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Publié le 4 avril 2016

Revue de presse - Janvier/Février/Mars 2016

Avertissement : modeste conseiller municipal de la charmante commune de Saint-Macaire (Gironde), votre Observateur du nucléaire préféré se retrouve depuis plusieurs mois impliqué "à l’insu de son plein gré" dans la lutte citoyenne contre les compteurs communicants.
Heureusement, pendant ce temps, EDF et Areva s’occupent elles-mêmes de s’autodétruire. Notez toutefois que le projet de compteur communicant et malfaisant Linky a aussi pour objet de lisser les pointes de consommation qui constituent une des failles les plus importantes de l’option "nucléaire+chauffage électrique" imposée en France...
Pour en savoir plus : http://refus.linky.gazpar.free.fr

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Janvier-Février-Mars 2016
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Durée de vie des centrales françaises : un Royal délire

Ségolène Royal « prête » à prolonger de 10 ans les centrales nucléaires
Le Monde, 28 février 2016 : http://bit.ly/1QmMxxc
Propos de Mme Royal : commentaires de l’Observatoire du nucléaire
BfmTv, 28 février 2016 : http://bit.ly/1RmKHwZ
I-Télé, 28 février 2016 : http://bit.ly/23ePXGY

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Un beau dimanche d’hiver, Madame Royal ne savait que faire, aussi elle estima judicieux de déclarer qu’elle était prête à prolonger de 10 ans la durée de vie des centrales nucléaires françaises. Il n’en fallait pas plus pour que, au lieu de se reposer, votre Observateur du nucléaire préféré passe l’essentiel de son dimanche à répondre à d’innombrables interviews : 4 télés et plus de 10 radios...

En substance : les paroles de Mme Royal ont un intérêt compris entre zéro et rien, car les seuls critères vont être le délabrement des centrales et la capacité (ou plutôt l’incapacité) d’EDF a financer leur rafistolage. Nous pouvons d’ores et déjà prédire la fermeture de dizaines de réacteurs d’ici 10/15 ans, non pas du fait du moindre courage politique (matière première totalement épuisée) mais de par le principe de réalité.

La seule inconnue est le nombre d’accidents nucléaires que nous subirons entre temps (sauf si nous parvenons à faire stopper à temps ces machines infernales) et leurs conséquences...

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EPR britannique : l’Observatoire du nucléaire avait (encore !) vu juste

Confidentiel : EDF s’engage à assumer les risques financiers des EPR britanniques
Jdd, 27 mars 2016 : http://bit.ly/1VrdqSE
Hinkley Point-EDF assumerait plus de risques que CGN
Reuters, 27 mars 2016 : http://bit.ly/22FM5lF
EPR en Grande-Bretagne : EDF assumera les pertes en cas d’échec (probable)
Rappel Observatoire du nucléaire 20 octobre 2015 : http://bit.ly/1KG7Z98

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Énorme "scoop" du JDD ce 26 mars, relayé en force par l’agence Reuters et repris par de nombreux médias : « EDF aurait accepté de prendre en charge les risques financiers et surcoûts potentiels de son partenaire chinois CGN dans le projet de construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point, en Grande-Bretagne »

Un « détail » toutefois, l’information avait été révélée 5 mois plus tôt par l’Observatoire du nucléaire : « Si les Chinois sont disposés à financer 30% du projet, ce sont par contre 100% des risques qui seront assumés par EDF, c’est-à-dire in fine par les citoyens français ». Mais il est vrai que des informations aussi cruciales ne sauraient être révélées par de vulgaires "activistes"...

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Cuve du réacteur EPR : on verra plus tard (ou jamais !)

