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Publié le 3 novembre 2015

Revue de presse - Septembre - Octobre 2015

40 EPR en France : le PDG d’EDF se ridiculise

EDF voudrait construire des dizaines d’EPR « nouveau modèle »
AFP, 23 octobre 2015 : http://bit.ly/1O58vF9
EDF : un nouveau président sous influence
Rappel Médiapart, 2 décembre 2014 : http://bit.ly/1xtfdvk

C’est assurément la blague de l’année : alors qu’EDF est incapable de construire UN seul réacteur EPR (voir ci-dessous), son PDG Jean-Bernard Lévy prétend en ériger... 40 ! Et cela sans avoir le moindre euro d’avance (bien au contraire puisque EDF est lourdement endettée).

Il est vrai que ce cher JB ne connaît rien au nucléaire, et que ce sont de sulfureux personnages qui lui donnent des "conseils", autant dire des consignes (cf http://bit.ly/1xtfdvk ). L’aventure du nucléaire est un désastre environnemental, sanitaire, financier, démocratique, mais au moins avons nous l’occasion de bien rire de temps en temps.

D’ailleurs, maintenant que M. Lévy est un grand comique, il va pouvoir faire lui-même les publicités (mensongères) d’EDF et cesser de payer grassement à cet effet, avec notre argent, le comédien Eric Judor, nul et corrompu par l’argent radioactif (cf http://bit.ly/1pexMei ).

A noter que certains médias ou journalistes qui ont encensé Areva et Lauvergeon pendant 15 ans, loin de tirer les enseignements de leur aveuglement pronucléaire, ou de leur mauvaise foi, redémarrent comme en 40 (réacteurs), relayant avec la plus grande application les effets d’annonce de M. Lévy (cf par exemple http://bit.ly/1LBUjzJ ou http://bit.ly/1RsJIbO ou http://bit.ly/1XyDr2i ) sans expliquer qu’il s’agit de bêtises...


Magouilles pour l’EPR (1) : comment repousser une date limite...

EPR : la bombe à retardement du décret d’autorisation
Rappel 2012, Observatoire du nucléaire : http://bit.ly/1kyCIQr
EPR de Flamanville : EDF obtiendra-t-il un délai supplémentaire ?
Actu-environnement, 16 octobre 2015 : http://bit.ly/1OIry6O

Les lecteurs de la présente revue de presse ont été les premiers informés de l’affaire, dès 2012 : le décret de création du réacteur EPR de Flamanville, signé par Villepin entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2007, accordait généreusement 10 ans à EDF pour charger le réacteur en combustible. Généreusement... pour un réacteur qui devait être achevé en 4 ans et demi ! Or, de graves malfaçons en accidents dramatiques, la mise en service du « machin » est désormais annoncée pour 2018, au mieux, au lieu de 2012 !

De fait, le chargement en combustible n’aura pas lieu avant la date limite prévue, à savoir le 11 avril 2017. Habituée à bafouer la loi et les droits des citoyens, EDF vient donc d’ordonner à Mme Royal de repousser de 3 ans la date en question, comme s’il s’agissait d’un petit détail administratif.

Mais nous affirmons que l’affaire est loin d’être aussi simple car le contexte a totalement changé depuis 2007 : la durée du chantier a explosé, le coût du réacteur a été multiplié par 3 (en attendant pire), le prix de l’électricité renouvelable s’est effondré, et enfin il y a la catastrophe de Fukushima.

Du coup, nous estimons qu’il faut une nouvelle enquête publique et un nouveau débat national. A la suite de quoi la seule décision raisonnable pourrait enfin être prise : ne jamais mettre l’EPR en service, même s’il est un jour achevé. Nous donnons d’ailleurs des exemples de précédents : http://bit.ly/1W8eZlA .

Nous nous préparons donc à attaquer juridiquement le report de 3 ans de la date de chargement qui sera bien sûr accordé sans discuter par Mme Royal. En attendant, nous vous invitons à lire avec attention l’excellent article d’Actu-environnement ( http://bit.ly/1OIry6O ) qui éclaire parfaitement cette affaire juridique cruciale.


