Observatoire du nucléaire

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Publié le 1er novembre 2017

Revue de presse - septembre 2013

Prélude : des nouvelles de l’Observatoire du nucléaire

- Souscription : formidable mobilisation des sympathisants de l’Observatoire
- La Compagnie Jolie Môme animera le rassemblement du 20 décembre à Paris (procès Areva)

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Après ses succès tonitruants (*) contre la voiture électrique-atomique, l’Observatoire du nucléaire, trainé en justice par Areva, se prépare à un autre combat de géants. Le procès aura lieu le vendredi 20 décembre à 13h30 au Tribunal de grande instance de Paris (cf http://www.observatoire-du-nucleaire.org ). Un rassemblement de soutien a lieu à 12h30 devant le tribunal (4 rue du Palais, métro Cité) et, formidable nouvelle, il sera animé par la Compagnie Jolie Môme ( http://www.cie-joliemome.org ).

En attendant, ses maigres réserves étant épuisées, l’Observatoire du nucléaire a lancé une souscription pour pouvoir se présenter au tribunal en état de marche. L’objectif visé était de 5400 euros, mais en réalité d’un peu plus de 6000 euros suite à l’oubli des cotisations sociales (et non « charges ») de septembre, prélevées à la mi-novembre.

Nous pouvons d’ores et déjà adresser nos remerciements les plus émus à tous nos sympathisants, parfois bien connus, parfois nouveaux venus : à ce jour, plus de 6000 euros sont arrivés, permettant d’assurer le salaire (smic) de votre Observateur du nucléaire préféré, les cotisations sociales, et quelques menus frais (déplacements, huissiers, bureautique). Un énorme merci à celles et ceux qui ont envoyé contributions et encouragements.

Avis : nous avons répondu à presque tout le monde mais, si vous n’avez pas reçu de remerciement, envoyez-nous svp un petit e-mail... pour que nous puissions vous répondre !

(*) succès oubliés par l’Agence France « Presque » et autres « grands médias », hormis l’indispensable Canard enchaîné et des médias alternatifs, cf plus loin...

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Mines d’uranium d’Areva au Niger : manoeuvres à Niamey... et au Tribunal de Paris

Le Niger lance un audit des mines exploitées par Areva
Reuters, 20 septembre 2013 : http://bit.ly/17jQNTm
Un procès qui tombe bien... ou mal ?
Procès d’Areva contre l’Observatoire du nucléaire : http://bit.ly/14I0cFn

Par le biais d’Areva (auparavant Cogéma), pour alimenter ses centrales nucléaires, la France pille allègrement depuis 50 ans l’uranium du Niger. Ce dernier n’y a rien gagné puisqu’il reste l’un des pays les plus pauvres du monde : la colonisation (et post-colonisation) est faite pour enrichir les puissants, pas les exploités.

Il se trouve que certains accords entre Areva et l’Etat du Niger, concernant l’exploitation de l’uranium, arrivent à leur terme à la fin de l’année. Les dirigeants du Niger annoncent vouloir renégocier ces accords de façon à être moins spoliés par la France. A cette fin, un "audit des mines d’uranium" est annoncé, histoire de mettre un peu la pression sur Areva.

Mais, nous l’avons déjà montré, Areva a dans sa manche quelques atouts. En particulier, pour être réélu en 2016, le Président du Niger (M. Issoufou, un... ex cadre d’Areva !) a besoin de voir se concrétiser une des ses principales promesses de campagne : la mise en service en 2015 au plus tard de la mine d’Imouraren.

Celle-ci est supposée devenir une des plus grandes mines d’uranium du monde... à condition toutefois d’être mise en service ! Or Areva n’est pas très pressée : dans le contexte de la catastrophe de Fukushima, le nucléaire va mal et les cours de l’uranium sont bas... et le seraient encore plus en cas d’ouverture d’une nouvelle mine.

