Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Climat : le GIEC se range ouvertement aux côtés de l’industrie nucléaire…

14 avril 2014 · ana duarte

A l’occasion de la publi­ca­tion ce dimanche de son rap­port sur « l’atténuation du chan­ge­ment cli­ma­tique », le Groupe inter­gou­ver­ne­men­tal d’experts sur le cli­mat (Giec) a défi­ni­ti­ve­ment confir­mé qu’il était bien plus un orga­nisme sou­mis aux exi­gences de groupes de pres­sion, en par­ti­cu­lier de l’industrie nucléaire, qu’un véri­table orga­nisme scientifique.

Il faut d’ailleurs rap­pe­ler que, après une phase de tra­vail réel­le­ment scien­ti­fique, les conclu­sions du Giec font l’objet d’âpres négo­cia­tions entre les repré­sen­tants des pays ou groupes de pays, sou­vent acti­vés par des orga­nismes de lob­bying, qui font alors modi­fier les textes, ajou­ter ou retran­cher des élé­ments en fonc­tion de leurs inté­rêts géos­tra­té­giques, bafouant allè­gre­ment la démarche scientifique.

On ne s’étonnera donc pas de voir que le Giec a défi­ni­ti­ve­ment adop­té les « élé­ments de lan­gage » déve­lop­pés par l’industrie nucléaire pour pro­mou­voir ses acti­vi­tés, en par­ti­cu­lier le concept d’ « éner­gies bas car­bone » qui per­met allè­gre­ment de regrou­per dans un même ensemble, contre-nature, les éner­gies renou­ve­lables et le nucléaire.

La manoeuvre du Giec est gros­sière : qui sou­tient les éner­gies renou­ve­lables devrait donc sou­te­nir en même temps la pire des cala­mi­tés, le nucléaire, alors même que la catas­trophe de Fukushima bat son plein.

En réa­li­té, pour offrir un ave­nir à nos enfants, il faut certes pro­mou­voir les alter­na­tives au trio pétrole-gaz-charbon, tant pour des rai­sons géo­po­li­tiques qu’écologiques, mais il faut aus­si accé­lé­rer le déclin du nucléaire dont la part dans l’électricité mon­diale est pas­sée de 17% en 2001 à envi­ron 9% à ce jour : c’est la bonne direc­tion, il faut aller au plus vite à 0%.

L’industrie nucléaire mon­diale, en par­ti­cu­lier la WNA (World nuclear asso­cia­tion) tente par tous les moyens de cacher à l’opinion publique le déclin de ses acti­vi­tés, par exemple en auto­cen­su­rant ses propres docu­ments. (Cf. Comment le lob­by ato­mique mon­dial tente de cacher l’effondrement de la part du nucléaire)

Il est déplo­rable de voir le Giec voler au secours de l’industrie ato­mique, sur­tout sous pré­texte de « sau­ver la pla­nète » : catas­trophes comme à Fukushima, déchets radio­ac­tifs, mines d’uranium, pro­li­fé­ra­tion à des fins mili­taires, etc : aucune per­sonne sen­sée ne peut pré­tendre que le péril nucléaire est moins grave que le pro­blème climatique.