Magouilles pour l’EPR (2) : comment faire valider une cuve défaillante

Le PDG d’EDF confiant que la cuve de Flamanville sera "bonne pour le service
Boursier (AFP), 29 septembre 2015 : http://bit.ly/1GxdjAG
Cuve : les tests proposés par Areva globalement acceptables pour un groupe d’experts
AFP, 1er octobre 2015 : http://bit.ly/1GxdeNh

Vous le savez désormais, il n’y a pas eu de miracle nucléaire : la fabrication des cuves des EPR ayant été confiée à Areva, elles sont bien évidement loupées. En effet, alors qu’elles doivent présenter en tout point une résistance d’au moins 60 Joules, on trouve des zones de faiblesse avec un score descendant jusqu’à 36 Joules : à peine plus de la moitié de la résistance exigée !

Si une cuve d’EPR est tout de même correcte, celle de l’EPR de Finlande, c’est parce qu’elle n’a pas été faite par Areva mais sous-traitée au Japonais Mitsubishi. Mais comme ce chantier a par ailleurs d’innombrables malfaçons, surcoûts et retards, sa cuve correcte (semble-t-il) ne le sauve pas du flop...

Hormis ce cas unique, toutes les autres cuves sont défaillantes, et il y en a plus que vous ne le croyez : celle de Flamanville bien sûr, plus les deux fournies aux Chinois, mais aussi des cuves fabriquées à l’avance pour un projet déjà annulé (aux USA) et un projet qui le sera prochainement (en Grande-Bretagne).

Mais ces cuves ne s’avèrent néanmoins pas complètement inutiles : Areva va en sacrifier une, a priori celle prévu au départ pour les Britanniques : cette offrande au « dieu atome » devrait permettre, en découpant la cuve en petits morceaux, de voir avec précision la réalité des zones de faiblesse.

Il suffira alors d’ordonner à l’Autorité de sûreté (prétendue « intransigeante » et « indépendante ») de dire que, finalement, tous comptes faits, cependant, toutefois et malgré tout, les cuves ne sont pas si nulles. On nous racontera alors que les zones les plus fragiles devraient être les moins sollicitées, et que tout cela devrait donc tenir le coup. Là aussi, nous préparons une contre-attaque juridique.

Voilà comment programmer un beau « feu d’artifice » et la contamination de millions d’êtres vivants. Si vous doutez qu’une telle irresponsabilité soit de mise, rappelez-vous que le Président de l’ASN donne des conférences avec le fameux gourou qui manipule les dirigeants d’EDF (rappel : http://bit.ly/1LM1q90)...


Et Fessenheim dans tout ça ?

Comment Hollande va léguer Fessenheim à son successeur
Lexpress, 12 octobre 2015 : http://bit.ly/1O5fsGc
Fessenheim, une farce française
LePoint, 13 octobre 2015 : http://bit.ly/1LVAyBg
Nucléaire : un deal « Flamanville contre Fessenheim »
Le Monde, 21 octobre 2015 : http://bit.ly/1M7FSqr
A peine 300 personnes contre la fermeture de la centrale !
L’Alsace, 27 octobre 2015 : http://bit.ly/1Gvsieq

On l’oublierait presque avec toutes ces affaires de cuves, mais le candidat Hollande avait aussi promis de fermer la centrale de Fessenheim avant la fin de son quinquennat. Par un tour de passe-passe intégré à la loi sur la prétendue « transition énergétique », à savoir le plafonnement de la puissance nucléaire installée, il pensait obliger EDF à fermer Fessenheim en échange de l’ouverture de l’EPR de Flamanville.

Mais comme ce dernier n’ouvre pas, la centrale alsacienne bénéficie d’un sursis à rallonge, qui pourrait même être infini au vu des déboires de l’EPR. Cependant, aux dernières nouvelles, EDF engagerait en 2016 les procédures administratives de fermeture de la centrale. A voir.

Mais divers candidats à l’élection présidentielle ont déjà annoncé, en cas de victoire, l’annulation de la fermeture de Fessenheim. Ce à quoi il est répondu que, si le processus de fermeture administrative est assez avancé, il ne sera alors plus possible de juste rouvrir la centrale : il faudra en fait tout recommencer à zéro, comme s’il s’agissait d’une centrale toute neuve. Et, dans ce cas, non seulement cela prendrait des années (enquête publique, débat national, etc) mais il est même probable que la centrale ne passerait pas le « contrôle technique ».