C’est ainsi que Areva tient Issoufou, qui est finalement toujours son employé : s’il se montre peu conciliant dans les actuelles négociations, Areva le punira en n’ouvrant pas la mine d’Imouraren. S’il est "raisonnable", Areva n’ouvrira probablement pas plus la mine... mais organisera par contre une jolie cérémonie pour feindre le début de l’exploitation et assurer la réélection de M. Issoufou.

C’est donc dans ce contexte particulier que va se tenir le 20 décembre à Paris le procès intenté par Areva à l’Observatoire du nucléaire, qui accuse le "géant du nucléaire" de "pratiques relevant de la corruption" envers les dirigeants du Niger. Areva se prétend diffamée tout en faisant mine (!) d’ignorer le document confidentiel (cf http://bit.ly/14I0cFn ) mis en ligne par l’Observatoire. Ce document permet de constater comment et pourquoi Areva a versé 35 millions d’euros au budget du Niger. Dans un premier temps, Areva a nié le versement de cette somme (cf AFP 12 décembre 2012 : http://bit.ly/RqDteK ), avant de reconnaître les faits (cf AFP 14 janvier 2013 : http://bit.ly/15Twfah ), puis d’inventer une nouvelle version (cf AFP 9 mars 2013 : http://bit.ly/19eP3zm ).

Areva n’a assurément pas envie de voir ses pratiques néocoloniales mises à jour, et les dirigeants du Niger souhaitent faire croire à leurs électeurs qu’ils savent résister à l’ex-colonistateur. Et ils ne souhaitent probablement pas expliquer pourquoi ils ont accepté un curieux "don" de 35 millions d’euros alors que le manque à gagner du Niger depuis 50 ans se compte plutôt en milliards d’euros. A suivre...

Fukushima : plus ça va, plus ça va mal...

Une vidéo explique l’affaire de l’eau contaminée...
Video du Monde, 7 septembre 2013 : http://bit.ly/15GOgZp
Ce que cache le ciel bleu de Fukushima
La Vie, 9 septembre 2013 : http://bit.ly/15OKrSf

Excellente vidéo du Monde qui explique plutôt bien l’affaire de l’eau contaminée à la centrale de Fukushima. Le plus sidérant est cependant que des gens, des millions de gens, aient pu penser que le refroidissement permanent des coeurs en fusion pouvait se faire de façon « hermétique ». Or la centrale est en perdition, les fondations des réacteurs sont détruites, des quantités gigantesques d’eau contaminée s’écoulent dans le sous-sol, la nappe phréatique, l’océan. Et, pourtant, le pire est peut-être encore à venir (cf ci-dessous)...

Fukushima : les autorités tentent le bon vieux coup de l’écran de fumée

JO 2020 et Fukushima : le Japon proteste contre "Le Canard enchaîné"
AFP, 12 septembre 2013 : http://bit.ly/15TndKx
Caricatures Fukushima : Le Canard assume "sans le moindre état d’âme"
AFP, 12 septembre 2013 : http://bit.ly/17T1vEg
Un match de cricket « pour oublier la catastrophe »
WNS, 10 septembre 013 : http://bit.ly/1dYBHuN
Fukushima : la justice japonaise condamne les antinucléaires et blanchit Tepco
Le Monde, 12 septembre 2013 : http://bit.ly/19Kxx50

La ficelle est usée jusqu’à la corde, mais elle sert encore : les autorités japonaises tentent de s’attirer la solidarité de la population en tentant de lui faire croire qu’elle est attaquée par... le Canard enchaîné ! Oui, l’excellent journal français, un des derniers à ne pas être contaminé par la publicité, à ne pas être soumis à des actionnaires industriels : pour mémoire, Le Figaro appartient à Dassault, Le Monde à Niel (Monsieur « Free »), Libération à Rothschild (et surveillé par dame Lauvergeon .)

