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Publié le 29 novembre 2012

Débat sur l’énergie : sous l’ombre du dictateur kazakh Nazarbaev…

Tout en parlant de réduire le recours au nucléaire et aux hydrocarbures,
M. Hollande reçoit à l’Élysée le dictateur kazakh pour lui acheter uranium
et pétrole… en oubliant consciencieusement la question démocratique…

Pour prendre la mesure de l’esbroufe que représente le prétendu "Débat national sur la transition énergétique" qui s’ouvre aujourd’hui, il suffit de noter que, le 21 novembre, le dictateur kazakh Nursultan Nazarbaev a été discrètement reçu à l’Elysée par François Hollande.

Il faut dire que le Kazakhstan regorge de ressources naturelles, en particulier de pétrole et d’uranium : c’est là l’explication de l’empressement des dirigeants français à fréquenter M. Nazarbaev, en faisant mine de ne pas savoir que ce dernier, au pouvoir depuis près de 25 ans, impose le culte de sa personnalité et réduit les derniers espaces de liberté qui existent encore dans son pays.

D’ailleurs, le jour même de la rencontre Hollande-Nazarbaev, le parquet général du Kazakhstan, qui est totalement assujetti au pouvoir dictatorial, a annoncé son intention de faire interdire un parti et une trentaine de médias d’opposition.

Le communiqué de l’Elysée (cf http://bit.ly/R0vapq ), d’à peine dix lignes, est un chef d’œuvre de langue de bois : "Les deux Présidents ont évoqué le dynamisme des relations bilatérales, en particulier dans le domaine économique." Rien sur la démocratie, aucun détail sur le business de l’énergie…

On notera la parfaite continuité avec la politique de Nicolas Sarkozy qui s’était rendu à Astana en octobre 2009 et avait reçu Nazarbaev en octobre 2010, ce qui avait déjà été pointé par l’Observatoire du nucléaire (cf Pétrole et nucléaire, Kadhafi et Nazarbayev : même combat).

Les participants au mauvais spectacle du "Débat national sur l’énergie" peuvent bien parler de la prétendue "transition énergétique", la réalité est que la France continue à s’acoquiner avec des dictateurs pour importer et consommer toujours plus de pétrole et d’uranium.

La visite de Nazarbaev était justement l’occasion de se poser quelques questions sur l’approvisionnement du parc nucléaire français : ce dernier est censé relever de l’indépendance énergétique mais 100% du combustible, l’uranium, est importé. Ayant déjà contaminé la France et l’Afrique - en particulier le Niger - avec les mines d’uranium, le lobby de l’atome ne se formalisera pas des ravages causés à l’environnement du Kazakhstan…

D’ailleurs, le lendemain de sa rencontre avec M. Hollande, M. Nazarbaev rencontrait Bernard Bigot, le patron du Commissariat à l’énergie atomique, organisme qui n’a jamais été gêné de coopérer avec des tyrans.
(cf http://en.trend.az/regions/casia/kazakhstan/2091268.html )

Notons enfin que, le 22 novembre, les membres du Bureau International des Expositions (BIE) étaient réunis à Paris pour choisir la ville qui accueillera l’Exposition internationale 2017 : comme par hasard, la gagnante est Astana, capitale du Kazakhstan. La ville belge de Liège, l’autre concurrente, n’avait de toute évidence pas les moyens de "motiver" les votants ( http://bit.ly/UrZzKF ). Le thème de l’exposition sera… "L’énergie du futur". Pétrole et nucléaire au programme…

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