Observatoire du nucléaire

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Publié le 28 février 2013

Revue de presse n°39

Semaine du vendredi 22 au jeudi 28 février 2013

Vendredi 22 février

Blayais : un festival « solidaire »... très radioactif !

« Blaye estuaire du monde » est un festival « solidaire » annoncé pour les 28 et 29 septembre 2013. Au premier abord, ça paraît chouette : il y est question de solidarité, d’énergies renouvelables, de commerce équitable. Pourtant, un premier doute s’immisce à la lecture de la page d’accueil du site web : « Blaye Estuaire du Monde ambitionne de devenir de façon pérenne, le plus grand espace solidaire du Sud Ouest ». Solidarité... mégalo ?

Un coup d’oeil à la liste des partenaires confirme le problème : la centrale nucléaire du Blayais, le CCAS de cette même centrale, les hypermarchés Leclerc, une banque... Drôle de « solidarité », étrange énergie « renouvelable », curieux commerce « équitable ». D’ailleurs, on apprend que c’est bien la centrale et son CCAS qui vont assurer la logistique.

Il s’agit donc bien d’une arnaque, une tromperie qui a piégé des artistes véritablement solidaires, comme la Compagnie Jolie Môme, Toma Sidibe, et des associations elles aussi fort respectables. L’association Tchernoblaye tente depuis quelques jours d’alerter, affaire à suivre.

C’est probablement l’occasion de rappeler que la ville de Blaye, elle-même partenaire du festival "solidaro-radioactif", a autrefois essayé de faire interdire par la justice l’association Tchernoblaye. La ville estimait que son image était salie, non pas par la présence de la centrale mais... par le nom de l’association !

Le jugement avait heureusement été en faveur de Tchernoblaye (hommage à son avocat Me Touzet, hélas décédé depuis) mais, aujourd’hui comme hier, on peut constater à quel point une région peut être placée sous la domination d’une centrale nucléaire. Une raison de plus de rejeter l’atome...

Un accident nucléaire en France : mais combien coûte une vie humaine pour l’IRSN ?

  • Tribune sur Rue 89 par Thierry Ribault

Dans la revue de presse n°36, nous avions raillé (à juste titre) la curieuse étude d’un économiste agissant pour le compte de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sureté nucléaire, organisme d’Etat). C’est maintenant l’excellent Thierry Ribault, lui-même économiste (au CNRS), qui étrille de façon magistrale la démarche de l’IRSN. Sa conclusion est limpide :

"Centrer le « débat public » sur le coût de l’accident, afin de dessaisir la population des arbitrages opérés en amont par les simulateurs, et faire porter la discussion uniquement sur la gestion des conséquences fatales de ces arbitrages, voilà qui permet à l’IRSN de laisser dans l’ombre la seule question qui ait de l’importance aujourd’hui : non pas : « combien coûte un accident nucléaire ? » ; mais plutôt : « combien vaut une vie humaine ? »"

Pour mémoire, de même que l’Observatoire du nucléaire, Thierry Ribault s’était aussi courageusement élevé (cf sur Rue 89) contre la publication d’un document insidieusement pronucléaire par le CNRS, son propre organisme (mais il est vrai que ce dernier est très divers et ne saurait être condamné dans son ensemble... ne serait-ce que parce qu’on y trouve des gens comme Thierry).

Des parutions à propos de Tchernobyl et Fukushima

A propos des catastrophes nucléaires et de leurs conséquences, on notera avec intérêt un article de l’excellente Agnès Sinaï dans le Monde Diplomatique daté de mars 2013. Il y est d’ailleurs question, en termes élogieux, du livre « Les sanctuaires de l’abîme », de Nadine et... Thierry Ribault, qui se démultiplie pour faire connaître la vérité sur les conséquences de Fukushima. Notons aussi la parution du n°63 du « Dniepr », de l’association « Les enfants de Tchernobyl ».

Samedi 23 février

Lauvergeon chez American express : par ici la monnaie !

