Observatoire du nucléaire

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Publié le 14 février 2013

Revue de presse n°37

Semaine du vendredi 8 au jeudi 14 février 2013

Vendredi 8 février

Mali/Niger - Otages d’Areva : rançon sous la pluie (de bombes)

  • Article du blogueur Patrig K : « De la mine aux mines, la rançon du nucléaire français »
  • Dépêche Reuters : « La France aurait versé une rançon pour les otages d’Arlit »
  • Article de l’Expression (Algérie) : « Sarkozy et la seconde vie d’Aqmi »

Notre ami Patrig K continue ses investigations sur les intérêts de l’industrie nucléaire française au Sahel. Il faut dire qu’il y a de quoi : selon l’ancienne ambassadrice des Etats-Unis au Mali, Vicki J. Huddleston, la France a versé 17 millions de dollars à AQMI, la filiale sahélienne de la multinationale Al Qaeda, pour tenter de récupérer les salariés d’Areva enlevés en 2010 au Niger.

Comme le note bien le quotidien algérien L’Expression, les dénégations du regrettable Claude Guéant ont valeur d’aveu : le séide de Sarkozy joue sur les mots, car il est en effet désormais bien connu que la France ne paie pas directement les rançons... mais qu’elle les paie bel et bien. 17 millions de dollars, soit environ 12,5 millions d’euros, une sacrée somme offerte aux terroristes... qui ont aussi gardé les otages : quel nigaud ce Sarkozy ! Le pire, c’est que AQMI n’a pas utilisé cette somme pour s’acheter un avion mais pour acquérir des armes.

C’est donc en partie grâce à Sarkozy que les troupes islamistes ont pu porter leur attaque vers le sud du Mali et... permettre à Hollande de devenir un « grand chef de guerre » soutenu par le gouvernement PS-EELV. Les otages sont toujours otages et leurs vies ne semblent pas compter beaucoup. Au contraire, Areva trouve là un parfait prétexte pour repousser indéfiniment l’ouverture de la mine d’uranium d’Imouraren, sans avoir à reconnaître que c’est parce que l’industrie nucléaire est sinistrée et qu’elle n’a donc pas besoin de nouvelles mines d’uranium...

La piètre humoriste Anne Lauvergeon ressort ses fiches jaunies

Les rumeurs l’ont annoncée à la tête d’EDF, puis du FSI (Fonds stratégique d’investissement), puis d’EADS, mais finalement Anne Lauvergeon, ex-grande prêtresse de l’atome, reste confinée à la surveillance de Libération. Interviewée par la Libre Belgique, l’humoriste a ressorti ses fiches jaunies dans lesquelles elle retrouve ses formules éculées.

Voyez un peu : « L’énergie de demain ne sera pas celle d’hier » (Rires). « Il faut absolument sortir des idéologies, même si c’est parfois compliqué » (Rires). « Cela bouge et cela va continuer à bouger » (Rires). Par contre, Anne n’a pas osé ressortir son célèbre « Le réacteur EPR est moins cher et plus sûr », pas plus que « Nous construisons l’EPR en 4 ans et demi » (c’est en effet au moins 11 ans, voir plus loin). Sans ses meilleures blagues, le show Lauvergeon est bien tiède...

L’Autorité de sûreté française enfin intraitable... mais avec les réacteurs belges !

  • Article de la RTBF : « Si Doel 3 et Tihange 2 étaient en France, on ne les redémarrerait pas »

Décidément, cette semaine débute sous le signe de la farce : l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN), habituellement d’une coupable indulgence vis à vis des innombrables défaillances du nucléaire française, vient enfin de taper du poing sur la table. En effet, l’ASN se positionne contre le redémarrage de deux réacteurs, mais... des réacteurs belges ! Il s’agit précisément des fameux réacteurs aux cuves fissurées souvent évoqués ici (revues de presse 10, 11, 12, 14, 22, 27).

Pour mémoire (revue de presse 12), « les fissures françaises sont meilleures que les belges ». Car la France a elle aussi ses réacteurs fissurés mais, d’après l’ASN, cela ne cause aucun risque ! Pour l’ASN, les fissures belges sont dangereuses et les réacteurs concernés ne doivent pas être remis en marche. Quel courage et quelle indépendance... même s’il s’agit seulement d’un avis indicatif. Et même s’il est plus facile de dire du mal des réacteurs belges que des installations nucléaires françaises...

