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Publié le 7 mars 2013

Revue de presse n°40

Semaine du vendredi 1er au jeudi 7 mars 2013

Rattrapage : action antinucléaire au Conseil général du Gard

Ça s’est passé à la mi-février, mais ce serait dommage de ne pas en parler : une séance plénière du Conseil général du Gard a été enrichie par l’intervention de citoyens opposés à l’atome (des gens normaux, donc). Ils ont tenté de faire comprendre aux élus départementaux l’ineptie des activités menées encore aujourd’hui dans le site nucléaire de Marcoule, de sinistre mémoire (ouvert en 1956, c’est là qu’a été produit le plutonium pour les premières bombes atomiques françaises).

En particulier, entre deux accidents (rappel surl’Express), les atomistes préparent à Marcoule leur prochain échec tonitruant : le retour du surgénérateur Superphénix, déguisé en fille (prénom Astrid) et prétendu « de 4ème génération » : http://reacteur.generation4.free.fr. Pour arriver à se faire attribuer à nouveau des milliards d’euros, ils prétendent que leurs « nouveaux » réacteurs réaliseront des miracles, comme « incinérer » les déchets nucléaires produits par les réacteurs actuels.

Le plus incroyable est qu’il y a des gens pour croire encore à ces balivernes. A contrario, nous vous invitons à lire la déclaration et écouter l’interview de l’excellent Pierre Péguin (de la Coordination antinucléaire du Sud-Est).

Édifiantes publications dans les années 60

Profitons de cette séance de rattrapage pour voir ce qui pouvait se dire, dans les années 60, à propos de Marcoule et des surgénérateurs. Commençons par la littérature de jeunesse et les célèbres « 6 compagnons » de la Bibliothèque... verte. Une des premières aventures de ces enquêteurs en herbe se déroulait autour du site nucléaire de Marcoule, on parlait d’ailleurs à l’époque de « pile atomique ».

N’accablons pas l’auteur, décédé en 1978, et qui n’a probablement fait que subir la propagande pronucléaire d’Etat, déjà massive à l’époque. Mais le fait est que l’intrigue met en scène de « sinistres individus », des « saboteurs » (le mot « terroriste » ne devait pas encore être à la mode), dont l’objectif est de faire sauter le site de Marcoule, sans que l’on ne nous dise pourquoi. Des agents de l’étranger ? Des écologistes radicaux ? On n’en sait rien, aucune explication n’est donnée, ce sont juste des gens « dangereux ». Ils sont bien sûr arrêtés juste à temps, le site atomique est sauvé et « tout est bien qui finit bien ». Affligeant.

Bien plus amusante est la lecture du Monde Diplomatique de septembre 1965, dans lequel on pouvait trouver une grande tribune du dénommé André Ertaud, qui n’était pas moins que Directeur technique du « Groupement Atomique Alliance Atlantique » (admirez le triple A, déjà à l’époque). Membre de la mafia des « Arts et métiers », tout aussi nuisible que celle des « Mines », Ertaud fut un ponte du lobby de l’atome et responsable de la production de plutonium dans les « piles » G2 et G3 de... Marcoule ! Décidément.

Dans le Monde Diplomatique, cet homme si « remarquable » faisait alors savoir que « En France, vers l’an 2000, les surgénérateurs remplaceront l’énergie fossile ». Nous sommes en 2013 et le couple pétrole-gaz couvre 75% de la consommation française d’énergie ! Quant aux surgénérateurs, ils n’ont pas avancé d’un pouce puisque Superphénix a totalement échoué et que le CEA voudrait refaire une tentative, le fameux projet ASTRID.

Le CEA annonce que ces « nouveaux » réacteurs pourraient être prêts vers 2040, dans 30 ans. Ertaud s’était donné 35 ans, lui. Espérons que le CEA n’existera plus en 2040, sinon il nous promettra « de nouveaux réacteurs » pour 2060...

Vendredi 1er mars

Un éclair bleu au dessus de la centrale nucléaire du Tricastin !

  • Communiqué du CAN84 : « Nouvel incident sur le site nucléaire du Tricastin : trop c’est trop, fermeture immédiate »
  • Brève de La Provence : « Un impressionnant incident s’est produit hier soir à la centrale nucléaire »

Avant de crier à la catastrophe nucléaire, écoutons plutôt une grande spécialiste, Adeline Bertoncini, chef de mission communication pour EDF Tricastin : "Le fil d’évacuation de l’électricité, du réacteur vers le réseau, a été défaillant, il s’est abîmé, ce qui a produit un court-circuit et donc la détonation. De fait, le réacteur, n’ayant plus moyen d’évacuer, s’est arrêté de produire".

