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Publié le 1er septembre 2014

Revue de presse - Été 2014

Le destin tragique (mais bien mérité) de l’industrie nucléaire

Nous l’avons régulièrement montré, et à nouveau cet été dans Économie matin : l’industrie nucléaire s’effondre. Certes, elle va prendre encore quelques décennies pour s’arrêter définitivement (en laissant néanmoins contaminations, déchets, centrales à démanteler, factures gigantesques...), mais son sort est scellé. D’ailleurs, l’autorité de sûreté des USA commence déjà à « dégraisser », en réorientant ses experts vers des industries plus prospères. La situation mondiale de cette industrie déclinante est d’ailleurs très bien exposée par l’excellent rapport annuel World Nuclear Industry Status Report, relayé par le magazine de référence The ecologist.

Voiture nucléaire : le gouvernement gaspille nos milliards !

L’industrie nucléaire mondiale est en déconfiture totale (voir ci-dessus), et l’atome français est lui-même condamné. Alors ses promoteurs jouent leur dernière carte : la voiture électrique, à recharger bien sûr par des centrales nucléaires (les vieilles rafistolées ou de nouvelles... à construire).
Mais voilà, quasiment personne ne veut de ces voitures (à peine 0,5% des ventes, principalement par le biais de sociétés d’Etat comme La Poste), alors elles vont être imposées par la force : des milliers de bornes de rechargement vont être installées dans le pays. Des dizaines de milliers. Des centaines de milliers ! Et même des millions, sept exactement !
L’excellent site Reporterre a fait le calcul, cela signifie une dépense d’au moins 40 milliards d’euros ! Et c’est l’argent public qui doit bien sûr payer cette somme inouïe, juste pour que des constructeurs privés puissent vendre leurs voitures et que l’industrie nucléaire soit « obligée » d’en recharger les batteries.
L’Observatoire du nucléaire publiera sous peu des documents qui montrent comment les collectivités territoriales sont littéralement sommées de financer ces bornes : un véritable racket !

Voiture nucléaire : l’Observatoire du nucléaire au combat !

  • Les voitures électriques de Bolloré et la Zoé de Renault pas écologiques - AFP, 26 juin 2014
  • Bordeaux : plainte au pénal pour publicité mensongère contre une voiture électrique Bolloré - AFP, 1er juillet 2014

Poursuivant sa croisade salutaire contre la voiture atomique, l’Observatoire du nucléaire a obtenu une nouvelle victoire contre la pieuvre Bolloré : après avoir fait constater le caractère mensonger du système Bluecub (voitures électriques installées en masse à Bordeaux), abusivement présenté comme « écologique » (rappel : Jury de déontologie publicitaire, décision contre Bluecub ), l’Observatoire en a fait de même contre le même système à Lyon (Bluely) et Paris (Bluecub).
On notera au passage que la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT) a pour sa part fait épingler la Renault Zoé, déjà sanctionnée auparavant grâce à l’Observatoire (rappel : Jury de déontologie publicitaire, décision contre Zoe).
Mais, constatant que Bolloré joue au malin en maintenant ses publicités mensongères, l’Observatoire a carrément déposé une plainte en justice pénale. Miraculeusement, le caractère « écologique » de la voiture nucléaire a disparu, remplacé par la mention « L’autopartage » (cf. site bluecub.eu ). A suivre...

Pillage de l’uranium du Niger par Areva

Après des mois de négociations, Areva (le bras armé de la France nucléaire) et l’état du Niger sont enfin arrivés à un accord. Verdict : Areva pourra continuer à piller l’uranium du Niger en le payant à un tarif dérisoire et en continuant impunément à contaminer le pays et à assécher la nappe phréatique fossile (elle ne se recharge pas).
Des divergences d’appréciations apparaissent au Niger : Hama Amadou, président de l’Assemblée nationale, estime à raison que le Niger est une fois de plus lésé. Le Président de la République, l’ancien cadre d’Areva Mahamadou Issoufou, trouve pour sa part que l’accord est génial.
Oui, ce même Président qui devait recevoir un avion tout neuf payé grâce à un étrange « don d’Areva », affaire sulfureuse dénoncée par l’Observatoire du nucléaire, lequel est depuis poursuivi en justice par la direction d’Areva qui, malgré les affaires puantes dans lesquelles elle est impliquée (cf par exemple Uramin : Bakchich.info), estime qu’il lui reste encore assez d’honneur pour pouvoir être diffamée.
Du coup, après un premier procès dont le verdict relève clairement de la farce grossière (cf Un jugement entaché de plusieurs fautes grossières), les protagonistes se retrouveront le 19 novembre 2014 à 14h la Cour d’appel de Paris, au 34 quai des Orfèvres (attention à ne pas entrer au 36, c’est un endroit mal famé : viols, trafic de drogue, etc). Un rassemblement de soutien aura lieu dès 13h devant le tribunal (4 bd du Palais, métro Cité).