Greenpeace prend Hollande au mot : fermer 35 réacteurs d’ici 2025

  • Dépêche AFP : « Greenpeace : Hollande doit fermer 35 réacteurs d’ici 2025 pour tenir son engagement »

Bien sûr, on est loin de la performance du Japon qui a stoppé ses 54 réacteurs en environ 1 an (même s’il a « bénéficié » pour cela de la catastrophe de Fukushima, et même si deux réacteurs ont été remis en services depuis, à Ohi). Mais, d’abord, Greenpeace ne fait que prendre Hollande au mot. Par ailleurs, 2025, ce n’est plus si loin : 35 réacteurs fermés, après tout, ce serait déjà ça.

Bien sûr, Hollande n’en fera rien, et même la fermeture de la centrale de Fessenheim semble de plus en plus improbable. Greenpeace aura au moins essayé. Pendant ce temps, les dirigeants du Réseau Sortir du nucléaire gardent leur seule « revendication » de façon imperturbable : « Faites un don ». Quelle radicalité, quelle audace...

Samedi 9 février

Encore un succès de François Hollande : M. Fessenheim a rusé pour entrer dans la centrale

  • Article de l’Alsace : "Rencontre discrète entre le délégué chargé de la fermeture et le directeur du site"

Résumons l’affaire : pour obtenir le soutien d’EELV et les voix écologistes lors de l’élection présidentielle, François Hollande a promis la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. Une fois élu, le nouveau Président est beaucoup moins pressé : la fermeture ne sera pas pour le début du quinquennat, au contraire : « fin 2016 ».

Mais le PDG d’EDF en personne, le sarkozyste Proglio, mène la fronde : il exige de lourdes compensations financières pour « son » entreprise EDF et, mieux, joue la montre en pariant sur la défaite de Hollande lors de la présidentielle 2017. Entre temps, le gouvernement nomme un « M. Fessenheim » pour faciliter la prétendue fermeture de la centrale. Il s’agit de Francis Rol-Tanguy, fils de Henri, héros communiste de la Résistance. Mais le fiston est repoussé à l’extérieur de la centrale par la CGT, ulcérée à l’idée de la fermeture de la centrale... et de son lucratif comité d’entreprise.

Heureusement, le grand chef de guerre François Hollande a plus d’un tour dans son sac. Non, il ne démet pas Proglio, il fait bien mieux : son M. Fessenheim parvient à entrer dans la centrale, probablement de nuit ou par les cuisines. La CGT n’y a vu que du feu. Encore une grande victoire de la coalition PS-EELV...

Lundi 11 février

Non-évènement : deux ans de retard de plus pour l’EPR (ça fait sept !)

  • Article de l’usine nouvelle : « 7 ans de retard pour l’EPR finlandais ? »
  • Rappel des mensonges d’Areva en 2003

Cette fois, il s’agit du réacteur EPR qu’Areva tente désespérément de construire en Finlande, mais nul doute que EDF, qui rivalise d’incompétence avec son propre chantier EPR de Flamanville (Manche), contre-attaquera sous peu : c’est à qui aura le plus de retard et de surcoûts.

Pour l’occasion, l’Observatoire du nucléaire exhume de ses archives le communiqué triomphal d’Areva qui, en décembre 2003, se gargarisait d’avoir fourgué son EPR à la Finlande. L’humoriste Lauvergeon faisait alors ses premiers pas, mais parvenait déjà à faire rire : « "Choisir l’EPR, c’est choisir le modèle le plus avancé d’une technologie qui contribue largement à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre" a déclaré Anne Lauvergeon ».

Aujourd’hui, Areva tente d’expliquer ses incommensurables déboires par le fait qu’elle avait perdu l’habitude de construire des réacteurs mais, en 2003, ce n’était pas le même discours : « L’EPR bénéficie du retour d’expérience de plus de 100 réacteurs nucléaires construits par AREVA dans le monde ». On a vu.

2003-2013 : considérant que seuls deux « morceaux » de réacteurs EPR (les « îlots nucléaires ») ont été bradés à la Chine en 2007, cela fait donc 10 ans qu’Areva n’a plus rien vendu. Si l’EPR finlandais entre réellement en service en 2016 (de nouveaux retards sont toujours possibles !), ce sera donc 13 ans après la vente du réacteur, et 11 ans après sa mise en chantier. Anne Lauvergeon avait promis que le chantier serait bouclé en 4 ans. Blagueuse va !

Hollande en Inde pour « finaliser d’importants contrats », patati patata...