Qu’a donc fait le Canard ? Après l’attribution des Jeux Olympiques 2020 à Tokyo, il a publié des caricatures montrant des sportifs avec trois jambes ou quatre bras. Est-ce donc une agression contre les japonais ? Non, bien au contraire : le Canard rappelle (avec humour mais fort à propos) la réalité de la catastrophe de Fukushima, quand les autorités nippones et internationales tentent de la faire oublier. C’est donc bien le Canard qui est au côté des victimes, et certainement pas les politiciens qui feignent l’indignation.

Désigner un « Canard émissaire » n’est pas la seule diversion : on peut aussi noter un match de cricket avec des diplomates britanniques (les français ne savent pas y jouer !) et, tant qu’à faire, un procès contre des « méchants » antinucléaires qui dénoncent les mensonges de Tepco et des autorités nippones...

Fukushima : le moment le plus dangereux approche

Les risques de la récupération du combustible de l’unité 4 à Fukushima
Blog de Fukushima, 19 septembre 2013 : http://bit.ly/19shQyC

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Si vous avez aimé Fukushima, alors vous adorerez... la suite de Fukushima. Non seulement la centrale en perdition fuit de partout, mais le danger à venir est probablement encore pire que ce que l’on peut imaginer. En effet, pendant que le gouvernement japonais essaie de s’attirer la sympathie de son peuple en lui faisait croire qu’il est « attaqué » par un Canard français, pendant que les médias occidentaux distraient le bon peuple, l’heure H approche. H comme Hiroshima, en pire.

En effet, vous vous souvenez probablement de la fameuse piscine du réacteur 4 de Fukushima, très endommagée par le séisme du 11 mars 2011, et qui contient environ 1500 barres de combustible nucléaire, dont 1300 de combustible « usé », le plus dangereux.

Eh bien, pas de miracle : cette piscine n’a pas disparu miraculeusement, elle est bien sûr toujours là, avec ses barres de combustible, et son risque d’effondrement à chaque instant. Ne rien faire est irresponsable mais... intervenir l’est peut-être encore plus ! Il le faut bien cependant, et c’est Tepco, l’opérateur nucléaire qui ment (cf http://bit.ly/GzOfdv ) et contamine (comme tous les opérateurs nucléaires), qui va bientôt passer à l’action.

L’excellent « Blog de Fukushima » explique les risques terribles qui vont accompagner cette intervention, tout comme l’agence Reuters, peu soupçonnable d’activisme antinucléaire (cf http://reut.rs/1bts1Vp ). Si cette affaire tourne mal, et il existe mille raisons pour que ce soit le cas, Tchernobyl apparaîtra comparativement comme une aimable plaisanterie...

Voiture électrique : le triomphe de l’Observatoire du nucléaire contesté par... François Hollande !

Décisions du Jury de déontologie publicitaire saisi par l’Observatoire du nucléaire
Décisions du 18 septembre 2013 : http://bit.ly/153k1ZU
Voiture électrique : Hollande salue une « nouvelle révolution industrielle » dans le fief de Bolloré
Les Echos, 20 septembre 2013 : http://bit.ly/1dW4Rsa

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C’était une victoire annoncée (cf revue de presse du mois précédent) et... elle a eu lieu : saisi par l’Observatoire du nucléaire, l’oxymorique « Jury de déontologie publicitaire » a pris acte des excuses de Renault, Citroën, Opel, Nissan et Bolloré : non, la voiture électrique (nucléaire) n’est pas « propre », ni « écolo », ni « verte » (sauf en peinture !), et les publicités trompeuses ont été rectifiées. Sauf une.

Eh oui, bafouant sa promesse écrite (cf http://bit.ly/1c3yjy4 ), le méchant Bolloré a maintenu (encore au moment où nous écrivons) la mention « voiture propre » sur le site web de sa Bluecar radioactive. Il faut dire que le bougre a été sacrément encouragé par... le Président de la République en personne !