Il se pourrait donc que, in fine, François Hollande tienne une promesse, ce qui serait déjà un événement tout à fait stupéfiant. Nous ne parierons pas un seul centime sur cette hypothèse mais, même dans le cas où elle se confirmerait, il conviendrait de ne pas se laisser tromper : Hollande et son gouvernement sont tout aussi pronucléaires que leurs prédécesseurs.

En effet, même si Fessenheim ferme, tous les autres programmes nucléaires continuent : EPR, ITER, ASTRID, CIGEO, etc. Et, à ce jour, seule l’incompétence totale des nucléocrates parvient à ralentir et parfois à torpiller ces projets délirants...

Notons enfin que les pronucléaires ont organisé une manifestation en clamant que la fermeture de la centrale détruirait 2200 emplois... mais il y avait moins de 300 personnes à Fessenheim pour « sauver » la centrale ! Et dire que ces gens ont tant raillé les manifestations antinucléaires qui ne rassemblaient « que » des dizaines de milliers de personnes...


Le parc nucléaire français à la dérive

Le coût de l’entretien du parc nucléaire français va passer de 3 à 5 milliards d’euros par an
BfmTV, 29 septembre 2015 : http://bit.ly/1GyEwTG
Nucléaire : le calendrier du grand carénage d’EDF inquiète les PME
Les Échos, 23 septembre 2015 : http://bit.ly/1P7Ft6r
Le régulateur de l’énergie préconise une forte hausse de la CSPE
AFP, 29 octobre 2015 : http://bit.ly/1M3iUij

Incapable de construire un seul EPR, et donc de renouveler son parc nucléaire, EDF n’a d’autre option (du point de vue pronucléaire bien sûr) que de prolonger la vie des réacteurs actuels. Or, ces derniers étant dans un état avancé de délabrement, EDF veut les rafistoler.

C’est l’objet du programme pompeusement appelé « grand carénage », annoncé au départ à un coût de 55 milliards, mais dont il a été montré qu’il se monterait probablement à 150 ou 200 milliards. D’ailleurs, alors qu’il commence à peine, ce programme déraille déjà sérieusement.

Comme EDF est déjà terriblement endettée et aggrave encore la situation avec son projet insensé en Grande-Bretagne (cf ci-dessous), la faillite est au bout du chemin, avec toutefois auparavant de brutales augmentations du prix de l’électricité.

Les français ont été bernés pendant 30 ans : EDF et les politiciens leur ont fait croire que l’électricité nucléaire n’était pas chère, mais les factures réelles ont juste été reportées dans le temps. Chacun peut désormais constater que le courant issu des centrales atomiques est tout simplement ruineux... et ce n’est qu’un début !

Pour repousser autant que faire se peut la prise de conscience de la population, des institutions écrans ont été mises en place, comme la regrettable Commission de régulation de l’électricité (CRE) dont les membres, aussi grassement payés qu’inutiles, remplissent consciencieusement leur mission : essayer de faire croire que ce sont les énergies renouvelables qui sont la cause de l’envol du prix de l’électricité. Piètre mascarade...


Démantèlement : toujours aussi flou et fou

Finistère : un incendie à la centrale nucléaire de Brennilis
FranceBleu, 23 septembre 2015 : http://bit.ly/1YBPugz
Incendie à Brennilis : lettre au Procureur de la République
Fédération antinucléaire de Bretagne, 17 octobre 2015 : http://bit.ly/1M99m26
Brennilis, la centrale qui ne voulait pas s’éteindre
Rappel Reportage : http://bit.ly/1kVBQ8H
Nucléaire : en France, le coût du démantèlement encore à confirmer
Les Échos, 13 octobre 2015 : http://bit.ly/1M3gmRq
L’Allemagne ménage ses entreprises pour financer la sortie du nucléaire
Médiapart, 16 octobre 2015 : http://bit.ly/1MWmY0m

Une dizaine de réacteurs français dits « de première génération » (construits dans les années 50 et 60), arrêtés parfois depuis 25 ou 30 ans, sont toujours en cours de démantèlement. Mais les opérations sont bien plus compliquées que prévu, avec parfois des situations dangereuses comme un récent incendie à Brennilis. Et bien sûr des coûts de démantèlement qui explosent.