Merci Adeline, ce n’était donc qu’une affaire de « fil », Ariane peut aller se rhabiller. Chacun saura enfin comment s’échapper du site nucléaire du Tricastin qui est un véritable labyrinthe. Ne faisant de toute évidence pas confiance à la « maestria » de l’industrie nucléaire française, le Collectif antinucléaire 84 demande la fermeture immédiate du site du Tricastin, ce qui serait quand même dommage pour Adeline qui aurait du mal à retrouver un travail si bien payé pour raconter des salades.

Dimanche 3 mars

Tchernobyl - Décès du Pr Pellerin de mort naturelle : il n’y a pas de justice !

Ce n’est pas parce quelqu’un meurt qu’il faut en dire du bien, surtout s’il ne le mérite pas. Cela dit, le titre « Tchernobyl : mort du professeur Pierre Pellerin » est bien celui du Figaro, laissant croire que, peut-être, ce « sinistre personnage » (*) serait mort à cause de la catastrophe dont il a nié la gravité pendant plus de 25 ans. Mais non, il est tranquillement décédé de mort naturelle, il n’y a pas de justice.

Pour mémoire, le Pr Pellerin est cette sommité du lobby nucléaire qui a juré devant les médias français que la catastrophe de Tchernobyl ne faisait courir aucune risque à personne, « à part peut-être à l’intérieur même de l’usine », précisait-il sans rire. Contrairement à une rumeur tenace, il n’a jamais dit « Le nuage de Tchernobyl s’est arrêté à la frontière française », ce qui lui a permis de gagner plusieurs procès, juste en jouant sur les mots.

Mais, s’il n’a effectivement pas prononcé cette phrase, il a en réalité fait bien pire en assurant qu’il n’y avait aucun risque, et donc aucune mesure à prendre. Pendant ce temps, tous les pays voisins de la France interdisaient à la consommation les produits les plus susceptibles d’être contaminés.

Bien qu’étant allé souvent à Tchernobyl, en tant que patron tyrannique et paranoïaque du Service de protection contre la radioactivité en France (SCPRI), organisme de propagande et ancêtre de l’IRSN, M. Pellerin s’est porté comme un charme jusqu’à 91 ans, laissant les cancers aux malheureux biélorusses et ukrainiens, mais aussi à des millions d’autres européens (dont les français) touchés par le fameux nuage de Tchernobyl.

Cependant, gardons-nous de faire de ce pèlerin de l’atome un bouc-émissaire : il n’était finalement qu’un exécutant (certes zélé), le produit d’un système mis en place pour imposer le nucléaire par la force et le mensonge, ce qui est toujours le cas aujourd’hui.

(*) La Cour européenne des droits de l’Homme a condamné la France pour avoir condamné Noël Mamère pour avoir traité le Pr Pellerin de « sinistre personnage » pour avoir prétendu que le nuage de Tchernobyl ne faisait courir aucun risque...

Israël opposé à l’arme nucléaire en Iran (sauf dans un cas...)

Israël possède environ 200 bombes atomiques, mais ne supporte pas l’idée que l’Iran en ait une seule. L’explication de ce « deux poids, deux mesures » est cependant facile à comprendre : les dirigeants iraniens ont des comportements irrationnels. Contrairement à ceux d’Israël, c’est bien connu. D’ailleurs, ces derniers n’hésitent pas à faire savoir que « toutes les options sont sur la table », ce qui signifie que, finalement, ils ne sont pas contre la présence d’une bombe nucléaire en Iran. A condition que ce soit à l’occasion d’un joli feu d’artifice...

Lundi 4 mars

Projets nucléaires d’EDF en Grande-Bretagne : le crash approche !

  • Dépêche de Reuters : « Des élus britanniques craignent des retards sur le nucléaire »

Depuis des semaines, l’Observatoire du nucléaire met en jeu sa réputation (mondiale) en pronostiquant - contrairement à la quasi-totalité des médias - que EDF ne construira pas d’EPR, ni aucun autre réacteur nucléaire, en Grande-Bretagne. Pourtant, les pires politiciens, à commencer par le premier ministre Cameron, sont prêts à tout pour détourner de lourdes sommes publiques vers les caisses d’EDF et rendre ainsi « rentables » ces projets nucléaires si déficitaires.

