Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Validation de la cuve défectueuse du réacteur EPR : L’Autorité de « sûreté » nucléaire s’est soumise à EDF

11 octobre 2017 · Stéphane Lhomme

Comme l’a pré­vu de longue date l’Observatoire du nucléaire, l’Autorité de « sûre­té » nucléaire (ASN) s’est fina­le­ment sou­mise aux exi­gences d’EDF et a vali­dé l’utilisation de la cuve du réac­teur EPR en construc­tion à Flamanville (Manche) alors que cette der­nière pré­sente de graves malfaçons.

Outre la carac­tère tota­le­ment irres­pon­sable (et même cri­mi­nel) de cette déci­sion, il s’agit aus­si d’une leçon don­née aux orga­ni­sa­tions pseu­do éco­lo­gistes qui accré­ditent de façon ridi­cule le mythe d’une ASN « intran­si­geante » et « indé­pen­dante », et qui par­ti­cipent même à de cour­toises entre­vues au lieu de se battre bec et ongle contre l’industrie nucléaire et ses séides et cau­tions comme l’est l’ASN.
.
L’Observatoire du nucléaire rap­pelle qu’il a sai­si en réfé­ré (urgence) la jus­tice pour empê­cher l’ASN de vali­der la cuve défec­tueuse : de toute évi­dence, l’ASN s’est pré­ci­pi­tée pour publier sa déci­sion avant le ver­dict judi­ciaire, qui est annon­cé pour le 31 octobre.
.
Pour autant, la juge des réfé­rés est encore par­fai­te­ment en capa­ci­té d’intervenir et d’ordonner par exemple une « remise en état » : sachant que les défec­tuo­si­tés de la cuve ne sont abso­lu­ment pas répa­rables, cette remise en état pour­rait se faire par l’exigence de rem­pla­cer la cuve défec­tueuse par une autre qui soit conforme aux pré­co­ni­sa­tions d’EDF, Areva et de l’ASN.
.
Il est en effet stu­pé­fiant dans cette affaire de consta­ter que, outre les indus­triels de l’atome (habi­tués de ce genre d’« arran­ge­ments »), l’Autorité dite de « sûre­té » nucléaire ne res­pecte même pas ses propres pré­co­ni­sa­tions qui, indu­bi­ta­ble­ment, exigent l’invalidation de la cuve.
.
L’Observatoire du nucléaire attend avec impa­tience la réac­tion de la jus­tice face au véri­table « bras d’honneur » que lui font l’ASN et EDF, et appelle la popu­la­tion fran­çaise et euro­péenne à prendre conscience qu’elle court un ter­rible dan­ger : un réac­teur nucléaire est déjà extrê­me­ment dan­ge­reux lorsque ses élé­ments sont conformes, alors que dire de l’EPR s’il est mis en ser­vice avec une cuve défaillante ?
.
Pour mémoire, les règles de sûre­té pré­sup­posent que la rup­ture de la cuve est « exclue », ce qui ne veut pas dire qu’elle est impos­sible mais qu’elle ne doit sur­tout pas se pro­duire, sous peine d’une catas­trophe au moins com­pa­rable à celle de Fukushima…