Voilà qui laisse augurer de bien vilaines surprises lorsqu’il faudra bien, tôt ou tard, démanteler les 58 réacteurs actuels. D’ailleurs, les sommes prévues par EDF sont ridiculement faibles et, de toute façon, n’existent pas puisque l’électricien national est terriblement endetté. Pendant ce temps, les Allemands s’attellent sérieusement au problème et contraignent les entreprises atomiques à budgéter réellement des sommes beaucoup plus importantes que celles envisagées par EDF...


EPR Britannique : les « gentils » Chinois débarquent !

Hinkley Point, carrefour anglais des ambitions d’EDF et Pékin
AFP, 18 octobre 2015 : http://bit.ly/1jRIU5T
Errors revealed at Chinese nuclear firm seeking to invest in UK plants
The Guardian, 19 octobre 2015 : http://bit.ly/1GfIhx0
Cet accord nucléaire avec la Chine est un des plus insensés jamais signé
The Guardian, 22 octobre 2015 : http://bit.ly/1OIhJHv

Incapable de financer son projet de deux EPR en Grande-Bretagne (cf ci-dessous), EDF se livre pieds et poings liés aux Chinois, lesquels auraient tort de se gêner : ils vont pouvoir avancer leurs pions tout en savonnant la planche d’EDF. Mais en Grande-Bretagne, même chez les pronucléaires, il y a beaucoup d’inquiétude à la perspective de ces "chinoiseries" non prévues au départ : EDF devait s’occuper de tout mais, comme toujours avec le nucléaire français, le projet a déraillé.

Les médias britanniques exhument donc de graves fautes commises par les Chinois sur des chantiers nucléaires, exposent les risques d’espionnage industriel et politique, y compris concernant le projet de Cameron de renouveler la flotte de sous-marins atomiques.

Qui plus est, les Chinois ont contraint EDF a leur céder un de ses sites britanniques pour y construire le premier réacteur 100% Chinois, baptisé « Hualong » : on voit bien que leur objectif est bien de faire avancer leurs propres projets et évidement pas de sauver EDF.

Au contraire, les Chinois ont tout intérêt à un échec de l’EPR britannique - il leur suffira pour cela de laisser EDF s’occuper du chantier ! - pour mettre en valeur leur propre réacteur. Le Fukushima britannique sera-t-il coproduit par la France ou par la Chine ? Suspens...


La faillite d’EDF passe probablement par Londres


Broker tells investors to sell EDF shares because of Hinkley Point costs
The Guardian, 22 octobre 2015 : http://bit.ly/1XzgPOZ
La solvabilité d’EDF menacée par les EPR britanniques
La Tribune.fr, 28 septembre 2015 : http://bit.ly/1OCfbu8
Nucléaire : s’allier avec la Chine, un pari faustien pour EDF ?
Les Echos, 19 octobre 2015 : http://bit.ly/1OZbmzw
Accord EDF-Chine : EDF assumera 100% des pertes en cas d’échec (probable)
Observatoire du nucléaire, 20 octobre 2015 : http://bit.ly/1KG7Z98

Incapable de construire un EPR en France, EDF a néanmoins l’intention d’en faire deux en Grande-Bretagne. Il faut dire que le premier ministre Cameron est un imbécile (ou alors un petit malin ayant des comptes secrets dans les paradis fiscaux ?) qui a offert à EDF des conditions insensées : un prix trop élevé et garanti pendant 35 ans pour l’électricité produite, une garantie de l’Etat britannique pour le financement du projet, une clause de dédommagement en cas de fermeture anticipée de l’installation : what else ?

Ce serait donc le désastre pour les citoyens britanniques et le jackpot pour EDF (au détriment des usagers et contribuables britanniques)... à condition toutefois que la centrale soit construite, et ça ce n’est heureusement pas gagné ! Déjà, l’Autriche et des sociétés d’énergies renouvelables attaquent devant la Justice européenne le montage financier - un véritable dumping à base d’argent public - offert par Cameron à EDF.

