Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Actualité du nucléaire - Septembre - Octobre 2015

3 novembre 2015 · Stéphane Lhomme

40 EPR en France : le PDG d’EDF se ridiculise

EDF vou­drait construire des dizaines d’EPR « nou­veau modèle »
AFP, 23 octobre 2015 : http://bit.ly/1O58vF9
EDF : un nou­veau pré­sident sous influence
Rappel Médiapart, 2 décembre 2014 : http://bit.ly/1xtfdvk

C’est assu­ré­ment la blague de l’année : alors qu’EDF est inca­pable de construire UN seul réac­teur EPR (voir ci-dessous), son PDG Jean-Bernard Lévy pré­tend en éri­ger… 40 ! Et cela sans avoir le moindre euro d’avance (bien au contraire puisque EDF est lour­de­ment endettée).

Il est vrai que ce cher JB ne connaît rien au nucléaire, et que ce sont de sul­fu­reux per­son­nages qui lui donnent des « conseils », autant dire des consignes (cf http://bit.ly/1xtfdvk ). L’aventure du nucléaire est un désastre envi­ron­ne­men­tal, sani­taire, finan­cier, démo­cra­tique, mais au moins avons nous l’occasion de bien rire de temps en temps.

D’ailleurs, main­te­nant que M. Lévy est un grand comique, il va pou­voir faire lui-même les publi­ci­tés (men­son­gères) d’EDF et ces­ser de payer gras­se­ment à cet effet, avec notre argent, le comé­dien Eric Judor, nul et cor­rom­pu par l’argent radio­ac­tif (cf http://bit.ly/1pexMei ).

A noter que cer­tains médias ou jour­na­listes qui ont encen­sé Areva et Lauvergeon pen­dant 15 ans, loin de tirer les ensei­gne­ments de leur aveu­gle­ment pro­nu­cléaire, ou de leur mau­vaise foi, redé­marrent comme en 40 (réac­teurs), relayant avec la plus grande appli­ca­tion les effets d’annonce de M. Lévy (cf par exemple http://bit.ly/1LBUjzJ ou http://bit.ly/1RsJIbO ou http://bit.ly/1XyDr2i ) sans expli­quer qu’il s’agit de bêtises…


Magouilles pour l’EPR (1) : com­ment repous­ser une date limite…

EPR : la bombe à retar­de­ment du décret d’autorisation
Rappel 2012, Observatoire du nucléaire : http://bit.ly/1kyCIQr
EPR de Flamanville : EDF obtiendra-t-il un délai supplémentaire ?
Actu-environnement, 16 octobre 2015 : http://bit.ly/1OIry6O

Les lec­teurs de la pré­sente revue de presse ont été les pre­miers infor­més de l’affaire, dès 2012 : le décret de créa­tion du réac­teur EPR de Flamanville, signé par Villepin entre les deux tours de l’élection pré­si­den­tielle de 2007, accor­dait géné­reu­se­ment 10 ans à EDF pour char­ger le réac­teur en com­bus­tible. Généreusement… pour un réac­teur qui devait être ache­vé en 4 ans et demi ! Or, de graves mal­fa­çons en acci­dents dra­ma­tiques, la mise en ser­vice du « machin » est désor­mais annon­cée pour 2018, au mieux, au lieu de 2012 !

De fait, le char­ge­ment en com­bus­tible n’aura pas lieu avant la date limite pré­vue, à savoir le 11 avril 2017. Habituée à bafouer la loi et les droits des citoyens, EDF vient donc d’ordonner à Mme Royal de repous­ser de 3 ans la date en ques­tion, comme s’il s’agissait d’un petit détail administratif.

Mais nous affir­mons que l’affaire est loin d’être aus­si simple car le contexte a tota­le­ment chan­gé depuis 2007 : la durée du chan­tier a explo­sé, le coût du réac­teur a été mul­ti­plié par 3 (en atten­dant pire), le prix de l’électricité renou­ve­lable s’est effon­dré, et enfin il y a la catas­trophe de Fukushima.

Du coup, nous esti­mons qu’il faut une nou­velle enquête publique et un nou­veau débat natio­nal. A la suite de quoi la seule déci­sion rai­son­nable pour­rait enfin être prise : ne jamais mettre l’EPR en ser­vice, même s’il est un jour ache­vé. Nous don­nons d’ailleurs des exemples de pré­cé­dents : http://bit.ly/1W8eZlA .

