Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Actualité du nucléaire - Avril-Juillet 2016

30 juillet 2016 · Stéphane Lhomme

***Plutonium déversé délibérément par EDF dans la Loire : c’est légal !

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Saint-Laurent-des-Eaux : l’illégalité des rejets de plu­to­nium dans la Loire n’est pas manifeste
Actu-environnement, 27 mai 2016 : http://bit.ly/1WQuaF0

Rappel : dépo­si­tion de l’Observatoire du nucléaire
France3, aout 2015 : http://bit.ly/1ofbQGl

Rappel : Spécial inves­ti­ga­tion (Jean-Baptiste Renaud)
Canal plus, 25 mai 2015 : http://bit.ly/1XWKroN

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Une bonne et une mau­vaise nou­velle dans le cour­rier reçu par l’Observatoire du nucléaire à la mi-juillet. D’abord la bonne : les rejets déli­bé­rés de plu­to­nium dans la Loire opé­rés déli­bé­ré­ment par EDF pen­dant des années, au mépris de la nature et de la san­té des habi­tants, ne sont pas pres­crits. L’Observatoire a donc bien fait de dépo­ser plainte contre Edf et son PDG de l’époque, inef­fable Marcel Boiteux.

La mau­vaise nou­velle main­te­nant : le Parquet de Blois nous a répon­du ceci : « Les faits dont vous vous êtes plaint ne sont pas punis par la loi ». Non, vous ne rêvez pas : entre les lattes du Parquet, pas le moindre ali­néa dans la loi fran­çaise qui per­mette de pour­suivre des rejets volon­taires de plu­to­nium dans la nature.

La posi­tion du Parquet est prin­ci­pa­le­ment basée sur l’enquête admi­nis­tra­tive deman­dée par Mme Royal à deux « experts »… en men­songes et bêtises. Des noms ? Ok : Serge Catoire et Philippe Guignard (Merci à eux de nous atta­quer pour « dif­fa­ma­tion », ils per­dront à coup sûr). Ces deux zozos ont bâclé une note de quelques pages dont l’unique objet est de dédoua­ner EDF et de dire du mal de l’enquête de Canal plus. Voyez un peu : « La sélec­tion des per­sonnes inter­ro­gées (Marcel Boiteux a 93 ans) a certes per­mis de cap­ter des pro­pos à la for­mu­la­tion par­fois sur­pre­nante. Cependant, la déon­to­lo­gie jour­na­lis­tique et la rec­ti­tude pro­fes­sion­nelle auraient vrai­sem­bla­ble­ment dû conduire à véri­fier et appro­fon­dir l’interprétation et la valeur qu’il conve­nait de don­ner à ces témoignages ».

Le dénom­mé Boiteux appré­cie­ra sûre­ment d’être trai­té, de façon à peine mas­quée, de vieillard sénile. Et le jour­na­liste de Canal plus de devoir repar­tir en for­ma­tion pour tra­vailler sa « déon­to­lo­gie » et sa « rec­ti­tude pro­fes­sion­nelle », qua­li­tés dont se parent assu­ré­ment (on n’est jamais si bien ser­vi que par soi-même) les plai­san­tins Catoire et Guignard.

Mais, puisque rien d’illégal n’a été com­mis dans cette affaire, nous allons donc de ce pas sau­pou­drer de plu­to­nium les jar­dins de MM Boiteux et Giscard d’Estaing, deux des prin­ci­paux cou­pables de cette pol­lu­tion cri­mi­nelle et, plus glo­ba­le­ment, du pro­gramme nucléaire fran­çais. Nous ver­rons alors bien si ces faits sont ou non « punis par la loi »…

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***Enfouissement des déchets nucléaires : mur de la honte contre mobilisation

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Meuse : la forêt de Mandres-en-Barrois éva­cuée par les forces de gendarmerie
Est Républicain, 7 juillet 2016 : http://bit.ly/29GEmLW

Les oppo­sants à la « pou­belle nucléaire » appellent à réoc­cu­per la forêt menacée
Bastamag, 13 juillet 2016 : http://bit.ly/29KGhBR

