Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

C’est l’effondrement de l’industrie nucléaire qui a entrainé un repli momentané du mouvement antinucléaire

10 août 2020 · Stéphane Lhomme

Illustration non retrou­vée dans les archives

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Par Stéphane Lhomme, Directeur de l’Observatoire du nucléaire

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C’est un bien étrange texte qui a été publié le 17 juillet par Le Monde, sous le titre « La lutte contre l’atome ne fait plus recette ». La thèse avan­cée est que le suc­cès des mobi­li­sa­tions pour le cli­mat a ren­du inau­dible le rejet de l’atome, les auteurs sug­gé­rant même que, même si sa situa­tion n’est actuel­le­ment pas flo­ris­sante, l’industrie nucléaire pour­rait fina­le­ment pro­fi­ter de ses émis­sions rela­ti­ve­ment modé­rées de co2 pour trou­ver un nou­veau souffle.

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Passons sur l’idée mépri­sante selon laquelle la lutte anti­nu­cléaire aurait jusqu’alors « fait recette », alors que c’est un enga­ge­ment noble et dés­in­té­res­sé de mil­lions de gens de par le monde depuis des décennies.

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L’article s’ouvre sur une autre inep­tie, laquelle consiste à faire pas­ser Mme Pompili, nou­velle ministre de l’écologie, pour une anti­nu­cléaire radi­cale alors que tout son par­cours, simi­laire à celui de son aco­lyte François de Rugy, a consis­té à sen­tir tour­ner le vent : non pas pour faire fonc­tion­ner des éoliennes mais pour obte­nir de lucra­tifs stra­pon­tins, pas­sant allè­gre­ment d’EELV à la cour de M. Valls puis à celle de M. Macron. Totalement pro­nu­cléaire, ce der­nier sait ne cou­rir aucun risque avec la si « rai­son­nable » Mme Pompili…

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Les auteurs citent ensuite des repré­sen­tants de diverses asso­cia­tions ou mobi­li­sa­tions effec­ti­ve­ment assez peu concer­nées par le nucléaire… ce qui leur per­met d’accréditer à bon compte leur thèse, y com­pris en citant une « mas­sive » mobi­li­sa­tion d’une… cin­quan­taine de mili­tants pro-atomes. Et dire que les mani­fes­ta­tions anti­nu­cléaires ont pen­dant des décen­nies été jugées insuf­fi­santes car ne ras­sem­blant « que » des dizaines de mil­liers de personnes !

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La vraie rai­son de la baisse - réelle - des mobi­li­sa­tions anti­nu­cléaires est tout de même abor­dée dans l’article du Monde, mais évo­quée de façon inci­dente voire conjonc­tu­relle, alors qu’elle est… cen­trale : c’est tout sim­ple­ment l’incroyable effon­dre­ment de l’industrie ato­mique, en France et ailleurs sur Terre.

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Les deux géants mon­diaux du nucléaire, Westinghouse (USA) et Areva (France), ont d’ores et déjà fait faillite, pré­cé­dant seule­ment leurs pairs pro­mis au même sort, à com­men­cer par EDF qui est finan­ciè­re­ment et indus­triel­le­ment dans une situa­tion tota­le­ment désespérée.

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Cette Bérézina en cours ne sera qu’à peine frei­née par la pos­sible construc­tion en Chine de quelques dizaines de réac­teurs : cela peut paraitre impres­sion­nant vu d’ici mais ne consti­tue là-bas qu’une « niche », tota­le­ment sub­mer­gée par les inves­tis­se­ments dans les éner­gies renouvelables.

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Au début des années 2000, des dizaines, voire des cen­taines de réac­teurs étaient annon­cés aux USA où, fina­le­ment, seule une cen­trale est en construc­tion, et avec des retards, mal­fa­çons et sur­coûts que ne renie­rait pas Areva et EDF sur leurs chan­tiers res­pec­tifs et catas­tro­phiques des réac­teurs EPR de Finlande et de Flamanville (Manche).

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Rappelons aus­si le scan­dale inouï des mil­liers de pièces défec­tueuses pro­duites par Areva dans les usines du Creusot, et dont des dizaines sont encore ins­tal­lées dans divers réac­teurs en France et à l’étranger.

