Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Actualité du nucléaire - Eté 2015

1 septembre 2015 · Stéphane Lhomme

Rejets déli­bé­rés de plu­to­nium : l’Observatoire attaque EDF !

Nucléaire la poli­tique du mensonge
Canal +, Spécial inves­ti­ga­tion, 4 mai 2015 : http://bit.ly/1N7sotb
La jus­tice enquête suite à la plainte de l’Observatoire du nucléaire contre EDF
Observatoire du nucléaire, 10 juillet 2015 : http://bit.ly/1hMn0zO
Enquête ouverte sur d’éventuelles rejets de plu­to­nium dans la Loire par EDF
AFP, 11 juillet 2015 : http://bit.ly/1foVOVX
« Des rejets délibérés »
La Nouvelle République, 4 août 2015 : http://bit.ly/1Ukpd3g

Lundi 4 mai 2015, dans le cadre de la remar­quable émis­sion « Spécial inves­ti­ga­tion », CANAL + a dif­fu­sé un docu­men­taire de Jean-Baptiste Renaud titré « Nucléaire la poli­tique du men­songe » et qui met en lumière de nom­breuses félo­nies des indus­triels de l’atome.

Mais une séquence de ce repor­tage a atti­ré plus par­ti­cu­liè­re­ment l’attention. Elle évoque l’accident nucléaire grave qui a eu lieu le 13 mars 1980 à la cen­trale nucléaire de Saint-Laurent-les-Eaux (Loir-et-Cher). Bien que qua­si­ment occul­té à l’époque par EDF, l’existence de cet acci­dent était connue depuis assez long­temps, évo­quée par exemple dans l’ouvrage « L’Insécurité nucléaire » (2006, Éd. Yves Michel, cf http://tchernobyl.en.france.free.fr).

Ce que révèle le docu­men­taire de Jean-Baptiste Renaud, c’est que cet évé­ne­ment n’a pas don­né seule­ment lieu à des rejets radio­ac­tifs acci­den­tels, déjà dan­ge­reux et condam­nables, mais aus­si à des rejets opé­rés déli­bé­ré­ment et secrè­te­ment par EDF, dans la Loire, et ce pen­dant au moins 5 ans. Qui plus est, ces rejets conte­naient du plu­to­nium, pro­ba­ble­ment le pire des poi­sons inven­tés par les humains (il n’existe pas natu­rel­le­ment sur Terre) : un mil­lio­nième de gramme ingé­ré ou inha­lé suf­fit à vous assu­rer un can­cer en quelques années.

On reste sidé­ré en voyant l’interview de Marcel Boiteux, le PDG « his­to­rique » d’EDF qui a ins­tal­lé le nucléaire en France dans les années 70/80, et encore aujourd’hui Président d’honneur d’EDF. Bien qu’âgé de 93 ans, le bon­homme a tou­jours bon pied bon oil et donne régu­liè­re­ment des inter­views pour jus­ti­fier le nucléaire… et en récla­mer encore plus !

Enhardi par sa récente et écla­tante vic­toire judi­ciaire contre Areva (rap­pel : http://bit.ly/1hVSOSQ ), l’Observatoire du nucléaire passe de la défense à l’attaque et dépose une plainte contre EDF. Bonne pioche : la pro­cu­reure de Blois ouvre une enquête et man­date à cet effet les gen­darmes experts de l’Office cen­tral de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la san­té publique (OCLAESP).