Fukushima : toujours pire... en attendant pire que pire

Les médias n’en parlent généralement qu’une fois par an, autour de la date anniversaire de son commencement (11 mars 2011), mais la catastrophe nucléaire de Fukushima a hélas lieu tous les jours et ses conséquences s’aggravent continuellement.
Le premier ministre ultra-nationaliste (les pronucléaires sont toujours très « charmants ») Shinzo Abe veut absolument le redémarrage de tout ou partie des 48 réacteurs nucléaires toujours à l’arrêt au Japon (qui termine une première année avec 0% de nucléaire, prouvant indubitablement... que c’est possible !).
La population s’oppose d’autant plus au redémarrage des réacteurs que des informations toujours plus stupéfiantes sont dévoilées : la grande majorité des réacteurs nucléaires nippons (une bonne trentaine sur 48) sont directement menacés en cas de séisme. Pour mémoire, dès 2007, votre Observateur préféré lançait précisément la même alerte (rappel : Une vidéo édifiante : la catastrophe nucléaire au Japon annoncée à l’avance).

Mensonges de l’industrie nucléaire et des autorités de « sûreté »

Chacun sait que les industriels du nucléaire mentent, mentent, et mentent encore. Et quand ils ne mentent pas, ils se trompent. Mais trop de gens croient encore que les « responsables » des Autorités de sûreté sont plus fiables.
Nous avons déjà pointé la responsabilité écrasante d’un dirigeant de l’Autorité de sûreté française qui, après le séisme géant de juillet 2007 au Japon, a dirigé une mission de l’Agence internationale de l’énergie aboutissant à la conclusion que les centrales japonaises pouvaient continuer à fonctionner en toute sécurité (cf L’AIEA, l’Europe et le risque nucléaire : ne jamais dire Jamet).
Autre exemple qui vient d’être révélé : l’autorité de sûreté des USA (la NRC) a tenté d’enterrer le rapport d’un de ses inspecteurs, Michael Peck, qui pointe la grande vulnérabilité face aux séismes de la diabolique centrale nucléaire de Diablo Canyon (deux réacteurs, en service depuis 30 ans), située à mi-chemin entre Los Angeles et San Francisco.
Or chacun connaît la gravité du risque sismique en Californie, sans parler d’une faille découverte récemment et qui passe à moins de 600 mètres de la centrale en question : c’est d’ailleurs ce dernier point que les « responsables » tentent en particulier de cacher.
Maintenant que l’Associated press a mis l’affaire sur la place publique, on peut espérer la fermeture de la centrale, à la suite de celle de San Onofre définitivement arrêtée l’an dernier suite à de graves défaillances : la Californie pourrait donc sous peu être libérée de l’occupant atomique !
Bien sûr, l’électricité va manquer dans cet état, mai c’est le destin inévitable qui attend tous les pays qui ont commis la grave erreur de construire des réacteurs nucléaires : tôt ou tard, ça déraille ! Voir d’ailleurs le point suivant...

Belgique et Grande-Bretagne : les réacteurs nucléaires partent en lambeaux

Comme la Californie, la Belgique et la Grande-Bretagne paient cher l’idée saugrenue d’avoir construit des réacteurs nucléaires. Nous avons régulièrement traité de la fameuse affaire belge des cuves fissurées des réacteurs Doel 3 et Tihange 2, probablement arrêtés définitivement.
A cela s’ajoute la défaillance de celui de Doel 4, parait-il suite à un sabotage (ce qui serait une circonstance aggravante pour l’industrie atomique, plus vulnérable que jamais). Du coup, l’arrêt pour maintenance de Tihange 1 va être scindé en deux afin que le réacteur puisse produire au cour de l’hiver, mais « en toute sécurité », parole d’atomiste ! Mais, même avec cette inquiétante combine, la pénurie hivernale menace.
Outre-Manche, c’est notre chère EDF, propriétaire de la quasi totalité du parc nucléaire britannique (acheté au prix fort, avec notre argent, juste avant la crise mondiale de 2008 et l’effondrement des cours !), qui a dû stopper en urgence 4 réacteurs affectés par un grave défaut.
Bien sûr, plus obtus que jamais, les atomistes s’écrient « Vous voyez, c’est bien embêtant lorsque les réacteurs nucléaires ne fonctionnent plus ». Le problème est qu’il va falloir s’y habituer, tant le parc nucléaire mondial est déglingué. Sans parler d’un ou plusieurs Fukushimas européens...

