Observatoire du nucléaire

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Publié le 1er octobre 2014

Revue de presse - septembre 2014

L’Observatoire du nucléaire attaqué par Areva : procès en appel le 19 novembre à 13h30 à Paris

Vous trouverez le résumé de cette édifiante affaire ci-dessous et plus encore sur notre site web. Ce qui est certain, c’est que le géant Areva va tenter de faire disparaître le minuscule Observatoire du nucléaire qui, de toute évidence, représente un grand danger pour la multinationale de la contamination, du mensonge et de la corruption.

Les citoyens de région parisienne sont invités à un rassemblement de soutien à 13h devant le Tribunal, 4 boulevard du Palais, métro Cité. Le procès aura ensuite lieu à 13h30, l’entrée de la Cour d’appel étant au 34 quai des Orfèvres (évitez le 36, vous y seriez en grand danger !). En espérant qu’Areva n’aura pas disparu entre temps (cf plus loin), ce serait tellement dommage !

Niger : et un avion pour le Président Issoufou (employé d’Areva) !

- “Bon, vous l'avez finalement votre avion, mon ami !”
- “Et vous, vous pouvez continuer à piller notre uranium !”
- “Bon, vous l’avez finalement votre avion, mon ami !” - “Et vous, vous pouvez continuer à piller notre uranium !”

Votre cher Observateur du nucléaire sera le 19 novembre prochain à la Cour d’appel de Paris, traîné en justice par la multinationale radioactive Areva. Pour mémoire, nous avons dénoncé un curieux « don » d’Areva, ajouté à la dernière seconde au budget nationale du Niger, et directement pré-affecté à l’achat d’un nouvel avion pour le Président Issoufou... un ancien cadre d’Areva !

Son versement étant assimilé à de la corruption, la multinationale a prétendu que son honneur (il lui en resterait donc encore ????) était bafoué. Cependant, face au scandale, le versement fut annulé, ce qui n’empêcha pas la condamnation en première instance de l’Observatoire par le biais d’un jugement entaché d’erreurs grossières.

Les parties se retrouveront donc en appel le 19 novembre, mais entre temps on apprend que M. Issoufou a enfin son nouvel avion. Areva aurait-elle fait transiter son versement par un autre biais ? Oups, désolé, c’est encore de la diffamation contre cette entreprise si digne et humaniste...

Areva aime la corruption et attaque les incorruptibles

Jeffrey Lee a refusé les millions d'Areva !
Jeffrey Lee a refusé les millions d’Areva !

Nous avons souvent évoqué l’affaire de corruption « Uramin » : sous le règne de Mme Lauvergeon, Areva a acheté pour la somme inouïe de 2,5 milliards des mines d’uranium... épuisées. L’argent a disparu, Mme Lauvergeon a été remerciée, elle et son successeur se sont attaqués en justice avant de retirer leurs plaintes dans un émouvant ensemble : on sait s’arranger entre gens bien élevés.

Mais la justice continue son chemin, ce qui n’empêche pas le dénommé François Hollande de recevoir la dame à l’Elysée, comme si elle n’était pas une délinquante ! Mais, après tout, Sarkozy avait bien reçu Kadhafi (et sa tente) pour leur proposer du nucléaire, alors...

Pendant ce temps, Areva continue ses activités nuisibles et indécentes, en menaçant d’attaquer en justice l’Australie. Cela nous renvoie à une affaire dont l’Observatoire du nucléaire avait été seul à parler, alors qu’elle aurait dû faire la Une des médias : un modeste Aborigène pouvait devenir l’homme le plus riche d’Australie en vendant à Areva le droit d’exploiter l’uranium sur sa terre ancestrale.

Mais le bonhomme, Jeffrey Lee, n’a pas voulu de cet argent sale et, au contraire, a fait intégrer sa terre à un parc classé par l’Unesco, anéantissant à jamais le risque qu’elle devienne une mine d’uranium. Du coup, jamais avare d’indécence, Areva veut attaquer l’Australie en justice ! On ne sait plus trop s’il faut en rire ou en pleurer...

NOTE : en ce début octobre, l’actualité met en exergue la situation catastrophique dans laquelle se trouve Areva. Comme annoncé souvent ici, l’industrie nucléaire a commencé à s’effondrer. Nous y reviendrons dans la revue de presse d’octobre...