L’Andra emploie une milice de mer­ce­naires armés, avec la béné­dic­tion de la gendarmerie
Vmc.camp, 21 juillet 2016 : http://bit.ly/2a51TIj

À Bure, les pay­sans se mobi­lisent contre la pou­belle nucléaire
Reporterre, 16 juillet 2016 : http://bit.ly/2aBgZrt

Cigéo : le réfé­ré exa­mi­né après l’expulsion par la force des opposants
Est Républicain, 14 juillet 2016 : http://bit.ly/29GD4kc

Accident mor­tel à Bure : les scel­lés levés, la gale­rie tou­jours fermée
Est Républicain, 8 avril 2016 : http://bit.ly/29G70Nq

Suivre la lutte : http://vmc.camp et http://www.cedra52.fr

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Non, cette pho­to n’a pas été prise en Palestine mais en France, dans la forêt de Mandres-en-Barrois (Meuse) où l’Agence natio­nale des déchets radio­ac­tifs (Andra) construit un mur de la honte et entre­tien en toute illé­ga­li­té une milice pri­vée et armée. Ce n’est pas encore le fas­cisme, certes, mais n’est-ce pas là le che­min « par­fait » pour y arriver ?

De cou­ra­geux mani­fes­tants, jeunes et vieux, zadistes ou pay­sans, se mobi­lisent pour essayer de sau­ver le Bois Lejuc et empê­cher le crime de l’enfouissement. Des pro­cé­dures en jus­tice vident à faire expul­ser les oppo­sants, d’autres à stop­per les tra­vaux. Mais il ne faut pas lais­ser cette affaire entre les mains des juges : seule la mobi­li­sa­tion des citoyens per­met­tra d’éviter le pire.

Pour mémoire, un ébou­le­ment mor­tel s’est der­niè­re­ment pro­duit dans le “labo­ra­toire” de Bure, cen­sé démontre la fia­bi­li­té du futur site de sto­ckage. Et pour­tant les irres­pon­sables de ce pro­jet pré­tendent que leurs gale­ries résis­te­ront pen­dant des cen­taines de mil­liers d’années. Ces gens ne sont pas seule­ment ridi­cules, ils sont aus­si par­fai­te­ment mal­hon­nête comme le démontre le séna­teur et pré­sident du dépar­te­ment de Haute-Marne, le gang­ster Bruno Sido, qui reste à ces lucra­tives places alors qu’il a été condam­né pour fraude fis­cale : un site d’enfouissement, un compte en Suisse, une milice, et les déchets nucléaires sont bien gardés !

Comme à Notre-Dame-des-Landes ou à Sivens, le pou­voir poli­tique et sa police déroule le tapis rouge pour les inté­rêts indus­triels au détri­ment de la popu­la­tion, de l’environnement, de l’intérêt géné­ral. Tôt ou tard, il fau­dra bien que les fos­soyeurs de la démo­cra­tie rendent des comptes et soient condam­nés à la pire des sanc­tions : avoir un tra­vail nor­mal et un salaire de citoyen ordi­naire. La plu­part n’y sur­vi­vront pas…

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***EPR de Flamanville : une cuve impossible à sauver ?

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EPR : la série noire conti­nue pour Areva et EDF
Le Monde, 14 avril 2016 : http://bit.ly/2a8YqFH

Nucléaire : l’inquiétude gran­dit autour de la cuve de l’EPR de Flamanville
Le Figaro, 14 avril 2016 : http://bit.ly/1XvHpYV

Mobilisation à Flamanville les 1er et 2 octobre 2016 : http://www.can-ouest.org

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Suite de l’affaire sidé­rante de la cuve du réac­teur EPR de Flamanville et des deux autres cuves qu’Areva a livré aux Chinois en leur jurant qu’elles étaient par­faites. Dans la pré­cé­dente revue de presse, nous avons expli­qué que l’Autorité de sûre­té nucléaire (ASN) avait pour mis­sion de trou­ver des sub­ter­fuges afin de vali­der, de façon tout à fait irres­pon­sable, des cuves com­por­tant de graves faiblesses.

