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Publié le 1er septembre 2015

Revue de presse - Eté 2015

Rejets délibérés de plutonium : l’Observatoire attaque EDF !

Nucléaire la politique du mensonge
Canal +, Spécial investigation, 4 mai 2015 : http://bit.ly/1N7sotb
La justice enquête suite à la plainte de l’Observatoire du nucléaire contre EDF
Observatoire du nucléaire, 10 juillet 2015 : http://bit.ly/1hMn0zO
Enquête ouverte sur d’éventuelles rejets de plutonium dans la Loire par EDF
AFP, 11 juillet 2015 : http://bit.ly/1foVOVX
"Des rejets délibérés"
La Nouvelle République, 4 août 2015 : http://bit.ly/1Ukpd3g

Lundi 4 mai 2015, dans le cadre de la remarquable émission "Spécial investigation", CANAL + a diffusé un documentaire de Jean-Baptiste Renaud titré « Nucléaire la politique du mensonge » et qui met en lumière de nombreuses félonies des industriels de l’atome.

Mais une séquence de ce reportage a attiré plus particulièrement l’attention. Elle évoque l’accident nucléaire grave qui a eu lieu le 13 mars 1980 à la centrale nucléaire de Saint-Laurent-les-Eaux (Loir-et-Cher). Bien que quasiment occulté à l’époque par EDF, l’existence de cet accident était connue depuis assez longtemps, évoquée par exemple dans l’ouvrage "L’Insécurité nucléaire" (2006, Éd. Yves Michel, cf http://tchernobyl.en.france.free.fr).

Ce que révèle le documentaire de Jean-Baptiste Renaud, c’est que cet événement n’a pas donné seulement lieu à des rejets radioactifs accidentels, déjà dangereux et condamnables, mais aussi à des rejets opérés délibérément et secrètement par EDF, dans la Loire, et ce pendant au moins 5 ans. Qui plus est, ces rejets contenaient du plutonium, probablement le pire des poisons inventés par les humains (il n’existe pas naturellement sur Terre) : un millionième de gramme ingéré ou inhalé suffit à vous assurer un cancer en quelques années.

On reste sidéré en voyant l’interview de Marcel Boiteux, le PDG « historique » d’EDF qui a installé le nucléaire en France dans les années 70/80, et encore aujourd’hui Président d’honneur d’EDF. Bien qu’âgé de 93 ans, le bonhomme a toujours bon pied bon oil et donne régulièrement des interviews pour justifier le nucléaire... et en réclamer encore plus !

Enhardi par sa récente et éclatante victoire judiciaire contre Areva (rappel : http://bit.ly/1hVSOSQ ), l’Observatoire du nucléaire passe de la défense à l’attaque et dépose une plainte contre EDF. Bonne pioche : la procureure de Blois ouvre une enquête et mandate à cet effet les gendarmes experts de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP).

Votre Observateur préféré (qui ne se contente donc pas d’observer) a été entendu le 3 août à Blois par ces experts et leur a remis quelques documents très compromettants pour EDF. A suivre...


Cuves des EPR : le « savoir-faire » du nucléaire français

Anomalies de fabrication de la cuve de l’EPR de Flamanville
Autorité de sûreté nucléaire, 7 avril 2015 : http://bit.ly/1TULoR0
L’EPR de Flamanville, cuve par dessus tête
Canard enchaîné, 15 avril 2015 : http://bit.ly/1JjMdHE
Areva et ses cuves en acier trompé
Canard enchaîné, 8 juillet 2015 : http://bit.ly/1PnAwEG
L’Observatoire du nucléaire va déposer plainte en justice
Observatoire du nucléaire, 10 juillet 2015 : http://bit.ly/1USMHNo
Nucléaire : l’Autriche a porté plainte contre l’EPR britannique
AFP, 6 juillet 2015 : http://bit.ly/1KxRRH5

Depuis 40 ans, la majorité des médias français nous assomment avec le prétendu « savoir faire » de l’atome français, ce nucléaire « que le monde entier nous envie » et autres salades radioactives. Aujourd’hui encore, la faillite d’Areva est mise sur le dos de la seule Mme Lauvergeon (par ceux même qui l’ont encensée !) pour ne pas reconnaître la nullité des atomistes hexagonaux, malgré les désastres des chantiers EPR de Finlande (Areva) et de Flamanville (EDF).