Mais, même avec ces manoeuvres, l’atome reste incommensurablement trop cher. Et voilà que Tim Yeo, le président de la Commission parlementaire britannique sur l’énergie, déclare : "Les ministres doivent présenter de toute urgence un plan de secours au cas où l’industrie nucléaire ne fournirait pas les nouvelles centrales dont nous avons besoin". « Au cas où » dit-il. Un cas de plus en plus probable ! Une nouvelle grande victoire de l’Observatoire du nucléaire sur la mafia atomique se précise. Encore un peu de patience chers amis...

Mardi 5 mars

L’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) est un repaire de menteurs

  • 20minutes (s’est fait avoir) : « Le nucléaire a encore proliféré en 2012 »
  • Décryptage lumineux par l’Observatoire du nucléaire : « L’AIEA tente de tromper l’opinion juste avant la date "anniversaire" de Fukushima »

L’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) est inquiète : la part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité s’effondre, passant de 17% en 2001 à 11% en 2011, et probablement à moins de 10% en 2012. Dans le même temps, la plupart des projets de nouveaux réacteurs sont annulés (car trop trop trop chers !) Alors, pour sauver ce qui peut l’être encore, l’AIEA fait son travail, à savoir mentir, en faveur de l’atome bien sûr.

Il s’agit d’une part d’essayer de tromper quelques politiciens : en leur faisant croire que le nucléaire progresse sur la planète, certains pourraient suivre le « mouvement » (fictif) et commander un ou deux réacteurs, sait-on jamais ? D’autre part, juste avant la date « anniversaire » de Fukushima, pour éviter que les médias ne titrent sur le déclin de l’atome, l’AIEA tente au contraire de faire croire que le nucléaire « progresse ».

Heureusement, l’Observatoire du nucléaire veille et décrypte magistralement cette pauvre propagande... qui a pourtant réussi à tromper certains médias.

Au fou : Capital conseille d’acheter des actions d’Areva !

  • Conseil « à suivre » de Capital : « Areva : Le PDG est très confiant sur le nucléaire au Japon, achetez »

Nous avons déjà évoqué le destin tragique de l’action d’Areva en bourse, passée en quelques mois de 82 euros à 13 euros. Seule « consolation », EDF a fait pire (de 87 à 14). Mais aujourd’hui, finies les vaches maigres, l’heure des plus-values a sonné ! C’est du moins ce qu’il faut croire en lisant les conseils (nécessairement avisés) de Capital. « Achetez ! » disent-ils. Et ce sur la foi d’une information... stupéfiante : « Le PDG d’Areva est très confiant sur le nucléaire au Japon ».

Ah, c’est sûr que la fortune est assurée avec un tuyau comme celui-là. Surtout venant du fameux Luc Oursel, celui qui prétend vendre 10 EPR d’ici 2016 (alors qu’Areva n’en a vendu qu’un, il y a... 10 ans, à la Finlande). Achetez donc des actions d’Areva, la "culbute" est garantie. Une belle "gamelle" en vérité !

Avenir des réacteurs japonais : Tokyo devrait se renseigner auprès d’Areva !

  • Dépêche AFP : « Nucléaire : Tokyo ignore le nombre de réacteurs qui seront relancés avant fin 2013 »

On s’en doutait depuis Fukushima, mais on en a désormais la certitude : les japonais sont nuls. Voyez plutôt : ils ne savent même pas si certains de leurs réacteurs vont être remis en service en 2013 et, si oui, combien. Mais nous, Français, avons une arme secrète : Luc Oursel, PDG d’Areva. Luc est très fort, si fort qu’il sait, lui, que 6 réacteurs japonais seront relancés en 2013. Les Japonais devraient se renseigner auprès d’une telle sommité ! Notons au passage que les Canadiens sont ridicules : un des leurs, le PDG de l’entreprise d’uranium Cameco, prétend que les Japonais remettront 8 réacteurs en service en 2013. Mais non, ce sera 6, évangile selon Luc !

Fukushima : le retour de la radiophobie ?

  • LeMonde.fr : « Fukushima : la lenteur de la reconstruction pèse sur la santé mentale »

Jamais gênés d’inventer les pires horreurs, les nucléocrates ont innové, après le déclenchement de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986), avec la thèse de la « radiophobie » : si les gens sont malades, ce n’est pas à cause de la radioactivité mais à cause de « la peur de la radioactivité » ! Il fallait y penser !