Cuve de l’EPR : l’Autorité de Sûreté repousse sa décision
Tendance-Ouest, 25 mars 2016 : http://bit.ly/1LStLOD
Pourquoi les tests sur la cuve de l’EPR prennent plus de temps que prévu ?
France3, 25 mars 2016 : http://bit.ly/1UQLloN
Cuve de l’EPR : l’Observatoire du nucléaire dénonce un arrêté "sur-mesure" pour EDF
Observatoire du nucléaire, 7 janvier 2016 : http://bit.ly/1ZFHb2F

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Du neuf concernant les cuves ratées (par Areva) des EPR de Flamanville et de Taishan (Chine). Au lieu de donner son verdict à la mi-2016, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) se prononcera fin 2016 ou début 2017. Pour mémoire, alors que les cuves sont objectivement défaillantes et légalement inutilisables, l’Observatoire du nucléaire estime que l’ASN, sur ordre d’EDF et des autorités françaises, va trouver des subterfuges pour les valider tout de même.

Ce sera quelque chose du genre « Oui bon, heu, c’est vrai que ces cuves présentent des zones de faiblesse mais, par chance, ces zones devraient être parmi les moins sollicitées lors du fonctionnement du réacteur, donc on peut considérer que ça devrait bien se passer ».

Au besoin, l’ASN « exigera » d’EDF qu’elle ait à sa disposition en permanence de l’eau tiède pour, si nécessaire, l’injecter dans la cuve à la place d’une eau froide qui infligerait un choc thermique trop violent à notre pauvre cuve mal née. La « sûreté nucléaire » est une affaire de bricoleurs...

Cependant, on peut déjà imaginer le scandale causé par une telle plaisanterie. C’est peut-être bien pour cela que l’ASN a repoussé la date de sa décision : avec un peu de chance, de nouvelles malfaçons seront découvertes entre-temps et EDF abandonnera d’elle-même le projet de mettre l’EPR en service, dispensant du coup l’ASN de révéler au grand jour sa soumission aux impératifs industriels. On parie ?

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Et l’EPR de la Finlande, au fait ????

Paris et Helsinki laissent un mois à Areva et TVO pour résoudre leur litige sur l’EPR finlandais
AFP, 20 janvier 2016 : http://bit.ly/1pSuyW2
L’EPR finlandais plombe toujours les comptes d’Areva
Le Monde, 26 février 2016 : http://bit.ly/1OzSlOx

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Pendant ce temps, la Finlande est toujours aux prises avec l’EPR qu’elle a eu la mauvaise idée de commander à la France en 2003. Commencé en 2005, le chantier devait être bouclé à la mi-2009. Nous sommes en 2016 et l’on ne voit toujours pas la fin de cette aventure catastrophique. La seule pièce à peu près correcte est... la cuve car c’est la seule qui n’ait pas été fabriquée par Areva mais sous-traitée à Mitsubishi.

Des procès en justice internationale opposent depuis des années Areva et l’exploitant finlandais TVO tant et si bien que, en janvier 2016, Paris et Helsinki ont laissé un mois aux deux entreprises pour « résoudre leur litige ». Le mois est passé, largement, et... personne n’a aucune nouvelle de l’affaire.

De toute façon, l’industrie papetière finlandaise (autrefois très consommatrice d’électricité, et impliquée dans la commande de l’EPR) est désormais sinistrée et le coût de l’électricité renouvelable baisse continuellement : les Finlandais n’ont plus vraiment besoin de l’EPR et se contenteraient de (lourds) dédommagements : les impôts des citoyens de France doivent bien servir à quelque chose, non ?

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Rejets délibérés de plutonium dans la Loire : confirmation

L’accident de Saint-Laurent-des-Eaux à l’origine de rejets de plutonium dans la Loire
Actu-environnement, 17 mars 2016 : http://bit.ly/1PelsHh
Rappel : déposition de l’Observatoire du nucléaire
France3, août 2015 : http://bit.ly/1ofbQGl
Rappel : Spécial investigation (Jean-Baptiste Renaud)
Canal plus, 25 mai 2015 : http://bit.ly/1XWKroN

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Pour mémoire, le 25 mai 2015, le magazine « Spécial investigation » révélait que EDF avait délibérément rejeté du plutonium dans la Loire pendant des années suite à l’accident nucléaire survenu en 1980 à la central de Saint-Laurent-les-Eaux.