L’EPR de Flamanville : de mal en pis !

Tout va bien sur le chantier de l'EPR...
Tout va bien sur le chantier de l’EPR...

Areva et EDF rivalisent de nullité sur les chantiers de leurs EPR respectifs, multipliant les malfaçons, les retards et les surcoûts (en milliards d’euros !). L’EPR de Finlande (Areva) devait entrer en service en 2009 (!), il n’y a aujourd’hui plus de date annoncée, à tel point qu’on se demande s’il ne va pas être carrément abandonné !

Celui de Flamanville (EDF) devait fonctionner pour sa part fin 2011. Loin lui aussi d’être achevé, il est menacé par un « détail » que nous avions révélé en décembre 2012 : le décret de création prévoit que le réacteur doit être chargé en combustible avant le 11 avril 2017.

Si cette date n’est pas respectée, il est probable que la lourde procédure administrative de création doive être entièrement recommencée, ce qui prendrait bien deux ans de plus ! C’est probablement par rapport à ce problème, mais bien sûr sans l’évoquer, qu’EDF envisage « une disponibilité réduite les deux premières années d’exploitation » !

En substance, pour être dans les clous sur le plan administratif, EDF chargera en combustible le réacteur avant la date fatidique mais le fera fonctionner de façon réduite (voire pas du tout !) pendant deux ans, le temps de finir le chantier ! Si on n’a pas droit à notre Fukushima avec ça....

Projet d’EPR britanniques : l’Autriche contre la corruption !

Le nucléaire coûte cher (à tous) mais rapporte gros (à certains)
Le nucléaire coûte cher (à tous) mais rapporte gros (à certains)

Nous avons régulièrement évoqué cette affaire depuis plusieurs années : le projet d’EDF de construire des EPR en Grande-Bretagne est tellement déficitaire que le premier ministre Cameron, bafouant les intérêts des citoyens britanniques, a décidé d’attribuer à EDF des subventions gigantesques.

La cerise sur le gâteau est une garantie d’achat de l’électricité pendant 35 ans : tous les déficits (et le projet sera forcément lourdement déficitaire puisque c’est du nucléaire !) seront comblés par les pauvres usagers britanniques !

Ce montage de dumping est si grossier et bafoue tellement les règles européennes qu’il n’avait normalement aucune chance de passer le filtre de Bruxelles. Oui mais voilà, EDF a de toute évidence des moyens de convaincre : à quelques jours de la fin de son mandat, la Commission européenne a annoncé que finalement, avec quelques infimes aménagements, le projet sera accepté.

Imaginez un présentateur météo détrempé par une pluie battante annonçant en direct que le soleil brille : c’est exactement ce que fait M. Almunia (Commissaire à la concurrence), soutenu bien sûr par l’infâme Barroso. Ces gens là détruisent les acquis sociaux au nom de la fameuse « concurrence libre et non faussée », et lorsque cette dernière peut exceptionnellement avoir un effet positif, ils la bafouent immédiatement.

La décision annoncée début octobre est donc prise par des Commissaires en toute fin de mandat, qui saisissent l’occasion d’une dernière forfaiture avant de prendre la fuite et d’échapper (momentanément ? ) au goudron et aux plumes ! Comment expliquer un tel comportement ? Nous avons déjà mis en exergue une piste, les « talents » de M Proglio, en tant que PDG d’EDF et auparavant de Véolia, pour « convaincre » : http://bit.ly/1ddMV9l . Oui, on peut assurément parler de corruption !

La majorité des médias français a bien entendu salué ce prétendu « grand succès » du nucléaire, mais nous continuons à prédire que ces réacteurs ne verront jamais le jour. D’ailleurs, au moins un pays membre du l’Union européenne, l’Autriche, a annoncé qu’il attaquera devant la Cour européenne de justice le feu vert de la Commission ! Halte à la corruption, vive l’Autriche contre les autruches !

Transition énergétique : une mascarade pronucléaire

La “Transition énergétique” va du nucléaire à la voiture électrique !
La “Transition énergétique” va du nucléaire à la voiture électrique !