Nous avons aus­si esti­mé que, pour évi­ter d’avoir à se dis­cré­di­ter, les diri­geants de l’ASN espé­raient pro­ba­ble­ment de nou­velles révé­la­tions ou de nou­veaux contre­temps sur l’EPR de Flamanville. Et c’est semble-t-il ce qui est en train de se pas­ser. En effet, « les mal­fa­çons repé­rées sur la cuve du réac­teur sont en effet plus graves qu’attendu, ont annon­cé EDF et Areva mer­cre­di 13 avril ».

A ce rythme, même avec le plus grande déter­mi­na­tion à men­tir, tri­cher, maquiller, enfu­mer, nos chers « experts » ne vont pas pou­voir sau­ver les cuves des EPR. L’ASN pour­ra alors cla­mer « Vous voyez bien, nous sommes tota­le­ment indé­pen­dants et n’hésitons pas à prendre les déci­sions qui s’imposent ». Nous n’en sommes pas là, le lob­by de l’atome doit être en train de cher­cher de nou­veaux biais pour sau­ver ses cuves (quitte à nous tuer tous).

Pour mémoire, si les cuves de EPR sont reca­lées, il fau­dra détruire en par­tie l’EPR de Flamanville et les deux de Taïshan pour en extraire les cuves défaillantes, fabri­quer d’autres cuves, s’assurer qu’elles sont enfin cor­rectes, etc. On peut rai­son­na­ble­ment tabler sur un nou­veau retard d’au moins 4 ou 5 ans, ou plus. Voire d’un aban­don défi­ni­tif du pro­jet, en sui­vant les excel­lents exemples de Lemoniz (Espagne), Zwentendorf (Autriche), Bataan (Philippines) ou Kalkar (Allemagne). De toute façon, l’EPR de Flamanville devait entrer en ser­vice en 2012, alors au point où on en est…

Remercions au pas­sage l’industrie nucléaire fran­çaise qui, si elle reste aveu­glé­ment véné­rée par de nom­breux médias hexa­go­naux, est en réa­li­té la risée du reste du monde et per­met à des mil­lions de gens de rire à gorge déployée. Et ce n’est pas fini (voir ci-dessous)…

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***Pièces nucléaires falsifiées : une habitude depuis… 1965 !!!

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Alerte aux cer­ti­fi­cats fal­si­fiés dans le nucléaire
Le Monde, 20 avril 2016 : http://bit.ly/1T1mKYU

Cuve de l’EPR : Areva annonce la détec­tion d’anomalies dans son usine du Creusot
AFP, 29 avril 2016 : http://bit.ly/2agO24r

Nucléaire : l’inquiétant soup­çon qui pèse sur Areva
Les Echos, 2 mai 2016 : http://bit.ly/1WDdzTz

Ségolène Royal a un avis sur les pièces nucléaires
AFP, 4 mai 2016 : http://bit.ly/1SLFUWp

Falsifications : l’Observatoire du nucléaire attaque Areva en justice
Observatoire du nucléaire, 4 mai 2016 : http://bit.ly/2atSTO1

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La cuve de l’EPR n’est en réa­li­té que l’arbre qui cache (mal) la forêt : la « mer­veilleuse » indus­trie nucléaire fran­çaise pro­duit des pièces défaillantes, cou­vertes par des cer­ti­fi­cats fal­si­fiés, et ce depuis… 1965 ! Et des dizaines de ces pièces tru­quées sont aujourd’hui encore en place dans de nom­breux réac­teurs nucléaires en France et à l’étranger.

Jamais avare d’une bonne blague, l’humoriste ratée Ségolène Royal décrète bien­tôt que les pièces sont “conformes” et les fal­si­fi­ca­tions “ano­dines”. Ce n’est cepen­dant pas l’avis des opé­ra­teurs aux­quels des pièces défaillantes ont été livrées.