Votre Observateur pré­fé­ré (qui ne se contente donc pas d’observer) a été enten­du le 3 août à Blois par ces experts et leur a remis quelques docu­ments très com­pro­met­tants pour EDF. A suivre…


Cuves des EPR : le « savoir-faire » du nucléaire français

Anomalies de fabri­ca­tion de la cuve de l’EPR de Flamanville
Autorité de sûre­té nucléaire, 7 avril 2015 : http://bit.ly/1TULoR0
L’EPR de Flamanville, cuve par des­sus tête
Canard enchaî­né, 15 avril 2015 : http://bit.ly/1JjMdHE
Areva et ses cuves en acier trompé
Canard enchaî­né, 8 juillet 2015 : http://bit.ly/1PnAwEG
L’Observatoire du nucléaire va dépo­ser plainte en justice
Observatoire du nucléaire, 10 juillet 2015 : http://bit.ly/1USMHNo
Nucléaire : l’Autriche a por­té plainte contre l’EPR britannique
AFP, 6 juillet 2015 : http://bit.ly/1KxRRH5

Depuis 40 ans, la majo­ri­té des médias fran­çais nous assomment avec le pré­ten­du « savoir faire » de l’atome fran­çais, ce nucléaire « que le monde entier nous envie » et autres salades radio­ac­tives. Aujourd’hui encore, la faillite d’Areva est mise sur le dos de la seule Mme Lauvergeon (par ceux même qui l’ont encen­sée !) pour ne pas recon­naître la nul­li­té des ato­mistes hexa­go­naux, mal­gré les désastres des chan­tiers EPR de Finlande (Areva) et de Flamanville (EDF).

Mais ce n’est quand même pas Mme Lauvergeon, même s’il lui arri­vait par­fois de se ridi­cu­li­ser en arbo­rant un casque de chan­tier, qui a for­gé les cuves des EPR dans les usines d’Areva au Creusot ! Or, le 7 avril 2015, l’Autorité de sûre­té nucléaire recon­nais­sait que 3 cuves d’EPR sur 4 avaient été lou­pées : celle de Flamanville et les deux ven­dues aux Chinois. Et que les amis d’Areva ne se récon­fortent pas en se disant qu’une cuve, celle de l’EPR fin­lan­dais, a quand même été réus­sie : l’explication est qu’elle avait été sous-traitée par Areva au japo­nais Mitsubishi !!!!

Attention, cette affaire de cuves ne se limite pas à illus­trer une nou­velle fois l’incompétence des nucléa­ristes, les enjeux sont bien plus sen­sibles : il est pro­bable qu’Areva a caché les défaillance des cuves et les a livrées à EDF et aux Chinois en pre­nant le risque d’une catas­trophe (hypo­thèse déjà fort plau­sible avec une cuve nor­male, alors ima­gi­nez avec une cuve défaillante !).

Mais il est aus­si très pos­sible que des « res­pon­sables » d’EDF et de l’Autorité de sûre­té nucléaire aient cou­vert Areva et déci­dé eux aus­si de jouer avec le feu (nucléaire). Enfin, nous savons que tout ce joli monde sou­haite arri­ver à la conclu­sion que les cuves sont uti­li­sables mal­gré leurs faiblesses.

Précision cru­ciale : la rup­ture de la cuve est une hypo­thèse qui n’est pas prise en compte dans les mesures de sûre­té : la cuve ne « peut » pas rompre, elle ne « doit » pas rompre. Si ça se pro­duit, il n’y a plus rien à faire à part cou­rir vite et loin. Il est donc déjà irres­pon­sable d’utiliser une cuve cor­rec­te­ment fabri­quée, sachant qu’une rup­ture est quand même pos­sible. Mais les ato­mistes veulent démul­ti­plier les risques en uti­li­sant une cuve défaillante. Il va donc fal­loir les en empêcher…


Fissures des cuves : en Belgique et en Suisse aussi !

Examens sup­plé­men­taires néces­saires à la cuve du réac­teur de Beznau 1
Autorité de sûre­té suisse, 16 juillet 2015 : http://bit.ly/1HJiUk9
Nucléaire : Beznau épin­glée car elle ne résis­te­rait pas à « un puis­sant séisme »
ATS, 20 août 2015 : http://bit.ly/1EFfxaH
Rappel : Cuves de Doel 3 et Tihange 2 : encore plus de micro­fis­sures que prévu !
Le Soir, 13 février 2015 : http://bit.ly/1zDN6XF

La cen­trale nucléaire de Beznau (Suisse) a été mise en ser­vice en 1969 et l’on ne sait pas com­ment cette anti­qui­té n’a pas encore explo­sé. D’autant que ses cuves sont fis­su­rées (il est vrai que cela devient tel­le­ment banal dans le nucléaire…) et on s’aperçoit qu’elle ne résis­te­rait pas à un puis­sant séisme, qui peut se pro­duire à chaque instant.