Mais ce n’est quand même pas Mme Lauvergeon, même s’il lui arrivait parfois de se ridiculiser en arborant un casque de chantier, qui a forgé les cuves des EPR dans les usines d’Areva au Creusot ! Or, le 7 avril 2015, l’Autorité de sûreté nucléaire reconnaissait que 3 cuves d’EPR sur 4 avaient été loupées : celle de Flamanville et les deux vendues aux Chinois. Et que les amis d’Areva ne se réconfortent pas en se disant qu’une cuve, celle de l’EPR finlandais, a quand même été réussie : l’explication est qu’elle avait été sous-traitée par Areva au japonais Mitsubishi !!!!

Attention, cette affaire de cuves ne se limite pas à illustrer une nouvelle fois l’incompétence des nucléaristes, les enjeux sont bien plus sensibles : il est probable qu’Areva a caché les défaillance des cuves et les a livrées à EDF et aux Chinois en prenant le risque d’une catastrophe (hypothèse déjà fort plausible avec une cuve normale, alors imaginez avec une cuve défaillante !).

Mais il est aussi très possible que des « responsables » d’EDF et de l’Autorité de sûreté nucléaire aient couvert Areva et décidé eux aussi de jouer avec le feu (nucléaire). Enfin, nous savons que tout ce joli monde souhaite arriver à la conclusion que les cuves sont utilisables malgré leurs faiblesses.

Précision cruciale : la rupture de la cuve est une hypothèse qui n’est pas prise en compte dans les mesures de sûreté : la cuve ne "peut" pas rompre, elle ne "doit" pas rompre. Si ça se produit, il n’y a plus rien à faire à part courir vite et loin. Il est donc déjà irresponsable d’utiliser une cuve correctement fabriquée, sachant qu’une rupture est quand même possible. Mais les atomistes veulent démultiplier les risques en utilisant une cuve défaillante. Il va donc falloir les en empêcher...


Fissures des cuves : en Belgique et en Suisse aussi !

Examens supplémentaires nécessaires à la cuve du réacteur de Beznau 1
Autorité de sûreté suisse, 16 juillet 2015 : http://bit.ly/1HJiUk9
Nucléaire : Beznau épinglée car elle ne résisterait pas à "un puissant séisme"
ATS, 20 août 2015 : http://bit.ly/1EFfxaH
Rappel : Cuves de Doel 3 et Tihange 2 : encore plus de microfissures que prévu !
Le Soir, 13 février 2015 : http://bit.ly/1zDN6XF

La centrale nucléaire de Beznau (Suisse) a été mise en service en 1969 et l’on ne sait pas comment cette antiquité n’a pas encore explosé. D’autant que ses cuves sont fissurées (il est vrai que cela devient tellement banal dans le nucléaire...) et on s’aperçoit qu’elle ne résisterait pas à un puissant séisme, qui peut se produire à chaque instant.

Pas de quoi faire rire nos amis belges puisque, les lecteurs assidus de la présente revue de presse le savent depuis longtemps, les réacteurs de Doel 3 et Tihange 2 ont eux aussi des cuves fissurées et ne redémarreront probablement jamais. Du coup, l’autorité de sûreté belge a décrété que les antiques réacteurs de Doel 1 et 2, qui devaient fermer définitivement cette année, pourront finalement fonctionner 10 ans de plus ! On admirera la souplesse de la prétendue « sûreté nucléaire » !