Avec EDF, les auto­ri­tés fran­çaises peuvent bien sûr s’arranger pour mini­mi­ser l’affaire qui est, en réa­li­té, gigan­tesque et explo­sive, mais cela ne va guère être pos­sible avec les étran­gers qui sont légi­ti­me­ment furieux. Et la liste est longue : Royaume-Uni, Suède, Suisse, Belgique, Espagne, Slovénie, USA, Brésil, Chine, Corée du Sud, Afrique du Sud…

Ironie de l’affaire, une cen­trale fran­çaise est par­ti­cu­liè­re­ment concer­née, celle… de Fessenheim, dont la fer­me­ture pro­mise par le can­di­dat Hollande est conti­nuel­le­ment repous­sée. Un géné­ra­teur de vapeur du réac­teur 2 de cette cen­trale fait par­tie des pièces ratées par Areva mais ins­tal­lées tout de même grâce à des cer­ti­fi­cats fal­si­fiés. Ce réac­teur est fer­mé pour des mois, voire pour tou­jours (cf plus bas).

Pas décou­ra­gé par l’affaire des rejets de plu­to­niums dans la Loire, l’Observatoire du nucléaire relève encore le défi en dépo­sant une plainte contre Areva au Tribunal de grande ins­tance de Chalon-sur-Saône. Nous ver­rons bien si la pro­duc­tion de pièces ratées, cou­vertes par des cer­ti­fi­cat fal­si­fiés, est une acti­vi­té consi­dé­rée comme par­fai­te­ment légale et hon­nête par le Parquet bourguignon…

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***Pièces falsifiées dans le nucléaire : Areva a fait des émules !

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Alerte aux cer­ti­fi­cats fal­si­fiés dans le nucléaire
Le Monde, 20 avril 2016 : http://bit.ly/1T1mKYU

Nucléaire : nou­velles révé­la­tions sur la cor­rup­tion géné­ra­li­sée en Corée du Sud
Rappel - La Tribune, 6 novembre 2012 : http://bit.ly/2asfMjg

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La « mer­veilleuse » et « exem­plaire » indus­trie nucléaire fran­çaise, qui nous a été van­tée depuis des décen­nies, est donc en réa­li­té une cor­po­ra­tion de ban­dits et de men­teurs. On apprend d’ailleurs qu’EDF et Areva ne sont pas les seuls à jouer avec des pièces défaillantes cou­vertes par des cer­ti­fi­cats fal­si­fiés. C’est aus­si le cas de la socié­té SBS, qui tra­vaille pour le nucléaire depuis les années 70, et qui est prise la main dans le sac.

Le Bureau Véritas, qui porte bien mal son nom (remarque visant le mot Véritas et non le mot Bureau dont per­sonne n’a rien à faire), porte plainte contre SBS, s’estimant trom­pé. Mais Véritas avait pro­ba­ble­ment mieux à faire que de croire SBS sur parole et d’apposer son tam­pon « conforme » sans effec­tuer les véri­fi­ca­tions néces­saires. C’est quand même de nucléaire que l’on parle !

Incompétence sidé­rante ou com­pli­ci­té de fal­si­fi­ca­tion ? Nous pen­chons pour la seconde option… et atten­dons de pied ferme les avo­cats du Bureau (quand on a ato­mi­sé Areva, on ne craint plus per­sonne !) Tout ceci n’est pas sans rap­pe­ler les fal­si­fi­ca­tions gros­sières qui ont eu lieu dans l’industrie nucléaire de la Corée du Sud, ce qui prouve une fois de plus que la mal­hon­nê­te­té des nucléo­crates n’a ni fron­tière, ni nationalité.

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***EDF croit encore aux EPR britanniques et vole vers la faillite !

