Observatoire du nucléaire

— Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire —

Accueil > Communiqués > Rejet de la fermeture de Fessenheim : couru d’avance puisque M. Hollande a (...)

Publié le 6 avril 2017

Rejet de la fermeture de Fessenheim : couru d’avance puisque M. Hollande a offert juste avant les 2 décrets espérés par EDF

C’est la première fois que l’on voit une personne en position
de force abandonner d’elle-même ses moyens de pression…

JPEG - 271.5 ko

L’Observatoire du nucléaire « félicite » François Hollande pour ce qui est probablement la dernière grande déconfiture de son quinquennat, à savoir le rejet par EDF de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim.

Il se trouve que le Président avait toutes les cartes en main pour imposer la fermeture de cette centrale car EDF avait absolument besoin de deux décrets concernant respectivement la centrale de Paluel (Seine-Maritime) et le chantier de l’EPR de Flamanville (Manche). Il suffisait donc à M. Hollande de dire à EDF « Vous votez la fermeture de Fessenheim et je vous donne vos deux décrets ».

Or, de façon sidérante, M Hollande s’est d’abord défait de ses moyens de pression en accordant à EDF les deux décrets attendus avant de dire en substance : « Bon, maintenant, fermez Fessenheim s’il vous plait ».

EDF aurait donc eu bien tort de se gêner. Notons toutefois que M Hollande est connu pour ne pas tenir ses promesses mais pas du tout pour être un idiot, aussi la stupidité de son comportement dans cette affaire ne peut relever que d’une félonie délibérée. M Hollande a donc menti pendant 5 ans, il n’avait en réalité aucune intention de fermer Fessenheim.

Cependant, l’Observatoire du nucléaire rappelle que ce genre de tromperie ne changera pas l’avenir sombre de l’industrie nucléaire française : Areva a fait faillite, EDF suit de près, les chantiers EPR (Finlande et Flamanville) sont désastreux, le scandale des pièces défectueuses et des falsifications n’en est qu’à son début, les réacteurs d’EDF (et pas seulement ceux de Fessenheim) sont dans un état avancé de délabrement…

La seule inconnue, finalement, est de savoir si EDF fermera ses réacteurs avant une catastrophe ou en situation de catastrophe, comme l’a fait le Japon depuis 2011…

Soutenez l'Observatoire du Nucléaire