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Publié le 17 octobre 2016

Japon - Un antinucléaire élu gouverneur de la région de la plus grande centrale nucléaire du monde

L’autorisation du gouverneur est requise pour la remise en service des réacteurs arrêtés depuis Fukushima !

Cette information de la plus haute importance ne fait hélas pas la Une des médias en France, et l’AFP elle-même ne l’évoque que pour en signaler ses lourdes conséquences... sur le cours en bourse de Tepco, le maudit propriétaire de la centrale nucléaire de Fukushima et d’autres centrales comme, précisément, celle de Kashiwasaki.

Rappelons que cette centrale avait été sérieusement bousculée par un important séisme en juillet 2007 et que votre Observateur du nucléaire préféré, présent sur le plateau de "C dans l’air" (France 5), avait expliqué (curseur à 20 min 30s) qu’il fallait fermer d’urgence et définitivement au moins 20 réacteurs au Japon si l’on voulait éviter un nouveau Tchernobyl. Avertissement bien sûr non pris en compte, et, trois ans plus tard, c’était Fukushima.

Il est à noter que, suite au séisme de 2007, l’Agence internationale pour l’énergie atomique avait dépêché une mission dirigée par le français Philippe Jamet, haut dirigeant de l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN). Mais le rapport publié s’était contenté de quelques recommandations anodines, assurant que les centrales japonaises pouvaient résister à tout évènement sismique ou climatique : une nouvelle démonstration de la "compétence" de l’ASN...

Aujourd’hui, 3 seulement des 54 réacteurs nucléaires japonais sont en service mais le gouvernement de l’ultranationaliste (et ultra pronucléaire) Shinzo Abe use de toutes les pressions pour essayer d’obtenir la redémarrage d’autres réacteurs, malgré l’opposition de la population.

Mais ces réouvertures sont contrecarrées par des décisions de justice ou par le véto de certains gouverneurs régionaux. Voilà pourquoi l’élection de Ryuichi Yoneyama à la tête de la région de Niigata est un coup terrible porté aux projets fous des pronucléaires (et au cours en bourse de Tepco) : ce courageux nouveau gouverneur va refuser la remise en service des 7 réacteurs de Kashiwasaki. Bravo à lui et à ses électeurs.

Sous peu, les trois réacteurs japonais en service devront s’arrêter pour maintenance et, comme ce fut déjà le cas pendant près de deux ans en 2014 et 2015, le Japon fonctionnera à nouveau avec 0% de nucléaire. Or, si 130 millions de Japonais peuvent vivre sans nucléaire, comment prétendre encore que c’est "impossible" pour deux fois moins de Français ? CQFD.

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