En effet, le 20 septembre, faisant fi de la victoire de l’Observatoire du nucléaire, M. Hollande est allé inaugurer l’usine Bolloré de batteries pour voitures électriques. Qui plus est, il a présenté cette démarche comme partie prenante de la fumeuse « transition énergétique », et ce sans générer la moindre protestation du parti EELV, dit écologiste mais qui s’accommode donc parfaitement de la voiture nucléaire.

De fait, Bolloré aurait tort de se gêner, de respecter ses « propres » engagements, et en particulier de rectifier son site web mensonger : il a la bénédiction de l’Elysée et d’EELV. On verra bien le mois prochain si le « Jury de déontologie publicitaire » se rebiffe...

Voiture électrique (nucléaire) : les « grands » médias irradiés

Le Canard sauve (encore !) l’honneur de la presse française !
Le Canard enchaîné, 2 octobre 2013 : http://bit.ly/17ONUhQ
4 médias alternatifs en parlent (Reporterre, Bastamag, Actu-envir, et Terra-éco)
http://bit.ly/1eKavyN , http://bit.ly/18ffHGa , http://bit.ly/14qECXP , http://bit.ly/1aasFGr
L’Agence France « Presque » a failli en parler
AFP, 19 septembre 2013 : presque, mais finalement non.
Propagande d’Etat : le « Téléphone sonne » roule pour la voiture nucléaire
http://bit.ly/1aasFGr , http://bit.ly/pf2inq , http://bit.ly/1c4t8hm , http://bit.ly/1dW3PfA
La parole à l’Observatoire du nucléaire
wehicles.com, 30 septembre 2013 : http://bit.ly/1bvOKUD

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Les « grands médias » ont fait leur triste travail : ils ont complaisamment couvert la visite présidentielle chez Bolloré et... ont parfaitement censuré la victoire de l’Observatoire du nucléaire, hormis le Canard enchaîne et des médias alternatifs ou spécialisés dans l’environnement.

Pour sa part, comme son nom l’indique, l’Agence France « Presque » a failli faire une dépêche, mais finalement non. Batterie à plat ? Ou bien est-ce parce que l’Etat, dirigé par Hollande-le-nouvel-ami-de-Bolloré, est le premier financeur de l’AFP ?

Et que dire du Téléphone sonne, de France inter, qui offre quasiment chaque année à la voiture électrique une émission de pure propagande, sans le moindre invité un tant soit peu critique. C’était ainsi le cas ce 19 septembre 2013, comme le 5 octobre 2011, le 30 septembre 2010 ou le 3 novembre 2009.

Notons par contre que wehicles.com, un blog consacré à la mobilité et globalement favorable à la voiture électrique, a jugé utile de donner la parole à l’Observatoire du nucléaire. Bravo !

La voiture électrique dépassera-t-elle les bornes (de rechargement ) ?

Voiture électrique : Siemens laisse tomber les bornes de recharge
Blogautomobile.fr, 4 septembre 2013 : http://bit.ly/18RTf4F
Renault : La voiture électrique reste anecdotique, évitez
Capital, 17 septembre 2013 : http://bit.ly/GDLusn

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L’essor de la voiture électrique se heurte à un problème de taille : il n’y a que très peu de bornes de recharges, et personne ne veut en installer... tant qu’il n’y a pas assez de voitures électriques ! D’ailleurs, un des plus grands industriels d’Europe, le groupe Siemens, vient d’annoncer qu’il abandonnait son activité liée aux bornes de recharge publiques pour voitures électriques. Pourtant, probablement dans l’espoir (vain) de redonner de l’avenir au nucléaire, les autorités françaises vont gaspiller des sommes publiques insensées pour installer des dizaines de milliers de bornes de recharge.

