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Publié le 23 juillet 2015

Loi de transition énergétique : réduction totalement fictive de la part du nucléaire

La fin du prétendu "tout nucléaire" est un subterfuge - Un Fukushima français est plus probable que jamais

Avec l’adoption définitive de la loi "de transition énergétique" le 22 juillet 2015, le gouvernement veut faire croire à une remise en cause partielle de l’énergie nucléaire et à la fin du prétendu "tout nucléaire "

Prétendu "tout nucléaire" car, bien que posant de très graves problèmes (dangers, centrales à démanteler, déchets radioactifs ingérables, factures incommensurables, etc.) l’industrie atomique n’a jamais couvert plus de 17% de la consommation française d’énergie (nous parlons bien ici de l’énergie et non de la seule électricité, laquelle ne représente que 20% environ de la consommation d’énergie).

Il est donc impossible de sortir d’un "tout nucléaire"… qui n’existe pas. Ce subterfuge vise à faire oublier que c’est le nucléaire tout court qui est inacceptable, et pas seulement un prétendu "tout nucléaire". Il est d’ailleurs déplorable que des élus dits "écologistes" accréditent ce tour de passe-passe dans le but évident de sécuriser les sièges de parlementaires qui leur sont accordés par le très pronucléaire PS, et pour certains dans l’espoir de devenir ministres en bafouant les mandats qu’ils sont censés défendre.

L’Observatoire du nucléaire dénonce aussi le fait que les deux mesures les plus médiatisées de la loi, à savoir la diminution de la part du nucléaire dans la production d’électricité et la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, relèvent elles aussi de la supercherie.

En effet, quel crédit accorder à la promesse d’une diminution d’ici 2025 de 75% à 50% de la part du nucléaire dans la production française d’électricité… sachant que le mandat de M Hollande s’arrête en 2017 ? En effet, cette mesure sera très probablement annulée par le prochain Président… y compris si c’est M Hollande lui-même : il est facile pour un politicien professionnel de s’appuyer sur "un contexte qui a changé" pour justifier l’enterrement ses propres engagements….

Cette réduction est d’autant plus improbable que la loi votée n’impose pas de diminution de la production nucléaire mais un simple plafonnement (à 63,2 gigawatts) : ce système absurde permet à EDF de mettre en service de nouveaux réacteurs en échange de toute éventuelle fermeture et, réciproquement, de ne fermer des réacteurs que lorsque de nouveaux sont prêts à les remplacer ! Un enfant de 5 ans comprend que ce n’est pas ainsi que l’on peut faire baisser la part du nucléaire…

Enfin, la seule fermeture de centrale - celle de Fessenheim (Haut-Rhin) - annoncée par M Hollande pour son mandat 2012-2017 est d’ores et déjà compromise puisque le réacteur EPR en chantier à Flamanville connaît de telles déconvenues qu’il ne sera pas mis en service en 2017 et pourrait même être abandonné du fait des graves faiblesses de sa cuve. EDF n’aura donc qu’à montrer que le plafond légal de 63,2 gigawatts n’est pas dépassé pour maintenir en service Fessenheim et les autres centrales bien qu’elles soient déjà quasiment toutes obsolètes et délabrées.

Alors que la part du nucléaire dans l’électricité mondiale s’est effondrée de 17% en 2001 à 10% à ce jour, la France continue de s’enfoncer dans l’impasse nucléaire illustrée par la faillite avérée d’Areva et celle à venir d’EDF, plombée par son parc nucléaire périmé. Si une gigantesque catastrophe financière est désormais certaine, c’est aussi un Fukushima français qui est plus probable que jamais à moyenne ou brève échéance. L’alerte est lancée, personne ne pourra faire mine de tomber des nues…

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