Observatoire du nucléaire

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Gouvernement - Le conflit d’intérêt qui n’a pas encore été « soldé » : NICOLAS HULOT et EDF !

22 juin 2017 · Stéphane Lhomme

Alors que MM Ferrand et Bayrou et Mmes Goulard et De Sarnez ont été « exfil­trés » du gou­ver­ne­ment, ce der­nier est tou­jours le lieu d’un conflit d’intérêt par­fai­te­ment injus­ti­fiable mais qui, curieu­se­ment, fait l’objet d’un silence et d’une indul­gence incom­pré­hen­sible tant de la part du per­son­nel poli­tique que de la plu­part des médias.

Illustration non retrou­vée dans les archives

Il s’agit bien enten­du des rela­tions plus que trou­blantes liant le ministre de l’écologie et de l’énergie Nicolas Hulot à l’entreprise EDF qui, depuis plus de 25 ans, est le prin­ci­pal « par­rain » de la Fondation Nicolas Hulot (FNH).

Bien sûr, il nous est expli­qué que, dès son entrée au gou­ver­ne­ment, l’ex-animateur de télé­vi­sion a démis­sion­né de la pré­si­dence de la fon­da­tion qui porte son nom. Mais la ficelle est gros­sière et ne sau­rait convaincre.

En effet, Nicolas Hulot avait déjà opé­ré la même manœuvre en 2011 pour par­ti­ci­per à la pri­maire éco­lo­giste, avant de reprendre la pré­si­dence de sa fon­da­tion une fois son aven­ture poli­tique ter­mi­née. Il est évident que ce sera encore le cas à la fin de son man­dat de ministre d’autant que, contrai­re­ment à 2011, M. Hulot n’a cette fois même pas pris la peine modi­fier le titre de sa fon­da­tion pour en faire reti­rer son nom

Il est par ailleurs notable que la Fondation Hulot et EDF ont fêté leurs 25 ans de « mariage » le 19 mai 2016 (*), en signant à cette occa­sion un nou­veau bail de 3 ans, ce qui signi­fie que, début 2019, EDF pour­ra à nou­veau pro­lon­ger son finan­ce­ment… ou bien y mettre un terme.

De fait, d’ores et déjà, Nicolas Hulot sait que la fon­da­tion qui porte son nom pour­ra être « punie » si, en tant que ministre, il pose quelques pro­blèmes à EDF. Or, il se trouve que des dos­siers explo­sifs sont déjà sur le feu, et en particulier :

- la vali­da­tion de la cuve du réac­teur EPR de Flamanville puis l’éventuelle mise en ser­vice de ce réac­teur : elles néces­si­te­ront certes l’aval de l’Autorité de sûre­té nucléaire, mais aus­si la signa­ture du ministre Nicolas Hulot.

- les comp­teurs com­mu­ni­cants Linky sont impo­sés depuis plu­sieurs mois aux citoyens par Enedis, filiale à 100% d’EDF, avec des méthodes indignes (men­songes, inti­mi­da­tions, menaces) qui néces­sitent l’intervention urgente du ministre avant qu’un drame ne se pro­duise. Or, bien que régu­liè­re­ment sol­li­ci­té, le ministre Hulot reste muet sur le sujet.

Il faut hélas consta­ter que la popu­la­ri­té de Nicolas Hulot, arti­fi­ciel­le­ment construite par le biais des très pol­luantes émis­sions Ushuaia, dif­fu­sées par TF1 (pro­prié­té du trust Bouygues), semble téta­ni­ser la plu­part des diri­geants poli­tiques de tous bords, la majo­ri­té des médias, et même la plu­part des asso­cia­tions dites écologistes.

Le plus énorme conflit d’intérêt du gou­ver­ne­ment Macron-Philippe continuera-t-il à faire l’objet de cette incroyable indulgence ?

(*) https://www.edf.fr/groupe-edf/espaces-dedies/medias/tous-les-communiques-de-presse/la-fondation-nicolas-hulot-pour-la-nature-et-l-homme-et-edf-celebrent-leurs-25-ans-de-partenariat