Observatoire du nucléaire

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Annonces de M. Macron : EDF est (bien heureusement) incapable de construire des réacteurs nucléaires

9 novembre 2021 · Stéphane Lhomme

Ce mar­di 9 novembre 2021, M. Macron a annon­cé le pro­jet de relan­cer la construc­tion de réac­teurs nucléaires en France. Or, inca­pable de construire un seul réac­teur - le fameux EPR de Flamanville - EDF ne sau­rait en faire plusieurs !

Lancés res­pec­ti­ve­ment en 2005 par Areva et en 2008 par EDF, les EPR de Finlande et de Flamanville devaient entrer en ser­vice en 2009 et 2012. Nous sommes bien­tôt en 2022 et ces réac­teurs ne sont tou­jours pas ter­mi­nés. Mieux (si l’on peut dire) : ils pré­sentent l’un comme l’autre de graves mal­fa­çons qui peuvent empê­cher leur mise en ser­vice ou ame­ner par la suite à un acci­dent nucléaire.

Mais, sou­te­nu par des irres­pon­sables comme MM Macron, Zemmour ou Bertrand, le lob­by de l’atome vit dans un déni total de cette réa­li­té et croit pou­voir revivre un âge d’or (ou plu­tôt d’uranium) comme au siècle der­nier, quand une soixan­taine de réac­teurs ont été construits en quelques années.
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Or, à l’époque, l’argent cou­lait à flot, EDF était encore un ser­vice public puis­sant et avait (hélas) les com­pé­tences néces­saires pour un tel pro­gramme. Aujourd’hui, Areva a fait faillite et EDF est dans une situa­tion finan­cière catastrophique.

Les EPR devaient être construits en 4 ans et demi pour un coût uni­taire de 2,8 mil­liards (et non 3,3 comme écrit ici où là) or, après 15 à 17 ans de chan­tier, il sont loin d’être ter­mi­né et coûtent pra­ti­que­ment 20 mil­liards cha­cun selon la Cour des comptes.
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Aussi, il est par­fai­te­ment déri­soire et ridi­cule de voir que de pré­ten­dus « res­pon­sables » pré­co­nisent la construc­tion par EDF de plu­sieurs EPR (jusqu’à 10 pour le plai­san­tin Xavier Bertrand).
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Non seule­ment EDF est bien inca­pable de construire et de finan­cer des EPR mais elle n’est pas non plus en capa­ci­té de finan­cer la réno­va­tion des réac­teurs actuels qui, inévi­ta­ble­ment, vont devoir être fer­més les uns après les autres dans les années à venir (en espé­rant que ce soit avant une catas­trophe et non du fait d’une catas­trophe comme au Japon en 2011).
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Au final, sachant qu’il empêche déli­bé­ré­ment le déve­lop­pe­ment de toute alter­na­tive au nucléaire, lequel est néan­moins est ame­né à dis­pa­raître, le lob­by de l’atome condamne la France à l’impasse éner­gé­tique et au désastre finan­cier. Et ce sont bien sûr les habi­tants de France, à com­men­cer par les plus modestes, qui vont être les prin­ci­pales vic­times de cette folie…