  • Article L’expansion avec AFP

Le général Hollande va en Inde avec une bonne soixantaine de PDG, les plus pollueurs bien sûr : Dassault, Thales, Veolia, Lafarge, LVMH, Sanofi, EADS, et l’inévitable nucléaire avec Areva et le CEA. Le titre se veut clair : « Hollande en Inde pour finaliser d’importants contrats ». Mais, un peu plus bas, on lit : « il est assuré qu’aucun contrat ne sera signé pendant ce voyage ».

Donc, finalement, Hollande est aussi « efficace » qu’un vulgaire Sarkozy, le plus mauvais VRP du monde qui annonçait lors de chacun de ses déplacement des ventes... qui n’ont en réalité jamais eu lieu (cf par exemple sur le Huffington Post ou Arrêt sur Images). Et ce d’autant plus que la sacro-sainte croissance semble en forte baisse en Inde (cf Les Echos), réduisant les possibilités financières du gouvernement du triste sire Manmohan Singh (premier ministre indien qui a magouillé en 2008 avec Bush et Sarkozy pour pouvoir bafouer impunément les règles internationales de non-prolifération).

Hélas pour Areva, si les dirigeants indiens trouvent quand même des milliards pour acheter des « machins » à la France, il semble que ce soit pour des avions de guerre (cf Agoravox) et non pour des réacteurs atomiques. Dans tous les cas, ce n’est pas demain la veille que les « élites » indiennes écouteront la population qui réclame la justice sociale et des énergies renouvelables.

Manifestations populaires anti-EPR en Inde : BFM les a vues, pas l’Humanité !

L’Humanité, le PCF et la CGT soutiennent les manifestations populaires... sauf quand elles sont opposées à l’atome. Dans ce cas, la mouvance communiste prend fait et cause pour les PDG et leurs mensonges, pour les dirigeants et leurs troupes "anti-émeutes". Ce fut le cas en France lorsque le pouvoir a imposé par la violence la construction de 58 réacteurs, c’est encore le cas lorsque l’atome hexagonal tente d’exporter ses méfaits.

Par exemple, en Inde, Areva veut imposer la construction de deux EPR à Jaitapur (zone sismique, autrement ce n’est pas marrant). Petit problème, les populations locales sont totalement opposées à ce projet. Alors les "élites" indiennes envoient la police et l’armée pour réprimer les manifestations, et déjà un opposant a été tué, d’autres sont arrêtés ou menacés (rappel, revue de presse n°3)

Curieusement, BFMTV évoque les opposants (même si le titre de l’article, à l’origine "L’EPR en Inde bute sur l’hostilité de la population locale", a ensuite été remplacé par un prudent "Inde : des négociations complexes autour de l’EPR"), mais l’Humanité ne les connait pas, préférant parler PIB, ventes d’avions de guerre et centrale atomiques. Chacun son camp...

Train nucléaire à St-Rambert : les opposants sabordent la version officielle

Dans la revue de presse n°33, il était question de ce curieux déraillement d’un train nucléaire transportant « des vêtements » dans un premier temps, puis « de l’uranium appauvri » ensuite. Mais, ce que les autorités auraient voulu cacher, c’est qu’au même moment, dans la même gare de Saint-Rambert, se trouvait aussi un wagon de déchets ultra-radioactifs.

Après avoir nié cette situation, les autorités ont fini par la reconnaître : les opposants à l’atome avaient pris des photos ! Questionnée par l’excellente Criirad, l’Autorité de sûreté (ASN) a alors prétendu que ce wagon très irradiant n’était pas dans la gare (à proximité des voyageurs). Pas de chance, les photos prouvent le contraire. Pour mémoire, c’est l’ASN qui certifie la « sûreté » de l’industrie nucléaire française. Vous savez quoi en penser...

Mardi 12 février

La Corée du Nord joue aux bombes atomiques

Prenons tout de suite les devants : nous n’avons pas plus de sympathie pour Kim-Jong-Un (le « cher leader » de la Corée du Nord) que pour les islamistes du sahel (et d’ailleurs d’ailleurs). Mais, tout de même, profitons de ce qu’il nous est encore permis de nous exprimer (pas sûr que ça dure) pour faire savoir que l’on peut dénoncer ces fous furieux... sans pour autant gober la propagande des pays dominants.

En effet, tout comme les USA en Irak, la France n’est pas intervenue au Mali « pour la démocratie » mais pour ses intérêts. Et, de la même façon il est risible de voir que les pays qui dénoncent le plus fortement l’essai nucléaire de la Corée du Nord... sont les grandes puissances nucléarisées !