Pas de quoi faire rire nos amis belges puisque, les lec­teurs assi­dus de la pré­sente revue de presse le savent depuis long­temps, les réac­teurs de Doel 3 et Tihange 2 ont eux aus­si des cuves fis­su­rées et ne redé­mar­re­ront pro­ba­ble­ment jamais. Du coup, l’autorité de sûre­té belge a décré­té que les antiques réac­teurs de Doel 1 et 2, qui devaient fer­mer défi­ni­ti­ve­ment cette année, pour­ront fina­le­ment fonc­tion­ner 10 ans de plus ! On admi­re­ra la sou­plesse de la pré­ten­due « sûre­té nucléaire » !


Vivre sans nucléaire : la Suisse et la Belgique s’entraînent

Tous les réac­teurs nucléaires suisses sont actuel­le­ment à l’arrêt
ATS, 17 août 2015 : http://bit.ly/1J6HH03
Microfissures, sabo­tage et nou­vel arrêt : le parc nucléaire belge se réduit comme peau de chagrin
AFP, 13 août 2015 : http://bit.ly/1TUS5CA
Les tra­vailleurs de Doel pas­se­ront au détec­teur de mensonges
Belga, 27 juillet 2015 : http://bit.ly/1Jtlsag

Les cuves fis­su­rées sont loin de repré­sen­ter les seuls pro­blèmes des cen­trales nucléaires belges et suisses : il faut comp­ter avec le déla­bre­ment, les fuites diverses, les erreurs de main­te­nance, et même le sabo­tage à Doel ! Du coup, les sala­riés de cette cen­trale vont pas­ser… au détec­teur de men­songes. Il nous est avis que cet étrange appa­reil va se mettre à son­ner à tout va avant même que ces pauvres gars ne soient inter­ro­gés… car c’est l’industrie nucléaire toute entière qui est basée sur le mensonge !

Du coup, sui­vant la preuve par l’exemple appor­tée par le Japon (voir ci-dessous), nos voi­sins expé­ri­mentent la vie sans nucléaire (Suisse) ou presque (Belgique). Nul doute que ces expé­riences devien­dront sous peu des situa­tions nor­males et défi­ni­tives. En espé­rant que ce ne soit pas après une catas­trophe atomique…


Japon : échec de la relance du nucléaire… en des­sous du volcan !

Les maîtres chan­teurs du nucléaire redé­marrent un réac­teur au Japon
Thierry Ribault, 16 août 2015 : http://bit.ly/1WGgfQ8
Japon. Un vol­can menace une cen­trale nucléaire tout juste redémarrée
Courrier inter­na­tio­nal, 17 août 2015 : http://bit.ly/1LkDj0k
Non, « le Japon » ne relance pas « le nucléaire »
Observatoire du nucléaire, 11 août 2015 : http://bit.ly/1L3OaPa
Le redé­mar­rage du réac­teur japo­nais de Sendai suspendu
Reuters, 21 août 2015 : http://bit.ly/1JgGS72

Les nucléo­crates japo­nais font de leur mieux pour riva­li­ser d’incompétence et de ridi­cule avec les ato­mistes fran­çais : le pou­voir poli­tique et indus­triel nip­pon ne par­vient pas à remettre en ser­vice le réac­teur de Sendai qui, pour­tant, devait ser­vir d’exemple et entraî­ner à sa suite le retour en fonc­tion de nom­breux autres réac­teurs. Pourtant, tout avait été bien pré­pa­ré : la nou­velle auto­ri­té de sûre­té, pré­ten­due « indé­pen­dante » et « com­pé­tente » contrai­re­ment à la pré­cé­dente, a bien enten­du don­né son accord à la remise en ser­vice de plu­sieurs réacteurs.