Nous nous pré­pa­rons donc à atta­quer juri­di­que­ment le report de 3 ans de la date de char­ge­ment qui sera bien sûr accor­dé sans dis­cu­ter par Mme Royal. En atten­dant, nous vous invi­tons à lire avec atten­tion l’excellent article d’Actu-environnement ( http://bit.ly/1OIry6O ) qui éclaire par­fai­te­ment cette affaire juri­dique cruciale.


Magouilles pour l’EPR (2) : com­ment faire vali­der une cuve défaillante

Le PDG d’EDF confiant que la cuve de Flamanville sera « bonne pour le service
Boursier (AFP), 29 sep­tembre 2015 : http://bit.ly/1GxdjAG
Cuve : les tests pro­po­sés par Areva glo­ba­le­ment accep­tables pour un groupe d’experts
AFP, 1er octobre 2015 : http://bit.ly/1GxdeNh

Vous le savez désor­mais, il n’y a pas eu de miracle nucléaire : la fabri­ca­tion des cuves des EPR ayant été confiée à Areva, elles sont bien évi­de­ment lou­pées. En effet, alors qu’elles doivent pré­sen­ter en tout point une résis­tance d’au moins 60 Joules, on trouve des zones de fai­blesse avec un score des­cen­dant jusqu’à 36 Joules : à peine plus de la moi­tié de la résis­tance exigée !

Si une cuve d’EPR est tout de même cor­recte, celle de l’EPR de Finlande, c’est parce qu’elle n’a pas été faite par Areva mais sous-traitée au Japonais Mitsubishi. Mais comme ce chan­tier a par ailleurs d’innombrables mal­fa­çons, sur­coûts et retards, sa cuve cor­recte (semble-t-il) ne le sauve pas du flop…

Hormis ce cas unique, toutes les autres cuves sont défaillantes, et il y en a plus que vous ne le croyez : celle de Flamanville bien sûr, plus les deux four­nies aux Chinois, mais aus­si des cuves fabri­quées à l’avance pour un pro­jet déjà annu­lé (aux USA) et un pro­jet qui le sera pro­chai­ne­ment (en Grande-Bretagne).

Mais ces cuves ne s’avèrent néan­moins pas com­plè­te­ment inutiles : Areva va en sacri­fier une, a prio­ri celle pré­vu au départ pour les Britanniques : cette offrande au « dieu atome » devrait per­mettre, en décou­pant la cuve en petits mor­ceaux, de voir avec pré­ci­sion la réa­li­té des zones de faiblesse.

Il suf­fi­ra alors d’ordonner à l’Autorité de sûre­té (pré­ten­due « intran­si­geante » et « indé­pen­dante ») de dire que, fina­le­ment, tous comptes faits, cepen­dant, tou­te­fois et mal­gré tout, les cuves ne sont pas si nulles. On nous racon­te­ra alors que les zones les plus fra­giles devraient être les moins sol­li­ci­tées, et que tout cela devrait donc tenir le coup. Là aus­si, nous pré­pa­rons une contre-attaque juridique.

Voilà com­ment pro­gram­mer un beau « feu d’artifice » et la conta­mi­na­tion de mil­lions d’êtres vivants. Si vous dou­tez qu’une telle irres­pon­sa­bi­li­té soit de mise, rappelez-vous que le Président de l’ASN donne des confé­rences avec le fameux gou­rou qui mani­pule les diri­geants d’EDF (rap­pel : http://bit.ly/1LM1q90)…


Et Fessenheim dans tout ça ?

Comment Hollande va léguer Fessenheim à son successeur
Lexpress, 12 octobre 2015 : http://bit.ly/1O5fsGc
Fessenheim, une farce française
LePoint, 13 octobre 2015 : http://bit.ly/1LVAyBg
Nucléaire : un deal « Flamanville contre Fessenheim »
Le Monde, 21 octobre 2015 : http://bit.ly/1M7FSqr
A peine 300 per­sonnes contre la fer­me­ture de la centrale !
L’Alsace, 27 octobre 2015 : http://bit.ly/1Gvsieq

On l’oublierait presque avec toutes ces affaires de cuves, mais le can­di­dat Hollande avait aus­si pro­mis de fer­mer la cen­trale de Fessenheim avant la fin de son quin­quen­nat. Par un tour de passe-passe inté­gré à la loi sur la pré­ten­due « tran­si­tion éner­gé­tique », à savoir le pla­fon­ne­ment de la puis­sance nucléaire ins­tal­lée, il pen­sait obli­ger EDF à fer­mer Fessenheim en échange de l’ouverture de l’EPR de Flamanville.

