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Publié le 28 juillet 2016

Malgré le vote absurde du Conseil d’administration d’EDF

Les réacteurs EPR annoncés en Grande-Bretagne ne seront pas construits

- Jeu de dupe entre EDF et Londres à propos d’un projet « perdant-perdant »
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- Personne ne veut prendre la responsabilité d’une annulation… espérée par tous
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- Paris et Londres doivent négocier une annulation et le partage équitable des pertes

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Malgré le vote du CA d’EDF de ce jour, et comme il l’a fait avec constance depuis le lancement du projet il y a plusieurs années, l’Observatoire du nucléaire maintient que les réacteurs EPR annoncés à Hinckley Point (Grande-Bretagne) ne seront jamais construits.

Tout au plus, en engageant de façon irresponsable des milliards d’euros qui ne lui appartiennent pas et qui seront perdus pour les citoyens français, le Président d’EDF peut-il espérer quelques travaux de terrassement avant que le chantier ne soit définitivement arrêté, probablement du fait de la faillite de l’électricien français, déjà actuellement au bord du gouffre.

En réalité, le projet Hinckley Point est tellement absurde sur les plans industriels et financiers que les deux acteurs principaux, EDF et Londres, seront l’un et l’autre lourdement perdants si les réacteurs sont réellement construits :

  • EDF devra payer des pénalités incommensurables du fait des inévitables années de retard que le chantier ne manquera pas de prendre, sans parler de l’explosion du coût du chantier lui-même
  • Une fois les réacteurs en service (hypothèse d’école), l’électricité produite sera tellement chère que, en vertu de l’accord insensé « contract for difference » accordé par M Cameron à EDF pour la durée inouïe de 35 ans, Londres devra verser des sommes gigantesques à EDF… si l’entreprise française n’a pas coulé entre temps.

Notons d’ailleurs que, Brexit ou pas, le problème reste entier : si le Royaume-Uni restait finalement dans l’Union européenne, cet accord relevant d’un incroyable dumping serait assurément annulé par la justice européenne. Et si le Brexit est effectivement mis en œuvre, les conséquences financières et administratives seront absolument insolubles pour mener à bien le projet.

Londres et Edf sont désormais conscients que le projet d’Hinckley Point est une dramatique erreur, chacun en espère l’annulation… mais personne ne veut en prendre l’initiative de peur de devoir lourdement indemniser l’autre partie. Sans oublier le troisième larron chinois qui a négocié en position de force et court comme seul « risque » de devoir… être lui aussi grassement dédommagé.

La seule solution, pour limiter autant que faire se peut la catastrophe financière, est que Paris et Londres annoncent conjointement l’annulation du projet et se partagent équitablement les pertes. Il est hélas probable que, une fois de plus, les « élites » qui sévissent tant en Grande-Bretagne qu’en France s’entêtent et aggravent encore la situation.

Il faudra bien que, tôt ou tard, les peuples concernés s’organisent pour récupérer leurs milliards et prendre les mesures nécessaires pour cesser d’être dépouillés par les délinquants en cols blancs.

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