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Publié le 30 juin 2013

Revue de presse - Juin 2013

Effondrement de la part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité

La part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité est passée de 17% en 2000 à moins de 10% aujourd’hui. Le lobby nucléaire mondial, la World nuclear association, tente de masquer cette réalité... en auto-censurant ses propres documents. Mais l’Observatoire du nucléaire veille, démasque la supercherie, et publie un graphique censuré : on y voit que la part du nucléaire est en chute libre. Encore un effort pour arriver à 0% !

Déconfiture de l’industrie nucléaire

On connaissait les « Go-fast », voici que l’industrie nucléaire des USA pratique le « Go-slow » : elle appuie à fond... sur le frein ! Ainsi, des réacteurs sont définitivement fermés alors même qu’ils ont obtenu des prolongations de durée de vie (cf revue de presse n°50).

On apprend maintenant que des augmentations de puissance (« uprates ») de réacteurs sont annulées, mais aussi que l’entreprise TVA a décidé de ralentir le rythme de construction de son réacteur Watts Bar 2 qui, tenez vous bien, a été mis en chantier... en 1973 ! (Véridique, vérifiez vous-même ici). A ce rythme, ce n’est plus du « Go-slow » mais de la glaciation pure et simple !

D’ailleurs, après l’annulation de 4 projets de réacteurs et la fermeture définitive de la centrale de Kewaunee (malgré une autorisation de prolongation de durée de vie de 20 ans !) (cf revue de presse 49), c’est maintenant la centrale de San Onofre (Californie), toute mitée, qui ferme définitivement ses portes. Au suivant !

Rien de surprenant de fait à ce que Les Echos titrent « Nucléaire : EDF et Areva ont réduit la voilure outre-Atlantique ». A comparer avec l’article du même journal mais daté du 3 octobre 2007 et qui annonçait sans l’ombre d’un bémol « EDF et Areva jouent des coudes pour profiter du réveil du nucléaire américain ».

On allait voir ce qu’on allait voir, les réacteurs allaient pousser comme des champignons aux USA et, bien sûr, EDF et Areva allaient pouvoir « construire le réacteur français n’importe où sur le sol américain. » Résultat final : zéro pointé.

En France même, le lobby de l’atome n’arrive plus à recruter : difficile d’attirer les jeunes dans une industrie du siècle précédent... et qui contamine dans le présent. Les atomistes pourront toujours se consoler en notant que l’on manque aussi de bouchers-charcutiers. On peut toujours aller en chercher autour de Fukushima, ils sont au chômage...

Le nucléaire : trop cher et non rentable

Sia Partners est un « cabinet de conseils » qui produit à la chaine de la désinformation au services des grands prédateurs, prioritairement banques et multinationales polluantes, et en particulier les entreprises atomiques . Rien d’étonnant donc à voir Sia protester avec véhémence contre la production massive d’électricité renouvelable qui entraine des prix de l’électricité... négatifs : on vous paye pour la consommer !
D’ailleurs, le 26 juin, Les Echos nous apprennent que « EDF a mis à l’arrêt cinq réacteurs le week-end dernier et a baissé la puissance de dix autres, pour éviter que les prix ne basculent encore dans le rouge. » : des réacteurs arrêtés à cause de la production d’électricité renouvelable, ces énergies si longtemps raillées pour leur prétendue "faiblesse" ! Hélas, malgré ces importations plus que rentables, l’électricité est vendue en France de plus en plus cher : entretenir des réacteurs nucléaires vieillissants coûte des sommes astronomiques... et ce n’est qu’un début.
C’est d’ailleurs probablement pour réduire les coûts (à moins que ce ne soit pour engraisser les actionnaires) que des « responsables » du chantier du réacteur EPR de Flamanville (Manche) se sont laissés aller à quelques irrégularités. Ils sont poursuivis en justice, accusés « de ne pas avoir payé leurs cotisations sociales, de prêt illicite de main-d’oeuvre et de marchandage » !
Quant aux EPR que EDF espère toujours construire en Grande-Bretagne, les négociations vont toujours bon train. Pour mémoire, produire de l’électricité nucléaire est une activité tellement déficitaire qu’EDF exige de Londres le remboursement des pertes... pendant 40 ans ! Aux dernières nouvelles, ces escrocs se sont mis d’accord « pour indexer le prix fixe de l’électricité sur l’inflation »... mais pas sur le prix lui-même. Pas si facile de rendre le nucléaire « rentable »...