Mais comme ce der­nier n’ouvre pas, la cen­trale alsa­cienne béné­fi­cie d’un sur­sis à ral­longe, qui pour­rait même être infi­ni au vu des déboires de l’EPR. Cependant, aux der­nières nou­velles, EDF enga­ge­rait en 2016 les pro­cé­dures admi­nis­tra­tives de fer­me­ture de la cen­trale. A voir.

Mais divers can­di­dats à l’élection pré­si­den­tielle ont déjà annon­cé, en cas de vic­toire, l’annulation de la fer­me­ture de Fessenheim. Ce à quoi il est répon­du que, si le pro­ces­sus de fer­me­ture admi­nis­tra­tive est assez avan­cé, il ne sera alors plus pos­sible de juste rou­vrir la cen­trale : il fau­dra en fait tout recom­men­cer à zéro, comme s’il s’agissait d’une cen­trale toute neuve. Et, dans ce cas, non seule­ment cela pren­drait des années (enquête publique, débat natio­nal, etc) mais il est même pro­bable que la cen­trale ne pas­se­rait pas le « contrôle technique ».

Il se pour­rait donc que, in fine, François Hollande tienne une pro­messe, ce qui serait déjà un évé­ne­ment tout à fait stu­pé­fiant. Nous ne parie­rons pas un seul cen­time sur cette hypo­thèse mais, même dans le cas où elle se confir­me­rait, il convien­drait de ne pas se lais­ser trom­per : Hollande et son gou­ver­ne­ment sont tout aus­si pro­nu­cléaires que leurs prédécesseurs.

En effet, même si Fessenheim ferme, tous les autres pro­grammes nucléaires conti­nuent : EPR, ITER, ASTRID, CIGEO, etc. Et, à ce jour, seule l’incompétence totale des nucléo­crates par­vient à ralen­tir et par­fois à tor­piller ces pro­jets délirants…

Notons enfin que les pro­nu­cléaires ont orga­ni­sé une mani­fes­ta­tion en cla­mant que la fer­me­ture de la cen­trale détrui­rait 2200 emplois… mais il y avait moins de 300 per­sonnes à Fessenheim pour « sau­ver » la cen­trale ! Et dire que ces gens ont tant raillé les mani­fes­ta­tions anti­nu­cléaires qui ne ras­sem­blaient « que » des dizaines de mil­liers de personnes…


Le parc nucléaire fran­çais à la dérive

Le coût de l’entretien du parc nucléaire fran­çais va pas­ser de 3 à 5 mil­liards d’euros par an
BfmTV, 29 sep­tembre 2015 : http://bit.ly/1GyEwTG
Nucléaire : le calen­drier du grand caré­nage d’EDF inquiète les PME
Les Échos, 23 sep­tembre 2015 : http://bit.ly/1P7Ft6r
Le régu­la­teur de l’énergie pré­co­nise une forte hausse de la CSPE
AFP, 29 octobre 2015 : http://bit.ly/1M3iUij

Incapable de construire un seul EPR, et donc de renou­ve­ler son parc nucléaire, EDF n’a d’autre option (du point de vue pro­nu­cléaire bien sûr) que de pro­lon­ger la vie des réac­teurs actuels. Or, ces der­niers étant dans un état avan­cé de déla­bre­ment, EDF veut les rafistoler.

C’est l’objet du pro­gramme pom­peu­se­ment appe­lé « grand caré­nage », annon­cé au départ à un coût de 55 mil­liards, mais dont il a été mon­tré qu’il se mon­te­rait pro­ba­ble­ment à 150 ou 200 mil­liards. D’ailleurs, alors qu’il com­mence à peine, ce pro­gramme déraille déjà sérieusement.

Comme EDF est déjà ter­ri­ble­ment endet­tée et aggrave encore la situa­tion avec son pro­jet insen­sé en Grande-Bretagne (cf ci-dessous), la faillite est au bout du che­min, avec tou­te­fois aupa­ra­vant de bru­tales aug­men­ta­tions du prix de l’électricité.