On nous rétorquera que la différence, immense, est que le bouton nucléaire des « grands pays » n’est jamais à la disposition d’un fou furieux irrationnel. Ha bon ? Mais que dire par exemple de Sarkozy, Bush, Poutine, Thatcher ? Et puis, pouvons-nous vraiment être rassurés par leurs successeurs ? Sans oublier que Poutine est revenu aux affaires, sans oublier les dirigeants « fiables » d’Israël, d’Inde et du Pakistan (puissances nucléaires « clandestines » mais avérées). Sans oublier les « gentils » Chinois. Etc.

Conclusion : les dirigeants de TOUS les pays nucléarisés (qu’il s’agisse de bombes ou de centrales, c’est finalement la même chose !) sont des fous furieux criminels. Kim-Jong-Un peut se sentir moins seul...

Mercredi 13 février

Proglio patron voyou... et Hollande qui ne lui dit toujours rien !

Le Canard enchaîné révèle que l’Autorité de sûreté nucléaire menace Henri Proglio, le pdg d’EDF, de poursuites pénales pour sa gestion du personnel dans les centrales nucléaires : il est accusé de "prêt de main d’oeuvre à but lucratif" et de "travail dissimulé" par l’intermédiaire du recours à la sous-traitance.

Le Canard précise encore que, dans ses bilans financiers, EDF classe ce personnel "clandestin" sous la rubrique "Fourniture", au même titre que des tuyaux et des câbles. Et il paraît que nous serions excessifs lorsque nous disons que l’industrie nucléaire est l’ennemie de l’environnement et des êtres vivants.

Proglio patron voyou, c’est une évidence pour nous même si, pour le moment, le Canard se réfère à la lettre de l’ASN et si France-info met un point d’interrogation. Mais... que fait le patron du patron ? En effet, EDF étant détenue par l’Etat, Hollande est le chef de Proglio. Le changement (de PDG), c’est pour quand ?

EDF une nouvelle fois mise en cause pour la gestion de ses sous-traitants

Un énorme bravo à France-info qui, avec ce reportage, fait totalement honneur à sa mission d’informer et à ses missions de service public. Bravo aussi à Marie-Christine Blandin qui prouve que, si on en a vraiment la volonté, on peut être « notable » (elle est sénatrice écologiste depuis 2001 !) et rester toutefois fidèle à ses valeurs et engagements. C’est si rare...

Fessenheim : maigre manifestation contre la fermeture de la centrale

Les défenseurs de l’atome alsacien prétendent que leur chère (ie : ruineuse) centrale génère 2200 emplois dont 770 emplois directs. Pourtant, ils étaient à peine 300 à manifester contre la fermeture de la centrale. Et encore, 300 selon les organisateurs, et donc probablement 80 selon la police, mais celle-ci a opportunément oublié de faire connaître son chiffre. Où sont donc passées les prétendues foules en colère, supposées défendre jusqu’à la mort (par irradiation) le fonctionnement de leur centrale obsolète ?

EDF veut exploiter la centrale de St-Alban jusqu’en... 2048 !

Le ridicule ne tuant pas, les pronucléaires en profitent pour faire les annonces les plus absurdes et irresponsables. Pour mémoire, les deux réacteurs de la centrale de St-Alban (Isère) ont été mis en service en 1985 et 1986, ils auront donc 30 ans en 2015 et 2016. EDF va donc d’abord essayer d’obtenir une prolongation de fonctionnement de 30 à 40 ans, c’est à dire jusqu’en 2026. Bien sûr, sachant que l’Autorité de sûreté (ASN) est soumise au lobby de l’atome, ont peut craindre que ces autorisations soient accordées, dans 3 ou 4 ans. Mais on se demande bien au nom de quoi EDF parle de 2048 ! Probablement pour se donner le plus possible de chances de causer un Fukushima français...

Un bâtiment d’appui du sarcophage de Tchernobyl s’est en partie effondré

Nous l’avons souvent écrit, les dates fatidiques du 26 avril 1986 (Tchernobyl) et du 11 mars 2011 (Fukushima) ne sont que les dates de commencement de ces catastrophes nucléaires, lesquelles vont continuer à s’aggraver pendant des décennies.

C’est ainsi que Tchernobyl se rappelle à notre souvenir avec l’effondrement d’une partie du sarcophage qui renferme le réacteur accidenté. Heureusement, il semble que ce soit un bâtiment annexe qui soit concerné. L’effondrement de tout ou partie du « vrai » sarcophage aurait des conséquences terribles : nouveaux relâchements radioactifs dans l’air, et possible emballement du coeur en fusion qui, 25 ans après, est toujours « vivant ».

