Observatoire du nucléaire

— Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire —

Accueil > Revue de Presse > Revue de presse - juillet 2013

Publié le 1er novembre 2017

Revue de presse - juillet 2013

La Bérézina nucléaire d’EDF aux USA censurée par les médias

EDF amorce son désengagement du nucléaire aux Etats-Unis
Les Echos, 30 juillet 2013 : http://bit.ly/18KewQh
EDF va se désengager du nucléaire aux Etats-Unis
BFM Business, 30 juillet 2013 : http://bit.ly/1b6rBEo
EDF prend ses distances avec le nucléaire américain
Boursier.com, 30 juillet 2013 : http://bit.ly/16WSkjx

Il y 6 ans, EDF débarquait avec tambours et trompettes aux USA pour y construire d’innombrables réacteurs nucléaires (des EPR français, bien sûr). L’opération consistait en premier lieu à racheter à prix d’or 50% de l’entreprise Constellation, dépense « négligeable » comparée aux profit gigantesques annoncés. Les médias n’ont pas manqué de saluer ce triomphe "assuré" de l’atome hexagonal. Quelques exemples :

Le Monde, 27 sep 2007 : « EDF veut prendre sa part dans la renaissance de l’énergie nucléaire aux Etats-Unis »
Les Echos, 3 oct 2007 : « EDF et Areva jouent des coudes pour profiter du réveil du nucléaire américain »
Le Figaro, 27 sept 2007 : « La bataille du nucléaire américain commence »
Le Figaro, 9 sept 2008 : « EDF se renforce dans Constellation Energy »
Les Echos, 18 déc 2008 : « EDF remporte la bataille de Constellation Energy »
La Croix, 19 déc 2008 : « EDF va construire des centrales nucléaires aux Etats-Unis » (notez la grande « prudence » de ce titre...)
Etc...

Votre « observateur du nucléaire » préféré, qui oeuvrait alors pour le compte d’une organisation qui a depuis été infiltrée et déstabilisée (cf http://reseau.democratie.free.fr ), annonçait à l’époque un inévitable désastre, ce qui avait d’ailleurs été relayé par l’AFP dans une dépêche du 17 décembre 2008, dans laquelle on pouvait lire « Il appelle les citoyens français à prendre conscience du désastre financier qui les attend si personne n’est en capacité d’empêcher EDF d’investir de façon absurde et insensée. » Mais qui a voulu entendre ?

Aujourd’hui, après 6 ans de délires, EDF bat piteusement en retraite. Aucun réacteur français ne sera construit, les investissements consentis l’ont été pour rien. Or, curieusement, on ne trouve dans les médias nulle trace de cette débâcle financière. Les titres sont même des chefs d’oeuvre d’euphémisme : EDF « se désengage », ou « prend ses distances avec le nucléaire américain ». Personne n’a jugé utile d’enquêter sur la facture, assurément faramineuse, de cette aventure stupide.

Quant aux deux journaux les plus enthousiastes à l’époque, ils passent carrément sous silence ce désastre qui est pourtant aussi le leur : rien dans Le Figaro, et... une grande interview de M Proglio (pdg d’EDF) dans Le Monde (cf http://bit.ly/13rivfR ), qui lui permet par ailleurs de mentir de façon éhontée...

Nucléaire : le mythe du « grand retour » vire à la déroute

L’improbable renaissance nucléaire
Mediapart, 13 juillet 2013 : http://bit.ly/1ajSQe6
A lire sur Worldnuclearreport : http://bit.ly/168YTl1
Nucléaire : « Sa renaissance est un fantasme et une propagande »
Les Inrocks, 16 juillet 2013 : http://bit.ly/13hXPXz
Le lobby nucléaire retrouve le sourire
La Croix, 9 juillet 2013 : http://bit.ly/1aVVd9M
Le vieillissement du parc nucléaire est un "défi", dit l’AIEA
Reuters, 15 juillet 2013 : http://bit.ly/17HUIvF

