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Publié le 24 janvier 2013

L’armée française pour protéger les mines d’uranium d’Areva au Niger : colonialisme nucléaire et dépendance énergétique…

Selon divers médias, le gouvernement français a décidé l’envoi très prochain des forces spéciales de l’armée "pour assurer la sécurité des principaux sites d’exploitation d’uranium de l’entreprise française Areva au Niger".

Il s’agit là d’une décision injustifiable qui démontre, s’il en était encore besoin, que la "Françafrique" a encore de beaux jours devant elle et que les ressources naturelles du Niger appartiennent dans les faits à la France, aujourd’hui comme du temps de la colonisation.

L’envoi des forces spéciales pour sécuriser l’approvisionnement en uranium des centrales nucléaires françaises achève de démontrer que, contrairement à une idée fausse insidieusement entretenue, l’atome n’apporte aucune indépendance énergétique : 100% de l’uranium "français" est importé, et l’armée est envoyée pour protéger son extraction.

Les formes vont assurément être soignées : de même que l’armée française a été envoyée au Mali "à la demande du Président de ce pays ami", il est clair que le concours des forces spéciales françaises va être sollicité par le Président du Niger, M. Issoufou, qui n’est autre… qu’un ancien cadre d’Areva  !

Mais ces manœuvres cousues de fil blanc ne masquent pas l’aspect parfaitement colonialiste des interventions militaires de la France en Afrique, et la volonté de Paris de continuer à s’approprier à bas prix l’uranium du Niger, spoliant ainsi depuis 40 ans le peuple de ce pays.

Rappelons que l’Observatoire du nucléaire est assigné en justice le 1er février au TGI de Paris pour avoir accusé Areva de pratiquer la corruption auprès des dirigeants du Niger (Cf. communiqué du 12 décembre 2012). Areva parle de "diffamation" mais les accusations portées apparaissent parfaitement justifiées.

Par ailleurs, l’armée n’a théoriquement pas pour mission de protéger des intérêts industriels privés. Areva est certes détenue par l’Etat français, mais c’est une société anonyme qui a adopté de longue date les méthodes des multinationales.

Il semble que les autorités françaises s’apprêtent à expliquer que le coût de la sécurisation des mines d’uranium par l’armée française sera facturé à Areva : il parait évident que ce ne sera le cas que très partiellement. D’ailleurs, l’intervention militaire française au Mali vise elle aussi à sécuriser l’approvisionnement de la France en uranium du Niger, or le coût de cette intervention n’est pas facturé à Areva…

L’envoi des forces spéciales françaises confirme que l’industrie nucléaire ne nuit pas seulement à l’environnement et aux êtres vivants, mais aussi à la démocratie.

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