Lobby nucléaire ridicule

Notre ami l’excellent Thierry Ribault, chercheur au CNRS et diseur de quelques vérités bien senties (cf par exemple : http://riverains.rue89.com/thierry-...), dévoile la collusion de certains scientifiques avec le pouvoir nucléaire et/ou politique. Il déniche au passage un extrait sidérant d’une émission de France inter au cours de laquelle Sébastien Balibar (CNRS), un des pronucléaires les plus enragés qui soient, avait montré l’étendue de sa « pertinence » : 4 jours avant le début de la catastrophe de Fukushima, il assénait « La fission nucléaire, ça n’explose pas, ça ne s’emballe pas »... Quelle clairvoyance !
De leur côté, l’Association nationale des comités et commissions locales d’information (ANCCLI) et l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) nous font savoir qu’ils ont renouvelé leur accord (inutile) de coopération (bidon) et veulent « expérimenter de nouvelles voies de participation des acteurs de la société civile à la démarche de sûreté et de protection contre les rayonnements ionisants ». Défense de rire !
Ces plaisantins doivent se pâmer devant la prétention de certains dirigeants japonais d’exporter leur technologie nucléaire en se prévalant des « enseignements » de la catastrophe de Fukushima. Et pourquoi pas une petite catastrophe de plus pour rendre les réacteurs « encore plus sûrs » ?
Quant à EDF et sa « vitrine du démantèlement », le petit réacteur de Brennilis (Finistère), arrêté depuis 1985, l’affaire n’en finit plus de capoter. Aux dernières nouvelles, sans parler de l’explosion de la facture financière, le démantèlement prendrait « 5 ans de plus ». Ça donne quoi l’ éternité + 5 ans ?
Dans la suite logique du pataquès du démantèlement, le pataquès des déchets radioactifs, problème insoluble dont le lobby nucléaire veut se débarrasser en enfouissant ses horreurs à 500 mètres sous terre. Un « Débat public » a été prévu pour faire passer la pilule, mais cette parodie de démocratie tourne à la farce. Déjà, elle est organisée par la Commission nationale du débat public (CNDP), vice-présidée... par un notable du parti gouvernemental EELV, supposé être opposant.
Des antinucléaires radicaux veulent participer au débat, d’autres le perturber, des « écolos mous » se donnent des frissons en « boycottant », c’est à dire... restant devant les séances en prenant bien soin de ne gêner personne. Forcément, le lobby nucléaire n’y comprend plus rien... A suivre !

EPR : Ouest-France abandonne le journalisme

Le « chantier de tous les records », « dix fois la Tour Eiffel », « le commerce boosté »... même le service de communication d’EDF aurait fait moins grossier que cette salve de propagande offerte par Ouest-France au lobby de l’atome. Offerte car il s’agit d’ « articles » de la rédaction, qui relèvent pourtant de la (mauvaise) publicité et non du journalisme ! Ce pauvre réacteur EPR (cf http://reacteur.epr.free.fr) ne sera toutefois pas sauvé par cette dérisoire manœuvre...

EPR : ridicule en France et en Finlande, rejeté en Inde

Areva tente désespérément depuis 2005 de construire en Finlande un réacteur EPR qui devait entrer en service... en 2009 ! Aux dernières nouvelles, cela pourrait être 2016 : 11 ans pour faire un réacteur (!), 7 ans de retard, sans parler du coût multiplié par 3. Une procédure judiciaire internationale - un « arbitrage » comme les aime l’escroc Tapie ! - oppose Areva aux Finlandais pour savoir qui va payer : probablement les Français. En attendant, les actionnaires Finlandais sont dans la panade et cherchent de l’argent, bien punis d’avoir choisi l’atome et, pire, l’atome français !
EDF est tout aussi ridicule avec son propre chantier EPR, lancé en 2007 à Flamanville (Manche) : au moins 5 ans de retard, coût triplé, et malfaçons grossières : il a d’ailleurs fallu détruire une partie de ce qui avait été construit. Comme le chantier a continué par ailleurs, il n’est plus possible d’installer une pièce gigantesque, le dôme. Pour y parvenir, EDF loue à grands frais la plus grande grue du monde, Big Benny, qui a commencé ses activités et doit conclure par la pose du dôme. Si tout va « bien »...
Quant au projet de réacteurs EPR en Inde, que les atomistes tentent de justifier par les innombrables malheureux qui n’ont pas accès à l’électricité, eh bien il est justement rejeté par ces malheureux, et massivement : ils veulent bien de l’électricité, mais pas nucléaire. Des organismes français mafieux - la BNP Paribas, la Société Générale et le Crédit Agricole - sont pourtant tout disposés à aider les "élites" indiennes à financer leur projet de mort. La lutte populaire continue...

Risque nucléaire et kamikazes d’EDF : le ridicule va tuer

  • La Farn, nouvel élément de sûreté des centrales nucléaires : Dépêche AFP, 27 juin 2013
  • Force d’action rapide du nucléaire : les malheureux kamikazes d’EDF : Avis de l’Observatoire du nucléaire, 27 juin 2013 (ci-dessous)