Depuis des années, la majorité des médias, à commencer par les plus « fiables » (comme Le Monde ou Les Echos), nous assènent la thèse du « grand retour du nucléaire ». Or, ce que nous venons de voir pour les USA est valable pour le monde entier : la plupart des projets de nouveaux réacteurs sont annulés, les chantiers en cours s’éternisent, et les fermetures de vieux réacteurs se multiplient.
Le rapport annuel « World nuclear report » ( http://bit.ly/168YTl1 ), de l’excellent Mycle Schneider, démontre d’ailleurs de façon implacable l’impasse dans laquelle se situe l’industrie de l’atome. Et, au bout d’une impasse, il y a toujours un mur.
La Croix a toutefois trouvé utile de se ridiculiser en recopiant (en guise d’article) la propagande du lobby de l’atome diffusée lors d’une conférence de l’Agence internationale de l’énergie atomique qui prétend encore aux lendemains radieux de l’atome...

Tchernobyl et Fukushima : négationnisme du lobby nucléaire

Les délégués belges indignés : "On minimise les conséquences de Fukushima"
RTBF.be, 6 juillet 2013 : http://bit.ly/16V5cYj
Tchernobyl et la Corse : circulez, il n’y a pas de retombées sanitaires
Slate.fr, 25 juillet 2013 : http://bit.ly/12lX0SY
Touraine rejette une étude concluant à un effet Tchernobyl en Corse
Dépêche AFP, 23 juillet 2013 : http://bit.ly/12KZh4M
Histoire : ce qui se disait lors du passage de Tchernobyl sur la France
Slate.fr, 29 juillet 2013 : http://bit.ly/13r4uOz

Marisol Touraine est ministre de la santé et, de toute évidence, elle a repris le rôle de la cruche abandonné de force par notre chère Delphine Batho. Pas de sexisme ici : des hommes politiques aussi ont souvent montré leur sidérante incompétence. Le plus bel exemple vient assurément du risible Sarkozy prétendant que l’on peut « désactiver une centrale nucléaire à distance » (pour justifier son projet de vente d’un réacteur à son ami - à l’époque - Kadhafi) ou assurant que « Fukushima n’est pas un accident nucléaire » (cf http://bit.ly/XVoeIG ).

Mais enfin, ce n’est pas parce que Marisol est une femme que l’on doit l’épargner : elle ne connait rien au nucléaire, elle n’a pas même consulté le rapport ( http://bit.ly/13deaMf ) de 25 chercheurs dirigés par le professeur Paolo Cremonesi de l’hôpital Galliera de Gênes sur les conséquences du nuage de Tchernobyl en Corse.

Mais Marisol sait répéter mot pour mot les « éléments de langage » qui lui sont fournis par le lobby nucléaire : « L’étude italienne ne permet pas aujourd’hui selon ses données méthodologiques d’établir un lien de cause à effet plus direct entre le nuage de Tchernobyl et le développement de ces cancers ». Tant va la cruche à l’eau... (A l’eau ? Non mais à l’eau ?)

Depuis le 11 mars 2011, le lobby nucléaire fait désormais du négationnisme sur deux fronts prioritaires : Tchernobyl mais aussi Fukushima. La routine pour l’UNSCEAR (United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation ), organisation mafieuse infiltrée depuis 1955 au coeur de l’ONU pour mentir autant que faire se peut afin de protéger l’industrie de l’atome. C’est exactement ce qui a été fait en mai dernier à Vienne (Autriche), au siège de l’AIEA (Agence internationale pour l’énergie atomique) où l’UNSCEAR a tenu réunion sur les conséquences de Fukushima.

Soyons clairs : heureusement qu’il y a à l’UNSCEAR des délégués belges, et qu’il existe au moins un média public belge (la RTBF) qui joue son rôle en laissant des journalistes compétents (en l’occurrence M. Marc Molitor) faire leur travail, pour que certains faits soient connus. Ce ne sont évidement pas les délégués français, emmenés par le mystificateur Pr Maurice Tubiana (qui désinforme sur le nucléaire depuis plus de 50 ans, cf http://bit.ly/1c60c6Q ), qui iraient révéler...leurs propres tricheries !