Anne Lauvergeon est dépitée de son échec chez Areva : entreprise quasiment en faillite, épée de Damoclès judiciaire dans l’affaire Uramin, record mondial de ridicule avec l’EPR finlandais, mise en échec en Australie par un modeste - mais courageux - aborigène, etc.

Mais aussi d’être recalée de partout : EDF, EADS, BPI (Banque publique d’investissement), personne ne veut plus d’elle comme chef. Alors, par dépit, elle collectionne les strapontins inutiles... mais lucratifs. D’ailleurs, elle est mariée... avec M. Fric (véridique !)
Surveillance de Libération, participation aux CA de GDF-Suez, Vodafone, Total, Safran, et maintenant American express, probablement pour avoir une carte de crédit illimitée. Tous ces emplois pour une seule personne, ça fait beaucoup, même si ça ne sert à rien.

Dimanche 24 février

Nouvel échec de l’EPR, en Finlande cette fois !

  • Dépêche Reuters : « Arrêt d’un appel d’offres avec Areva en Finlande »

Excellent exercice de communication de crise de la part d’Areva. Informée qu’elle était écartée de l’appel d’offre finlandais pour un nouveau réacteur (qui ne sera d’ailleurs probablement jamais construit), la multinationale radioactive a déployé des efforts d’imagination pour que les médias ne titrent pas « Nouvel échec d’Areva ».

C’est ainsi que, prenant les devants, le lobby nucléaire français - probablement Areva elle-même - a divulgué l’information, mais de façon alambiquée, floue, voire incompréhensible. Jugez un peu : « appel d’offre arrêté », les Finlandais « ouvrent des discussions avec Toshiba sur un réacteur de forte puissance », mais « Areva poursuit les négociations sur des réacteurs de plus petite taille », un porte-parole d’Areva « juge la situation confuse mais souligne qu’Areva reste sur les rangs pour un éventuel réacteur de moyenne puissance ».

En réalité, la situation n’est pas confuse du tout ; l’appel d’offre n’est absolument pas « arrêté », simplement Areva et son EPR sont éliminés, comme aux Emirats, aux USA, en Tchéquie, etc. Seule consolation pour Areva, le réacteur en question ne verra probablement jamais le jour, le projet étant plombé par le départ de l’Allemand EON qui a compris, lui, que le nucléaire n’a pas d’avenir. La France atomique va probablement mettre 20 ou 30 ans de plus pour s’en apercevoir...

Lundi 25 février

On ne s’en lasse pas : nouvel échec de l’EPR, en Tchéquie cette fois !

  • Dépêche AFP : « Nucléaire/Temelin : l’autorité tchèque de la concurrence confirme l’exclusion d’Areva »

Nous entendons déjà les critiques : nous sommes de « mauvais français » qui se délectent des échecs d’une entreprise hexagonale. Eh bien OUI ! Bien entendu, ce que nous souhaitons, c’est que les projets nucléaires n’aboutissent pas du tout, car les réacteurs étrangers sont à peine moins dangereux que les français !

Mais tout de même, après des décennies de bourrage de crâne sur le thème de « ce nucléaire que le monde entier nous envie », « La France à la pointe de l’atome », etc, quelle franche rigolade en constatant la liste sans fin des échecs atomiques d’EDF et Areva ! Bon, vivement la prochaine...

La France va dépolluer un ancien site d’essais d’armes chimiques en Algérie

Marianne écrit : « Selon nos informations, la France va dépolluer un ancien site d’essais d’armes chimiques en Algérie, que l’armée française a utilisé jusque dans les années 70. L’accord, confidentiel, a été conclu entre Paris et Alger lors de la visite du président Hollande en Algérie en décembre dernier. »

Cette information invite à rappeler que la France a gravement contaminé d’autres sites algériens entre février 1960 et février 1966, lors de 17 essais atomiques dont 4 à ciel ouvert. S’il est impossible de récupérer la radioactivité expédiée dans l’atmosphère, on trouve par contre encore dans le désert algérien des sites et des matériaux contaminés. Voir ou revoir à ce sujet le film « Gerboise bleue ».