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EPR à Hinkley Point : le conseil d’administration d’EDF vote en faveur du projet
LaTribune, 28 juillet 2016 : http://bit.ly/2a2uQ9a

Nouvelle épée de Damoclès sur le pro­jet d’EPR anglais d’EDF
Les Echos, 29 juillet 2016 : http://bit.ly/2aNCWzv

EDF au bord de la faillite : les fédé­ra­tions de l’énergie alertent Hollande
AFP, 13 avril 2016 : http://bit.ly/29Rc97v

L’Autorité des Marchés Financiers per­qui­si­tionne le siège d’EDF
Le Monde, 21 juillet 2016 : http://bit.ly/2a2rsuo

Les réac­teurs EPR annon­cés en Grande-Bretagne ne seront pas construits
Observatoire du nucléaire, 28 juillet 2016 : http://bit.ly/2a44xzx
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Nos fidèles lec­teurs le savent bien, cela fait des années que nous pré­voyons que le pro­jet absurde d’EDF de construire des réac­teurs EPR à Hinckley Point, en Grande-Bretagne, ne se fera pas. Pourtant, la majo­ri­té des édi­to­ria­listes et jour­na­listes spé­cia­li­sés en éco­no­mie ou éner­gie n’ont ces­sé d’encenser un « for­mi­dable triomphe de l’industrie nucléaire française ».

Les déboires des EPR de Finlande et de Flamanville, la faillite d’Areva, celle pré­vi­sible d’EDF, le désastre des pièces fal­si­fiées, rien n’y a fait : l’éditocratie s’est encore majo­ri­tai­re­ment féli­ci­tée de la déci­sion du Conseil d’administration d’EDF, le 28 juillet, de vali­der le pro­jet mal­gré la démis­sion d’un admi­nis­tra­teur et celle aupa­ra­vant du direc­teur finan­cier, oppo­sés à cette fuite en avant. Le fameux Brexit n’avait donc rien gâché.

Une belle céré­mo­nie était pré­vue dès le len­de­main par EDF à Londres, avec cham­pagne à volon­té et signa­ture dans la fou­lée de l’accord avec le gou­ver­ne­ment bri­tan­nique. Mais pata­tras : « Le gou­ver­ne­ment va consi­dé­rer atten­ti­ve­ment [le] pro­jet et pren­dra sa déci­sion au début de l’automne », a décla­ré Greg Clark, ministre des affaires éco­no­miques et de l’énergie. Parions que c’est le pre­mier pas vers l’inévitable annulation.

Finalement, le Brexit a eu une impor­tance déci­sive : Thérésa May, qui occupe désor­mais le poste de pre­mier ministre bri­tan­nique, semble bien moins embal­lée que son pré­dé­ces­seur . Il est vrai que EDF avait eu lar­ge­ment le temps d’amadouer le sieur Cameron, le convaincre, le « câli­ner » par des biais assu­ré­ment inavouables. Dame Thérésa ne semble pas être aus­si souple et « compréhensive ».

Pas plus en tout cas que l’Autorité des mar­chés finan­ciers qui a mené une per­qui­si­tion au siège d’EDF, soup­çon­nant que les infor­ma­tions don­nées (au compte-goutte) pour « jus­ti­fier » le pro­jet Hinckley Point ne soient inexactes. Frelatées. Falsifiées pour tout dire…
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***Chute d’un générateur de vapeur : bravo EDF, l’impossible est réalisé !

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Nucléaire, « l’impossible » scé­na­rio s’est réalisé
Le JDD, 3 avril 2016 : http://bit.ly/1RSSdyJ

Nucléaire : com­ment l’impossible est arri­vé à Paluel
Novethic, 6 avril 2016 : http://bit.ly/2a6hZ17

Première réunion d’information sur la chute du géné­ra­teur à Paluel
France 3, 3 mai 2016 : http://bit.ly/29DYKvg

Nucléaire : que se passe-t-il à Paluel ?
Paris-Normandie, 11 juin 2016 : http://bit.ly/29Qgvvv

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Tout le monde le sait, « Impossible n’est pas fran­çais ». Et, une fois de plus, c’est notre cher lob­by nucléaire qui s’est atta­ché à la démon­trer. En effet, selon EDF, il était abso­lu­ment « impos­sible » que, dans une cen­trale nucléaire, un géné­ra­teur de vapeur tombe. Eh bien, c’est EDF elle-même qui vient de démon­trer qu’elle avait tort.

