Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Démantèlement reporté « de plusieurs décennies » : les dirigeants d’EDF verront ça… après leur mort !

2 juin 2016 · Stéphane Lhomme

En annon­çant ce jour que EDF entend « déca­ler de plu­sieurs décen­nies » le déman­tè­le­ment de ses réac­teurs nucléaires, l’Autorité de sûre­té nucléaire (ASN) se fait la porte-parole des diri­geants d’EDF qui, de toute évi­dence, n’ont pas le cou­rage d’annoncer eux-mêmes la lâche­té de leurs décisions.

En effet, déca­ler de plu­sieurs décen­nies le déman­tè­le­ment des réac­teurs de pre­mière géné­ra­tion, ce qui implique d’ailleurs que ce sera aus­si le cas pour les réac­teurs actuels, revient à lais­ser ce ter­rible far­deau aux géné­ra­tions suivantes.

Depuis le début de l’ère nucléaire, les citoyens oppo­sés à l’atome ont dénon­cé cette indus­trie qui ne cesse de repor­ter dans le temps les pro­blèmes inso­lubles qu’elle génère, comme ceux des déchets radio­ac­tifs et des réac­teurs à démanteler.

Les quelques béné­fi­ciaires de cette indus­trie mal­fai­sante - alors que la qua­si tota­li­té de la popu­la­tion en est vic­time - veulent désor­mais aller jusqu’au bout de leur stra­té­gie de défi­le­ment : repor­ter les pro­blèmes… au delà de leur propre mort, afin de ne pas avoir à assu­mer la lâche­té de leurs actes.

Il est encore temps pour la popu­la­tion fran­çaise de reprendre sa des­ti­née en main et, sur le modèle des tri­bu­naux de « jus­tice et véri­té », de faire com­pa­raître les diri­geants suc­ces­sifs de cette indus­trie mal­fai­sante et les poli­ti­ciens qui les ont mis en place (à moins que ce ne soit l’inverse).

Enfin, si cela était encore néces­saire, cet aveu de lâche­té démontre qu’il est impen­sable de construire de nou­veaux réac­teurs nucléaires et que, en par­ti­cu­lier, l’EPR de Flamanville ne doit jamais être mis en service.

En effet, le déman­tè­le­ment d’un réac­teur qui n’a jamais fonc­tion­né, et qui n’est donc pas radio­ac­tif, est immen­sé­ment moins pro­blé­ma­tique. Il peut même être conser­vé par exemple pour en faire un mémo­rial des ravages du nucléaire comme il en existe pour divers crimes et guerres.