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Publié le 8 septembre 2015

Fessenheim : M. Hollande bafoue sa promesse présidentielle

Attention : les deux réacteurs de Fessenheim doivent s’arrêter au plus tard à 40 ans, le 7 mars 2017 et le 27 juin 2017

En conditionnant la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim à la mise en service préalable de l’EPR de Flamanville, le Président de la République et le gouvernement avaient ouvert la voie au non respect de la promesse de campagne de François Hollande, c’est-à-dire la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim pendant le quinquennat (2012-2017)

En effet, considérant les innombrables déconvenues, malfaçon et retards du chantier de l’EPR de Flamanville, il était évident que ce dernier n’entrerait pas en service en 2017. On assiste donc à une habile manoeuvre politicienne permettant à la fois de "justifier" le non respect d’une promesse… et de recycler cette promesse pour l’élection suivante : il faudrait donc à nouveau voter pour M Hollande pour obtenir enfin la fermeture de Fessenheim ???

Depuis la catastrophe de Fukushima et les lourdes déconvenues de l’industrie nucléaire française (faillite d’Areva, désastres des chantiers EPR, etc), les citoyens ne se laissent plus tromper par la propagande pronucléaire qui leur a été infligée depuis 40 ans. Il est donc improbable qu’ils se laissent abuser par la manoeuvre grossière de M Hollande.

Et ce d’autant que, contrairement à ce qui a été annoncé ces derniers jours par EDF et par Mme Royal, il est tout à fait improbable que l’EPR entre en service en 2018, non seulement parce que ce chantier connaîtra immanquablement de nouveaux retards, mais aussi parce que la cuve de ce réacteur présente de graves faiblesses : l’Observatoire du nucléaire prépare d’ailleurs les procédures judiciaires qui permettront d’interdire l’utilisation de cette cuve.

De fait, si elle est conditionnée à la mise en service de l’EPR, la fermeture de la centrale de Fessenheim n’aura probablement… jamais lieu !

Mais une donnée cruciale semble avoir échappé à l’ensemble des acteurs de cette farce radioactive : les deux réacteurs de Fessenheim arriveront à 40 ans de fonctionnement respectivement le 7 mars 2017 et le 27 juin 2017 (dates anniversaires de "première divergence") or, jusqu’à preuve du contraire, l’Autorité de sûreté nucléaire n’a accordé aucune autorisation de fonctionnement au-delà de 40 ans. (*)

L’Observatoire du nucléaire prépare donc les procédures judiciaires qui permettront d’interdire le fonctionnement des réacteurs de Fessenheim au-delà des 7 mars 2017 et 27 juin 2017, c’est-à-dire bien avant l’année 2018 évoquée par Mme Royal.

(*) Le document "POURSUITE D’EXPLOITATION DU RÉACTEUR N°2 DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE FESSENHEIM APRÈS TRENTE ANNÉES DE FONCTIONNEMENT" précise bien ceci :

"L’ASN n’a pas identifié d’éléments génériques mettant en cause la capacité d’EDF à maîtriser la sûreté des réacteurs de 900 MWe jusqu’à quarante ans après leur première divergence."

Cf : http://www.asn.fr/content/download/54237/368983/file/Poursuite-exploitation-fessenheim-2.pdf

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