Fukushima : la situation se dégrade sur tous les plans

Fukushima : hausse phénoménale du taux de césium radioactif
LeMonde.fr, 9 juillet 2013 : http://bit.ly/1bjLqsR
Fukushima : la radioactivité augmente, les risques aussi ?
Terra-eco, 12 juillet 2013 : http://bit.ly/1drg0z4
Fukushima : les risques de cancer de la thyroïde sous-évalués
Nouvelobs.com, 22 juillet 2013 : http://bit.ly/1b8jCtI
Tepco reconnaît une pollution du Pacifique
Euronews, 22 juillet 2013 : http://bit.ly/13eaMkq
Fukushima : une addition de 44 milliards d’euros pour décontaminer la région
Dépêche AFP, 24 juillet 2013 : http://bit.ly/1dUpMdg
L’ex-directeur de Fukushima est mort d’un cancer
Terra-eco, 9 juillet 2013 : http://bit.ly/13J3E5w

Depuis le 11 mars 2011, nous ne cessons de dire qu’il ne s’agit pas de « la » date de la catastrophe de Fukushima, mais bien celle du début de cette catastrophe, laquelle va continuer et s’aggraver pendant des siècles. Ces jours-ci, on « apprend » que les contaminations sont dramatiques et que la facture explose.

Nous mettons des guillemets autour de « apprend » car ce que certains font mine de découvrir maintenant est en fait une évidence depuis le premier jour. Il n’est d’ailleurs pas besoin d’être devin pour prévoir que les contaminations les plus terribles vont être « découvertes » au fil du temps et que la facture finale ne se comptera pas en dizaines de milliards de dollars mais en centaines ou même en milliers de milliards.

Notons aussi que l’homme qui était directeur de la centrale au début du drame, et dans les mois qui ont suivi, vient de mourir d’un cancer. Voilà au moins un exemple pour contredire les négationnistes qui prétendent que « la catastrophe de Fukushima n’a fait aucun mort ». Hélas, ce sont au final des dizaines ou des centaines de milliers de personnes qui ont été tuées ou le seront dans les années à venir. Pas de quoi gêner les mêmes négationnistes qui, comme pour Tchernobyl, ont d’ores et déjà commencé à contester la vérité.

Fukushima : le retour (tranquille) du coupable Jamet

« Cela a déclenché la réflexion sur la transparence »
Libération, 23 juillet 2013 : http://bit.ly/1dZvw5m

Nous avons évoqué à plusieurs reprises (cf les revues de presse hebdo : http://bit.ly/17DhUMf ) le cas stupéfiant de M. Philippe Jamet, un des 5 commissaires de l’Autorité de sûreté nucléaire (cf http://bit.ly/1csC14i ). Pour mémoire, en juillet 2007, un puissant séisme a mis à mal au Japon la plus grande centrale nucléaire du monde, celle de Kashiwasaki (cf http://bit.ly/13gMtn1 ). Une mission de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) a été dépêchée pour étudier la situation et tirer les enseignements de cette affaire au cours de laquelle la catastrophe avait été évitée de peu.

Cette mission, dirigée par... M. Philippe Jamet, a produit un rapport (cf http://bit.ly/f5cIkb ) qui a bien émis quelques préconisations, mais sans demander la fermeture de la moindre centrale japonaise (contrairement à Stéphane Lhomme sur le plateau de l’émission "C dans l’air" : http://bit.ly/eHPXh8 ). A peine trois ans et demi plus tard, un nouveau séisme était à l’origine de la catastrophe nucléaire de Fukushima concernant laquelle M. Jamet porte donc une responsabilité écrasante. Mais il n’a jamais été sommé de s’expliquer.

Bien au contraire, Libération (qui est toujours sous la surveillance de la très radioactive Mme Lauvergeon : http://bit.ly/r1n3ui ) lui permet de se disculper : « Les modèles de calcul de tsunami existaient. Seulement, on avait sous-estimé la violence des phénomènes géologiques qui peuvent les provoquer. » M. Jamet oublie juste de préciser qu’il est précisément une part cruciale de ce « on ».

Avec le plus grand toupet, il se permet même de donner des bons points aux malheureux japonais contaminés par sa faute : « Ils sont très bons en radioprotection. Ils sont capables de mesurer le niveau de dose reçu, de comparer, de faire attention. » Il y a vraiment des coups de pied au derrière qui se perdent...