France/Algerie : un accord nucléaire loin d’être Bénin ?

Les bonnes relations actuelles entre Paris et Alger pourraient bien illustrer une hypothèse déjà évoquée par notre ami blogueur Patrig K : un changement de route pour l’exportation de l’uranium nigérien vers la France. D’ailleurs, opportunément, l’Algérie veut bien aider le Niger pour goudronner le « maillon manquant » de 230 km situé entre Assamaka et Arlit.

Actuellement, l’uranium (sous sa forme dite du « yellow cake ») descend en camions sur des milliers de kilomètres jusqu’à Cotonou (Bénin) d’où il rejoint, après un long périple maritime, Sète ou, parfois, Saint-Nazaire. Dans ce dernier cas, la précieuse cargaison est acheminée jusqu’à Malvési (Aude) en train, passant en particulier par Saint-Macaire (Gironde), siège de l’Observatoire du nucléaire, où elle peut croiser les déchets radioactifs venus de la centrale nucléaire de Golfech. Bigre, quel trafic !

Comme par hasard, la France a ces derniers jours délibérément jeté un froid avec le Bénin en lançant officiellement une mise en garde contre les risques d’attentat ou d’enlèvement dans ce pays, qui s’est alors déclaré « stupéfait ». Il ne serait donc pas surprenant que l’on apprenne bientôt que, par souci écologique (bien sûr !), Areva a décidé d’exporter l’uranium du Niger par l’Algérie et non plus par le Bénin. A suivre...

Mardi 26 février

Aux Etats-Unis, le site nucléaire de Hanford fuit... Et alors ?

Non non, ce titre grinçant n’est pas de l’Observatoire du nucléaire mais bien du journal Le Monde, qui trouve quand même extraordinaire que les « responsables » du nucléaire US se défilent face à la situation dans le site de Hanford (cf revue de presse de la semaine dernière), qui est déjà grave et qui menace de devenir catastrophique.

Pourtant, ce n’est qu’une illustration parmi beaucoup d’autres de ce qu’est le nucléaire : des gens qui ont des activités lucratives (vendre de l’électricité) ou stratégiques (faire des bombes atomiques) et qui disparaissent ensuite au moment de payer l’addition (déchets, démantèlement). Le plus étonnant est... que Le Monde s’en étonne encore !

Tant que nous y sommes, notons que dans ce même site nucléaire de Hanford, fonctionne un réacteur nucléaire... et un seul . En effet, ce sont en fait 5 réacteurs qui étaient prévus, les 4 autres ont été en grande partie construits dans les années 70 et 80, mais les chantiers ont rencontré tant de difficultés qu’ils n’ont jamais été achevés.

Des milliards de dollars ont ainsi été gaspillés dans l’atome. En 1995, les quatre « réacteurs » ont été rasés avant que la compagnie (WPPSS) ne change de nom pour effacer le passé. Voir (en anglais) cette édifiante histoire qui nous a été signalée par Marie, une française « exilée » dans ce coin.

Pitié pour les dirigeants d’Areva qui veulent envoyer du MOX au Japon !

Non, ce n’est pas de la haine que méritent les dirigeants d’Areva, mais de la pitié. Ces tristes personnages, prisonniers de leurs rôles morbides (mais, il est vrai, très grassement rémunérés), s’évertuent à faire leur travail, c’est à dire nuire le plus possible à la nature et aux êtres vivants.

C’est ainsi que Areva veut expédier au Japon du combustible nucléaire, le fameux MOX (contenant du plutonium, le pire des poisons produits par les humains). Pourtant, 52 des 54 réacteurs japonais sont arrêtés, et les deux qui fonctionnent n’utilisent pas de MOX ! L’objectif de cette opération nauséabonde est de signifier qu’il faut tourner la page de Fukushima et de pousser les japonais à remettre en fonction certains réacteurs. En réalité, la catastrophe est toujours en cours, les contaminations sont dramatiques et leurs conséquence s’aggravent au fil du temps.