Ensuite, les industriels - dont le menteur Bolloré, nouvel ami de François Hollande - n’auront plus qu’à ramasser la mise. L’argent public couvre les investissements, et les bénéfices (éventuels) iront dans la poche des industriels privés : elle est pas belle la vie ?
Le magazine Capital n’est pas pour autant convaincu : dans ses conseils d’investissements en bourse, il suggère de « rester à l’écart » de Renault et de son alliance avec Bolloré. Restons donc « à l’écart », ce serait effectivement ballot de se faire écraser par une des rares voitures électriques en service...

Gouvernement : la folle fuite en avant

Le projet de loi sur la transition énergétique reporté au printemps 2014
AFP, 11 septembre 2013 : http://bit.ly/17u4aDO
Le gouvernement fixe les 34 priorités de sa "nouvelle France industrielle"
Le Monde, 11 septembre 2013 : http://bit.ly/18QTVbK

Il faut être sacrément naïf pour croire encore qu’il sortira quelque chose de bon (pour l’environnement) de la loi sur la fameuse (et fumeuse) « transition énergétique ». De toute façon, le projet de loi est repoussé à 2014, et est devancé par le plan « éco-industriel » de ce gouvernement devenu fou.

Nous avons déjà vu que le fer de lance de l’ « écologie » à la sauce hollandaise se présente sous la forme d’une batterie pour voitures électriques, mais ce n’est là qu’une part infime de ce qui nous est promis ! L’article du Monde donne un aperçu du « bonheur » qui va nous être offert (disons plutôt « infligé »), dans l’espoir vains de faire revenir la sacro-sainte « croissance » qui a déserté nos sociétés « modernes ».

Notons par exemple les biocarburants et les biotechnologies (attention au préfixe « bio » parfaitement trompeur), réseaux électriques « intelligents » (il est exact que le réseau actuel, basé sur la production nucléaire, est stupide. Mais gare à la prétendue « intelligence » à venir), chimie « verte » (pouah !), nanotechnologies, objets connectés, cybersurveillance (oups : dire « cybersécurité » !), etc.

Sans oublier la célèbre famille « Dufutur » : usines « du futur », TGV « du futur », avions électriques « du futur » (appelés aussi « de nouvelle génération »), etc. Estimé à environ 3,5 milliards d’euros d’argent public, ce programme (de la « dernière chance d’après La Tribune : http://bit.ly/19KzdeA ) se déclinera en 34 projets... tous dirigés par des patrons du secteur privé : eux, il savent quoi faire de l’argent public !

Confrontée à ce programme gouvernemental de destruction de notre environnement, de notre santé et de nos libertés, la ministre Cécile Duflot a envisagé pour la 849ème fois de démissionner... et puis non, ce n’est pas encore pour cette fois !

Centrales nucléaires : en route pour les 50 ans... heu, bon, on verra...

Comment EDF prépare le financement du démantèlement de ses réacteurs nucléaires
Actu-envir, 4 septembre 2013 : http://bit.ly/15X5jUu
Comment EDF va prolonger la durée de vie des réacteurs nucléaires
Les Echos, 23 septembre 2013 : http://bit.ly/15kxaec
Selon l’ASN, la France ne doit pas compter sur ses réacteurs nucléaires au-delà de 40 ans
Usine nouvelle, 4 octobre 2013 : http://bit.ly/17AptEs

Vendre de l’électricité nucléaire est une activité rentable... lorsqu’on a pu faire payer la conception et une partie de la construction des réacteurs par l’argent public, comme c’est le cas en France. Par contre, démanteler ces réacteurs coûte très cher et de donne pas d’électricité à commercialiser.

Du coup, vous l’avez compris, les businessmen qui dirigent EDF ne sont pas très intéressés à financer le futur démantèlement des 58 réacteurs encore en service (sans parler de la petite dizaine déjà arrêtés). Aussi a-t-il été décidé de verser, au « pot » du démantèlement, des actifs de... RTE, le Réseau de transport d’électricité : principalement les lignes THT et les 20 000 pylônes qui les supportent (et défigurent la France bien plus que quelques milliers d’éoliennes, mais c’est un autre débat).