Cette fois c’est promis, le nucléaire va être « plus sûr »...

Centrale de Tihange : le mur anti-crue dans un an et demi
Lavenir.net (Belgique), 9 juillet 2013 : http://bit.ly/1aUNWaa
La sûreté nucléaire en Chine est parmi les plus avancées au monde
Le Quotidien du Peuple , 5 juillet 2013 : http://bit.ly/11xGoXY
Risques naturels et centrales nucléaires : l’avertissement ignoré des géologues
Ragemag, 19 juillet 2013 : http://bit.ly/16uMsjA

Les promoteurs de l’atome sont sans état d’âme : loin d’être déstabilisés par les catastrophes dont ils sont responsables et coupables, ils s’en félicitent au contraire, avançant que cela va permettre de rendre le nucléaire « encore plus sûr ». C’est donc « grâce » à Fukushima que la centrale nucléaire belge de Tihange va être dotée, qui l’eût cru, d’un « mur anti-crue » (mais pas avant 2015 toutefois).

Quant aux « responsables » chinois, ils n’hésitent pas à clamer que « la Chine en matière de sécurité nucléaire a atteint un des niveaux les plus avancés au monde ». Exactement ce que disaient leurs homologues japonais avant le 11 mars 2011. D’ailleurs, Ragemag enfonce le clou avec un très intéressant article à propos de la menace sismique sur les centrales nucléaires. Menace qui, faut-il le rappeler, est loin d’être unique...

Parc nucléaire français : la facture va être incommensurable

80 milliards pour rénover le parc nucléaire français ?
Ouest-France, 11 juillet 2013 : http://bit.ly/1dmQF9p
Nucléaire : la rénovation plus chère qu’un nouveau parc ?
Nouvelobs, 10 juillet 2013 : http://bit.ly/153zRRN
Electricité : hausse de 5 % en août, même scénario l’an prochain
LeMonde, 8 juillet 2013 : http://bit.ly/1bjscmY
Nucléaire : EDF augmente ses tarifs malgré 3 milliards de bénéfices
HuffPost, 9 juillet 2013 : http://huff.to/1690uaw
L’État décide d’une triple hausse des tarifs EDF
Le Figaro, 9 juillet 2013 : http://bit.ly/11zppoc

Comme on a « mangé son pain blanc », la France nucléaire a consommé son « électricité blanche ». En effet, à part lorsque se produit une catastrophe, les deux ou trois premières décennies d’un parc nucléaire se déroulent relativement tranquillement (du point de vue des exploitants bien sûr, beaucoup moins de celui des travailleurs de l’atome ou des riverains des centrales).

Mais, repoussés dans le temps, les problèmes arrivent tous ensemble et, concernant les grands parcs nucléaires (plusieurs dizaines de réacteurs), c’est exactement ce qui se produit aujourd’hui, en particulier aux USA, en Grande-Bretagne et en France où l’affaire est d’autant plus cruciale que 75% de la production d’électricité du pays ont été attribués au nucléaire.

Si l’électricité atomique a été vendue pendant 30 ans en France à un tarif relativement modéré (toutefois beaucoup moins « bon marché » que ce qu’on a bien voulu nous dire), c’est parce que les vrais coûts ont été cachés et que les factures ont été reportées dans le temps. Aujourd’hui, la situation est inextricable : arrêter des dizaines de réacteurs est certes indispensable mais est incontestablement très compliqué dans la mesure où, délibérément, rien n’a été prévu pour mettre en ouvre une telle décision.

Mais continuer à exploiter ces réacteurs, sans même évoquer l’hypothèse de plus en plus probable d’un accident grave, est tout aussi problématique : il faut dépenser des sommes insensées pour « rafistoler » tant bien que mal ces antiquités. La facture de ce programme, baptisé pompeusement par EDF « le grand carénage », est déjà l’objet de polémiques.