Les fran­çais ont été ber­nés pen­dant 30 ans : EDF et les poli­ti­ciens leur ont fait croire que l’électricité nucléaire n’était pas chère, mais les fac­tures réelles ont juste été repor­tées dans le temps. Chacun peut désor­mais consta­ter que le cou­rant issu des cen­trales ato­miques est tout sim­ple­ment rui­neux… et ce n’est qu’un début !

Pour repous­ser autant que faire se peut la prise de conscience de la popu­la­tion, des ins­ti­tu­tions écrans ont été mises en place, comme la regret­table Commission de régu­la­tion de l’électricité (CRE) dont les membres, aus­si gras­se­ment payés qu’inutiles, rem­plissent conscien­cieu­se­ment leur mis­sion : essayer de faire croire que ce sont les éner­gies renou­ve­lables qui sont la cause de l’envol du prix de l’électricité. Piètre mascarade…


Démantèlement : tou­jours aus­si flou et fou

Finistère : un incen­die à la cen­trale nucléaire de Brennilis
FranceBleu, 23 sep­tembre 2015 : http://bit.ly/1YBPugz
Incendie à Brennilis : lettre au Procureur de la République
Fédération anti­nu­cléaire de Bretagne, 17 octobre 2015 : http://bit.ly/1M99m26
Brennilis, la cen­trale qui ne vou­lait pas s’éteindre
Rappel Reportage : http://bit.ly/1kVBQ8H
Nucléaire : en France, le coût du déman­tè­le­ment encore à confirmer
Les Échos, 13 octobre 2015 : http://bit.ly/1M3gmRq
L’Allemagne ménage ses entre­prises pour finan­cer la sor­tie du nucléaire
Médiapart, 16 octobre 2015 : http://bit.ly/1MWmY0m

Une dizaine de réac­teurs fran­çais dits « de pre­mière géné­ra­tion » (construits dans les années 50 et 60), arrê­tés par­fois depuis 25 ou 30 ans, sont tou­jours en cours de déman­tè­le­ment. Mais les opé­ra­tions sont bien plus com­pli­quées que pré­vu, avec par­fois des situa­tions dan­ge­reuses comme un récent incen­die à Brennilis. Et bien sûr des coûts de déman­tè­le­ment qui explosent.

Voilà qui laisse augu­rer de bien vilaines sur­prises lorsqu’il fau­dra bien, tôt ou tard, déman­te­ler les 58 réac­teurs actuels. D’ailleurs, les sommes pré­vues par EDF sont ridi­cu­le­ment faibles et, de toute façon, n’existent pas puisque l’électricien natio­nal est ter­ri­ble­ment endet­té. Pendant ce temps, les Allemands s’attellent sérieu­se­ment au pro­blème et contraignent les entre­prises ato­miques à bud­gé­ter réel­le­ment des sommes beau­coup plus impor­tantes que celles envi­sa­gées par EDF…


EPR Britannique : les « gen­tils » Chinois débarquent !

Hinkley Point, car­re­four anglais des ambi­tions d’EDF et Pékin
AFP, 18 octobre 2015 : http://bit.ly/1jRIU5T
Errors revea­led at Chinese nuclear firm see­king to invest in UK plants
The Guardian, 19 octobre 2015 : http://bit.ly/1GfIhx0
Cet accord nucléaire avec la Chine est un des plus insen­sés jamais signé
The Guardian, 22 octobre 2015 : http://bit.ly/1OIhJHv

Incapable de finan­cer son pro­jet de deux EPR en Grande-Bretagne (cf ci-dessous), EDF se livre pieds et poings liés aux Chinois, les­quels auraient tort de se gêner : ils vont pou­voir avan­cer leurs pions tout en savon­nant la planche d’EDF. Mais en Grande-Bretagne, même chez les pro­nu­cléaires, il y a beau­coup d’inquiétude à la pers­pec­tive de ces « chi­noi­se­ries » non pré­vues au départ : EDF devait s’occuper de tout mais, comme tou­jours avec le nucléaire fran­çais, le pro­jet a déraillé.

Les médias bri­tan­niques exhument donc de graves fautes com­mises par les Chinois sur des chan­tiers nucléaires, exposent les risques d’espionnage indus­triel et poli­tique, y com­pris concer­nant le pro­jet de Cameron de renou­ve­ler la flotte de sous-marins atomiques.