Vivre sans nucléaire : la Suisse et la Belgique s’entraînent

Tous les réacteurs nucléaires suisses sont actuellement à l’arrêt
ATS, 17 août 2015 : http://bit.ly/1J6HH03
Microfissures, sabotage et nouvel arrêt : le parc nucléaire belge se réduit comme peau de chagrin
AFP, 13 août 2015 : http://bit.ly/1TUS5CA
Les travailleurs de Doel passeront au détecteur de mensonges
Belga, 27 juillet 2015 : http://bit.ly/1Jtlsag

Les cuves fissurées sont loin de représenter les seuls problèmes des centrales nucléaires belges et suisses : il faut compter avec le délabrement, les fuites diverses, les erreurs de maintenance, et même le sabotage à Doel ! Du coup, les salariés de cette centrale vont passer... au détecteur de mensonges. Il nous est avis que cet étrange appareil va se mettre à sonner à tout va avant même que ces pauvres gars ne soient interrogés... car c’est l’industrie nucléaire toute entière qui est basée sur le mensonge !

Du coup, suivant la preuve par l’exemple apportée par le Japon (voir ci-dessous), nos voisins expérimentent la vie sans nucléaire (Suisse) ou presque (Belgique). Nul doute que ces expériences deviendront sous peu des situations normales et définitives. En espérant que ce ne soit pas après une catastrophe atomique...


Japon : échec de la relance du nucléaire... en dessous du volcan !

Les maîtres chanteurs du nucléaire redémarrent un réacteur au Japon
Thierry Ribault, 16 août 2015 : http://bit.ly/1WGgfQ8
Japon. Un volcan menace une centrale nucléaire tout juste redémarrée
Courrier international, 17 août 2015 : http://bit.ly/1LkDj0k
Non, "le Japon" ne relance pas "le nucléaire"
Observatoire du nucléaire, 11 août 2015 : http://bit.ly/1L3OaPa
Le redémarrage du réacteur japonais de Sendai suspendu
Reuters, 21 août 2015 : http://bit.ly/1JgGS72

Les nucléocrates japonais font de leur mieux pour rivaliser d’incompétence et de ridicule avec les atomistes français : le pouvoir politique et industriel nippon ne parvient pas à remettre en service le réacteur de Sendai qui, pourtant, devait servir d’exemple et entraîner à sa suite le retour en fonction de nombreux autres réacteurs. Pourtant, tout avait été bien préparé : la nouvelle autorité de sûreté, prétendue « indépendante » et « compétente » contrairement à la précédente, a bien entendu donné son accord à la remise en service de plusieurs réacteurs.

Mais un tribunal, saisi par de courageux habitants, à interdit la remise en service de la centrale de Takahama. Qu’à cela ne tienne, c’est à Sendai que l’atome japonais devait renaître, certes à proximité de plusieurs volcans mais, c’était sûr et certain, ils ne pouvaient pas se réveiller.
Le 11 août, les procédures de mise en service ont été commencées avec un objectif de production d’électricité courant septembre. Mais il n’a fallu que 4 jours pour que tout déraille : probablement énervés de tant de mépris, les fameux volcans se sont réveillés et les experts ont estimé que « la probabilité d’une éruption à grande échelle du volcan Sakurajima est désormais très forte ».

Pas de quoi faire reculer le premier ministre ultra-nationaliste Shinzo Abe ni l’autorité de sûreté tellement « indépendante » : la remise en route du réacteur 1 de Sendai devait continuer. Mais, 5 jours plus tard, il a fallu tout stopper : vannes coincées, fuites imprévues... pas si facile d’être un nucléocrate criminel !

Il est donc avéré que, en ce mois de septembre, le Japon pourra fêter deux années complètes avec 0% d’électricité nucléaire. C’était pourtant « impossible » d’après les prétendus spécialistes... et pourtant. Mais alors, si le Japon peut arrêter rapidement et durablement ses 54 réacteurs, la France peut forcément en faire de même (elle en compte 58), non ?