Estimée d’abord à 35 milliards d’euros, elle serait en fait de 55 milliards, mais peut-être aussi de 70 à 80 milliards, voire plus. N’en doutons pas, ce sera plus ! Avec beaucoup de chance, ce sera « seulement » 100 milliards, mais peut-être 120 ou 150 ou 200. Pour le lobby nucléaire, le plus important est que le processus soit lancé de façon à pouvoir dire ensuite : « Certes, c’est plus cher que prévu, mais on ne va pas s’arrêter maintenant après avoir déjà dépensé tant de milliards ». C’est la bonne vieille tactique du fait accompli, du « coup parti ».

La principale conséquence de cette affaire est une augmentation brutale du prix de l’électricité. Il ne s’agit d’ailleurs pas seulement de remettre ce prix à son niveau réel, mais aussi de rattraper ce qui n’a pas été payé depuis 30 ans. A ce compte, l’augmentation de 10% annoncée (5% en août 2013 et 5% en septembre 2014) doit être considérée pour ce qu’elle est : une aimable plaisanterie, un gentil prélude.

Linky, compteur électrique dit « intelligent »... pour berner les gogos

Les compteurs seront très verts
Canard enchaîné, 17 juillet 2013 : http://bit.ly/19kovhN
Un nouveau compteur électrique trop "intelligent" pour être honnête
Politis, 10 juillet 2013 : http://bit.ly/12hP3ZD
Stop US and Worldwide Smart Grid
Pétition en ligne : http://bit.ly/1748WEY
Linky : 3 millions de compteurs intelligents installés d’ici 2016
AFP, 9 juillet 2013 : http://bit.ly/19lZKlo

Il paraît que, pour économiser l’électricité, nous avons besoin d’un compteur, prétendu « intelligent », pour nous dire comment faire. Il s’agit là d’une des plus gigantesques âneries inventées par le lobby de l’atome. En effet, pour économiser l’électricité, il faut éteindre la lumière dans les pièces inoccupées et déconnecter les appareils en veille. Mieux : il faut limiter le nombre d’appareils électriques qui ont au contraire tendance à se multiplier ces dernières années (box, chargeurs de téléphones, etc).

Au besoin, il faut faire évaluer par un technicien la consommation des appareils électroménagers car certains ont des consommations insensées et méritent d’être remplacés... ou simplement éliminés. En résumé, pour économiser l’électricité, il suffit juste... d’économiser l’électricité ! Pas besoin d’un compteur (intelligent ou stupide). De bonnes campagnes d’information et de formation dans les médias et les écoles auraient d’ailleurs des effets très importants sur la consommation d’énergie.

Cela a d’ailleurs été expérimenté dans les années 70 : loin d’être une blague, la fameuse « chasse au gaspi » avait commencé à donner d’excellents résultats et... a de fait rapidement été stoppée : pour assurer leurs profits, les dirigeants politiques et industriels ont besoin d’une population qui consomme et gaspille !

Mais, s’il ne sert pas à économiser l’électricité, quelle peut être la « justification » de Linky ? En premier lieu, assurer les profits des industriels qui vont construire des millions d’exemplaires de ce machin. Ensuite, permettre à EDF de supprimer des milliers d’emplois : il n’y aura plus besoin qu’un agent passe chez les gens pour relever la consommation ou couper le courant des « mauvais payeurs », d’autant que ces salariés ont parfois des comportements « inadmissibles », c’est à dire simplement humains, comme ne pas couper l’électricité d’une famille en détresse.

Cela va changer : un peu comme les drones permettent aux américains de tuer des afghans (terroristes ou non) depuis un bureau des USA (cf http://bit.ly/W6yyek ), l’électricité sera coupée à distance grâce à Linky, et sans états d’âme. Mais il y a bien pire : Linky est aussi un mouchard qui va récolter des milliers de données sur vous et vos comportements. Bien sûr, au départ, on nous donnera l’assurance « absolue » que ces données ne seront pas exploitées à des fins commerciales. Plus tard, elles le seront bien entendu, mais aussi à des fins policières : big brother sera chez vous.