Un nouveau sarcophage est en construction à proximité : bâti sur rails, il sera positionné au dessus du réacteur fin 2015 (si tout va bien). Une fois de plus, les pires pollueurs font leur beurre des catastrophes : ce sont les entreprises « humanistes » Bouygues et Vinci qui construisent ce nouveau sarcophage en échange de lourdes sommes d’argent public principalement venu d’Europe de l’Ouest.

Hollande contre l’enfouissement des déchets radioactifs... dans son département !

Ce sont les opposants à l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse), menés par les excellents Michel (Guéritte) et Michel (Marie), qui ont rappelé cette information dont le Canard se délecte à juste titre : en 2000, François Hollande était totalement opposé à l’enfouissement... dans son département électif (la Corrèze) !

Il ne mâchait alors pas ses mots, le François : « Ces éventuelles implantations sont incompatibles avec la politique régionale d’accueil des hommes et des activités ». Mais voilà : devenu Président, Hollande ne voit plus d’inconvénient à l’enfouissement des déchets radioactifs... dans la Meuse ! Et si les Michel(s) font trop de raffut, ils risquent bien de voir débarquer l’armée, comme au Mali : lorsqu’il est question de nucléaire, c’est une hypothèse toujours très plausible...

Jeudi 14 février

Essais nucléaires français en Algérie : les victimes exigent vérité et justice

Les autorités françaises s’autorisent à faire la morale aux pays qui font des essais nucléaires, mais Paris ne reconnaît toujours pas avoir commis de véritables crimes en Algérie et dans le Pacifique avec ses propres « essais » (euphémisme pour désigner des explosions atomiques dont un grand nombre ont été réalisées à l’air libre).

Il est parfois question des « vétérans », c’est à dire des militaires français qui ont été irradiés lors de ces activités. Mais très rarement des autochtones, algériens ou polynésiens. Leur cas était évoqué dans un Forum organisé le 13 février en Algérie. Extrait :« L’orateur a estimé à 57 au total, le nombre d’essais que la France a effectués à Reggane et In Ekker entre 1960 et 1966. Selon lui, la France ne s’est, à aucun moment soucié du sort des populations locales, bien au contraire : "35 000 Algériens ont été acheminés vers les sites et ont été exposés aux radiations avant, pendant et après les essais nucléaires souterrains". »

Dédommager les victimes (ou leurs familles) devrait être une simple évidence, accompagnant les aveux et excuses les plus plates du lobby de l’atome hexagonal et des politiques qui l’ont soutenu aujourd’hui comme hier. Mais voilà : les nucléocrates sont des menteurs et des lâches.

GB - L’aveu d’EDF : le nucléaire n’est absolument pas rentable !

  • Dépêche AFP : « Nucléaire au Royaume-Uni : EDF ne se lancera pas sans garantie de rentabilité »

A force de prétendre que le nucléaire est la façon la moins chère de produire de l’électricité, et une technologie parfaitement rentable, les nucléocrates se retrouvent coincés par leurs propres mensonges. C’est ainsi que, au moment de prendre la décision de construire des réacteurs en Grande-Bretagne, les dirigeants d’EDF geignent ! Il leur faut absolument des « garanties de rentabilité ». En clair : il faut que l’argent public (ou du public, à savoir les clients) vienne couvrir les probables pertes d’exploitation.

EDF n’hésite d’ailleurs pas à faire savoir que, sans de tels mécanismes, il n’y aura pas de nouveaux réacteurs : c’est dire si les pertes financières sont quasiment certaines ! L’affairiste sarkozyste (mais « hollando-compatible) Henri Proglio précise même : « Ce n’est qu’ensuite, et sous réserve que Bruxelles valide un tel mécanisme, que nous pourrons nous mettre en recherche de partenaires qui cofinanceraient ces projets, en remplacement du partenaire britannique d’EDF, Centrica, qui vient de se désister »

Attendons donc de voir les propositions de Cameron, qui ne verrait aucun inconvénient à donner de solides garanties à EDF... si cela ne risquait pas d’obérer son avenir politique : les usagers britanniques n’ont pas très envie de financer leur fournisseur d’électricité nucléaire... d’autant qu’il est français !

Attendons aussi de voir si Bruxelles valide ces petits arrangements entre EDF et Londres : pour une fois, la sacro-sainte « Concurrence libre et non faussée » pourrait avoir du bon ! Et, si ces étapes sont franchies, il faudra voir si EDF trouve des partenaires... et à quelles conditions : les Chinois n’ont pas l’habitude de jouer les utilités. Nous maintenons nos prévisions : il n’y aura pas d’EPR en Grande-Bretagne.

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