D’autre part, le britannique Centrica (pas fou !) et le français Areva (en faillite !) ont déjà quitté le navire : EDF, se retrouvant seule à bord, a supplié les Chinois de venir renflouer l’affaire à hauteur de 40% du projet. Ce sera seulement 33,5%, et donc 66,5% pour EDF dont l’endettement est pourtant déjà insensé.

La suite est annoncée par l’agence Moody’s, spécialiste des faillites, tout en euphémisme : « EDF (...) dont il est prévu que la participation soit majoritaire dans le projet, verra une pression s’exercer sur ses ratios de solvabilité ». Traduction : "Vendez !". Pourtant, comme du temps de Lauvergeon, les supposés « grands » médias français célèbrent un prétendu « immense succès » du nucléaire hexagonal alors que le crash est au bout de cette nouvelle folie atomique.

Seul l’Observatoire du nucléaire a signalé que, si les Chinois se lançaient dans cette galère, ce n’était bien sûr pas par gentillesse, ni évidemment du fait des « qualités » de l’EPR, mais parce qu’ils avaient imposé des clauses les dégageant de tout risque en cas de déraillement (probable) du projet : c’est EDF, et donc l’argent public français, qui paiera la note...


Cuves : les Suisse explosent (les records), les Belges explosent (tout court)

La cuve du réacteur suisse de Beznau est percée de mille trous
Le Monde, 13 octobre 2015 : http://bit.ly/1LaRaH5
La facture de l’aventure nucléaire belge d’Engie s’alourdit
Le Monde, 2 octobre 2015 : http://bit.ly/1P4se6u
Explosion et incendie à la centrale nucléaire de Doel
Metrotime.be, 31 octobre 2015 : http://bit.ly/1Oib2fh

Suite des aventures de nos amis belges et suisses avec leurs propres cuves fissurées. A défaut de pouvoir relancer les deux réacteurs mités de Tihange 2 et Doel 3 (rappel : http://bit.ly/1l3Rm2r), les Belges ont accordé 10 ans de plus à leurs plus vieux réacteurs, Doel 1 et 2, dont le premier vient pourtant de connaître une explosion suivie d’un incendie. Quant au réacteur Doel 4, il a carrément été l’objet d’un sabotage (rappel : http://bit.ly/1McxQeg). What else ?

Quant aux Suisses, ils viennent de s’apercevoir qu’ils détenaient, probablement depuis longtemps, mais sans le savoir, le record mondial de la cuve la plus miteuse : plus de mille fissures à Beznau ! On ne sait donc pas encore qui des Belges ou des Suisses sont les nucléocrates les plus irresponsables... avec les Français bien sûr.


Accélération des fermetures de vieux réacteurs...


Nucléaire : la fermeture de deux réacteurs en Suède entérinée
AFP, 14 octobre 2015 : http://bit.ly/1X6yGg2
USA : Entergy decide de fermer la centrale de Pilgrim
WNN, 13 octobre 2015 : http://bit.ly/1VUaFGx
USA : d’autres centrales nucléaires vont fermer définitivement
Platts, 26 octobre 2015 : http://bit.ly/1RdTgaN

Aux USA, la centrale de Pilgrim fermera définitivement en 2019 et peut-être plus tôt encore. En Suède, les réacteurs 1 et 2 d’Oskarshamn termineront leur carrière entre 2017 et 2019. Pourtant, les sociétés propriétaires ont les autorisations nécessaires pour continuer mais voilà : l’exploitation de ces centrales est déficitaire.

On nous a pourtant assuré des milliers de fois qu’un réacteur amorti était une "pépite financière", faisant du nucléaire l’énergie "la plus rentable qui soit", mais la vérité est inverse.

Bien sûr, nous préférerions des fermetures immédiates mais ces décisions vont tout de même dans le bon sens même si elles ne sont pas prises par rapport aux risques de catastrophe ou au problème insoluble des déchets radioactifs : c’est la calculette qui tranche !