Fessenheim : à ne plus y retrouver ses électrons !

François Hollande a promis de fermer la centrale nucléaire de Fessenheim (Alsace), c’est donc... la certitude quelle continuera à fonctionner. Pourtant, sur place, une agréable voix dissidente se fait entendre : celle de la CGT Équipement de l’Alsace, qui explique les excellentes raisons de fermer enfin cette centrale.
Voilà qui ne plaît guère aux corrompus de la CGT-énergie, gavés par l’argent radioactif qui coule à flot dans « leur » comité d’entreprise dont ils ont tant détourné les fonds avec la complicité de la direction d’EDF et des divers gouvernements - emplois fictifs et autres « dons » au profit de la CGT et du PCF - qu’il a été impossible d’éviter un procès.
Ce procès a d’ailleurs été organisé en pleine coupe du monde de foot afin de passer inaperçu, sans parler d’une instruction bâclée (qui a quand même pris 10 ans !) afin de faire disparaître la plupart des malversations.
On notera tout de même que 9 mois de prison (avec sursis) sont requis à l’encontre d’une dame, Brigitte Gonthier-Maurin, qui a longtemps bénéficié d’un emploi fictif avant de devenir carrément sénatrice : la République atomique sait récompenser ses collaborateurs. Nous reviendrons sous peu en détail sur ce procès qui illustre si bien ce qu’est le lobby nucléaire, en particulier sa stupéfiante branche française.

Areva coupable d’un accident nucléaire en Hongrie

En lisant une dépêche AFP relatant le transfert en Russie de combustible nucléaire hongrois endommagé, il est immédiatement revenu à l’esprit de votre observateur préféré qu’il s’agissait là des conséquences d’un des « exploits » du nucléaire français, en l’occurrence Framatome (aujourd’hui Areva). Cette information édifiante ne figurant pas dans la dépêche, nous avons alors titillé l’AFP par tweets (tweet n°1 et twet n°2) en lui suggérant de se reporter à une page de notre site web ou bien... à des dépêches AFP des 12 mai et 25 juin 2003. Non mais !

Salon Nuklea et WNE : le lobby nucléaire fait mine d’y croire encore...

Le nucléaire s’effondre, mais il tient bravement salon et même salons. Avant le WNE des 14, 15 et 16 octobre, connu aussi sous le nom de « Bourget du nucléaire », on note la présence les 1er et 2 octobre de NUKLEA lequel en contient un autre, nommé salon ULTRAPROPRE, « le salon de la maîtrise de la contamination ». Le ridicule ne tue pas, dommage !

L’athlétisme français irradié par Areva

Même si vous n’avez pas regardé les Championnats d’Europe d’athlétisme, vous avez probablement entendu parler de ce coureur français qui, assuré de la victoire à 100 mètres de l’arrivée, a ôté son maillot pour franchir la ligne en le brandissant comme un étendard. Mal lui en a pris, il a été déclassé après coup, le règlement interdisant d’être torse-nu en course.
Eh bien nous sommes en mesure de révéler les vrais dessous de cette affaire : non, il ne s’agissait pas de l’expression d’une joie exubérante, en réalité le coureur ne voulait simplement pas passer la ligne d’arrivée en portant l’infamant logo d’Areva. La multinationale atomique est en effet le parrain (c’est bien le mot) de la Fédération française d’Athlétisme, dont les dirigeants se sont laissés corrompre (moralement) par l’argent radioactif.
Nous pouvons aussi révéler que Mahiedine Mekhissi-Benabbad, le héros malheureux, avait lu peu de temps auparavant (le 1er avril précisément) le roman Uranium olympique, dans lequel les athlètes français se révoltaient (plus ou moins volontairement) contre leur sponsor atomique. La fiction a donc influé sur la réalité à tel point que les deux se sont rejointes : médaille d’or pour Uranium olympique !

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