En résumé, le jour où il faudra payer le démantèlement, il « suffira » de vendre des lignes THT. A qui ? Forcément à l’Etat pointe la Cour des comptes. Il s’agit donc d’une arnaque, un subterfuge d’EDF pour ne pas financer le démantèlement.

Mais l’électricien national a une autre carte dans sa manche : pour ne pas payer le démantèlement, il suffit... de ne jamais fermer les réacteurs ! Il suffisait d’y penser. Du coup, on nous annonce une durée de vie de 50 ans, et même de 60. Il serait inouï qu’une ou plusieurs de ces antiquités n’explosent pas entre temps et, d’ailleurs, l’Autorité de sûreté (ASN) elle-même commence à s’inquiéter... et tente même de refroidir les ardeurs d’EDF : à ce jour, la France ne doit pas compter sur des réacteurs allant au delà de 40 ans.

De tout évidence, il y a des gens à l’ASN qui ne veulent pas rester dans l’Histoire comme des gugusses coupables de quelques Fukushimas français. Nous avons déjà pointé la fausse indépendance de cette « Autorité » (cf par exemple http://bit.ly/TcrXje ), mais peut-être la donne va-t-elle changer dans le contexte de la catastrophe de Fukushima ?

En tout cas, il ne faudrait pas oublier qu’une seule mesure relève de la sûreté nucléaire : fermer au plus vite et définitivement toutes les installations atomiques ! Cela permettrait d’ailleurs au passage de se poser vraiment la question du financement du démantèlement, par exemple en reprenant aux « grands PDG » les lourdes sommes qu’ils nous ont littéralement volées (car ce qui est légal n’est pas forcément honnête !)

Démantèlement : y’a pas le feu au lac !

Grande-Bretagne : début du démantèlement de l’usine nucléaire accidentée... en 1957 !
The Independant, 6 septembre 2013 : http://ind.pn/18AHy3o
Superphénix : 14e année de démantèlement
France bleu, 30 septembre 2013 : http://bit.ly/1b3j6JL

Quand nous affirmons que les nucléocrates ne sont pas pressés de démanteler leurs infâmes installations atomiques, nous avons sous le coude quelques « jolis » exemples. C’est la cas de l’usine britannique de Winscale, gravement accidentée en 1957, et renommée ensuite (Sellafield) pour faire oublier les graves contaminations qui ont eu lieu (cf extrait de « L’insécurité nucléaire » : http://bit.ly/1b3m2WT ).

1957-2013 : c’est donc 56 ans après le début du drame que les britanniques envisagent de commencer le démantèlement. Rapporté à Fukushima, cela donne un début des opérations en 2067. Le nucléaire, c’est « l’avenir », et de l’emploi pour les générations futures. A condition de survivre aux radiations, bien sûr... Finalement, il va peut-être falloir féliciter EDF pour sa « rapidité » concernant le surgénérateur Superphénix, arrêté en 1998 après une carrière plus que chaotique : on en est déjà à 14 ans de démantèlement : plus que 17 ans et ce sera (peut-être) fini.

Mais, ayant échoué (de peu) à faire tout exploser, le lobby atomique français va retenter sa chance avec un nouveau Superphénix, cette fois baptisé « Astrid » pour faire croire à un nouveau machin (cf http://bit.ly/17bKlij ). Si la chance permet d’éviter l’explosion, il est sûr par contre que la facture de démantèlement sera tôt ou tard au rendez-vous...

Iter / Fusion nucléaire : plus ça va, moins ça va...