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Nous entrons dans une période d’une ving­taine d’années au cours de laquelle les infor­ma­tions concer­nant le nucléaire seront presque exclu­si­ve­ment des annonces de fer­me­tures de cen­trales : la plu­part de celles encore en ser­vice sur Terre approchent de leur fin de vie et sont de toute façon défi­ni­ti­ve­ment non ren­tables, sapées à la fois par le coût expo­nen­tiel des réno­va­tions et mises à jour post-Fukushima et, d’autre part, par l’effondrement du coût des renouvelables.

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C’est dans un étrange paral­lèle avec l’industrie qu’il com­bat depuis des décen­nies que le mou­ve­ment anti­nu­cléaire est en effet aujourd’hui lui-même décli­nant et vieillis­sant, mais aus­si en par­tie décon­te­nan­cé : ce n’est pas qu’il aurait failli ou man­qué l’opportunité de « faire recette », il est tout sim­ple­ment confron­té à la sidé­rante et irré­ver­sible décon­fi­ture de son adver­saire qui, tel le mur de Berlin avant 1989, sem­blait impos­sible à ren­ver­ser mais s’est effon­dré comme un châ­teau de cartes.

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L’engagement anti­nu­cléaire, par­fai­te­ment com­pa­tible et cohé­rent avec les luttes pour le cli­mat, la bio­di­ver­si­té, la jus­tice sociale, etc., va néan­moins res­ter indis­pen­sable pen­dant des décen­nies pour ten­ter d’éviter les désastres pro­mis par la fin de l’industrie ato­mique : outre de nou­velles catas­trophes telles Tchernobyl et Fukushima, encore plus mena­çantes du fait des cen­taines de réac­teurs déla­brés encore en ser­vice, il reste tant à faire à pro­pos du déman­tè­le­ment des ins­tal­la­tions ato­miques et de l’impossible « ges­tion » des déchets radioactifs.

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Qu’elles le veuillent ou non, les jeunes géné­ra­tions vont très vite être bien obli­gées, en sus des mobi­li­sa­tions déjà évo­quées, de reprendre le flam­beau anti­nu­cléaire. C’est bien là la seule vic­toire des ado­ra­teurs de l’atome…