Mais un tri­bu­nal, sai­si par de cou­ra­geux habi­tants, à inter­dit la remise en ser­vice de la cen­trale de Takahama. Qu’à cela ne tienne, c’est à Sendai que l’atome japo­nais devait renaître, certes à proxi­mi­té de plu­sieurs vol­cans mais, c’était sûr et cer­tain, ils ne pou­vaient pas se réveiller.
Le 11 août, les pro­cé­dures de mise en ser­vice ont été com­men­cées avec un objec­tif de pro­duc­tion d’électricité cou­rant sep­tembre. Mais il n’a fal­lu que 4 jours pour que tout déraille : pro­ba­ble­ment éner­vés de tant de mépris, les fameux vol­cans se sont réveillés et les experts ont esti­mé que « la pro­ba­bi­li­té d’une érup­tion à grande échelle du vol­can Sakurajima est désor­mais très forte ».

Pas de quoi faire recu­ler le pre­mier ministre ultra-nationaliste Shinzo Abe ni l’autorité de sûre­té tel­le­ment « indé­pen­dante » : la remise en route du réac­teur 1 de Sendai devait conti­nuer. Mais, 5 jours plus tard, il a fal­lu tout stop­per : vannes coin­cées, fuites impré­vues… pas si facile d’être un nucléo­crate criminel !

Il est donc avé­ré que, en ce mois de sep­tembre, le Japon pour­ra fêter deux années com­plètes avec 0% d’électricité nucléaire. C’était pour­tant « impos­sible » d’après les pré­ten­dus spé­cia­listes… et pour­tant. Mais alors, si le Japon peut arrê­ter rapi­de­ment et dura­ble­ment ses 54 réac­teurs, la France peut for­cé­ment en faire de même (elle en compte 58), non ?


Fermeture de Fessenheim : il fau­drait dédom­ma­ger EDF !

EDF pour­ra bien deman­der à être indem­ni­sé pour les fer­me­tures de réacteurs
AFP, 14 août 2015 : http://bit.ly/1LmcoEd
Fessenheim : le Conseil consti­tu­tion­nel s’est pen­ché sur la pos­sible indem­ni­sa­tion d’EDF
Actu-environnement, 24 août 2015 : http://bit.ly/1I8QvRl

Selon l’avis ren­du jeu­di 13 août par le Conseil consti­tu­tion­nel, EDF pour­rait deman­der une indem­ni­sa­tion en cas de fer­me­ture de réac­teurs - à Fessenheim ou ailleurs - du fait de la loi sur la tran­si­tion éner­gé­tique. En réa­li­té, comme l’explique bien l’excellent site « Actu-environnement », la situa­tion reste assez com­plexe et le Conseil consti­tu­tion­nel ne l’a pas clai­re­ment tranchée.

Mais une chose est désor­mais cer­taine : depuis que EDF n’est plus un éta­blis­se­ment public mais une socié­té ano­nyme (chan­ge­ment opé­ré en 2004 sous la hou­lette de Sarkozy avec la col­la­bo­ra­tion active de la direc­tion de la CGT), l’État n’a plus la main et ne peut plus déci­der de fer­mer des réac­teurs sans s’exposer à de lourdes consé­quences pour les finances publiques.

Une fois de plus, la dupli­ci­té des nucléo­crates a frap­pé : ils ont d’abord uti­li­sé la force de l’État (et ses com­pa­gnies de gen­darmes mobiles !) pour impo­ser la construc­tion des cen­trales nucléaires, puis ensuite ils ont désar­mé ce même État qui ne peut plus défaire ce qu’il a lui-même fait !