Qui plus est, quand bien même Fukushima serait terminé (ce qui ne sera le cas que dans quelques siècles), ce ne serait pas une raison pour risquer une nouvelle catastrophe en relançant les réacteurs. Heureusement qu’il existe sur Terre des gens formidables comme Jeffrey Lee, mais cela suffira-t-il à empêcher les nucléocrates d’obérer le présent et, surtout, l’avenir ?

Mercredi 27 février

Le projet nucléaire de Belene (Bulgarie) à nouveau enterré !

En janvier, un référendum a eu lieu en Bulgarie sur la continuation du projet de centrale nucléaire à Belene. Les opposants les plus motivés sont allés voter « non », mais la plupart sont restés chez eux vu qu’une participation inférieure à 50% suffisait à refuser le projet.

Cependant, la participation fut (de justesse) supérieure à 20%, obligeant le parlement à se prononcer dans les trois mois. Voici qui est fait : par 114 voix contre 40, le projet nucléaire de Belene est une nouvelle fois enterré. Mais les socialistes, nucléocrates indécrottables, jurent que, s’ils gagnent les prochaines élections en mai, ils relanceront ce projet fantome qui court depuis... 1980 ! Notons pour finir que, comme tout site nucléaire digne de ce nom, celui de Belene est situé en pleine zone sismique...

Le chantier de la centrale de Lungmen (Taïwan) à nouveau suspendu en attendant un référendum

Taïwan compte trois centrales nucléaires, de deux réacteurs chacune, de véritables antiquités mises en service à la fin des années 70 et au début des années 80. La première centrale doit fermer en 2019, la seconde en 2023 (sauf explosion avant !)

Une quatrième centrale de deux réacteurs est en construction à Lungmen depuis 1997 mais, 15 ans plus tard, le chantier est loin d’être terminé et, comme il se doit lorsqu’il s’agit de nucléaire, le budget initial a été littéralement « explosé ».

Aussi « Les députés de la majorité et de l’opposition sont parvenus à un consensus sur le fait que les travaux de construction devaient être ralentis, voire suspendus, jusqu’à la tenue du référendum annoncé sur la question de son éventuel abandon. Dans l’intervalle, aucun budget additionnel ne sera voté et les barres de combustible nucléaire ne seront pas installées. »

En attendant ce référendum, signalons (grâce à F.A.) que les atomistes taïwanais stockent leurs déchets radioactifs sur l’ile des Orchidées, ou vivent depuis la nuit des temps les Tao (groupe ethnique malayo-polynesien), dont les champs de taro sont désormais radioactifs. Encore un groupe autochtone qui reçoit les « cadeaux » de l’industrie nucléaire...

Des élèves « irradiés de bonheur »... depuis 40 ans !

EDF dispose de longue date de nombreuses équipes d’ « animateurs » dont la mission est de soumettre les élèves de France à un véritable bourrage de crâne pronucléaire, avec visites de centrales en prime.

Cette écœurante propagande se fait avec la collaboration active de la hiérarchie de l’Education nationale et, il faut hélas le dire, parfois avec celle de professeurs : soit par soutien à l’atome hexagonal, soit par ignorance (« Ah bon, on peut se passer du nucléaire ? »), soit par facilité : une demi-journée pas trop fatigante, EDF s’occupe de tout.

On notera le trait d’ironie du journaliste qui termine en signalant que les élèves sont revenus « irradiés de bonheur ». De nos jours, il faut user de finesse pour critiquer entre les lignes ces entreprises de l’atome qui, avec leurs puissants budgets publicitaires, « tiennent » beaucoup de médias...

