Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

La fable des réacteurs « au THORIUM »

16 novembre 2022 · Stéphane Lhomme

On lit par­fois ici où là que tous les pro­blèmes cau­sés ou ren­con­trés par le nucléaire pour­raient être réglés en uti­li­sant sim­ple­ment du Thorium à la place de l’Uranium. Décryptage d’une fable ridicule…

Le Thorium n’est pas fis­sile (il ne crée pas la réac­tion nucléaire), il est seule­ment fer­tile. Cela signi­fie que la filière nucléaire « au Thorium » est en réa­li­té celle des SURGÉNÉRATEURS de type Superphénix, échec monu­men­tal de l’industrie nucléaire mondiale.

La dif­fé­rence avec Superphénix est que, au lieu de bom­bar­der (avec des neu­trons) de l’Uranium 238 (fer­tile) pour obte­nir du plu­to­nium 239 (fis­sile), on doit bom­bar­der du Thorium 232 (fer­tile) pour obte­nir de l’Uranium 233 (fis­sile)

SAUF QUE ! Sauf que ça fait 50 ans que l’industrie nucléaire mon­diale échoue à faire fonc­tion­ner des sur­gé­né­ra­teurs, avec la filière la moins com­pli­quée (Uranium). Alors ce n’est pas demain matin que ça mar­che­ra avec du Thorium…

De plus, l’Uranium 233 donne tou­jours de l’Uranium 232, un com­bus­tible aux radia­tions très éner­gé­tiques et dangereuses.

Enfin, l’Uranium 233 peut lui aus­si être uti­li­sé pour faire des bombes atomiques.

On voit donc que les ver­tus « mira­cu­leuse » de l’option tho­rium ne sont abso­lu­ment pas au rendez-vous. Une fois de plus avec l’industrie nucléaire, beau­coup de bla­bla pour décro­cher des mil­liards d’argent public et faire… de jolies expé­riences assu­ré­ment très inté­res­santes pour les phy­si­ciens… mais pour un résul­tat par­fai­te­ment nul.