Fermeture de Fessenheim : il faudrait dédommager EDF !

EDF pourra bien demander à être indemnisé pour les fermetures de réacteurs
AFP, 14 août 2015 : http://bit.ly/1LmcoEd
Fessenheim : le Conseil constitutionnel s’est penché sur la possible indemnisation d’EDF
Actu-environnement, 24 août 2015 : http://bit.ly/1I8QvRl

Selon l’avis rendu jeudi 13 août par le Conseil constitutionnel, EDF pourrait demander une indemnisation en cas de fermeture de réacteurs - à Fessenheim ou ailleurs - du fait de la loi sur la transition énergétique. En réalité, comme l’explique bien l’excellent site « Actu-environnement », la situation reste assez complexe et le Conseil constitutionnel ne l’a pas clairement tranchée.

Mais une chose est désormais certaine : depuis que EDF n’est plus un établissement public mais une société anonyme (changement opéré en 2004 sous la houlette de Sarkozy avec la collaboration active de la direction de la CGT), l’État n’a plus la main et ne peut plus décider de fermer des réacteurs sans s’exposer à de lourdes conséquences pour les finances publiques.

Une fois de plus, la duplicité des nucléocrates a frappé : ils ont d’abord utilisé la force de l’État (et ses compagnies de gendarmes mobiles !) pour imposer la construction des centrales nucléaires, puis ensuite ils ont désarmé ce même État qui ne peut plus défaire ce qu’il a lui-même fait !

Cependant, une fois de plus, l’Observatoire du nucléaire prend ses responsabilités et tente de prévoir l’avenir : il y aura bien des fermetures de réacteurs, et peut-être bien plus vite que prévu, mais elles ne seront en aucun cas le résultat d’un quelconque courage politique : c’est le délitement du parc nucléaire qui va imposer des décisions radicales.

Il reste juste à espérer que ce ne seront « que » des accidents nucléaires (et non des catastrophes comme Fukushima) qui contraindront EDF à fermer de toute urgence des réacteurs. Ce ne seront alors pas des dédommagements que l’Etat aura à verser à EDF, il devra « seulement » renflouer l’électricien national qui sera en faillite (ce qui est d’ailleurs déjà presque le cas). Dans tous les cas, vous l’avez compris, c’est l’argent public qui sera mis à contribution par dizaines - et probablement plutôt par centaines - de milliards.


Déchets radioactifs : les bandits Macron et Longuet atomisés !

Le gouvernement profite de la loi Macron pour imposer l’enfouissement des déchets radioactifs
Reporterre, 8 juillet 2015 : http://bit.ly/1M8tiVJ
L’enfouissement des déchets nucléaires discrètement adopté avec la loi Macron
FranceTV, 10 juillet 2015 : http://bit.ly/1E7SVov
Loi Macron : le Conseil constitutionnel annule l’enfouissement des déchets nucléaires
FranceBleu, 6 août 2015 : http://bit.ly/1LlKbuq

Nous le répétons souvent car c’est une vérité incontestable : les nucléocrates sont des menteurs, des cyniques, des tricheurs, de vrais tordus lâches et vicieux. Ils en ont à nouveau apporté la preuve éclatante en essayant de faire adopter le projet Cigéo - l’enfouissement des déchets les plus radioactifs à Bure (Meuse) - par une de ces manoeuvres minables dont ils ont le secret.

L’idée était de glisser Cigéo dans la loi Macron, qui n’avait pourtant rien à voir, et surtout de le faire juste avant que cette loi ne soit adoptée en force et sans débats par le biais du fameux article 49-3. Et le lobby nucléaire a désigné un de ses plus fameux serviteurs pour commettre ce crime, Gérard Longuet. En collaboration bien sûr avec l’ultra-libéral Macron, et avec la bénédiction de Mme Royal qui s’est prononcée « contre l’enfouissement »... mais sans lever le petit doigt pour s’y opposer.

