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Publié le 1er avril 2015

Revue de presse Février-Mars 2015

Observatoire du nucléaire contre Areva : la Cour d’appel de Paris confirme l’accusation de corruption

Comme promis, voici enfin le jugement de la Cour d’appel de Paris, ainsi que notre analyse. Les termes du jugement sont particulièrement intéressants en ce qu’ils valident l’accusation de "corruption morale" concernant des versements qui peuvent être légaux... mais dont l’objectif est exactement le même que celui des versements occultes, à savoir influer sur les décisions du bénéficiaire :

Extrait : "L’examen des propos tenus permet de constater que l’auteur parle de corruption avec les réserves "probablement juridiquement, assurément moralement", réserves qui permettent au lecteur de comprendre que c’est l’appréciation que l’auteur donne de ce don qui lui permet de le qualifier de corruption au sens moral."

Et pan sur les doigts des juges de première instance, la fameuse 17ème chambre du tribunal de Paris, dite abusivement « Chambre des libertés », mais qui avait cru bon de donner raison à Areva. Non mais !

Le triomphe de l’Observatoire du nucléaire

Rien à rajouter, mais tout à lire, relire, déguster, diffuser, rediffuser, etc.

Niger : Areva continue hélas à semer la désolation...

1. Areva règne

Une fois passée l’ivresse de la victoire, retour sur terre (contaminée) : Areva continue d’exploiter le Niger et les Nigériens pour alimenter à peu de frais les réacteurs nucléaires d’EDF. Quant à la fameuse mine d’Imouraren, qui devait devenir « la plus grande mine d’uranium du monde », c’est la débandade : ouverture annulée (probablement définitivement), et Areva licencie.
Ce n’est en rien une surprise pour l’Observatoire du nucléaire qui a régulièrement prédit qu’Areva baladait les Nigériens et n’avait en réalité jamais eu l’intention d’ouvrir cette mine. Voir par exemple en mai 2013 et mars 2014. Pfff, c’est fatiguant d’avoir toujours raison à l’avance...

Areva perd de l’argent en vendant des EPR (heureusement c’est rare)

Débat Lhomme / Lauvergeon, 16 novembre 2004
Débat Lhomme / Lauvergeon, 16 novembre 2004

Pendant fort longtemps, beaucoup de gens ont cru que la France nucléaire était triomphante et vendait à l’étranger d’innombrables réacteurs. Le plus menteur de la bande, le dénommé Nicolas Sarkozy, a ainsi « vendu » des dizaines de centrales au fil de ses périples à l’étranger. Il s’agissait en réalité de simples accords de coopération, sans valeur, mais évoquant l’hypothèse de la vente de plusieurs EPR au pays hôte. Mais le pire dans cette affaire est que les rares réacteurs vendus n’ont rien rapporté à la France et lui coûtent même des milliards !

C’est bien sûr le cas du fameux EPR finlandais dont tout le monde sait désormais que la construction est un désastre : le chantier est loin d’être achevé alors que le réacteur devait entrer en service... en 2009 ! Et le coût est de plus de 10 milliards, au lieu des 3 milliards de la vente. De nombreux articles reconnaissent aujourd’hui ces pertes financières, mais c’est dès 2004, avant même le début du chantier, qu’elles ont été prédites (en direct sur France 3) par votre observateur préféré. En face, Mme Lauvergeon avait ricané, certaine d’aller au succès.

En 2007, deux îlots nucléaires d’EPR ont été vendus à la Chine au tout début du quinquennat de Sarkozy, qui n’y était donc pour rien... ce qui ne l’a pas empêché de s’attribuer ce prétendu « succès ». Tant et si bien que, dans une dépêche Reuters du 24 novembre 2007, votre serviteur accusait Sarkozy « de subterfuge sur l’EPR » et révélait que les deux réacteurs avaient en réalité été vendus à pertes : « C’est à moitié prix que ces deux réacteurs sont proposés aux Chinois : 3,6 milliards d’euros les deux ». 8 ans plus tard, après avoir encensé les « succès de la France nucléaire », les Échos manient l’euphémisme en reconnaissant que cette vente a « dégagé une marge nette négative ». Traduction : encore une perte financière ! Reste à savoir de combien.

Dame Lauvergeon n’a pourtant jamais eu peur du ridicule puisque, il n’y a encore pas si longtemps, elle prétendait vendre... 60 réacteurs (45 EPR et 15 Atmea) d’ici 2020. Quelle blagueuse !

Faillite d’Areva : des coupables qui se dédouanent un peu vite...

Lauvergeon : les médias français l'ont tant encensée...
Lauvergeon : les médias français l’ont tant encensée...