Enfin, cerise sur le gâteau, Linky va émettre de puissantes ondes wi-fi qui vont démultiplier cette véritable pollution dont sont malades de plus en plus de gens (les « EHS », Electro Hyper Sensible, voir des témoignages par exemple ici : http://bit.ly/11Hr20U ). Alors que faire ? Chacun doit commencer à réfléchir à son positionnement pour le jour où une entreprise (probablement un sous-traitant d’EDF ou de ERDF) se présentera en disant « Bonjour, je viens remplacer votre vieux compteur électrique par un compteur tout neuf et intelligent ».

Le poing dans la figure ou même le coup de fusil serait bien justifié... mais contre les responsables de ce programme criminel, pas contre le pauvre gars envoyé faire le sale boulot. Il faut donc regarder de quelle façon il sera possible de refuser ce changement de compteur, ou alors comment l’entourer d’une « cage de faraday » pour stopper les ondes magnétiques qu’il émettra, et vous protéger ainsi sur le plan sanitaire et sur celui du respect de votre vie privée. Affaire explosive à suivre de près...

Le lobby nucléaire se réjouit de nous avoir piégé

Paying the price for San Onofre nuclear power plant closure
WNA, 25 juillet 2013 : http://bit.ly/12OazFD

Nous avons évoqué dernièrement le cas de la centrale nucléaire de San Onofre (Californie), fermée par son propriétaire tant elle était dans un état déplorable après 40 ans de mauvais service. Aujourd’hui, par l’intermédiaire de son agence de presse World nuclear news, le lobby nucléaire mondial (la World nuclear association) se réjouit des difficultés d’approvisionnement électrique rencontrées par la Californie.

Oui, il faut le dire, sortir du nucléaire est difficile... mais ce n’est absolument pas parce que le nucléaire serait indispensable ou incontournable. Simplement, lorsqu’une puissante source centralisée de production d’électricité cesse de fonctionner et que rien n’a été prévu pour prendre la suite, il y a inévitablement des problèmes. On retrouve la même problématique dans tous les pays nucléarisés lorsque des fermetures de centrales nucléaires sont décidées ou même simplement envisagées.

C’est donc ce qui se passe en Californie, bien que la fermeture de la centrale nucléaire de San Onofre soit totalement justifiée. Le lobby nucléaire se réjouit donc du « prix à payer » pour cette fermeture. C’est du niveau de la cour de récré : « Bien fait pour vous, fallait pas fermer la centrale, na ! ». Mais voilà : le nucléaire coûte très cher dans les deux cas, qu’on laisse fonctionner une centrale ou qu’on l’arrête. Du coup, autant l’arrêter...

Projet de mine d’uranium géante d’Areva au Niger : un nouveau flop à venir

Projet de mine d’Imouraren : chronique d’une arnaque contre le Niger
TamTamInfo/AïrInfo, 22 juillet 2013 : http://bit.ly/15keXiG
Areva s’appuie sur une société marocaine pour démarrer Imouraren au Niger
L’Usine nouvelle, 29 juillet 2013 : http://bit.ly/13stXak

Bravo à Ibrahim Manzo Diallo (Aïr-Info) qui ne mâche pas ses mots concernant le projet de mine géante d’uranium d’Areva au Niger, à Imouraren. La concrétisation de ce projet reste incertaine, mais elle est indispensable pour le Président Issoufou (un ancien c’adre d’Areva !) dans son objectif d’être réélu en 2016.

Cette thèse a d’ailleurs été démontrée par le document confidentiel mis en ligne par l’Observatoire du nucléaire (ici http://bit.ly/10wChuj ) qui laisse comprendre qu’un lancement fictif de la mine sera organisé par Areva en 2015 pour aider M Issoufou à être réélu... à condition toutefois qu’il reste tranquille d’ici là...

Aïr-Info explique que, pour faire croire que la mine ouvrira « bientôt », Areva a décidé de dépenser quelque argent (2 milliards d’euros tout de même !) mais en manoeuvrant pour que cela ne lui coûte rien... et que cela ne profite pas aux nigériens. Un article de l’Usine nouvelle apporte quelques autres informations : le gisement d’Imouraren est certes « géant », mais il « aurait cependant une faible teneur de 0,8 kg d’uranium par tonne de minerai en moyenne. »

Pas de quoi pavoiser donc, d’autant que, en l’absence de toute « renaissance du nucléaire », le cours de l’uranium reste très bas. A tel point que l’ouverture de la mine, voire même la seule annonce de son ouverture, ferait encore baisser ce cours... compromettant la déjà douteuse rentabilité de la mine en question ! Le serpent Areva se mord la queue...

