Observatoire du nucléaire

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Prétendue relance du nucléaire - Macron passe un peu vite sur un « détail » : le financement !

10 février 2022 · Stéphane Lhomme

Lors de son dis­cours du jeu­di 10 février 2022 à Belfort, le pré­sident de la République Emmanuel Macron a annon­cé, pour par­ve­nir à la construc­tion de nou­veaux réac­teurs nucléaires en France, « un plan mas­sif de plu­sieurs dizaines de mil­liards d’euros », ajou­tant que « l’État pren­dra ses res­pon­sa­bi­li­tés pour finan­cer EDF à court terme et à moyen terme »

M Macron semble avoir oublié un « détail » : depuis l’ouverture du mar­ché de l’énergie, EDF n’est plus qu’un four­nis­seur par­mi des dizaines d’autres. Certes, même si cette part se réduit conti­nuel­le­ment, EDF conserve encore envi­ron les deux tiers du mar­ché fran­çais, mais il n’en reste pas moins vrai que, n’en déplaise à M. Macron, l’Etat fran­çais n’a aucu­ne­ment le droit de finan­cer EDF au détri­ment de ses concurrents.
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Par ailleurs EDF est très gra­ve­ment endet­tée et confron­tée à un « mur » finan­cier : coûts insen­sés des chan­tiers EPR de Flamanville et Hinckley Point, grand caré­nage (finan­ce­ment rui­neux de la pro­lon­ga­tion de vie des réac­teurs actuels, etc), déman­tè­le­ment de la dou­zaine de réac­teurs déjà arrê­tés, etc. L’entreprise EDF est donc dans l’incapacité de finan­cer elle-même la construc­tion de nou­veaux réac­teurs nucléaires.
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Il n’existe donc que deux options après les affir­ma­tions de M Macron à Belfort : soit il s’agit de décla­ra­tions poli­ti­ciennes sans len­de­main, comme c’est sou­vent le cas avec M. Macron. Soit ce der­nier, s’il est réélu, ten­te­ra de réac­ti­ver le défunt plan « Hercule » dans le but de natio­na­li­ser le nucléaire et de le finan­cer mas­si­ve­ment par l’argent public… ce qui est inter­dit par les règles de l’Union européennes.
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De fait, et jusqu’à preuve du contraire, la pré­ten­due « relance du nucléaire » par M. Macron n’a aucune réa­li­té… ce dont on peut bien enten­du se féli­ci­ter car cela évi­te­ra de pla­cer la France en faillite. Pour autant, l’avenir éner­gé­tique du pays reste par­fai­te­ment incer­tain : même avec des pro­lon­ga­tions de durée de vie, les réac­teurs nucléaires actuels vont finir par être arrê­tés et aucune alter­na­tive sérieuse n’est mise en œuvre…