Qui plus est, les Chinois ont contraint EDF a leur céder un de ses sites bri­tan­niques pour y construire le pre­mier réac­teur 100% Chinois, bap­ti­sé « Hualong » : on voit bien que leur objec­tif est bien de faire avan­cer leurs propres pro­jets et évi­de­ment pas de sau­ver EDF.

Au contraire, les Chinois ont tout inté­rêt à un échec de l’EPR bri­tan­nique - il leur suf­fi­ra pour cela de lais­ser EDF s’occuper du chan­tier ! - pour mettre en valeur leur propre réac­teur. Le Fukushima bri­tan­nique sera-t-il copro­duit par la France ou par la Chine ? Suspens…


La faillite d’EDF passe pro­ba­ble­ment par Londres


Broker tells inves­tors to sell EDF shares because of Hinkley Point costs
The Guardian, 22 octobre 2015 : http://bit.ly/1XzgPOZ
La sol­va­bi­li­té d’EDF mena­cée par les EPR britanniques
La Tribune.fr, 28 sep­tembre 2015 : http://bit.ly/1OCfbu8
Nucléaire : s’allier avec la Chine, un pari faus­tien pour EDF ?
Les Echos, 19 octobre 2015 : http://bit.ly/1OZbmzw
Accord EDF-Chine : EDF assu­me­ra 100% des pertes en cas d’échec (pro­bable)
Observatoire du nucléaire, 20 octobre 2015 : http://bit.ly/1KG7Z98

Incapable de construire un EPR en France, EDF a néan­moins l’intention d’en faire deux en Grande-Bretagne. Il faut dire que le pre­mier ministre Cameron est un imbé­cile (ou alors un petit malin ayant des comptes secrets dans les para­dis fis­caux ?) qui a offert à EDF des condi­tions insen­sées : un prix trop éle­vé et garan­ti pen­dant 35 ans pour l’électricité pro­duite, une garan­tie de l’Etat bri­tan­nique pour le finan­ce­ment du pro­jet, une clause de dédom­ma­ge­ment en cas de fer­me­ture anti­ci­pée de l’installation : what else ?

Ce serait donc le désastre pour les citoyens bri­tan­niques et le jack­pot pour EDF (au détri­ment des usa­gers et contri­buables bri­tan­niques)… à condi­tion tou­te­fois que la cen­trale soit construite, et ça ce n’est heu­reu­se­ment pas gagné ! Déjà, l’Autriche et des socié­tés d’énergies renou­ve­lables attaquent devant la Justice euro­péenne le mon­tage finan­cier - un véri­table dum­ping à base d’argent public - offert par Cameron à EDF.

D’autre part, le bri­tan­nique Centrica (pas fou !) et le fran­çais Areva (en faillite !) ont déjà quit­té le navire : EDF, se retrou­vant seule à bord, a sup­plié les Chinois de venir ren­flouer l’affaire à hau­teur de 40% du pro­jet. Ce sera seule­ment 33,5%, et donc 66,5% pour EDF dont l’endettement est pour­tant déjà insensé.

La suite est annon­cée par l’agence Moody’s, spé­cia­liste des faillites, tout en euphé­misme : « EDF (…) dont il est pré­vu que la par­ti­ci­pa­tion soit majo­ri­taire dans le pro­jet, ver­ra une pres­sion s’exercer sur ses ratios de sol­va­bi­li­té ». Traduction : « Vendez ! ». Pourtant, comme du temps de Lauvergeon, les sup­po­sés « grands » médias fran­çais célèbrent un pré­ten­du « immense suc­cès » du nucléaire hexa­go­nal alors que le crash est au bout de cette nou­velle folie atomique.

