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Publié le 26 octobre 2016

Industrie nucléaire – Falsifications au Creusot : l’Autorité de sûreté nucléaire fait partie des coupables

L’Observatoire du nucléaire rappelle qu’il a déposé plainte devant le procureur de Chalon-sur-Saône dès le 4 mai 2016 et que l’Autorité de sûreté nucléaire fait partie des coupables de cette affaire tentaculaire.

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L’ASN n’a pas vu les falsifications d’Areva au Creusot... depuis 1965 !

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Mardi 25 octobre, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a été entendue à l’Assemblée nationale par le très nucléophile Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques (OPECST) à propos de l’affaire des pièces nucléaires mal réalisées par Areva dans ses usines du Creusot et couvertes par des certificats de sûreté falsifiés.

A cette occasion, l’ASN a annoncé saisir à son tour le Procureur de la République, semblant se placer d’elle-même du bon côté du prétoire, ce qui est totalement contestable.

En effet, l’Observatoire du nucléaire rappelle que ce ne sont pas seulement les entreprises Areva et EDF qui sont coupables dans cette affaire : depuis 1965, l’ASN (et les structures qui l’ont précédée) n’a donc – au mieux - rien vu de ces milliers de fautes industrielles et de ces nombreuses falsifications documentaires.

Une telle incompétence et une telle cécité sont-elles plausibles ? Comment écarter l’hypothèse d’une coupable complicité de la part de l’ASN qui, dans « l’intérêt supérieur » de l’industrie nucléaire, aurait délibérément couvert ces graves fautes et ces falsifications ?

Pendant des décennies, les citoyens ont été trompés par les dirigeants industriels et politiques qui leur ont vanté une industrie nucléaire française « à la pointe de la technologie », « que le monde entier nous envie », surveillée par l’Autorité de sûreté « la plus compétente et la plus stricte qui soit »...

Ces discours mensongers ont hélas été relayés sans le moindre recul par certains médias qui sont donc en partie responsables de la situation inouïe dans laquelle se trouve aujourd’hui la France : un parc nucléaire en véritable état de délabrement, des dizaines de réacteurs contenant un nombre inconnu de pièces défectueuses, une Autorité de sûreté prise en flagrant délit d’incompétence ou de complicité, et EDF qui continue à faire sa loi en décidant elle-même du calendrier d’arrêt des réacteurs devant subir des vérifications.

Qui plus est, ces vérifications sont opérées par… EDF et Areva, sous le contrôle de… l’ASN  : comment accorder le moindre crédit à ces vérifications réalisées par ceux-là même qui ont triché, rien vu ou rien dit ? Il est nécessaire que des experts étrangers et indépendants soient missionnés pour surveiller l’ensemble de ces opérations.

Hélas, le personnel politique français est une fois de plus complice des turpitudes de l’industrie atomique puisque l’on n’entend quasiment aucun « responsable » s’exprimer sur cette affaire pourtant gravissime qui devrait d’ailleurs faire tous les soirs la Une des JT de 20h au lieu d’être traitée épisodiquement et entre la météo et la bourse.

L’Observatoire du nucléaire entend que sa plainte lui permette d’accéder dès que possible au dossier et souhaite que la justice fasse la preuve de son indépendance en établissant dans cette affaire les multiples responsabilités et complicités, et en décidant des sanctions les plus lourdes.

Plus généralement, les citoyens de France et d’au-delà (on sait depuis Tchernobyl que les nuages radioactifs ne s’arrêtent pas aux frontières) ne doivent plus accepter de laisser leur sécurité entre les mains de l’industrie nucléaire dont il est définitivement avéré qu’elle navigue entre incompétence et escroquerie.

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