Cependant, une fois de plus, l’Observatoire du nucléaire prend ses res­pon­sa­bi­li­tés et tente de pré­voir l’avenir : il y aura bien des fer­me­tures de réac­teurs, et peut-être bien plus vite que pré­vu, mais elles ne seront en aucun cas le résul­tat d’un quel­conque cou­rage poli­tique : c’est le déli­te­ment du parc nucléaire qui va impo­ser des déci­sions radicales.

Il reste juste à espé­rer que ce ne seront « que » des acci­dents nucléaires (et non des catas­trophes comme Fukushima) qui contrain­dront EDF à fer­mer de toute urgence des réac­teurs. Ce ne seront alors pas des dédom­ma­ge­ments que l’Etat aura à ver­ser à EDF, il devra « seule­ment » ren­flouer l’électricien natio­nal qui sera en faillite (ce qui est d’ailleurs déjà presque le cas). Dans tous les cas, vous l’avez com­pris, c’est l’argent public qui sera mis à contri­bu­tion par dizaines - et pro­ba­ble­ment plu­tôt par cen­taines - de milliards.


Déchets radio­ac­tifs : les ban­dits Macron et Longuet atomisés !

Le gou­ver­ne­ment pro­fite de la loi Macron pour impo­ser l’enfouissement des déchets radioactifs
Reporterre, 8 juillet 2015 : http://bit.ly/1M8tiVJ
L’enfouissement des déchets nucléaires dis­crè­te­ment adop­té avec la loi Macron
FranceTV, 10 juillet 2015 : http://bit.ly/1E7SVov
Loi Macron : le Conseil consti­tu­tion­nel annule l’enfouissement des déchets nucléaires
FranceBleu, 6 août 2015 : http://bit.ly/1LlKbuq

Nous le répé­tons sou­vent car c’est une véri­té incon­tes­table : les nucléo­crates sont des men­teurs, des cyniques, des tri­cheurs, de vrais tor­dus lâches et vicieux. Ils en ont à nou­veau appor­té la preuve écla­tante en essayant de faire adop­ter le pro­jet Cigéo - l’enfouissement des déchets les plus radio­ac­tifs à Bure (Meuse) - par une de ces manoeuvres minables dont ils ont le secret.

L’idée était de glis­ser Cigéo dans la loi Macron, qui n’avait pour­tant rien à voir, et sur­tout de le faire juste avant que cette loi ne soit adop­tée en force et sans débats par le biais du fameux article 49-3. Et le lob­by nucléaire a dési­gné un de ses plus fameux ser­vi­teurs pour com­mettre ce crime, Gérard Longuet. En col­la­bo­ra­tion bien sûr avec l’ultra-libéral Macron, et avec la béné­dic­tion de Mme Royal qui s’est pro­non­cée « contre l’enfouissement »… mais sans lever le petit doigt pour s’y opposer.

Longuet, membre du grou­pus­cule nazi Occident, s’est depuis long­temps dégui­sé en par­le­men­taire « hono­rable », vivant gras­se­ment d’argent public depuis 40 ans (tout en dénon­çant le poids « insup­por­table » des dépenses publiques !), et agis­sant aux ordres des pires indus­triels et prio­ri­tai­re­ment de ceux de l’atome. Gare à l’occident nucléaire !

Mais voi­là : un mois plus tard, le Conseil consti­tu­tion­nel annu­lait l’article concer­nant Cigéo, consta­tant qu’il s’agissait d’un « cava­lier légis­la­tif », c’est à dire d’une dis­po­si­tion n’ayant rien à voir avec la loi dans laquelle elle avait été inté­grée. Certes, les nucléo­crates revien­dront bien­tôt à la charge, mais on ne peut que se délec­ter de ce coup d’arrêt…


Enfouissement des déchets nucléaires : ZAD is the question

Plus Bure sera leur chute
Site du camp VMC : http://vmc.camp
Le centre d’enfouissement radio­ac­tif de Bure va-t-il se trans­for­mer en ZAD ?
France info, 3 août 2015 : http://bit.ly/1Ukp6Vm
Contestation de Cigeo : on entre dans le Bure !
L’Affranchi, 14 août 2015 : http://bit.ly/1UUzGCV