D’ailleurs, les lecteurs de notre revue de presse savent que, en 2013 et 2014, déjà 5 réacteurs ont été définitivement fermés aux USA (Crystal River 3, San Onofre 1 et 2, Kewaunee 1 et Vermont Yankee), alors que certains venaient même d’obtenir 10 à 20 ans de durée de vie supplémentaire.

Dans les 10 à 15 ans à venir, des réacteurs vont cesser de fonctionner par dizaines, voire par centaines : plus de la moitié des 400 réacteurs en service sur Terre a dépassé 30 ans d’âge. A tel point que le président du très pronucléaire Nuclear Energy Institute annonce lui-même, tout en s’en désolant (le pauvre !), que de nombreuses autres fermetures définitives vont suivre aux USA...


Les soubresauts d’une énergie moribonde

L’Ukraine annule un accord avec la Russie sur la construction de réacteurs nucléaires
xinhuanet.com, 15 octobre 2015 : http://bit.ly/1VUMEiI
L’Arménie veut prolonger la vie de l’antique centrale de Medzamor
Armenews, 15 octobre 2015 : http://bit.ly/1KbAyLa

En annexant la Crimée, la Russie a énervé les dirigeants ukrainiens. Ces dernier ont quand même mis un an et demi avant de se lancer et d’annuler un projet de centrale nucléaire russe sur leur territoire non annexé. De toute façon, comme nous l’avons déjà signalé, l’effondrement du prix du pétrole a sabordé les finances des Russes qui ne pourront donc pas construire la majorité des réacteurs qui ont pourtant été annoncés avec tambours et trompettes.

Pour leur part, les Arméniens veulent prolonger une nouvelle fois la vie de leur antiquité nucléaire de fabrication soviétique, probablement une des plus délabrées de la planète, et située en zone terriblement sismique : on se demande encore comment la catastrophe n’a pas déjà eu lieu, mais les atomistes y travaillent !


Areva : vente à la découpe !

Bernard Fontana, le discret pompier d’Areva
Le Monde, 1er septembre 2015 : http://bit.ly/1NAdsTl
Colère des salariés d’Areva devant le gâchis industriel
Le Monde, 14 septembre 2015 : http://bit.ly/1XyfQi7
Le plan de sauvetage d’Areva se précise
AFP, 5 octobre 2015 : http://bit.ly/1jQI4GP
Les syndicats acceptent qu’Areva supprime plus de 3 000 emplois en France
Le Monde, 19 octobre 2015 : http://bit.ly/1igQrcU
Le cadeau à 170 millions d’euros d’Areva à Bolloré
Hexagones, 13 octobre 2015 : http://bit.ly/1NLTJQC

Après Lauvergeon la pyromane, qui n’est étonnamment toujours pas en prison (on en apprend encore de belles, grâce à Hexagones, sur les bien curieuses pratiques de la dame radioactive), c’est un prétendu « pompier » qui officie à Areva. En réalité, le bonhomme est plutôt un « nettoyeur » dont la mission première est de supprimer des emplois.

C’est d’ailleurs ce qu’il fait avec application, et avec la bénédiction des syndicats du nucléaire qui, de toute façon, ont toujours trahi les salariés et suivi leurs maîtres atomiques, lesquels en retour ferment les yeux sur les détournements financiers des Comités d’entreprise.

Pour mémoire, en 2004, la CGT-énergie avait carrément appelé à voter « oui » au référendum interne organisé par la direction d’EDF pour casser le statut des salariés. Entre bandits, on s’entend toujours...


Mines d’uranium d’Areva au Niger : danger pour les opposants

Je suis menacé de mort mais je continuerai à me battre pour le Niger
The Guardian, 7 septembre 2015 : http://bit.ly/1NaFsyx
L’Observatoire du nucléaire relaie la publication par The Guardian
Par Twitter, 8 septembre 2015 : http://bit.ly/1M4W8GN
Niger : Ali Idrissa, 44 ans, coordonnateur national du Rotab et de PCQVP
Jeune Afrique, 23 octobre 2015 : http://bit.ly/1HmPQNu
Uranium : Areva signe un nouveau contrat au détriment des Nigériens
Communiqué du Rotab, 27 octobre 2015 : http://bit.ly/1LZR0jQ

Si l’Observatoire du nucléaire a remporté en Justice une victoire éclatante (cf http://bit.ly/1hVSOSQ ) contre la pieuvre Areva et ses activités nuisibles au Niger, la vérité est que ce combat est encore plus dangereux pour les opposants locaux qui sont carrément menacés de mort.