Seul l’Observatoire du nucléaire a signa­lé que, si les Chinois se lan­çaient dans cette galère, ce n’était bien sûr pas par gen­tillesse, ni évi­dem­ment du fait des « qua­li­tés » de l’EPR, mais parce qu’ils avaient impo­sé des clauses les déga­geant de tout risque en cas de déraille­ment (pro­bable) du pro­jet : c’est EDF, et donc l’argent public fran­çais, qui paie­ra la note…


Cuves : les Suisse explosent (les records), les Belges explosent (tout court)

La cuve du réac­teur suisse de Beznau est per­cée de mille trous
Le Monde, 13 octobre 2015 : http://bit.ly/1LaRaH5
La fac­ture de l’aventure nucléaire belge d’Engie s’alourdit
Le Monde, 2 octobre 2015 : http://bit.ly/1P4se6u
Explosion et incen­die à la cen­trale nucléaire de Doel
Metrotime.be, 31 octobre 2015 : http://bit.ly/1Oib2fh

Suite des aven­tures de nos amis belges et suisses avec leurs propres cuves fis­su­rées. A défaut de pou­voir relan­cer les deux réac­teurs mités de Tihange 2 et Doel 3 (rap­pel : http://bit.ly/1l3Rm2r), les Belges ont accor­dé 10 ans de plus à leurs plus vieux réac­teurs, Doel 1 et 2, dont le pre­mier vient pour­tant de connaître une explo­sion sui­vie d’un incen­die. Quant au réac­teur Doel 4, il a car­ré­ment été l’objet d’un sabo­tage (rap­pel : http://bit.ly/1McxQeg). What else ?

Quant aux Suisses, ils viennent de s’apercevoir qu’ils déte­naient, pro­ba­ble­ment depuis long­temps, mais sans le savoir, le record mon­dial de la cuve la plus miteuse : plus de mille fis­sures à Beznau ! On ne sait donc pas encore qui des Belges ou des Suisses sont les nucléo­crates les plus irres­pon­sables… avec les Français bien sûr.


Accélération des fer­me­tures de vieux réacteurs…


Nucléaire : la fer­me­ture de deux réac­teurs en Suède entérinée
AFP, 14 octobre 2015 : http://bit.ly/1X6yGg2
USA : Entergy decide de fer­mer la cen­trale de Pilgrim
WNN, 13 octobre 2015 : http://bit.ly/1VUaFGx
USA : d’autres cen­trales nucléaires vont fer­mer définitivement
Platts, 26 octobre 2015 : http://bit.ly/1RdTgaN

Aux USA, la cen­trale de Pilgrim fer­me­ra défi­ni­ti­ve­ment en 2019 et peut-être plus tôt encore. En Suède, les réac­teurs 1 et 2 d’Oskarshamn ter­mi­ne­ront leur car­rière entre 2017 et 2019. Pourtant, les socié­tés pro­prié­taires ont les auto­ri­sa­tions néces­saires pour conti­nuer mais voi­là : l’exploitation de ces cen­trales est déficitaire.

On nous a pour­tant assu­ré des mil­liers de fois qu’un réac­teur amor­ti était une « pépite finan­cière », fai­sant du nucléaire l’énergie « la plus ren­table qui soit », mais la véri­té est inverse.

Bien sûr, nous pré­fé­re­rions des fer­me­tures immé­diates mais ces déci­sions vont tout de même dans le bon sens même si elles ne sont pas prises par rap­port aux risques de catas­trophe ou au pro­blème inso­luble des déchets radio­ac­tifs : c’est la cal­cu­lette qui tranche !

D’ailleurs, les lec­teurs de notre revue de presse savent que, en 2013 et 2014, déjà 5 réac­teurs ont été défi­ni­ti­ve­ment fer­més aux USA (Crystal River 3, San Onofre 1 et 2, Kewaunee 1 et Vermont Yankee), alors que cer­tains venaient même d’obtenir 10 à 20 ans de durée de vie supplémentaire.

Dans les 10 à 15 ans à venir, des réac­teurs vont ces­ser de fonc­tion­ner par dizaines, voire par cen­taines : plus de la moi­tié des 400 réac­teurs en ser­vice sur Terre a dépas­sé 30 ans d’âge. A tel point que le pré­sident du très pro­nu­cléaire Nuclear Energy Institute annonce lui-même, tout en s’en déso­lant (le pauvre !), que de nom­breuses autres fer­me­tures défi­ni­tives vont suivre aux USA…


Les sou­bre­sauts d’une éner­gie moribonde

L’Ukraine annule un accord avec la Russie sur la construc­tion de réac­teurs nucléaires
xinhuanet.com, 15 octobre 2015 : http://bit.ly/1VUMEiI
L’Arménie veut pro­lon­ger la vie de l’antique cen­trale de Medzamor
Armenews, 15 octobre 2015 : http://bit.ly/1KbAyLa

En annexant la Crimée, la Russie a éner­vé les diri­geants ukrai­niens. Ces der­nier ont quand même mis un an et demi avant de se lan­cer et d’annuler un pro­jet de cen­trale nucléaire russe sur leur ter­ri­toire non annexé. De toute façon, comme nous l’avons déjà signa­lé, l’effondrement du prix du pétrole a sabor­dé les finances des Russes qui ne pour­ront donc pas construire la majo­ri­té des réac­teurs qui ont pour­tant été annon­cés avec tam­bours et trompettes.

