes »

Le général en chef Hollande aime la guerre et le nucléaire, il est donc logique que la Hollande lui envoie des déchets radioactifs. Peu convaincus par cette justification homonymique, des militants antinucléaires ont stoppé quelques temps le train atomique néerlandais. Bravo à eux, d’autant qu’ils ont échappé à des séances de torture, contrairement aux militants du Ganva.

Survol d’une centrale nucléaire EDF par un militant de Greenpeace : 6 mois de prison (avec sursis tout de même) !

Pour mémoire, il est interdit par la Loi de se jeter avec un avion (surtout un gros !) sur une centrale nucléaire. Un militant de Greenpeace a montré comment survoler la centrale du Bugey et même y atterrir (en aile delta) : résultat, 6 mois de prison, avec sursis tout de même. Voilà qui devrait définitivement dissuader les (vrais) terroristes...

Espionnage de Greenpeace : 6 mois seulement (pour un lampiste), EDF relaxée !

Pas de jaloux : 6 mois pour un militant aérien de Greenpeace, 6 mois (fermes) pour un gars qui a espionné Greenpeace. Par contre, EDF, pourtant lourdement condamnée en première instance, sort totalement blanchie : jamais les dirigeants d’EDF n’ont demandé à leur espion... d’espionner. Il était probablement payé pour dormir.
Quant au Parquet de Bordeaux, il s’est lui aussi assoupi, oubliant d’enquêter sur l’espionnage dont votre Observateur préféré a été l’objet de la part d’EDF et des Renseignements généraux (http://edf.espionnage.free.fr). Quant ils travaillent pour l’atome, les espions peuvent rester... relax !

Fukushima : Tepco dévoile des photos inédites de la centrale accidentée

Images édifiantes de ce qu’il advient lorsque des irresponsables prétendent qu’il est possible d’exploiter des centrales nucléaires « en toute sûreté ». Pour mémoire, le regrettable ministre de l’industrie sarkozyste Eric Besson, en visite à Fukushima en février 2012, s’était déclaré « rassuré par l’état de la centrale ».

Jeudi 7 février

Incroyable : EDF n’aurait caché un incident « que » pendant 3 semaines !

L’opacité qui est de mise depuis toujours dans le nucléaire français serait-elle en passe de s’éclaircir ? Toujours est-il que la centrale de Golfech n’aurait caché un incident « que » pendant trois semaines ! Le directeur de la centrale est désormais surnommé M. Glasnost...

Un accident nucléaire majeur coûterait à la France 430 milliards d’euros (d’après le Gengis Khan de l’IRSN)

L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a présenté les résultats d’une étude... qui n’est à ce jour pas en ligne sur son site ! On doit donc se contenter des articles de presse, qui eux-mêmes ne font que relater la communication (qui n’est donc pas de l’information, bien au contraire) de l’IRSN.

On apprend des choses délicieuses comme, à propos de la catastrophe de Fukushima : « Les vents ont été favorables aux Japonais, comme autrefois lors des invasions mongoles. » Le dénommé Patrick Momal, « expert » de l’IRSN, semble donc surtout intéressé par les aventures de Kubilai Khan (petit fils du terrible Gengis Khan), dont la flotte fut détruite par le typhon « Kamikaze » (Vent divin), sauvant le Japon de l’invasion en 1281.

En réalité, Patrick Momal est un économiste qui a travaillé six ans à la Banque mondiale, une institution de domination au service des puissants et au détriment des peuples. Rien d’étonnant donc à ce que « Gengis Momal » s’accommode de l’hypothèse d’une catastrophe nucléaire et commente cyniquement ses effets prévisibles.

« Environ 100.000 personnes pourraient être déplacées en cas d’accident majeur sur l’un des 58 réacteurs français et de contamination radioactive de l’environnement, entraînant une destruction des cultures et des coupures massives de courant. » Si « seulement » 100 000 personnes sont déplacées, c’est que des millions d’autres vont vivre en zone contaminée comme nous l’avons prévu de longue date.

Au lieu de conclure qu’il faut fermer de toute urgence toutes les installations nucléaires pour éviter un désastre aussi effroyable, l’IRSN propose d’améliorer encore la sûreté des centrales (qui sont donc « plus sûres que sûres » comme la nouvelle lessive lave « plus blanc que blanc »). Les catastrophe nucléaires ont donc de l’avenir, même Gengis Khan peut aller se rhabiller...

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