EPR : comment faire passer un flop pour une performance

La plus grande grue du monde pose le dôme de l’EPR à Flamanville
Le Figaro, 16 juillet 2013 : http://bit.ly/12SIn4e
EDF a enfin procédé à la pose du dôme de l’EPR de Flamanville
Le Monde, 16 juillet 2013 : http://bit.ly/18ithcH

Le 16 juillet 2013, Big Benny, la plus grande grue du monde, a mis en place le dôme du réacteur EPR. Loin d’être un exploit, le recours fort onéreux ( 12 millions d’euros !) à cette grue, non prévu au départ, est en fait la conséquence des graves fautes commises par EDF sur le chantier de l’EPR. Si Le Monde a correctement relaté l’affaire, Le Figaro n’a pas hésité à faire dans le dithyrambique, omettant de faire connaître le fin mot de l’histoire. C’est indigne mais aussi ridicule : qui peut croire que ce mensonge (par omission) suffira à sauver la carrière de ce pauvre EPR ?

Areva en bourse : achetez ou vendez ?

Areva : L’EPR de Flamanville sera opérationnel en 2016 : achetez !
Capital, 17 juillet 2013 : http://bit.ly/19m59ca
Areva : nouvelles provisions pour l’EPR finlandais : restez à l’écart !
Investir, 24 juillet 2013 : http://bit.ly/15Q1j64

Nous avons souvent évoqué les « performances » de l’action d’Areva à la bourse de Paris, passée de 82 euros à 12 euros : 85% de pertes ! Eh bien voilà que, suite à la pose du dôme de l’EPR de Flamanville, le magazine Capital se sent pousser des ailes et recommande d’acheter de l’Areva ! Or, quelques jours plus tard, le magazine Investir recommande... exactement l’inverse : « Restez à l’écart », c’est à dire « N’achetez pas ». Quant au malheureux qui possède déjà des actions Areva, il n’EPR rien pour attendre...

Areva dérape en vélo...

Un ingénieur d’Areva participe au Tour de France... et chute !
Areva, 20 juillet 2013 : http://bit.ly/13eq5e5

Jean-Christophe Péraud n’est pas seulement cycliste professionnel, il est aussi ingénieur chez Areva où une place au chaud l’attend pour quand il raccrochera son vélo. En ce beau mois de juillet, Péraud a participé au Tour de France mais, badaboum, il est tombé et s’est fracturé la clavicule.

Opiniâtre, il a continué et le lendemain, rebadaboum et abandon (cf http://f24.my/13gPrrQ ). La « culture de sûreté » n’est pas un vain mot chez Areva ! Heureusement, ces accidents « se sont produits hors de la zone nucléaire » et ont été « sans conséquence pour l’environnement ou la sécurité » (refrains connus). Loin de nous l’idée de rire des malheurs de ce valeureux atomiste, ce n’est pas notre genre ( ;-). Par ailleurs, il est évident que M. Péraud n’est pas dopé et que le nucléaire n’est pas dangereux. Tout le monde le sait...

... et en train

Enquête après le déraillement d’un train sur un site d’Areva en Haute-Vienne
Le Monde, 18 juillet 2013 : http://bit.ly/15oznps
Areva et la SNCF déposent plainte après le déraillement d’une locomotive
Le Populaire16 juillet 2013, http://bit.ly/194q9oM

Le jour même de l’accident ferroviaire de Brettigny (6 morts), du fait semble-t-il d’une éclisse dévissée, un autre train déraillait, dans un site nucléaire où Areva entasse des centaines de milliers de tonnes d’uranium appauvri. Une éclisse aurait là aussi été dévissée et l’acte « revendiqué par un militant antinucléaire ». Areva a porté plainte, une enquête a été lancée. Ces fins limiers retrouveront-ils la trace des stockages d’uranium qui mettent en danger la santé des populations ? Probablement pas...

Soutenez l'Observatoire du Nucléaire