Du 1er au 10 août 2015 s’est tenu un Camp inter­na­tio­nal de ren­contres et d’actions à Bure (Meuse), site choi­si par le lob­by nucléaire pour y enfouir ses déchets les plus radio­ac­tifs et assu­ré­ment pas mal d’autres cochon­ne­ries (pro­jet appe­lé « Cigéo »). Au menu, la dénon­cia­tion de ce pro­jet d’enfouissement cri­mi­nel, bien sûr, mais aus­si des dis­cus­sions anti-autoritaires, anti-capitalistes, etc. On ne pou­vait donc voir que d’un bon oeil un tel coup de main à cette lute de longue haleine et les pré­oc­cu­pa­tions bien légi­times de ces jeunes (et même quelques moins jeunes).

Pourtant, c’est qua­si­ment la ter­reur qui a étreint cer­tains élus locaux, à tel point que les médias natio­naux ont débar­qué en posant tous la même ques­tion : le camp allait-il se trans­for­mer en une ZAD (Zone à défendre) per­ma­nente ? Finalement, on peut se féli­ci­ter de cet embal­le­ment irra­tion­nel qui a au moins eu pour effet de mettre en lumière l’ineptie du pro­jet Cigéo, les manoeuvres nau­séa­bondes de l’Agence natio­nale des déchets radio­ac­tifs (ANDRA) et le fait que des gens sen­sés s’y opposent.

Pendant la tenue du Camp, une réjouis­sante action menée par de petits malins a per­mis de mettre en lumière les agis­se­ments d’une sorte de « shé­rif » local, un cer­tain Emmanuel Hance, négo­cia­teur des acqui­si­tions fon­cières de l’ANDRA. Cet indi­vi­du « en n’hésitant pas à har­ce­ler les per­sonnes âgées pour s’emparer de leurs terres, à appe­ler inlas­sa­ble­ment jour après jour pour vaincre toute volon­té de résis­tance, à bran­dir la menace d’expropriation pour inti­mi­der ses inter­lo­cu­teurs, etc. »

De façon péda­go­gique, les acti­vistes ont cher­ché à lui faire com­prendre à quel point il était mal­ve­nu de lais­ser ses déchets (radio­ac­tifs ou non) chez les autres et à faire pas­ser pour « vertes » les acti­vi­tés les plus pol­luantes. En vacances, les notables « éco­lo­gistes » comme M De Rugy et Mme Pompili n’ont pas encore eu le temps de « se déso­li­da­ri­ser » de cette action pour­tant salu­taire, mais de toute façon ils n’ont jamais été soli­daires de quoi que ce soit (hor­mis de leurs lucra­tives car­rières politiciennes).


Nucléaire ridi­cule : Engie concur­rence Areva et EDF !

Engie confirme son pro­jet nucléaire en Grande-Bretagne (nb : avec Toshiba…)
Reuters, 15 juillet 2015 : http://bit.ly/1egjivO
Toshiba : le scan­dale des bilans tru­qués va accé­lé­rer les restructurations
Le Monde, 22 juillet 2015 : http://bit.ly/1OwTvwL

Les nucléo­crates sont incor­ri­gibles : plus leurs affaires s’effondrent, plus ils font des annonces toni­truantes. C’est ain­si que Engie (nou­veau nom de GDF-Suez) et Toshiba pré­tendent construire en Grande-Bretagne pas moins de trois réac­teurs : « NuGen, dont le japo­nais Toshiba détient 60% et Engie 40%, pour­rait prendre une déci­sion finale d’investissement dans ce pro­jet fin 2018. La mise en ser­vice du pre­mier réac­teur est pré­vue pour 2024 ».