Pour illustrer le fait que cette propagande dure depuis des décennies, l’Observatoire du nucléaire vous offre le fac-similé d’une circulaire « historique » de l’Académie de Paris qui, en 1975, informe les Proviseurs et Directeurs, tenez vous bien, que « EDF a chargé le Centre Régional de Recherche et de Documentation Pédagogiques de Paris d’organiser des visites de la Centrale Nucléaire de SAINT-LAURENT-DES-EAUX, à l’intention des chefs d’établissement et professeurs de l’Académie de Paris ».

Oi, déjà en 1975, EDF décidait et les "autorités" académiques obéissaient. Certes, on ne verrait plus aujourd’hui une telle circulaire, les méthodes sont pourtant les mêmes mais elles sont plus fines, plus insidieuses. Et les élèves continuent à visiter les centrales, avec le seul point de vue d’EDF...

Jeudi 28 février

Démantèlement : la propagande selon le CEA... et Mme Fontrel

Jamais en retard d’un mensonge, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) annonce qu’il est le premier à réussir un démantèlement, celui des trois réacteurs du Centre d’études nucléaires de Grenoble. Cependant, le CEA ne sait pas faire disparaître la radioactivité dont il est coupable, il sait juste la déplacer.

Cette pauvre « performance » est encore moins impressionnante lorsqu’on s’informe de la puissance des réacteurs en question : 35 MW, 8 MW, et 0,1 MW. Autant dire que c’est négligeable comparé aux 58 réacteurs EDF qui vont de 900 MW à 1450 MW, et qu’il faudra bien démanteler un jour.

Pas de quoi réfréner le zèle de Mme Fontrel, responsable de l’environnement à France inter... ce qui ne l’empêche pas d’apprécier le nucléaire et, à l’occasion de faire de la propagande pro-atome. Elle nous gratifie donc d’un reportage « bisounours » qui aura parfaitement satisfait le CEA dans son opération d’esbroufe. C’est l’occasion de rappeler que la dame a un jour interviewé un « spécialiste du climat »... en omettant juste de signaler aux auditeurs qu’il s’agissait d’un représentant du CEA.

Comme par hasard, le bonhomme en avait profité pour expliquer - en toute neutralité bien sûr ! - que développer le nucléaire était une excellente façon de protéger le climat. La chronique en question n’est hélas plus en ligne (dommage !) mais il nous reste une trace visuelle et le souvenir d’une chronique bafouant allègrement toute éthique...

Mégajoule : le Torii de la Paix profané... par le Conseil général !

La glorieuse « France militaro-nucléaire » construit au Barp (Gironde) une installation gigantesque, le Laser Mégajoule (cf http://laser.megajoule.free.fr), pour essayer de mettre au point une nouvelle génération de bombes atomiques. Ces bombes seraient suffisamment miniaturisées pour pouvoir être véritablement utilisées, contrairement aux bombes actuelles qui sont trop puissantes et ne servent qu’à dissuader, ce qui est très décevant pour l’État-major.

Passons - momentanément - sur le fait que, comme son cousin ITER (http://reacteur.iter.free.fr), l’échec technologique est d’ores et déjà assuré pour cette installation, dédiée à la fusion nucléaire, dont le seul exploit est d’avoir explosé... son calendrier et son budget (il est vrai que c’est parfaitement banal pour un projet nucléaire).

Ce qui nous interpelle aujourd’hui, c’est l’action vigoureuse du Conseil général de la Gironde pour assurer la sécurité des citoyens. Les élus départementaux se sont-ils enchainés au portail du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) pour dénoncer la guerre nucléaire ?

Non, ils ont été encore bien plus courageux : ils ont fait démonter le Torii (mémorial de la Paix) qui avait été installé près de l’entrée du site nucléaire par l’association Négajoule. Pourtant solidement implanté, ce beau monument mettait, parait-il, la population en danger. Contrairement, il faut croire, aux armes nucléaires et aux contaminations causées depuis 50 ans par le CEA (cf http://tchernoblaye.free.fr/contami...)...