Pour leur part, les Arméniens veulent pro­lon­ger une nou­velle fois la vie de leur anti­qui­té nucléaire de fabri­ca­tion sovié­tique, pro­ba­ble­ment une des plus déla­brées de la pla­nète, et située en zone ter­ri­ble­ment sis­mique : on se demande encore com­ment la catas­trophe n’a pas déjà eu lieu, mais les ato­mistes y travaillent !


Areva : vente à la découpe !

Bernard Fontana, le dis­cret pom­pier d’Areva
Le Monde, 1er sep­tembre 2015 : http://bit.ly/1NAdsTl
Colère des sala­riés d’Areva devant le gâchis industriel
Le Monde, 14 sep­tembre 2015 : http://bit.ly/1XyfQi7
Le plan de sau­ve­tage d’Areva se précise
AFP, 5 octobre 2015 : http://bit.ly/1jQI4GP
Les syn­di­cats acceptent qu’Areva sup­prime plus de 3 000 emplois en France
Le Monde, 19 octobre 2015 : http://bit.ly/1igQrcU
Le cadeau à 170 mil­lions d’euros d’Areva à Bolloré
Hexagones, 13 octobre 2015 : http://bit.ly/1NLTJQC

Après Lauvergeon la pyro­mane, qui n’est éton­nam­ment tou­jours pas en pri­son (on en apprend encore de belles, grâce à Hexagones, sur les bien curieuses pra­tiques de la dame radio­ac­tive), c’est un pré­ten­du « pom­pier » qui offi­cie à Areva. En réa­li­té, le bon­homme est plu­tôt un « net­toyeur » dont la mis­sion pre­mière est de sup­pri­mer des emplois.

C’est d’ailleurs ce qu’il fait avec appli­ca­tion, et avec la béné­dic­tion des syn­di­cats du nucléaire qui, de toute façon, ont tou­jours tra­hi les sala­riés et sui­vi leurs maîtres ato­miques, les­quels en retour ferment les yeux sur les détour­ne­ments finan­ciers des Comités d’entreprise.

Pour mémoire, en 2004, la CGT-énergie avait car­ré­ment appe­lé à voter « oui » au réfé­ren­dum interne orga­ni­sé par la direc­tion d’EDF pour cas­ser le sta­tut des sala­riés. Entre ban­dits, on s’entend toujours…


Mines d’uranium d’Areva au Niger : dan­ger pour les opposants

Je suis mena­cé de mort mais je conti­nue­rai à me battre pour le Niger
The Guardian, 7 sep­tembre 2015 : http://bit.ly/1NaFsyx
L’Observatoire du nucléaire relaie la publi­ca­tion par The Guardian
Par Twitter, 8 sep­tembre 2015 : http://bit.ly/1M4W8GN
Niger : Ali Idrissa, 44 ans, coor­don­na­teur natio­nal du Rotab et de PCQVP
Jeune Afrique, 23 octobre 2015 : http://bit.ly/1HmPQNu
Uranium : Areva signe un nou­veau contrat au détri­ment des Nigériens
Communiqué du Rotab, 27 octobre 2015 : http://bit.ly/1LZR0jQ

Si l’Observatoire du nucléaire a rem­por­té en Justice une vic­toire écla­tante (cf http://bit.ly/1hVSOSQ ) contre la pieuvre Areva et ses acti­vi­tés nui­sibles au Niger, la véri­té est que ce com­bat est encore plus dan­ge­reux pour les oppo­sants locaux qui sont car­ré­ment mena­cés de mort.

C’est en par­ti­cu­lier le cas du valeu­reux Ali Idrissa, coor­di­na­teur du Réseau des orga­ni­sa­tions pour la trans­pa­rence et l’analyse bud­gé­taire (Rotab) au Niger et membre du conseil d’administration de l’ONG Publiez ce que vous payez (PCQVP).