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Le Monde, 17 juillet 2020

« Le nucléaire est deve­nu un péril par­mi tant d’autres » : la lutte contre l’atome ne fait plus recette
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La prio­ri­té don­née à la bataille contre le réchauf­fe­ment cli­ma­tique a fait pas­ser la ques­tion du nucléaire au second plan dans les mobi­li­sa­tions citoyennes.
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Par Nabil Wakim et Sylvia Zappi Publié le 17 juillet 2020 à 05h44 - Mis à jour le 19 juillet 2020 
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Il y a encore peu, la nomi­na­tion de Barbara Pompili à la tête du minis­tère de la tran­si­tion éco­lo­gique sem­blait impen­sable. La dépu­tée de la Somme n’a en effet jamais caché ses convic­tions anti­nu­cléaires, et elle les répé­tait dimanche 12 juillet au Parisien : « J’ai des posi­tions, elles sont connues et elles ne changent pas. » C’est pour­tant le choix qu’a fait Emmanuel Macron en la nom­mant numé­ro deux du gou­ver­ne­ment, pro­vo­quant désar­roi et colère dans le sec­teur nucléaire.
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L’arrivée de l’ancienne élue Europe Ecologie-Les Verts (EELV) comme ministre de tutelle des grands groupes nucléaires fran­çais signerait-elle un chan­ge­ment d’époque dans le pays le plus nucléa­ri­sé du monde ? Ou s’agit-il plu­tôt d’un signal poli­tique sans trop de consé­quences, à deux ans de l’élection pré­si­den­tielle, envoyé à l’électorat éco­lo­giste après la « vague verte » aux municipales ?
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Paradoxalement, cette nomi­na­tion arrive au moment où le débat autour du nucléaire a per­du de son inten­si­té. La prise de conscience de l’urgence cli­ma­tique a dépla­cé le cur­seur : dans les mobi­li­sa­tions, le sujet du nucléaire, pour­tant iden­ti­taire chez les éco­lo­gistes, était absent. « C’est vrai que, dans les marches pour le cli­mat, la lutte contre l’atome n’a pas été iden­ti­fiée comme cen­trale. Le choix a été de se concen­trer sur des mes­sages simples pour que tout le monde puisse s’en empa­rer », relève Elodie Nace, porte-parole d’Alternatiba, l’une des ONG orga­ni­sa­trices de mou­ve­ments citoyens qui a ras­sem­blé des dizaines de mil­liers de per­sonnes en 2018.
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Sous l’impulsion de figures comme Greta Thunberg, le mou­ve­ment inter­na­tio­nal a ciblé les éner­gies fos­siles, comme le char­bon, le pétrole et le gaz, res­pon­sables du dérè­gle­ment cli­ma­tique. Le nucléaire émet, lui, très peu de gaz à effet de serre et ne contri­bue pas au chan­ge­ment cli­ma­tique, même s’il a d’autres impacts sur l’environnement.
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« Un péril par­mi d’autres »
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Le mou­ve­ment anti­nu­cléaire, en paral­lèle, s’est aus­si beau­coup affai­bli. A l’exception des mobi­li­sa­tions autour du centre d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure, il a du mal à se faire entendre. Vieillissant, ses orga­ni­sa­tions his­to­riques ayant tra­ver­sé une crise interne impor­tante, il n’a pas su atteindre les jeunes géné­ra­tions. « En ayant des modes d’action rou­ti­niers et en jouant les experts, le mou­ve­ment s’est cou­pé d’autres publics, les jeunes, les milieux popu­laires ou ruraux », consta­tait ain­si le jour­na­liste Gaspard D’Allens, dans Reporterre en 2017.
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« La trans­mis­sion ne s’est pas faite avec la géné­ra­tion cli­mat. Le nucléaire est deve­nu un péril par­mi tant d’autres dans la sur­vie de l’humanité, peut-être moins pal­pable même que d’autres », recon­naît David Cormand, dépu­té euro­péen EELV.
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Ce reflux est aus­si le fait de la filière nucléaire elle-même, qui fait face à d’importantes dif­fi­cul­tés : les dérives du chan­tier de l’EPR de Flamanville, les batailles entre EDF et Areva, les affaires de fraudes ou la dette abys­sale d’EDF. Une ten­dance qui se reflète au niveau mon­dial : depuis l’accident de Fukushima, au Japon, en mars 2011, l’atome a per­du de son attrait dans la plu­part des pays occi­den­taux, et les nou­veaux pro­jets se sont faits rares.
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L’Allemagne et la Belgique ont déci­dé d’en sor­tir, les Etats-Unis ne construisent plus de réac­teurs. En Europe, seul le Royaume-Uni conti­nue d’y croire – au niveau glo­bal, le nucléaire ne repré­sente que 10 % de la pro­duc­tion d’électricité.
« La filière s’est tirée elle-même une balle dans le pied »
