Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Les réacteurs EPR annoncés en Grande-Bretagne ne seront jamais mis en service

28 juillet 2016 · Stéphane Lhomme

 Jeu de dupe entre EDF et Londres à pro­pos d’un pro­jet « perdant-perdant »
 
 Personne ne veut prendre la res­pon­sa­bi­li­té d’une annu­la­tion… espé­rée par tous
 
 Paris et Londres doivent négo­cier une annu­la­tion et le par­tage équi­table des pertes

 
Malgré le vote du CA d’EDF de ce jour, et comme il l’a fait avec constance depuis le lan­ce­ment du pro­jet il y a plu­sieurs années, l’Observatoire du nucléaire main­tient que les réac­teurs EPR annon­cés à Hinckley Point (Grande-Bretagne) ne seront jamais construits.

Tout au plus, en enga­geant de façon irres­pon­sable des mil­liards d’euros qui ne lui appar­tiennent pas et qui seront per­dus pour les citoyens fran­çais, le Président d’EDF peut-il espé­rer quelques tra­vaux de ter­ras­se­ment avant que le chan­tier ne soit défi­ni­ti­ve­ment arrê­té, pro­ba­ble­ment du fait de la faillite de l’électricien fran­çais, déjà actuel­le­ment au bord du gouffre.

En réa­li­té, le pro­jet Hinckley Point est tel­le­ment absurde sur les plans indus­triels et finan­ciers que les deux acteurs prin­ci­paux, EDF et Londres, seront l’un et l’autre lour­de­ment per­dants si les réac­teurs sont réel­le­ment construits :

Notons d’ailleurs que, Brexit ou pas, le pro­blème reste entier : si le Royaume-Uni res­tait fina­le­ment dans l’Union euro­péenne, cet accord rele­vant d’un incroyable dum­ping serait assu­ré­ment annu­lé par la jus­tice euro­péenne. Et si le Brexit est effec­ti­ve­ment mis en œuvre, les consé­quences finan­cières et admi­nis­tra­tives seront abso­lu­ment inso­lubles pour mener à bien le projet.

Londres et Edf sont désor­mais conscients que le pro­jet d’Hinckley Point est une dra­ma­tique erreur, cha­cun en espère l’annulation… mais per­sonne ne veut en prendre l’initiative de peur de devoir lour­de­ment indem­ni­ser l’autre par­tie. Sans oublier le troi­sième lar­ron chi­nois qui a négo­cié en posi­tion de force et court comme seul « risque » de devoir… être lui aus­si gras­se­ment dédommagé.

La seule solu­tion, pour limi­ter autant que faire se peut la catas­trophe finan­cière, est que Paris et Londres annoncent conjoin­te­ment l’annulation du pro­jet et se par­tagent équi­ta­ble­ment les pertes. Il est hélas pro­bable que, une fois de plus, les « élites » qui sévissent tant en Grande-Bretagne qu’en France s’entêtent et aggravent encore la situation.

Il fau­dra bien que, tôt ou tard, les peuples concer­nés s’organisent pour récu­pé­rer leurs mil­liards et prendre les mesures néces­saires pour ces­ser d’être dépouillés par les délin­quants en cols blancs.