Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Projet de construire 6 réacteurs EPR : une plaisanterie alors qu’EDF est incapable d’en construire un seul !

30 août 2018 · Stéphane Lhomme

L’industrie nucléaire mon­diale n’en finit plus de se déli­ter (*), sa part dans la pro­duc­tion d’électricité est pas­sée de 17% en 2001 à 10% à ce jour, et cette chute libre va conti­nuer au fil des nom­breuses fer­me­tures de cen­trales : la plu­part des 400 réac­teurs encore en ser­vice sur Terre sont très anciens et en fin de vie.

Mais, en France, le lob­by de l’atome vit dans un déni total de cette réa­li­té et croit pou­voir revivre un âge d’or (ou plu­tôt d’uranium) comme au siècle der­nier, quand une soixan­taine de réac­teurs ont été construits en quelques années.
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Or, à l’époque, l’argent cou­lait à flot, EDF était encore un ser­vice public puis­sant et avait (hélas) les com­pé­tences néces­saires pour un tel programme.
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Aujourd’hui, la socié­té ano­nyme EDF SA est en qua­si faillite et, de plus, elle se montre inca­pable de construire un seul réac­teur EPR : le chan­tier de Flamanville n’en finit plus de col­lec­tion­ner les mal­fa­çons les plus graves, les retards et les surcoûts.
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Ce réac­teur devait être construit en 4 ans et demi pour un coût de 2,8 mil­liards (et non 3,3 comme écrit ici où là) or, au bout de 11 ans, il est loin d’être ter­mi­né et coûte déjà 4 fois plus, sachant que ce bilan catas­tro­phique n’est en rien définitif.
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Aussi, il est par­fai­te­ment déri­soire et ridi­cule de voir que de pré­ten­dus « experts » pré­co­nisent la construc­tion par EDF de 6 EPR. Et encore, sans rire, ils évoquent là seule­ment « un pre­mier lot ».
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Non seule­ment EDF est bien inca­pable de construire des EPR, que ce soit en France ou en Grande-Bretagne (pro­jet vir­tuel à Hinckley Point) mais la socié­té n’est même pas en capa­ci­té de finan­cer la réno­va­tion des réac­teurs actuels qui, inévi­ta­ble­ment, vont devoir être fer­més les uns après les autres dans les années à venir (en espé­rant que ce soit avant une catas­trophe et non du fait d’une catas­trophe comme au Japon en 2011).
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Au final, sachant qu’il empêche le déve­lop­pe­ment de toute alter­na­tive au nucléaire alors que ce der­nier est ame­né à dis­pa­raitre, le lob­by de l’atome condamne la France à l’impasse éner­gé­tique et au désastre finan­cier. Et ce sont bien sûr les habi­tants les plus modestes qui vont être les prin­ci­pales vic­times de cette folie…
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(*) Faillite d’Areva et de Westinghouse ; désen­ga­ge­ments d’entreprises en Allemagne, au Japon, aux USA ; annu­la­tion de pro­gramme nucléaire en Afrique du Sud, en Tchéquie, ralen­tis­se­ment net en Chine, etc