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En France, la filière s’alarme de la per­sis­tance du dis­cours anti­nu­cléaire et accuse les éco­lo­gistes d’être les prin­ci­paux res­pon­sables de la déci­sion de la fer­me­ture de la cen­trale de Fessenheim – une pro­messe de François Hollande, fina­le­ment appli­quée par Emmanuel Macron.
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La loi de 2015 rela­tive à la tran­si­tion éner­gé­tique pré­voyait que la France aurait réduit la part du nucléaire dans la pro­duc­tion d’électricité à 50 % en 2025 (contre 75 % actuel­le­ment). Un texte voté en appli­ca­tion de l’accord entre le PS et les éco­lo­gistes, signé en 2011. A son arri­vée au pou­voir, Emmanuel Macron décide de déca­ler cet objec­tif à 2035, mais pré­voit tout de même de fer­mer douze réac­teurs nucléaires dans les quinze pro­chaines années. Il cesse par ailleurs de finan­cer la recherche sur la 4e génération.
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La baisse des coûts des éner­gies renou­ve­lables a aus­si pous­sé de nom­breux diri­geants à se détour­ner du nucléaire. « La plu­part des membres de la majo­ri­té ne sont pas anti­nu­cléaires, estime un dépu­té La République en marche (LRM) qui connaît bien le sec­teur. Mais ils pré­fèrent miser sur les renou­ve­lables, c’est plus por­teur dans l’opinion. »
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Les dis­cours sur la néces­saire réduc­tion de la consom­ma­tion d’énergie, autre­fois très mino­ri­taires, sont deve­nus la norme dans les scé­na­rios de tran­si­tion. « Le rap­port 100 % éner­gies renou­ve­lables de l’Ademe [Agence de la tran­si­tion éco­lo­gique] et celui du Sénat sur le coût du grand caré­nage [tra­vaux de moder­ni­sa­tion du parc nucléaire] ont fait évo­luer le débat. Avec l’explosion des coûts, la filière s’est tirée elle-même une balle dans le pied », remarque Cécile Duflot, direc­trice géné­rale d’Oxfam.
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Dernière sor­tie en date : le rap­port de la Cour des comptes sur la filière EPR. Publié début juillet, il étrille « la dérive des coûts » et émet des doutes sur la sin­cé­ri­té des esti­ma­tions pré­sen­tées pour les futurs réacteurs.
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A gauche, les men­ta­li­tés poli­tiques ont aus­si évo­lué avec une nou­velle géné­ra­tion d’élus et une prise en compte des impé­ra­tifs éco­lo­giques. Lors de la pré­si­den­tielle de 2017, ce camp était ain­si repré­sen­té par deux can­di­dats (Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon) qui avaient ins­crit la sor­tie pro­gres­sive du nucléaire dans leur programme.
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« Aujourd’hui, aucun can­di­dat à gauche ne pour­ra endos­ser un posi­tion­ne­ment pro­nu­cléaire. La ques­tion de l’atome n’est plus un point d’achoppement et ne se pose plus en bar­rière pour nouer des alliances », sou­ligne Maxime Combes, porte-parole d’Attac. Un sen­ti­ment par­ta­gé par Nicolas Haeringer, char­gé de cam­pagne de l’ONG 350.org : « Dans cette par­tie de l’échiquier, il est en grande par­tie acquis qu’il faut faire moins de nucléaire et le remplacer. »
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« Les poli­tiques ont peur des écolos »
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Les groupes du nucléaire savent qu’ils ont devant eux des années dif­fi­ciles, mais se montrent confiants sur le long terme. « Le fait que le nucléaire ne soit plus au cœur du débat joue en notre faveur », veut croire un patron du sec­teur, pour qui, « sur le cli­mat comme sur l’emploi, on est par­ti­cu­liè­re­ment bien pla­cé ». Dans la filière, où la détes­ta­tion d’EELV et de Greenpeace est très ancrée, « cer­tains se disent que pas­ser un peu sous les radars des éco­los n’est pas une mau­vaise chose : le seul obs­tacle qui se pose à nous, c’est le fait que les poli­tiques ont peur d’eux », ana­lyse un autre repré­sen­tant du secteur.
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Certains espèrent ain­si voir émer­ger une ten­dance d’écologistes pro­nu­cléaire, incar­née par le consul­tant Jean-Marc Jancovici, membre du Haut Conseil pour le cli­mat (HCC), enga­gé de longue date contre le réchauf­fe­ment cli­ma­tique. « Il y a eu ces cam­pagnes de com­mu­ni­ca­tion d’EDF expli­quant que le nucléaire n’émet pas de CO2. Beaucoup de jeunes ne sont pas insen­sibles à ce dis­cours », recon­naît Jean-François Julliard, direc­teur géné­ral de Greenpeace France. Fin juin, une cin­quan­taine de mili­tants des Voix du nucléaire ont fait irrup­tion devant les locaux de l’ONG, dénon­çant la fer­me­ture de Fessenheim comme un « crime cli­ma­tique ». Du jamais-vu dans l’histoire de Greenpeace ! La bataille de l’atome n’est pas encore terminée.