Longuet, membre du groupuscule nazi Occident, s’est depuis longtemps déguisé en parlementaire « honorable », vivant grassement d’argent public depuis 40 ans (tout en dénonçant le poids « insupportable » des dépenses publiques !), et agissant aux ordres des pires industriels et prioritairement de ceux de l’atome. Gare à l’occident nucléaire !

Mais voilà : un mois plus tard, le Conseil constitutionnel annulait l’article concernant Cigéo, constatant qu’il s’agissait d’un « cavalier législatif », c’est à dire d’une disposition n’ayant rien à voir avec la loi dans laquelle elle avait été intégrée. Certes, les nucléocrates reviendront bientôt à la charge, mais on ne peut que se délecter de ce coup d’arrêt...


Enfouissement des déchets nucléaires : ZAD is the question

Plus Bure sera leur chute
Site du camp VMC : http://vmc.camp
Le centre d’enfouissement radioactif de Bure va-t-il se transformer en ZAD ?
France info, 3 août 2015 : http://bit.ly/1Ukp6Vm
Contestation de Cigeo : on entre dans le Bure !
L’Affranchi, 14 août 2015 : http://bit.ly/1UUzGCV

Du 1er au 10 août 2015 s’est tenu un Camp international de rencontres et d’actions à Bure (Meuse), site choisi par le lobby nucléaire pour y enfouir ses déchets les plus radioactifs et assurément pas mal d’autres cochonneries (projet appelé « Cigéo »). Au menu, la dénonciation de ce projet d’enfouissement criminel, bien sûr, mais aussi des discussions anti-autoritaires, anti-capitalistes, etc. On ne pouvait donc voir que d’un bon oeil un tel coup de main à cette lute de longue haleine et les préoccupations bien légitimes de ces jeunes (et même quelques moins jeunes).

Pourtant, c’est quasiment la terreur qui a étreint certains élus locaux, à tel point que les médias nationaux ont débarqué en posant tous la même question : le camp allait-il se transformer en une ZAD (Zone à défendre) permanente ? Finalement, on peut se féliciter de cet emballement irrationnel qui a au moins eu pour effet de mettre en lumière l’ineptie du projet Cigéo, les manoeuvres nauséabondes de l’Agence nationale des déchets radioactifs (ANDRA) et le fait que des gens sensés s’y opposent.

Pendant la tenue du Camp, une réjouissante action menée par de petits malins a permis de mettre en lumière les agissements d’une sorte de « shérif » local, un certain Emmanuel Hance, négociateur des acquisitions foncières de l’ANDRA. Cet individu « en n’hésitant pas à harceler les personnes âgées pour s’emparer de leurs terres, à appeler inlassablement jour après jour pour vaincre toute volonté de résistance, à brandir la menace d’expropriation pour intimider ses interlocuteurs, etc. »

De façon pédagogique, les activistes ont cherché à lui faire comprendre à quel point il était malvenu de laisser ses déchets (radioactifs ou non) chez les autres et à faire passer pour « vertes » les activités les plus polluantes. En vacances, les notables « écologistes » comme M De Rugy et Mme Pompili n’ont pas encore eu le temps de « se désolidariser » de cette action pourtant salutaire, mais de toute façon ils n’ont jamais été solidaires de quoi que ce soit (hormis de leurs lucratives carrières politiciennes).


Nucléaire ridicule : Engie concurrence Areva et EDF !

Engie confirme son projet nucléaire en Grande-Bretagne (nb : avec Toshiba...)
Reuters, 15 juillet 2015 : http://bit.ly/1egjivO
Toshiba : le scandale des bilans truqués va accélérer les restructurations
Le Monde, 22 juillet 2015 : http://bit.ly/1OwTvwL

Les nucléocrates sont incorrigibles : plus leurs affaires s’effondrent, plus ils font des annonces tonitruantes. C’est ainsi que Engie (nouveau nom de GDF-Suez) et Toshiba prétendent construire en Grande-Bretagne pas moins de trois réacteurs : « NuGen, dont le japonais Toshiba détient 60% et Engie 40%, pourrait prendre une décision finale d’investissement dans ce projet fin 2018. La mise en service du premier réacteur est prévue pour 2024 ».