Alors que d’importantes opé­ra­tions de main­te­nance étaient en cours sur le réac­teur 2 de la cen­trale de Paluel (Seine-Maritime), l’un de ses quatre géné­ra­teurs de vapeur, haut de 22 m et pesant 465 tonnes, a bas­cu­lé et s’est écra­sé sur le plan­cher en béton.

Bien enten­du, les com­mu­ni­cants d’EDF, gras­se­ment rému­né­rés à (mal) men­tir, ont publié la fameuse for­mule inven­tée par et pour les décé­ré­brés : « L’événement n’a aucun impact, ni sur la sûre­té des ins­tal­la­tions ni sur l’environnement »

Mais, en réa­li­té, l’affaire est lourde de consé­quences : la chute de ce mas­to­donte a cau­sé une onde de choc et de vio­lentes vibra­tions qui ont très pro­ba­ble­ment mis à mal d’importants élé­ments du réac­teur, à com­men­cer par le radier (la dalle de béton sur laquelle est posée le réacteur).

A ce jour, l’éventuel redé­mar­rage du réac­teur est repous­sé à fin août… 2017. Mais les dom­mages sont tels que le réac­teur pour­rait ne jamais être auto­ri­sé à refonc­tion­ner. Peut-être un bon plan pour M. Hollande qui, à défaut d’avoir le cou­rage de fer­mer la cen­trale de Fessenheim, pour­rait se rabattre sur le réac­teur 2 de Paluel. Décréter la fer­me­ture d’un réac­teur qui ne peut plus fonc­tion­ner, quelle autorité !

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***Fermeture de Fessenheim : direction le Creusot… en voiture électrique !

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Fessenheim : Royal sug­gère la muta­tion de la cen­trale en usine Tesla
ATS, 5 avril 2016 : http://bit.ly/29LtYo4

Musk fait diver­sion pour sau­ver Tesla
Le Point, 11 juillet 2016 : http://bit.ly/29V27Rf

Anomalies du Creusot : un réac­teur de Fessenheim arrêté
AFP, 16 juin 2016 : http://bit.ly/2ak93bN

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La fer­me­ture de la cen­trale nucléaire de Fessenheim, pro­mise en 2012 par le can­di­dat Hollande, est sans cesse repous­sée. De toute évi­dence, cette pro­messe va ser­vir une seconde fois : « Si vous vou­lez vrai­ment que je ferme Fessenheim, votez à nou­veau pour moi en 2017 ». Et puis quoi encore ?

Cependant, la ministre des blagues et de l’écologie, notre chère Ségolène, fait sem­blant d’y croire et avance même des idées de recon­ver­sion : après avoir pro­duit des déchets radio­ac­tifs (beau­coup) et de l’électricité (un peu tout de même !), le site de Fessenheim pour­rait fabri­quer des voi­tures élec­triques Tesla. Mme Royal ignore donc que la voi­ture élec­trique est aus­si pol­luante que la voi­ture ther­mique, mais aus­si que l’entreprise Tesla est au plus mal.
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EDF repousse le déman­tè­le­ment des cen­trales de « plu­sieurs décennies » !

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Nucléaire : EDF veut repor­ter le déman­tè­le­ment de ses vieux réacteurs
Le Monde, 3 juin 2016 : http://bit.ly/2ajkOLT

Démantèlement : les diri­geants d’EDF veulent ren­voyer les pro­blèmes à… après leur mort !
Observatoire du nucléaire, 2 juin 2016 : http://bit.ly/2ajkZqM

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Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF, a 61 ans et des dizaines de réac­teurs à déman­te­ler. Opération ter­ri­ble­ment com­plexe sur le plan indus­triel et tel­le­ment chère qu’elle est impos­sible à finan­cer, sur­tout pour une socié­té au bord de la faillite.

Mais Jean-Bernard est un petit malin (lire : un gros dégueu­lasse) : il a déci­dé de repor­ter le pro­blème de… plu­sieurs décen­nies. PLUSIEURS DÉCENNIES ! Devinez donc où sera ce plai­san­tin dans 30 ou 40 ans, pire encore dans 50 ou 60 ans !