Pour EDF en Grande-Bretagne, « mon oncle d’Amérique » est chinois !

  • Dépêche Reuters : « Londres entrouvre la porte de son parc nucléaire aux Chinois »

Vous connaissez peut-être le mythe de « mon oncle d’Amérique », auquel s’accrochent parfois les gens en difficulté. Oui, cet oncle qui a « réussi » aux USA et qui, « un jour », reviendra et, muni de son énorme chéquier, sauvera ce qui peut l’être encore.

Eh bien sachez que, enlisé dans son improbable projet nucléaire en Grande-Bretagne, EDF a trouvé son oncle d’Amérique : il s’appelle CGNPC et... est chinois ! Peu importe puisqu’il possède bien la seule chose pour laquelle il est tant attendu : l’énorme chéquier.

Nous le constatons chaque semaine, produire de l’électricité avec des centrales nucléaires est hors de prix, et la plupart des projets sont annulés. Nous vu aussi lors des précédentes revues de presse que, pour construire des réacteurs EPR en Grande-Bretagne, EDF tente d’obtenir de Londres de lourdes aides financières qui ne seront probablement pas acceptées par la Commission européenne.

Alors il ne reste plus à EDF que son « Oncle d’Amérique », l’entreprise chinoise CGNPC qui pourrait renflouer le projet. La dépêche de Reuters rend compte des espoirs fous des dirigeants d’EDF qui tentent de se rassurer en expliquant que, contrairement aux américains, les anglais pourraient accepter des capitaux chinois dans leurs centrales nucléaires, etc.

Nous verrons bien si les Chinois se lancent, et si Londres accepte de se mettre à leur merci. Mais dans ce cas, il est très improbable que les Chinois paient pour faire des EPR : n’importe quel autre réacteur sera « moins pire » ! A suivre...

Farce : Areva veut toujours vendre 10 EPR d’ici 2016 !

Le ridicule ne tue pas, dommage. En effet, malgré leurs échecs désormais innombrables, les dirigeants d’Areva prétendent toujours vendre 10 EPR d’ici 2016 ! Prétendant qu’il y a « une dynamique générale du marché des nouvelles constructions de réacteurs » (Ah bon ? Mais où ça ?), le PDG d’Areva, grand seigneur, avoue « Nous ne remporterons pas tous les contrats ». Guignol n’a qu’à bien se tenir, Oursel débarque, et il est encore plus marrant qu’Anne Lauvergeon...

L’OMS tente de minimiser les conséquences de Fukushima

  • Dépêche AFP : « Fukushima : hausse du risque de cancer selon l’OMS, Greenpeace critique »
  • Interview du Pr Michel Fernex : "Fukushima, Tchernobyl : « L’OMS répète les chiffres de l’AIEA »"
  • Accord nauséabond OMS-AIEA

On le savait à l’avance puisque, du fait d’un accord nauséabond datant de 1959, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne peut s’exprimer sur le nucléaire sans se soumettre à la censure de l’Agence internationale pour l’énergie nucléaire (AIEA).

On le savait donc, l’OMS allait mentir sur les conséquences de Fukushima, comme elle le fait allègrement pour Tchernobyl depuis 27 ans. Bien sûr, l’OMS ne va pas jusqu’à prétendre que la catastrophe n’a pas de conséquences, mais elle les minimise scandaleusement.

Dès avril 2011, Michel Fernex décrivait le scandale : « L’OMS ne peut que répéter les chiffres que lui donne l’AIEA. Actuellement, si vous allez au Japon et que vous cherchez l’OMS, vous ne la trouverez pas. Ils ne sont pas là. L’AIEA est là depuis le départ. C’est l’effacement total de l’OMS face à un nouvel accident nucléaire. »

Contaminer, mentir, corrompre, désinformer, envoyer la police, l’armée s’il le faut : le lobby nucléaire dans toute sa splendeur. Finalement, ces gens là ne font pas vraiment rire.

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