Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Voiture électrique : une communication trompeuse de la part de la direction de l’UFC-Que Choisir

10 octobre 2018 · Stéphane Lhomme

Mercredi 10 octobre 2018, la direc­tion de l’association UFC-Que Choisir a lan­cé une cam­pagne de pro­mo­tion de la voi­ture élec­trique sur la base d’une étude dont les résul­tats sont habi­le­ment pré­sen­tés de façon à lui faire dire… l’inverse de la réalité.

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Note préa­lable : l’Observatoire du nucléaire pré­cise que, s’il cri­tique for­te­ment (et à juste titre) la voi­ture élec­trique, il ne fait pas pour autant la pro­mo­tion de la voi­ture ther­mique (essence ou die­sel) qui est, elle aus­si, une cala­mi­té envi­ron­ne­men­tale et sociale.

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- La direc­tion de l’association UFC-Que Choisir lance, en faveur de la voi­ture élec­trique, une cam­pagne de com­mu­ni­ca­tion par­fai­te­ment trompeuse.

- La direc­tion de l’UFC-QueChoisir col­la­bore avec celle du dis­tri­bu­teur Enedis dans le but de favo­ri­ser le déve­lop­pe­ment indus­triel du duo « comp­teur com­mu­ni­cant Linky / Voiture élec­trique », et ce au détri­ment des inté­rêts des citoyens.

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Ce mer­cre­di 10 octobre 2018, la direc­tion de l’association UFC-Que Choisir a lan­cé une cam­pagne de pro­mo­tion de la voi­ture élec­trique sur la base d’une étude dont les résul­tats sont habi­le­ment pré­sen­tés de façon à lui faire dire… l’inverse de la réa­li­té.
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En effet, c’est seule­ment par le biais des fortes sub­ven­tions publiques (tota­le­ment injus­ti­fiées, cf ci-dessous) dont elle béné­fi­cie que la voi­ture élec­trique est arti­fi­ciel­le­ment ren­due compétitive.
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Cette don­née cru­ciale est certes évo­quée par UFC-QC, mais de façon si déli­bé­ré­ment dis­crète qu’elle passe inaper­çue. Le résul­tat ne s’est pas fait attendre, de nom­breux médias titrent aujourd’hui sur le fait que pos­sé­der une voi­ture élec­trique serait éco­no­mi­que­ment avan­ta­geux, alors que c’est tota­le­ment faux.
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La direc­tion de l’UFC-QC ne triche pas seule­ment sur l’aspect finan­cier mais aus­si sur le plan envi­ron­ne­men­tal, en par­ti­cu­lier sur la ques­tion des émis­sions de CO2, en deman­dant par exemple que soit mis en place « un pro­to­cole de mesures des émis­sions de CO2 et de consom­ma­tion des voi­tures en condi­tion de conduite réelle », ce qui ne peut que pri­vi­lé­gier la voi­ture électrique.
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Or, ce que ne dit pas l’UFC-QC, c’est que la fabri­ca­tion des bat­te­ries d’une voi­ture élec­trique émet en CO2 l’équivalent de 10 à 15 ans d’utilisation d’une voi­ture ther­mique, et ce avant même que la voi­ture élec­trique n’ait par­cou­ru le moindre kilomètre ! (*)
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A cela il faut ajou­ter les très graves consé­quences envi­ron­ne­men­tales et sociales cau­sées par l’extraction des maté­riaux néces­saires à la fabri­ca­tion de ces bat­te­ries, en par­ti­cu­lier les filières du gra­phite et du lithium. Mais il est vrai que ces graves pol­lu­tions sont délo­ca­li­sées : [*la voi­ture élec­trique per­met à des urbains occi­den­taux pri­vi­lé­giés de rou­ler pré­ten­du­ment « propre » tout en pol­luant gra­ve­ment à des mil­liers de kilo­mètres*]. (**)
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Qui plus est, il est tout aus­si injus­ti­fiable de rechar­ger les bat­te­ries avec de l’électricité majo­ri­tai­re­ment nucléaire (comme en France) qu’avec de l’électricité pro­duite par des cen­trales au char­bon : c’est la peste et le choléra.
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Ces graves tares de la voi­ture élec­trique suf­fisent à rendre tota­le­ment injus­ti­fiées les sub­ven­tions publiques mas­sives déployées par l’Etat en faveur des bornes de rechar­ge­ment et de l’achat des voi­tures élec­triques : il est absurde de gas­piller ain­si l’argent public pour rem­pla­cer des voi­ture gra­ve­ment pol­luantes (ther­miques) par d’autres voi­tures gra­ve­ment pol­luantes (élec­triques).
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Cette com­mu­ni­ca­tion trom­peuse de la part de la direc­tion de l’UFC-QC est à rap­pro­cher de sa col­la­bo­ra­tion avec le dis­tri­bu­teur Enedis en faveur du déploie­ment du comp­teur espion Linky, ce qui a déjà valu à l’UFC-QC une condam­na­tion en jus­tice (***).
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Le dis­tri­bu­teur Enedis et sa mai­son mère EDF ont en effet des inté­rêts indus­triels et finan­ciers gigan­tesques à ce que soient déve­lop­pés conjoin­te­ment les voi­tures élec­triques et les comp­teurs Linky, ces der­niers devant ser­vir à régu­ler le rechar­ge­ment d’un parc de bat­te­ries de voi­tures électriques.
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Il a été mon­tré de quelle façon la direc­tion de l’UFC-QC est en affaire plus que trouble avec celle d’Enedis (****), ce qu’illustre son enga­ge­ment objec­tif, au détri­ment de ses propres adhé­rents et des citoyens en géné­ral, en faveur du pro­gramme Linky (qu’elle fait mine de cri­ti­quer… tout en deman­dant son « amé­lio­ra­tion » !) et aujourd’hui de la voi­ture électrique.

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(*) https://www.lemonde.fr/economie/article/2015/10/23/emissions-de-co2-l-impasse-de-la-voiture-electrique_4795636_3234.html

(**) https://reporterre.net/Corruption-pollution-consommation-les-ravages-du-lithium-en-Argentine

(***) https://www.sudouest.fr/2018/01/11/compteurs-linky-que-choisir-perd-son-proces-contre-le-girondin-stephane-lhomme-4101422-4697.php

(****) http://refus.linky.gazpar.free.fr/linky-ufc-que-trahir.htm