Nous vous l’avions annoncé : tout comme « Grenelle de l’environnement », l’expression « Transition énergétique » n’est qu’un mirage servant à faire passer des vessies (polluantes) pour des lanternes (alimentées cependant au nucléaire, c’est à dire une énergie parfaitement « propre »). Les « écologistes » d’EELV filent le parfait amour avec Mme Royal, grande prêtresse de la voiture électrique/nucléaire.

Pourtant, tout le monde (ou presque) a désormais compris que la fermeture de la centrale de Fessenheim (Alsace) n’aurait pas lieu. Tout au plus est-il désormais question de fermer deux réacteurs dans des centrales richement dotées : on pense immédiatement à Gravelines (Nord) qui en compte 6 (record de France), qui sont d’ailleurs presque aussi vieux que ceux de Fessenheim. 5 réacteurs au lieu de 6 , ça ne change pas grand chose, mais on pourrait se dire que « c’est déjà ça ».

Or le plus probable est qu’il n’y ait aucune fermeture, ou alors seulement pendant quelques semaines fin 2016 ou début 2017, le temps que la nouvelle majorité qui arrivera aux affaires en 2017 annule tout. Quant à la fermeture de 20 à 25 réacteurs et/ou la baisse de 75% à 50% de la part du nucléaire dans l’électricité nationale d’ici 2025, seuls les naïfs y croient encore. Où sera M Hollande en 2025 ?

Nous pensons cependant que des réacteurs seront bel et bien fermés dans les années à venir. Non, ne rêvez pas, pas par courage politique ! En fait, les réacteurs français sont dans un état de dégradation avancé qui va probablement contraindre EDF à en fermer un certain nombre avant qu’ils n’explosent... ou après !

Et même si nous avons une chance inouïe et échappons à un Fukushima français, il est certain que la fin de vie du parc nucléaire va s’accompagner de terribles déconvenues. Et, pour une fois, les pronucléaires ont raison : ces fermetures vont coûter très cher et causer des ravages sociaux. Mais attention, les antinucléaires n’y sont pour rien : ce désastre a été programmé à l’avance lorsque les pronucléaires ont imposé dans les années 70/80 la construction d’un parc nucléaire gigantesque.

D’ailleurs, la rapidité incroyable de construction de ce parc, longtemps présentée comme un exploit sans précédent, est en réalité un facteur aggravant : tous ces réacteurs vont arriver ensemble en fin de vie. Cet « exploit » était en réalité l’assurance de se retrouver dans une situation inextricable 30 à 40 ans plus tard : nous y sommes !

Japon : un an sans nucléaire, effets d’annonces et manifestations

Qui peut oublier Fukushima ?
Qui peut oublier Fukushima ?

Voilà, le Japon vient de passer un an complet avec 0% de nucléaire, c’est donc que c’était possible (cette précision est pour les pronucléaires, pauvres bougres n’imaginant pas la vie sans irradiations). Si les 130 millions de Japonais peuvent vivre sans nucléaire, c’est de fait deux fois plus facile pour 65 millions de Français : on commence quand ?

Mais attention à la contre-attaque : le lobby de l’atome ne supporte par cette preuve par l’exemple et tente de réactiver certains réacteurs nippons, les deux situés à Sendaï étant pressentis pour la fin de l’année. Plus de 16 000 personnes ont manifesté à Tokyo contre la réactivation des réacteurs.

Pendant ce temps, la catastrophe suit son cours, les rejets radioactifs continuent, et les gens meurent comme le signale à juste titre la chercheuse Cécile Asanuma-Brice, battant en brèche le mythe de la catastrophe nucléaire faisant... zéro mort : une obscénité que les pronucléaires (qui ne doutent de rien) tentent de répandre dans l’opinion. On notera aussi avec intérêt comment un magazine comme « Science et vie » prépare l’opinion publique française au probable Fukushima français...

Par ailleurs, deux communes japonaises situées près de la centrale en perdition viennent de tirer le « gros lot » : des (dizaines de ?) milliers de « bigs-bags » pleins de détritus radioactifs, entassés pour le moment un peu n’importe où, vont être regroupés dans ces deux communes. L’article précise que « La principale crainte des élus locaux et de la population est de voir ces installations s’inscrire dans le paysage de manière définitive. ». C’est pourtant le contraire qui serait étonnant...

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