Des rejets accidentels sont déjà intolérables mais là ils étaient volontaires (et secrets bien sûr), pour cacher la gravité de l’accident survenu : fusion partielle du coeur. N’écoutant que son courage, et fort de sa récente victoire contre Areva (rappel : http://bit.ly/1hVSOSQ ), l’Observatoire du nucléaire porta immédiatement plainte contre EDF et fut entendu par les experts de la Gendarmerie, membres de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp).

Neuf mois plus tard, l’IRSN publie un rapport sur l’affaire et, selon Actu-environnement, « ne se prononce pas sur le caractère volontaire des rejets de plutonium dans la Loire (...) mais apporte des éléments faisant apparaître des niveaux "anormalement élevés" de plutonium dans des prélèvement d’eau effectués entre 1980 et 1983, ce qui pourrait appuyer l’hypothèse des rejets successifs de plutonium suite à l’accident de 1980. »

Bigrement intéressant ! Pour notre part, nous avons une petite idée sur le « caractère volontaire des rejets de plutonium dans la Loire » : on se demande bien pourquoi EDF, entreprise habituée à bafouer la démocratie et l’environnement, se serait privée de ce petit plaisir ! Reste à savoir où en est l’enquête des experts gendarmes, et si le Parquet souhaitera poursuivre les responsables-coupables...

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Nucléaire français : la catastrophe arrive...

Le cri d’alarme de l’ASN sur le nucléaire français
Usine nouvelle, 20 janvier 2016 : http://bit.ly/1ZMXGxH
ASN : « Un accident de type Fukushima peut survenir en Europe »
Libération, 3 mars 2016 : http://bit.ly/1p3QxsN
EDF au bord de la rupture selon FO qui s’adresse au président
AFP, 20 janvier 2016 : http://bit.ly/1ofmXz0
Electricité : la chute des prix complique encore la donne pour EDF
Les Echos, 26 janvier 2016 : http://bit.ly/1nOCW7A
70 pages de défauts : le rapport allemand qui fusille Cattenom
Luxemburger Wort, 26 février 2016 : http://bit.ly/1n1K0g8
Genève dépose une plainte contre la centrale nucléaire française du Bugey
Le Monde, 2 mars 2016 : http://bit.ly/1REcfcO
Fessenheim « devrait être fermée le plus vite possible » selon Berlin
AFP, 4 mars 2016 : http://bit.ly/1QvAXju

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Voyez un peu ça : le Président de l’Autorité de sûreté nucléaire annonce à qui veut l’entendre qu’une catastrophe nucléaire est possible : il est bien placé pour la voir venir... et a tout intérêt à se « couvrir », sur le thème de « Je vous l’avais bien dit » !

Les syndicats, même les plus pronucléaires, disent que EDF est « au bord de la rupture » ce qui est confirmé par la chute sans fin du prix de l’électricité en Europe, qui rend le nucléaire plus déficitaire que jamais.

Enfin, nos voisins - Suisse, Allemagne, Luxembourg - sont plus alarmés que jamais et lancent des procédures pour faire fermer les centrales que la France a gentiment installées près des frontières, en particulier Bugey (Ain), Fessenheim (Haut-Rhin) et Cattenom (Moselle).

En résumé, la catastrophe nucléaire arrive, menace, gronde, tonne, mais nos « élites » ne voient rien, n’entendent rien... mais parlent par contre : « le nucléaire est grand, beau, fort, pas cher, etc... ».

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Déchets radioactifs : effondrement d’un site prévu pour des millénaires !