Les membres d’Iter réaffirment sur le site leur engagement dans le projet
AFP, 6 septembre 2013 : http://bit.ly/13nqhea
Nucléaire : Iter tente de se donner une nouvelle impulsion
Les Echos, 9 septembre 2013 : http://bit.ly/18MA1i7
Iter : premier convoi hors normes sur la route
France3, 15 septembre 2013 : http://bit.ly/192N3H5

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Nous avons régulièrement évoqué le cas de ce pauvre projet Iter concernant la fusion nucléaire. Lassés d’échouer depuis 50 ans, les « grands pays nucléarisés » (USA, Russie, Japon, Chine, etc, et la France sous couvert de l’Union européenne) se sont unis pour... échouer encore.
Non seulement le coût du projet a littéralement explosé (16 milliards au lieu de 5, en attendant la suite !), mais il est désormais certain que l’échec technologique sera encore au rendez-vous.

D’ailleurs, la ministre de la Recherche (fournie clé en main à Hollande par le Commissariat à l’énergie atomique), la regrettable Geneviève Fioraso, avoue : « Tous les verrous qu’on va faire sauter serviront pour la science et l’industrie. ». Traduction : Iter va foirer, mais on trouvera des choses au passage. Un peu comme Fukushima « permet d’améliorer la sûreté nucléaire ». Génial.

En attendant de "trouver des choses", un premier convoi test a été organisé sur l’itinéraire "grand gabarit", construit spécialement pour transporter les pièces du futur réacteur, itinéraire qui balafre et défigure une partie de la Provence...

Rions un peu...

L’avocat (putschiste) de Sortir du nucléaire travaille aussi pour les anti-éoliens !
AFP, 29 août 2013 : http://bit.ly/16hIHhC
Phys.org, 29 août 2013 : http://bit.ly/19Qda77
Sur ce coup, on rit jaune : même les atomistes anglo-saxons se régalent sur leur site web Phys.org : « French court rejects planned wind farm near Mont Saint Michel ».

Nucléaire : une vidéo pour bien rire avant d’être irradié
Video « Minute-papillon » : http://bit.ly/1edrgoa
Cette fois, on rit de bon coeur...

Deux documentaires TV (et un radio) sur le nucléaire : le jour et la nuit

Nucléaire - Documentaire sur France2 : pas de « grande explication »
Observatoire du nucléaire, 10 sept 2013 : http://bit.ly/1gjwhKo
Nucléaire - Documentaire sur France3 : enfin la vérité !
France3, 4 octobre 2013 : http://bit.ly/1bHniQk (à voir en ligne)
Radio : « La France nucléaire »
France-Culture, 5 octobre 2013 : http://bit.ly/17868r1 (à écouter en ligne)

Annoncé par France 2 comme un événement, le documentaire diffusé le 10 septembre devait enfin donner lieu à « la grande explication » sur le nucléaire. Au lieu de cela, un exercice soigné (rien à dire sur ce plan), pas inintéressant, mais finalement vain : des arguments « pour », des arguments « contre », et le téléspectateur-citoyen pouvait aller se coucher sans avoir avancé d’un pouce.

Tout au contraire, quelques jours plus tard, sur France3 cette fois, le documentaire « Nucléaire, exception française » mettait les pieds dans le plat. Tout aussi professionnel sur la forme, il décrivait par contre sans concessions la façon dont le nucléaire a été imposé en France, par la violence, le mensonge, la corruption des consciences par les sommes inouïes déversées sur les villages choisis pour recevoir les centrales, etc. Un document « antinucléaire » ? Non, il a seulement dit la vérité...

Signalons au passage une autre excellente émission, de radio cette fois (sur France-culture), avec Sezin Topçu, chargée de recherche CNRS, auteur de "La France nucléaire. L’art de gouverner une technologie contestée". Là aussi, la vérité crue sur le nucléaire.


Prochaine revue de presse, concernant Octobre 2013, dans un petit mois !

Si vous êtes en région parisienne, notez aussi le rassemblement à 12h30
devant le Tribunal de Paris le 20 décembre, avec la Compagnie Jolie môme :

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