Arrêté à plu­sieurs reprises, en par­ti­cu­lier lors de la visite de M. Hollande le 18 juillet der­nier à Niamey, Ali Idrissa reçoit des menaces de mort et les révèle dans une tri­bune publiée par… The Guardian, et en fran­çais s’il vous plait ! Il faut croire que les « grands » médias fran­çais n’ont pas de place pour ce genre d’informations…


Et pen­dant ce temps, et pour des siècles : Fukushima

Koizumi fer­me­ment contre l’énergie nucléaire
Japoninfos, 14 sep­tembre 2015 : http://bit.ly/1PWrgKq
Contre l’avis des Japonais, Tokyo redé­marre un second réac­teur nucléaire
Courrier inter­na­tio­nal, 15 octobre 2015 : http://bit.ly/1Qxfd4f
Fukushima, bilan d’une situa­tion sani­taire inquiétante
Médiapart, 19 octobre 2015 : http://bit.ly/1kVCbs6

Presque plus per­sonne ne parle de Fukushima mais, pen­dant ce temps, la situa­tion s’aggrave conti­nuel­le­ment, comme le démontre excel­lem­ment Cécile Asanuma-Brice (CNRS). Par exemple, elle nous informe que selon le Professeur Toshihide Tsuda, épi­dé­mio­lo­giste de l’université d’Okayama, « le taux de can­cer de la thy­roïde des moins de 18 ans a été mul­ti­plié par 50 ».

Mais aus­si que, comme pour les consé­quences de Tchernobyl (tou­jours en cours près de 30 ans après l’explosion fatale), les lob­bies se sont orga­ni­sés pour mettre en place une véri­table poli­tique de néga­tion­nisme et faire croire que, fina­le­ment, une catas­trophe nucléaire n’est pas si grave que l’on pour­rait le penser…

Pendant ce temps, dans une stu­pé­fiante indif­fé­rence, et mal­gré l’opposition mas­sive de l’opinion, le pre­mier ministre japo­nais, l’ultra-nationaliste Shinzo Abe, a obte­nu la remise en ser­vice d’un second réac­teur nucléaire à Sendaï. Bien sûr, com­pa­ra­ti­ve­ment aux 54 réac­teurs en ser­vice avant le 11 mars 2011, cela reste mar­gi­nal, mais deux réac­teurs en ser­vice sont tout de même deux « chances » d’avoir une nou­velle catastrophe…

Pour sa part, l’ancien pre­mier ministre Jun.ichirô Koizumi, tout comme son suc­ces­seur Naoto Kan, s’engage contre le nucléaire. Comme quoi cer­tain poli­ti­ciens peuvent par­fois avoir de vraies prises de conscience. Mais c’est rare, trop rare…


La voi­ture électrique/nucléaire ato­mi­sée dans Le Monde et le Canard

Émissions de co2 : l’impasse de la voi­ture élec­trique (et nucléaire)
Le Monde, 24 octobre 2015 : http://bit.ly/1MbIQbA
La voi­ture élec­trique verte de rage
Le Canard enchaî­né, 28 octobre 2015 : http://bit.ly/1NkFOTp
Royal : la voi­ture élec­trique, voi­ture à « zéro pol­lu­tion, zéro particule »
RTL, 30 octobre 2015 : http://bit.ly/1ixXduZ

Alors que s’approche l’heure de la grande mas­ca­rade appe­lée « COP21 », au cours de laquelle le géné­ral Hollande pré­tend « sau­ver la pla­nète », l’Observatoire du nucléaire inter­pelle l’opinion sur le gas­pillage de sommes inouïes d’argent public en faveur de la voi­ture élec­trique, c’est à dire la voi­ture nucléaire en France.

Nos argu­ments ne doivent pas être com­plè­te­ment absurdes puisque le cahier « éco­no­mie » du Monde a choi­si de publier notre tri­bune. Le Canard enchaî­né a ensuite pas­sé une seconde couche, en Une s’il vous plaît.

Rien de grave pour Mme Royal qui conti­nue imper­tur­ba­ble­ment d’asséner les pires bêtises : selon elle, la voi­ture élec­trique, est une voi­ture à « zéro pol­lu­tion, zéro par­ti­cule ». Selon nous, la Ségolène Royal est une ministre à « zéro infor­ma­tion, zéro neurone ».