Bien sûr, les nucléocrates français ont été en pointe dans cette opération de négationnisme, avec un organisme nommé CEPN et regroupant EDF, Areva, le CEA et l’IRSN (à lire, en page 3).

A lire le présent article du Monde.fr, on peut penser - sans en être surpris - que les nucléocrates réutilisent autour de Fukushima les mensonges de mise autour de Tchernobyl. Ainsi, selon Hiroshi Suzuki, qui dirige une commission consultative pour la reconstruction de la province de Fukushima, "Il n’y a pas suffisamment d’attention envers la santé mentale" des habitants.

Il faut croire qu’une armée de psychologues et de psychiatres pourrait faire fuir la radioactivité et rétablir le moral et donc la santé de la population. Pour notre part, nous persistons à penser que ce sont les pronucléaires - et pas seulement ceux du Japon - qui ont besoin de psychiatres.

Conséquences à venir de Fukushima : lire sur les enseignements de Tchernobyl

Plutôt que de se laisser désinformer par la propagande du lobby de l’atome et son indécente « radiophobie », il vaut mieux se renseigner sur les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl sur la santé des populations. Il est hélas évident que des centaines de milliers de japonais sont condamnés à subir les mêmes conséquences, à cause de la radioactivité venue de Fukushima, et donc à cause de l’industrie nucléaire. Les excellentes Editions Yves Michel mettent le nécessaire à votre disposition...

Peut-on faite la deuxième centrale nucléaire Turque sans avoir fait la première ?

  • Dépêche AFP : « Un consortium franco-japonais en lice pour la 2e centrale nucléaire turque »

Avant leur fusion, GDF était spécialiste du gaz, et Suez détenait Electrabel, l’entreprise belge aux réacteurs fissurés. Unifié, GDF-Suez s’allie avec deux japonais (Itochu et Mitsubishi ) pour proposer aux Turcs de faire leur seconde centrale nucléaire.

Mais on ne sait pas de quel genre de réacteur il pourrait s’agir et, d’ailleurs la première centrale turque n’existe pas. Ce sont les Russes qui sont censés la construire, et ça c’est très amusant. En effet, la Turquie a lancé ce projet « pour réduire sa dépendance en énergie vis-à-vis de l’étranger, notamment la Russie ». Sacrés Turcs !

On n’a d’ailleurs pas fini de rire puisqu’il est question d’une troisième centrale (avant la première et la seconde ?), avec encore Mitsubishi associé à... Areva. Un EPR ? Pas du tout : un nouveau modèle encore jamais construit : l’Atmea. Vus les problèmes rencontrés par Areva pour construire son premier (et seul) EPR vendu (cf http://reacteur.epr.free.fr), on peut dire que les Turcs sont joueurs.

Mais faut-il vraiment s’inquiéter ? Comme déjà expliqué (cf Revue de presse n°31), cela fait de nombreuses fois que les autorités turques annoncent que « Cette fois c’est sûr » (cf par exemple The New Anatolian en 2007). Et à chaque fois le projet est reporté. A suivre...

Mercredi 6 mars

Kaliningrad : exclave stratégique, et future enclave atomique ?

Kaliningrad est un « oblast » (une région) de la Russie, dont la particularité est d’être aussi une exclave (isolée de la « mère patrie »), située entre la Lituanie et la Pologne. Du temps de l’URSS, la continuité territoriale était assurée (par les pays Baltes), ce qui n’est plus le cas désormais.

Du coup, Kaliningrad est une enclave russe dans le territoire de l’Union européenne, et un site stratégique... surtout quand les différents pays voisins tergiversent. Ainsi, les pays Baltes et la Pologne hésitent depuis des années à construire, ensemble ou séparément, une centrale nucléaire.

Malins comme ils sont, les Russes ont donc décidé de prendre tout le monde de vitesse en construisant un réacteur à Kaliningrad, afin de faire des profits en vendant à leurs voisins indécis l’électricité dont ils ont besoin. Mais les voisins en question, qui n’ont déjà pas de bonnes relations avec les Russes, apprécient peu la plaisanterie et annoncent qu’ils n’achèteront pas cette électricité-là !