C’est en particulier le cas du valeureux Ali Idrissa, coordinateur du Réseau des organisations pour la transparence et l’analyse budgétaire (Rotab) au Niger et membre du conseil d’administration de l’ONG Publiez ce que vous payez (PCQVP).

Arrêté à plusieurs reprises, en particulier lors de la visite de M. Hollande le 18 juillet dernier à Niamey, Ali Idrissa reçoit des menaces de mort et les révèle dans une tribune publiée par... The Guardian, et en français s’il vous plait ! Il faut croire que les « grands » médias français n’ont pas de place pour ce genre d’informations...


Et pendant ce temps, et pour des siècles : Fukushima

Koizumi fermement contre l’énergie nucléaire
Japoninfos, 14 septembre 2015 : http://bit.ly/1PWrgKq
Contre l’avis des Japonais, Tokyo redémarre un second réacteur nucléaire
Courrier international, 15 octobre 2015 : http://bit.ly/1Qxfd4f
Fukushima, bilan d’une situation sanitaire inquiétante
Médiapart, 19 octobre 2015 : http://bit.ly/1kVCbs6

Presque plus personne ne parle de Fukushima mais, pendant ce temps, la situation s’aggrave continuellement, comme le démontre excellemment Cécile Asanuma-Brice (CNRS). Par exemple, elle nous informe que selon le Professeur Toshihide Tsuda, épidémiologiste de l’université d’Okayama, « le taux de cancer de la thyroïde des moins de 18 ans a été multiplié par 50 ».

Mais aussi que, comme pour les conséquences de Tchernobyl (toujours en cours près de 30 ans après l’explosion fatale), les lobbies se sont organisés pour mettre en place une véritable politique de négationnisme et faire croire que, finalement, une catastrophe nucléaire n’est pas si grave que l’on pourrait le penser...

Pendant ce temps, dans une stupéfiante indifférence, et malgré l’opposition massive de l’opinion, le premier ministre japonais, l’ultra-nationaliste Shinzo Abe, a obtenu la remise en service d’un second réacteur nucléaire à Sendaï. Bien sûr, comparativement aux 54 réacteurs en service avant le 11 mars 2011, cela reste marginal, mais deux réacteurs en service sont tout de même deux « chances » d’avoir une nouvelle catastrophe...

Pour sa part, l’ancien premier ministre Jun.ichirô Koizumi, tout comme son successeur Naoto Kan, s’engage contre le nucléaire. Comme quoi certain politiciens peuvent parfois avoir de vraies prises de conscience. Mais c’est rare, trop rare...


La voiture électrique/nucléaire atomisée dans Le Monde et le Canard

Émissions de co2 : l’impasse de la voiture électrique (et nucléaire)
Le Monde, 24 octobre 2015 : http://bit.ly/1MbIQbA
La voiture électrique verte de rage
Le Canard enchaîné, 28 octobre 2015 : http://bit.ly/1NkFOTp
Royal : la voiture électrique, voiture à « zéro pollution, zéro particule »
RTL, 30 octobre 2015 : http://bit.ly/1ixXduZ

Alors que s’approche l’heure de la grande mascarade appelée « COP21 », au cours de laquelle le général Hollande prétend « sauver la planète », l’Observatoire du nucléaire interpelle l’opinion sur le gaspillage de sommes inouïes d’argent public en faveur de la voiture électrique, c’est à dire la voiture nucléaire en France.

Nos arguments ne doivent pas être complètement absurdes puisque le cahier « économie » du Monde a choisi de publier notre tribune. Le Canard enchaîné a ensuite passé une seconde couche, en Une s’il vous plaît.

Rien de grave pour Mme Royal qui continue imperturbablement d’asséner les pires bêtises : selon elle, la voiture électrique, est une voiture à « zéro pollution, zéro particule ». Selon nous, la Ségolène Royal est une ministre à « zéro information, zéro neurone ».

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