Il appa­rait donc qu’il ne faut pas attendre si long­temps avant de bot­ter les fesses de ce triste per­son­nage (et de ses com­plices, diri­geants indus­triels et poli­ti­ciens). Et tant qu’à faire le condam­ner à la pire des tor­tures : un tra­vail (il fau­dra déjà lui expli­quer le sens de ce mot) d’intérimaire pour faire la main­te­nance des cen­trales nucléaires en échange du salaire misé­rable qu’il accorde aux sou­tiers de l’atome. Il pour­ra néan­moins pro­fi­ter de sa belle retraite, mais dans… plu­sieurs décennies !

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***Les factures empoisonnées de l’industrie nucléaire

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Nucléaire : l’énorme coût de la fer­me­ture des cen­trales en fin de vie
Les Echos, 4 avril 2016 : http://bit.ly/29SsOJB

Nucléaire : nou­veau sur­coût de 4 mil­liards pour le pro­jet Iter
Les Echos, 2 mai 2016 : http://bit.ly/2a8Zd9w

Votre élec­tri­ci­té bien­tôt hors de prix à cause du nucléaire ?
Capital, 6 mai 2016 : http://bit.ly/1WebNKg
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Nul besoin de longs com­men­taires ici, les titres des articles sont par­fai­te­ment par­lants. Notons que même le très pro­nu­cléaire maga­zine Capital finit par se deman­der (il est grand temps) si, par hasard, l’électricité nucléaire ne serait fina­le­ment pas rui­neuse. Réponse, oui, et pas par hasard : le nucléaire est par nature ter­ri­ble­ment cher (en plus d’être extrê­me­ment dangereux).

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***Catastrophe nucléaire (pléonasme)

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Nucléaire : le Luxembourg prêt à payer la fer­me­ture de Cattenom
Le Parisien, 12 avril 2016 : http://bit.ly/29Sg5ni

« En France, les consé­quences d’un acci­dent nucléaire pour­raient être pires qu’à Tchernobyl ou Fukushima »
Le Temps (Suisse), 7 avril 2016 : http://bit.ly/1q9rTa2

L’accident de Fukushima a dis­per­sé des « billes » de césium radio­ac­tif jusqu’à Tokyo
Le Monde, 6 juillet 2016 : http://bit.ly/29h4OPa

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Il faut vrai­ment que la situa­tion soit cri­tique pour que le très pru­dent pré­sident des Associations natio­nales des comi­tés et com­mis­sions locales d’information (ANCCLI), Jean-Claude Delalonde, se laisse aller à des pro­pos dignes de ces « irres­pon­sables » que sont les antinucléaires.

Selon lui, non seule­ment une catas­trophe nucléaire est pos­sible en France, mais ses consé­quences seraient dra­ma­tiques, et pro­ba­ble­ment pires qu’à Tchernobyl ou Fukushima. Rien d’un scoop, c’est ce que nous cla­mons depuis des lustres. La nou­veau­té est que ce sont des « notables » qui semblent enfin s’en rendre compte.

Les Luxembourgeois en sont tel­le­ment per­sua­dés qu’ils sont dis­po­sés à payer eux-mêmes pour la fer­me­ture de la cen­trale de Cattenom, construite par EDF à quelques dizaines de mètres de chez eux.

Notons par ailleurs que, contrai­re­ment aux affir­ma­tions tel­le­ment ras­su­rantes du lob­by nucléaire, pour lequel la catas­trophe de Fukushima n’était « pas si grave que ça », de nou­velles études ont mis au jour des phé­no­mènes par les­quels la conta­mi­na­tion s’est dépla­cée beau­coup plus mas­si­ve­ment et loin que l’on a bien vou­lu nous le dire, y com­pris jusqu’à Tokyo. La courbe des can­cers et autres mala­dies induites ne va pas tar­der à s’envoler au Japon. Et dire que les anti­nu­cléaires sont accu­sés d’être des « catastrophistes »…

Prochaine revue de presse à l’automne !