Mais la vente d’électricité nucléaire est une acti­vi­té tel­le­ment défi­ci­taire qu’il y a for­cé­ment anguille sous roche : NuGen compte béné­fi­cier des mêmes condi­tions stu­pé­fiantes que celles accor­dées par Cameron à EDF pour faire deux EPR (qui ne ver­ront en fait jamais le jour, voir les pré­cé­dentes revues de presse). Si stu­pé­fiantes que l’Autriche et une entre­prise d’énergies renou­ve­lables attaquent en jus­tice euro­péenne ce mon­tage plus que suspect.

De toute façon, les ménages bri­tan­niques ne pour­ront finan­cer pen­dant des décen­nies plu­sieurs pro­jets ultra-déficitaires comme ceux d’EDF et NuGen. On peut sup­po­ser que Engie et Toshiba parient sur l’échec du pro­jet d’EPR pour essayer de récu­pé­rer les cadeaux de Cameron, mais l’hypothèse est peu convain­cante. Plus pro­bable : en deman­dant à Londres les mêmes cadeaux inouïs que ceux offerts à EDF, NuGen peut contri­buer à l’annulation du pro­jet EPR. Ce serait de bonne guerre (com­mer­ciale).

Dans tous les cas, cet énième effet d’annonce de l’industrie nucléaire relève lui aus­si de la plai­san­te­rie, d’autant que Toshiba a d’autres chats à fouet­ter : le nou­veau PDG « va devoir mener d’importantes réformes pour assai­nir les finances d’un groupe au cour d’un scan­dale de fal­si­fi­ca­tion des comptes à hau­teur de 151,8 mil­liards de yens (1,12 mil­liard d’euros) sur sept ans. La ces­sion d’une par­tie du capi­tal de Westinghouse, dans le nucléaire, est aus­si envi­sa­gée. ». Rien à rajouter !


Nucléaire ridi­cule (suite)

Areva engrange deux juteux contrats
Usine nou­velle, 16 juillet 2015 : http://bit.ly/1CPQTJ7
Areva conti­nue à rem­por­ter des contrats
La Tribune, 15 juillet 2015 : http://bit.ly/1JJ5TJN
Areva décroche un gros contrat aux USA
Les Echos, 15 juillet 2015 : http://bit.ly/1NKnRhy
Rappel : Areva perd le mar­ché de Sellafield
Challenges, 13 jan­vier 2015 : http://bit.ly/1Ox7S45

Aveuglément pro­nu­cléaire, les médias éco­no­miques L’Usine nou­velle, La Tribune et Les Echos tentent de se redon­ner le moral face à la situa­tion de faillite d’Areva en lais­sant croire que cette entre­prise véro­lée vole de suc­cès en vic­toires. En réa­li­té, il ne s’agit là que de la ges­tion de l’existant : un peu de main­te­nance aux USA, un peu de déman­tè­le­ment en Grande-Bretagne (à Sellafield).

Qui plus est, l’expérience montre que, lorsqu’Areva décroche des contrats, cela coûte au final de l’argent au lieu d’en rap­por­ter ! Enfin, ces médias oublient conscien­cieu­se­ment de rap­pe­ler que, quelques mois plus tôt, Areva a été évin­cé sans ména­ge­ment d’un énorme chan­tier (déman­tè­le­ment, déchets) à Sellafield même, après avoir une nou­velle fois démon­tré l’incompétence du nucléaire hexagonal.


L’industrie nucléaire endort la popu­la­tion… pour de vrai !

Kazakhstan : une mine d’uranium cause d’une mys­té­rieuse épi­dé­mie du sommeil !
FranceTV, 21 juillet 2015 : http://bit.ly/1CVtzcs
Le mys­tère du « vil­lage endor­mi » kazakh enfin résolu ?
Le Monde, 21 juillet 2015 : http://bit.ly/1KkKFDv

Pour ponc­tuer cette séquence sur le « nucléaire ridi­cule », voi­ci l’histoire du vil­lage kazakh « endor­mi » par les éma­na­tions pro­ve­nant d’une ancienne mine d’uranium. Pas de quoi se moquer : en France, ce sont des dizaines de mil­lions de gens qui sont endor­mis depuis 50 ans par le lob­by nucléaire…