Pas de quoi refroidir le lobby nucléaire... français : la Société générale veut participer au financement du projet et, Alstom étant pressenti pour fabriquer les turbines, l’État français envisage de garantir cette exportation par la Coface (Organisme public de garanties à l’exportation) : si le projet coule financièrement, c’est l’argent public français qui paiera Alstom !

Les Amis de la terre et Greenpeace dénoncent à juste titre cette opération grotesque, avec toutefois une erreur d’analyse en regrettant que « le design de ces réacteurs n’ait pas été analysé par une autorité de sûreté indépendante dans l’Union Européenne » et en parlant de « sûreté nucléaire à deux vitesses ». Comme si un réacteur d’Areva visé par l’ASN française pouvait être moins dangereux qu’un réacteur russe !

L’AFP fait de la propagande pour l’accident nucléaire « made in France »

Depuis 25 ans, le lobby nucléaire français s’entraine aux accidents nucléaires dans le site nucléaire de Cadarache (Bouches-du-Rhône) : à l’intérieur d’une installation joliment nommée Phébus, l’IRSN organise de vrais accidents nucléaires, avec fusion du coeur. En modèle réduit néanmoins (échelle 1/5000 ème), des fois que l’expérience déraperait...

Rien de surprenant à ce que l’IRSN fasse sa propre propagande avec une stupéfiante vidéo qui montre comment sont expérimentés ces accidents nucléaires censés apporter des enseignements permettant d’éviter, ou de limiter, les conséquence de vraies catastrophes.

Plus étonnant par contre le fait que l’AFP relaie consciencieusement cette propagande en faveur de l’accident nucléaire « Made in France ». Voyez un peu : « A moins d’attendre qu’une catastrophe ne se produise pour l’étudier, le seul moyen de prévoir efficacement le comportement d’un réacteur nucléaire en cas d’accident grave, comme à Fukushima, est d’expérimenter. La France a commencé à le faire voici déjà 25 ans. »

Si vous pensez que l’AFP donne aussi la parole à quelqu’un qui a un point de vue moins dithyrambique sur cette expérience, vous vous trompez. Personne pour estimer qu’il faut être extrêmement prétentieux pour se croire capable de maîtriser une catastrophe nucléaire, et rappeler qu’il se passe toujours quelque chose d’imprévu qui rend inutiles les plus belles stratégies.

Au contraire, l’AFP conclut en valorisant la poursuite de tels programmes : « Le programme international PEARL, dont la première expérience est prévue pour fin 2013, doit déterminer la meilleure façon de réinjecter de l’eau dans un réacteur dont le combustible n’est plus correctement refroidi. Un savoir-faire qui aurait pu jouer un rôle crucial dans le cas de Three Mile Island ou de Fukushima. »

Qu’on se le dise (grâce à l’AFP), les nucléocrates vont « bientôt » être capables de maîtriser leurs catastrophes. C’est bien dommage pour les victimes de Fukushima et autres désastres, mais il faut savoir regarder vers l’avenir : rien ne saurait s’opposer au « Progrès » et aux avancées lumineuses de l’industrie de l’atome.

Jeudi 7 mars

Jean-Louis Basdevant sauve l’honneur des physiciens nucléaires

  • Interview dans l’Alsace : « Jean-Louis Basdevant : "Pourquoi il faut stopper Fessenheim" »

On peut être physicien nucléaire tout en étant honnête et courageux. C’est ce que prouve Jean-Louis Basdevant : « On a évoqué l’accident maximal après Three Mile Island, en Pennsylvanie, en 1979 : les ingénieurs français disaient qu’ils seraient bien capables de se débrouiller. Après Tchernobyl, ils ont imputé la catastrophe aux erreurs de conception, aux causes politiques, aux fautes d’exécutants. Après Fukushima, ils ont invoqué la catastrophe naturelle. »

L’expert ajoute : « En France, les ingénieurs du CEA forment une caste, défendent un dogme qui remonte au nucléaire militaire d’après-guerre. Les décisions sont prises par le lobby nucléaire et l’argent qui pèsent lourd face au politique. » On ne saurait si bien dire. Bravo aussi à l’Alsace qui ose publier cette interview, malgré le risque de perdre les pages de publicité d’EDF et d’Areva.

Fukushima : bon dossier sur France-info

Bon dossier « Fukushima » par Anne-Laure Barral sur France-info, avec en particulier la mise en place par la Criirad d’un équivalent japonais, le CRMS. Du bon travail (de la part de la Criirad et de la journaliste).

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