Régulièrement prise en défaut, coupable des pires catastrophes (en particulier Tchernobyl et Fukushima), l’industrie nucléaire tente vainement d’attester de sa capacité à assurer la "sûreté" de ses installations. Avouant toutefois ne pas pouvoir empêcher une situation critique, EDF prévoit désormais d’envoyer de véritables kamikazes dans une centrale en perdition.
On peut déjà douter de la possibilité d’acheminer ces malheureux sur place si l’on se souvient par exemple de la nuit du 27 au 28 décembre 1999 au cours de laquelle la centrale nucléaire du Blayais (Gironde) a frôlé la catastrophe : la seule route d’accès était impraticable, et la violence de la tempête empêchait tout vol d’hélicoptère.
Mais, de toute façon, il existe d’innombrables situations empêchant la reprise en main d’une centrale accidentée : toutes les situations non envisagées. EDF et l’ex-ministre de l’écologie ont parlé (sans peur du ridicule) de "prévoir l’imprévisible", on peut hélas désormais penser que le ridicule va tuer. Au vu du délabrement accéléré des centrales nucléaires françaises, la seule question est de savoir quand et où le drame aura lieu ?
Cf graphique édifiant (merci à Michel Guéritte)...

Transports radioactifs et THT : le trafic continue, la répression aussi

Un train de déchets nucléaires entre les Pays-Bas et le pays de Hollande, un convoi naval de MOX français envoyé au Japon (malgré Fukushima, le business continue !) mais, curieusement, ce ne sont pas les dirigeants politiques et industriels qui sont poursuivis en justice !
Bien au contraire, de courageux citoyens qui s’étaient opposés au passage d’un train nucléaire en novembre 2010 sont condamnés, et voient même leurs sanctions alourdies pour leur apprendre à faire appel.
Pour mémoire, et en pesant soigneusement nos mots, nous vous rappelons qu’à cette occasion, des militants ont été délibérément torturés par la police française : tendons sectionnés, brulures au 3ème degré entrainant des greffes de peau : voir ici (http://ganva.noblogs.org), attention photos « pouvant choquer la sensibilité »...
Dans le même genre, même si les exactions policières ont heureusement été moindres, de dignes citoyens comparaissent à Laval pour avoir osé se lever contre la construction (immorale mais aussi illégale !) de la ligne THT venant du chantier EPR.

Mines d’uranium : Areva contamine de Limoges au Niger en passant par l’Asie

Entre autres tares, les réacteurs nucléaires sont alimentés par un minerai, l’uranium, dont l’extraction cause de terribles dommages à l’environnement et aux populations locales. Ces derniers temps, Areva tente de diversifier ses approvisionnements en faisant ami-ami avec les pires dictateurs d’Asie centrale (Kazakhstan, Ouzbékistan, etc).
Mais depuis 50 ans, Areva (anciennement la Cogéma) a principalement contaminé la France et le Niger. Pour ce dernier, le saccage continue sur fond de « pratiques relevant de la corruption » : cette accusation vaut à l’Observatoire du nucléaire d’être trainé en justice par les dirigeants d’Areva dont les mains sont aussi « propres » que leurs installations atomiques.
D’ailleurs, Areva a décidé de célébrer la contamination de la France par ses mines d’uranium, dont la dernière a fermé en 2001 mais dont les conséquences persistent comme démontré par le documentaire « La France contaminée ».
C’est ainsi qu’est fixée au 6 juillet l’inauguration d’ « Urêka », un stupéfiant « Musée de la mine » situé à Bessines-sur-Gartempe (près de Limoges) où sont d’ailleurs stockés 180 000 tonnes de déchets "faiblement" radioactifs. Des citoyens ont décidé de manifester contre cette indécente cérémonie et son musée dont l’installation a d’ailleurs fait l’objet de fortes subventions publiques...

Le flop de la voiture nucléaire

Pour mémoire, la voiture « verte » n’existe pas car un véhicule (thermique ou électrique) est trois fois polluant, du fait de :

  1. l’énergie et les matières nécessaires à la construction
  2. les éléments utilisés par le véhicule, comme les pneus et les batteries
  3. l’énergie utilisée pour avancer, qu’il s’agisse d’essence ou d’électricité

Nous pouvons donc dire que l’article de LaTribune.fr est mauvais, le journaliste allant même jusqu’à asséner « Pollution nulle, pas de rejets de CO2 c’est l’objectif absolu atteint par le véhicule électrique. » Affligeant. Pourtant, l’auteur est au courant de certains problèmes : « L’électricité, il faut la produire. Et dans des pays comme la Chine ou même l’Allemagne, où l’électricité est fabriquée souvent à partir de charbon ». Pour lui, l’électricité nucléaire est propre : il n’a pas entendu parler des catastrophes (Fukushima connait pas), des déchets radioactifs, des mines d’uranium, etc.
Ceci dit, malgré d’innombrables articles et reportages ridicules faisant la promotion de l’atome par la voiture électrique, cette dernière patine sérieusement et n’a aucune perspective développement significatif, malgré le gaspillage de lourdes sommes d’argent public en subventions à l’achat (bonus prétendu « écologique » ) et à l’installation de milliers de bornes de recharge.
A ce sujet, une fois de plus, le lobby électrique français s’est signalé par son arrogance et son incompétence : son modèle de prises de recharge pour voitures électriques est finalement marginalisé, il va falloir remplacer toutes celles qui ont déjà été installées !

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