Mais la vente d’électricité nucléaire est une activité tellement déficitaire qu’il y a forcément anguille sous roche : NuGen compte bénéficier des mêmes conditions stupéfiantes que celles accordées par Cameron à EDF pour faire deux EPR (qui ne verront en fait jamais le jour, voir les précédentes revues de presse). Si stupéfiantes que l’Autriche et une entreprise d’énergies renouvelables attaquent en justice européenne ce montage plus que suspect.

De toute façon, les ménages britanniques ne pourront financer pendant des décennies plusieurs projets ultra-déficitaires comme ceux d’EDF et NuGen. On peut supposer que Engie et Toshiba parient sur l’échec du projet d’EPR pour essayer de récupérer les cadeaux de Cameron, mais l’hypothèse est peu convaincante. Plus probable : en demandant à Londres les mêmes cadeaux inouïs que ceux offerts à EDF, NuGen peut contribuer à l’annulation du projet EPR. Ce serait de bonne guerre (commerciale).

Dans tous les cas, cet énième effet d’annonce de l’industrie nucléaire relève lui aussi de la plaisanterie, d’autant que Toshiba a d’autres chats à fouetter : le nouveau PDG « va devoir mener d’importantes réformes pour assainir les finances d’un groupe au cour d’un scandale de falsification des comptes à hauteur de 151,8 milliards de yens (1,12 milliard d’euros) sur sept ans. La cession d’une partie du capital de Westinghouse, dans le nucléaire, est aussi envisagée. ». Rien à rajouter !


Nucléaire ridicule (suite)

Areva engrange deux juteux contrats
Usine nouvelle, 16 juillet 2015 : http://bit.ly/1CPQTJ7
Areva continue à remporter des contrats
La Tribune, 15 juillet 2015 : http://bit.ly/1JJ5TJN
Areva décroche un gros contrat aux USA
Les Echos, 15 juillet 2015 : http://bit.ly/1NKnRhy
Rappel : Areva perd le marché de Sellafield
Challenges, 13 janvier 2015 : http://bit.ly/1Ox7S45

Aveuglément pronucléaire, les médias économiques L’Usine nouvelle, La Tribune et Les Echos tentent de se redonner le moral face à la situation de faillite d’Areva en laissant croire que cette entreprise vérolée vole de succès en victoires. En réalité, il ne s’agit là que de la gestion de l’existant : un peu de maintenance aux USA, un peu de démantèlement en Grande-Bretagne (à Sellafield).

Qui plus est, l’expérience montre que, lorsqu’Areva décroche des contrats, cela coûte au final de l’argent au lieu d’en rapporter ! Enfin, ces médias oublient consciencieusement de rappeler que, quelques mois plus tôt, Areva a été évincé sans ménagement d’un énorme chantier (démantèlement, déchets) à Sellafield même, après avoir une nouvelle fois démontré l’incompétence du nucléaire hexagonal.


L’industrie nucléaire endort la population... pour de vrai !

Kazakhstan : une mine d’uranium cause d’une mystérieuse épidémie du sommeil !
FranceTV, 21 juillet 2015 : http://bit.ly/1CVtzcs
Le mystère du « village endormi » kazakh enfin résolu ?
Le Monde, 21 juillet 2015 : http://bit.ly/1KkKFDv

Pour ponctuer cette séquence sur le « nucléaire ridicule », voici l’histoire du village kazakh « endormi » par les émanations provenant d’une ancienne mine d’uranium. Pas de quoi se moquer : en France, ce sont des dizaines de millions de gens qui sont endormis depuis 50 ans par le lobby nucléaire...

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