Flops de l’EPR, affaire de corruption Uramin, investissements insensés et inutiles, perte de 5 milliards en un an : tout le monde découvre qu’Areva est en faillite. Tout le monde... sauf les lecteurs fidèles de l’Observatoire du nucléaire qui leur a annoncé régulièrement l’imminence de ce crash.

Mieux vaut tard que jamais, de nombreux médias vilipendent désormais Areva, Madame Lauvergeon, et les politiques qui ont laissé faire cette dernière. Fort bien, mais ils oublient consciencieusement de rappeler... leur propre responsabilité ! C’est d’autant plus dommage qu’elle est écrasante : pendant des années, ils ont pour la plupart encensé ce qu’ils brûlent aujourd’hui ! Nous vous proposons donc un petit florilège des articles les plus serviles (http://bit.ly/1HLJSGc)...

...mais qui voudraient bien que ça recommence !

Loin de reconnaître leur co-responsabilité dans le crash d’Areva, certains éditorialistes exigent au contraire le renflouement de la multinationale atomique par l’argent public, afin de repartir pour un tour. L’un deux suggère même de se désintéresser de ce qui s’est passé durant le règne de Mme Lauvergeon, et de ne se préoccuper que de renflouer Areva. Encore un sacré blagueur...
A noter par contre l’édito lucide et courageux de Jean-Marcel Bouguereau dans la République, qui ose clairement appeler à tourner au plus vite la page du nucléaire.

Belgique : suite de l’affaire des réacteurs fissurés

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La Belgique est toujours confrontée à l’affaire des réacteurs aux cuves fissurées, largement évoquée depuis 2012 dans nos colonnes. Les révélations se multiplient et l’on apprend que les fissures sont encore plus nombreuses et profondes que ce que voulait bien avouer l’exploitant Electrabel. Pourtant, ce dernier et certains politiques tentent continuellement de minimiser le danger, avec l’idée de remettre en service ces réacteurs en dépit de l’aggravation du risque. En avant pour le Fukushima belge ?

Fukushima : chronique ordinaire d’un désastre sans fin

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La catastrophe de Fukushima a commencé le 11 mars 2011 et, depuis, ne fait que s’aggraver. La centrale elle-même est toujours en situation précaire, les fuites dans l’environnement sont multiples, les efforts de décontamination sont vains, la population placée dans une situation inextricable.

Pourtant, le lobby de l’atome et le pouvoir politique veulent toujours remettre en service certains réacteurs. Quatre d’entre eux ont obtenu des feux verts et pourraient ainsi être relancés au cours de l’année 2015. Mais actuellement, et depuis octobre 2013, le Japon vit avec 0% de nucléaire.

Après l’affaire des SDF et des handicapés mentaux recrutés par la mafia pour les envoyer travailler à Fukushima, ce sont parfois des adolescents qui subissent le même sort. Pour faire bonne mesure, plus du tiers des fonds publics alloués à la décontamination de la centrale de Fukushima a été dépensé en vain, par exemple pour des machines de décontamination de l’eau fournies par Areva... et qui n’ont quasiment jamais fonctionné ! Encore un exploit de l’atome hexagonal...

A noter aussi la mobilisation de Stop nucléaire 56 Trawalc’h (http://www.stop-nucleaire56.org) qui commémore la victoire citoyenne de 1975 contre un projet de centrale nucléaire à Erdeven, en zone littorale, ce qui évoque le drame survenu plus tard à Fukushima.

Quasi-esclavage sur le chantier EPR de Flamanville

Des morts et des esclaves sur le chantier de l'EPR
Des morts et des esclaves sur le chantier de l’EPR

Les gens du nucléaire tentent de se faire passer pour des humanistes préoccupés par l’environnement et le bien être des populations. En réalité, ils massacrent la planète et, dès qu’ils le peuvent, réduisent les humains en esclavage.
C’est un esclavage moral avec la mainmise des centrales ou autres installations atomiques sur leur région d’implantation. Mais on peut pratiquement parler de véritable esclavage sur le chantier du réacteur EPR de Flamanville (Manche), où des travailleurs étrangers sont exploités dans des conditions effroyables, non couverts en cas d’accident, rackettés d’une partie de leur maigre salaire ponctionné pour payer leur logement (pourtant plus que précaire).
Mais voilà : EDF et son allié Bouygues prétendent n’y être pour rien, « trompés » par des sous-traitants « indélicats », et bénéficient d’ailleurs de l’incroyable mansuétude des tribunaux locaux : le tribunal de Caen n’est pas un lieu très craint par le lobby atomique !
Le PDG d’EDF réclame au gouvernement de nouvelles hausses des tarifs d’électricité mais, il n’y a là aucune illusion à se faire, ce n’est pas pour mieux payer et traiter les exploités de l’atome.

Nucléaire : la Suisse attaque (enfin) la France !

