Observatoire du nucléaire

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Espionnage de Stéphane Lhomme par EDF et les RG (DST, DCRI) : l’affaire « oubliée » par la justice

16 mai 2014 · ana duarte

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Ce ven­dre­di 16 mai s’ouvre à Paris le pro­cès de l’affaire d’espionnage de Mme Lauvergeon, qui court depuis 2011 et met en cause Areva et son ancienne Présidente. Bien que ces der­niers aient déci­dé de reti­rer subi­te­ment leurs plaintes res­pec­tives, la Justice a tout de même déci­dé d’enquêter et de faire la lumière sur cette mys­té­rieuse affaire dans laquelle trempe un étrange « enquê­teur » suisse.

Stéphane Lhomme n’a pas cette chance  : depuis 2009, mal­gré une plainte avec consti­tu­tion de par­tie civile, des enquêtes édi­fiantes menées par divers médias, des pièce acca­blantes, de qua­si aveux de la part d’EDF [1] , il attend encore que la jus­tice veuille bien faire son tra­vail. Après ceux de Nanterre, Paris et Lyon, c’est le Parquet de Bordeaux qui a fina­le­ment héri­té du dos­sier en 2010… et l’a semble-t-il pla­cé tout en des­sous de la pile !

Flash-back. Le 8 avril 2009, le Canard enchaî­né publie deux articles [2] qui révèlent com­ment et pour­quoi EDF et les Renseignements géné­raux (RG) ont mis en place un sys­tème de sur­veillance et d’espionnage de Stéphane Lhomme, alors porte-parole du Réseau Sortir du nucléaire.

On apprend en par­ti­cu­lier qu’une socié­té suisse (déci­dé­ment !), nom­mée Sécurewyse, a été man­da­tée par EDF pour sur­veiller sur le plan infor­ma­tique le mili­tant anti­nu­cléaire. Le JDD titre « Lhomme à abattre » [3] et Le Point, dans un grand article du 23 avril 2009 titré « EDF, le pirate et les offi­cines » [4], révèle com­ment la boite e-mail de Stéphane Lhomme a été espion­née par EDF « grâce à une com­pli­ci­té chez Wanadoo ».

Mais le Point révèle aus­si que les espions man­da­tés par EDF ont pla­cé une « taupe » au Réseau Sortir du nucléaire qui, comme par hasard, plonge quelques temps plus tard dans une mys­té­rieuse crise interne, jamais expli­quée, au terme de laquelle Stéphane Lhomme est évin­cé. Mission accomplie.

Après avoir dépo­sé une plainte avec consti­tu­tion de par­tie civile, Stéphane Lhomme a vu son dos­sier pas­ser de par­quet en par­quet : Nanterre, Paris, Lyon, puis enfin Bordeaux. Il est tout de même enten­du en décembre 2010 et depuis… plus rien. Avec une ques­tion lan­ci­nante : quels liens entre l’espionnage orga­ni­sé par EDF, l’infiltration du Réseau Sortir du nucléaire, et l’éviction finale ?


[1Espionnage de Stéphane Lhomme par EDF et les RG, chro­no­lo­gie et articles de Presse : http://edf.espionnage.free.fr

[2Le Canard enchaî­né, 8 avril 2009

[3Le JDD, 8 avril 2009 : « Lhomme à abattre »

[4Le Point, « EDF, le pirate et les officines »