Éboulement à Bure : un mort et un blessé léger
Vidéo France3, 26 janvier 2016 : http://bit.ly/1RyhX39
Pour l’abandon du projet et un plan urgent de fin du nucléaire
Observatoire du nucléaire, 26 janvier 2016 : http://bit.ly/1Sp4lHr

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Une bande d’incapables, grassement rémunérés avec l’argent de nos impôts, assure pouvoir construire un site souterrain pour y entreposer « en toute sécurité » pendant des millénaires les déchets radioactifs les plus dangereux.

Ces zozos, regroupés dans l’Agence pour la gestion des déchets radioactif (Andra), construisent à Bure dans la Meuse un « laboratoire » censé démontré la validité de leurs thèses. Résultat, moins de dix ans après le début de ce projet, une galerie souterraine s’effondre, tuant au passage « un technicien de la société Eiffage, âgé de 42 ans, qui travaillait depuis plusieurs années à Bure sur le site de l’Andra ».

Pourtant, après avoir tué un des leurs, et s’être totalement ridiculisés, les « responsables » de cette mascarade continuent à affirmer que leur site d’enfouissement tiendra le coup pendant des millénaires. Y croient-ils eux-mêmes ?

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Courrier international réalisé sous l’emprise de la drogue !

Effondrement du nucléaire dans le monde
Observatoire du nucléaire, 10 mars 2016 : http://bit.ly/1q9T4BG
Faillite du nucléaire en France
Observatoire du nucléaire, 7 mars 2016 : http://bit.ly/1Sp0Pgv
« La déferlante nucléaire », dossier rédigé sous l’emprise de la drogue
Courrier international, 10 mars 2016 : http://bit.ly/1Sp1uOL
Rappel d’un précédent délire : « Nucléaire, le grand retour »
Courrier international, février 2009 : http://bit.ly/1UQJuAl

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Tenez-vous bien : alors que l’industrie nucléaire mondiale se désagrège irrémédiablement, et qu’elle est submergée par l’avènement des énergies renouvelables, quelques individus louches (probablement pas des journalistes) de Courrier international ont titré à la Une « La déferlante nucléaire », en affirmant sans rire que « 5 ans après Fukushima, le monde construit toujours plus de réacteurs ».

Certes, ce magazine ne fait que compiler des articles glanés ici où là, mais en l’occurrence, la Une et l’introduction sont bien de Courrier international dont ce numéro, du moins le dossier sur le nucléaire, a probablement été réalisé sous l’emprise de la drogue.

En effet, avant d’écrire, le moindre journaliste stagiaire aurait pris connaissance de la dépêche AFP du 2 octobre 2015 relatant les annonce de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) : « D’ici 2020, plus de 700 gigawatts de nouvelles capacités vertes seront installés, soit l’équivalent de 700 réacteurs nucléaires ».

Or, à Courrier international, on s’émerveille de ce que « 66 réacteurs nucléaires sont en chantier dans le monde ». Sachant qu’il faut au bas mot 15 ans pour en construire un (à supposer que le chantier arrive un jour à son terme, contrairement aux « exploits » d’EDF et Areva !), l’avancée des énergie renouvelables est environ 35 fois celle de l’atome !

Et encore, le mot « avancée » est bien mal indiqué pour le nucléaire puisque, dans le même temps, de nombreux réacteurs arrivés en fin de vie ou définitivement non-rentables sont mis au rebut. Pour mémoire, la part du nucléaire dans l’électricité mondiale est passée de 17% en 2001 à 9% à ce jour, chute libre en cours. On se demande donc bien où les plaisantins de Courrier international ont vu une « déferlante nucléaire »...

Pour mémoire, cet étrange magazine s’était déjà ridiculisé en 2009 en titrant « Nucléaire, le grand retour », phénomène hallucinogène jamais détecté à l’époque et encore moins deux ans plus tard avec la fusion de trois réacteurs à Fukushima. Mais bon, disons que le droit de publier n’importe quoi fait partie de la liberté de la presse.

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