Les vins du Bugey se réveillent au bout de 50 ans
Les vins du Bugey se réveillent au bout de 50 ans

On parle beaucoup de l’Allemagne lorsque l’on évoque la question de la fameuse centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) que M. Hollande a promis de fermer avant la fin de son quinquennat. Mais c’est oublier que cette centrale est aussi très proche de la Suisse. Ce pays s’inquiète d’ailleurs à juste titre du risque d’accident nucléaire en Alsace… tout en allongeant de façon insensé la durée de vie de certaines de ses propres centrales : les réacteurs Beznau 1 et 2 ont ainsi obtenu un prolongement jusqu’à 60 ans, respectivement en 2029 et 2031 !
Peut-être les Suisses craignent-ils les radiations étrangères bien plus que les leurs ? D’ailleurs, la ville de Genève souhaite pour sa part la fermeture de la centrale de Bugey (Ain), bien moins célèbre que celle de Fessenheim alors qu’elle est pratiquement aussi vieille et délabrée.
Les Suisses prennent d’ailleurs un malin plaisir à conter les tourments des viticulteurs du Bugey qui veulent que la centrale change de nom, l’actuel nuisant à la commercialisation des vins locaux. 50 ans après la mise en chantier du réacteur 1, il était grand temps de se rendre compte du problème ! Lequel peut d’ailleurs être réglé par l’arrêt définitif de cette centrales antédiluvienne...

Les pays nucléaires cherchent à enfouir leurs déchets radioactifs

Jürg Rasi contre le projet d'enfouissement des déchets nucléaires suisses
Jürg Rasi contre le projet d’enfouissement des déchets nucléaires suisses

Tous les pays qui ont commis l’erreur dramatique de développer une industrie nucléaire sont confrontés à la question insoluble des déchets radioactifs. Précisons bien qu’il n’existe que des options, toutes mauvaises d’ailleurs, mais aucune « solution » contrairement à ce que la propagande radioactive tente d’imposer dans l’opinion.
Pendant longtemps, des centaines de milliers de fûts ont été discrètement jetés dans les océans mais les images télévisées ont rendu ce crime indéfendable. Mais les nucléocrates sont inventifs : au lieu d’envoyer les déchets "au fond de la mer", ils veulent les mettre "au fond de la Terre" ! Et ils présentent cela comme une activité de haute technologie.
La seule certitude dans ce dossier est que des multinationales bien connues (comme Bouygues et Vinci en France) vont gagner des sommes astronomiques pour construire des sites souterrains insensés.
Aux USA, ni l’annulation du projet longtemps prévu à Yucca Mountain, ni l’accident en cours au Wipp n’ont poussé les « responsables » à abandonner le projet d’enfouir.
La Suisse annonce aussi que « 100 000 mètres cubes de déchets radioactifs devraient être enfouis jusqu’à 900 mètres de profondeur dans les entrailles de la terre composée d’argiles », mais le projet se heurte pour le moment à... un valeureux agriculteur et sa famille.
En France, le Tribunal de grande instance de Nanterre a débouté les associations qui voulaient remettre en cause le projet Cigéo d’enfouissement à Bure (Meuse), par une pirouette juridique digne d’une République bananière : d’après les juges, seul l’État serait habilité à contester les avis de l’Agence pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). Encore une bonne blague radioactive...

Démantèlement nucléaire, une affaire insoluble

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Autre question insoluble, celle du démantèlement d’un réacteur arrêté. Non seulement l’affaire prend des décennies, et coûte des sommes inouïes, mais elle est excessivement dangereuse pour les travailleurs, les riverains et l’environnement. Qui plus est, un réacteur démantelé se présente sous la forme de grandes quantités de déchets radioactifs divers... pour lesquels n’existe aucune solution.
On notera enfin qu’à peine une centaine de pronucléaires se sont rassemblés pour s’opposer à l’arrêt de la centrale de Fessenheim. On peut déjà rire des atomistes qui ont tant raillé les manifestations antinucléaires "négligeables", alors qu’elles rassemblent jusqu’à 70 000 personnes ! On peut aussi en déduire (fort naïvement !) que beaucoup de pronucléaires sont volontaires pour s’atteler au démantèlement de leur chère centrale...

Divers

Pr Aurengo : très pronucléaire et très incompétent !
Pr Aurengo : très pronucléaire et très incompétent !

Pour finir, une intéressante revue par notre ami Olivier Cabanel des efforts de divers pays pour développer les énergies renouvelables.
D’autre part, on rira bien en découvrant que l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris a été épinglé par l’ASN pour ses fautes nombreuses en matière de radioprotection. En effet, le service concerné est dirigé par le regrettable Pr Aurengo, pronucléaire forcené et grand menteur, caution « médicale » de l’industrie atomique jusqu’à siéger au CA d’EDF ! Hélas, le ridicule ne tue pas, contrairement aux radiations...

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