Observatoire du nucléaire

Organisme indépendant de surveillance de l’industrie nucléaire

Revue de presse - mars 2014

26 mars 2014 · julienschwartz

[*Nucléaire français : dans tous les cas, la facture va exploser !*]

Illustration non retrou­vée dans les archives

Pour le lob­by nucléaire et ses employés (diplo­ma­ti­que­ment appe­lés « Président de la République », « Ministre », « Député », « Sénateur », etc), la France doit néces­sai­re­ment être par­se­mée de cen­trales nucléaires. C’est hélas déjà le cas mais voi­là, les réac­teurs vieillissent et leur dis­po­ni­bi­li­té chute dan­ge­reu­se­ment (voir le cha­pitre suivant).

Trois options sont donc étu­diées par les ato­mistes : construire de nou­veaux réac­teurs, réno­ver les anciens, ou les deux à la fois ! Or, dans tous les cas, les bud­gets néces­saires sont incom­men­su­rables. Écartons d’emblée l’hypothèse de la construc­tion de dizaines de réac­teurs EPR : EDF et Areva n’arrivent même pas à en construire un (res­pec­ti­ve­ment à Flamanville et en Finlande)

Quant à la réno­va­tion des réac­teurs actuels, il pour­rait en coû­ter la somme fara­mi­neuse de 300 mil­liards d’euros, et pro­ba­ble­ment encore bien plus car le lob­by nucléaire a pour habi­tude de mini­mi­ser outra­geu­se­ment la fac­ture réelle… celle qu’il faut fina­le­ment payer !

D’ores et déjà, le prix de l’électricité nucléaire fran­çaise flambe, contre­di­sant les 253 857 articles et repor­tages qui, ces der­nières années, ont pré­ten­du qu’il s’agissait là d’une éner­gie finan­ciè­re­ment avan­ta­geuse pour la France.

Par ailleurs, les grands indus­triels réclament déjà une baisse de 20% (pour eux, pas pour les consom­ma­teurs ordi­naires !). Et ce n’est qu’un début…

[*Le nucléaire français, colosse aux pieds d’argile face aux renouvelables*]

Dessin de DRAPIER

Nous avons déjà bien ri de cette affaire (cf revues de presse pré­cé­dente), rai­son de plus pour conti­nuer : après avoir moqué les éner­gies renou­ve­lables à la pro­duc­tion « négli­geable » et néan­moins « rui­neuse », le lob­by nucléaire dénonce main­te­nant la quan­ti­té astro­no­mique d’électricité éolienne venant d’Allemagne et ven­due à un tarif faible voire dérisoire.

Par ailleurs, les réac­teurs fran­çais sont dans un états géné­ral déplo­rable, ren­contrent de plus en plus de pro­blèmes et doivent être arrê­tés de plus en plus sou­vent pour pro­cé­der à des « rafis­to­lages » peu rassurants.

Au total, il appa­raît que le parc nucléaire fran­çais est un colosse aux pieds d’argile qui va iné­luc­ta­ble­ment cau­ser de mau­vaises sur­prises, en espé­rant qu’il s’agisse « seule­ment » de pénu­ries et pas de Fukushima(s) français…

[*L’EPR en déroute partout, EDF et Areva voudraient… l’ « optimiser » !*]

Optimisation de l’EPR…

On nous l’a dit des mil­liers de fois : EDF et Areva ont bien quelques « petits » pro­blèmes, sur leurs chan­tiers EPR res­pec­tifs à Flamanville et en Finlande (bien­tôt 10 ans de retard et 10 mil­liards de sur­coût !), mais l’honneur est « sau­vé » grâce aux deux EPR en chan­tier en Chine.

Or, au détour de docu­ments sibyl­lins, on finit par décou­vrir que ces deux chan­tiers ont déjà plus d’un an de retard. Et encore, il a été recon­nu que l’Autorité de « sûre­té » chi­noise pre­nait bien garde à ne jamais faire la moindre remarque pou­vant entraî­ner un quel­conque retard.

Considérant la curieuse trans­pa­rence de l’information dans ce pays dont on a par­fois ten­dance à oublier qu’il s’agit d’une dic­ta­ture, on peut d’ores et déjà pré­voir des sur­prises pour la suite de ces chan­tiers… et peut-être lors de la mise en ser­vice des réac­teurs. Pour mémoire, Areva a bra­dé ces deux EPR à 3,6 mil­liards les deux, alors qu’un seul exem­plaire vaut au moins 8 mil­liards. Devinez qui paye la dif­fé­rence… (réponse : vous, moi, nous !)

Pendant ce temps, se pour­suit l’enquête de la Commission euro­péenne sur les sommes inouïes accor­dées à EDF par Cameron (pre­mier ministre de la Grande-Bretagne) pour le pro­jet de construc­tion de deux EPR.

Nous avons sou­vent évo­qué cette affaire et pro­nos­ti­qué la dis­pa­ri­tion du pro­jet, pen­dant que la majo­ri­té des médias fran­çais annoncent au contraire un suc­cès « gigan­tesque » d’EDF. Cette der­nière à déjà dépas­sé la date limite qu’elle s’était don­née pour conti­nuer ou annu­ler cette affaire. Allez, annu­lez tout, ça nous fera gagner du temps !

[*Scoop : Areva brade l’EPR en Inde et signe n’importe quoi avec les Chinois*]

Illustration non retrou­vée dans les archives — Manifestations anti-Areva en Inde…

Pas décou­ra­gés par leurs échecs toni­truants en Finlande (bien­tôt 10 ans de retard et 10 mil­liards de sur­coût pour l’EPR), aux USA (inves­tis­se­ments rui­neux pour pro­jets fina­le­ment annu­lés), aux Emirats (bat­tus par les Coréens), en Tchéquie (éli­mi­na­tion de l’appel d’offre), etc, les gens d’Areva s’attaquent à l’Inde.

Nous avons sou­vent signa­lé la mobi­li­sa­tion mas­sive de la popu­la­tion (cf http://bit.ly/1i7o7mg ) contre le pro­jet cri­mi­nel d’Areva de construire des réac­teurs EPR en Inde, non seule­ment parce que tout pro­jet nucléaire est insen­sé, mais aus­si parce que l’EPR est le pire de tous les réac­teurs, et enfin parce qu’il est encore plus déli­rant de vou­loir en construire à Jaitapur… en zone sismique !

Mais il ne faut jamais oublier les affaires de gros sous : Areva exi­geait un prix de rachat de l’électricité à hau­teur de 9,18 rou­pies indiennes par kilo­watt­heure, mais ce sera fina­le­ment 6 rou­pies. Qu’à cela ne tienne, on brade, l’argent public (fran­çais) vien­dra tôt ou tard payer la différence…

En fin de mois, à l’occasion de la venue en France du Président de la dic­ta­ture chi­noise, Areva et son par­te­naire CNNC ont signé des accords pour amu­ser la gale­rie. Voyez un peu : « Un pre­mier accord pré­voit la pour­suite des négo­cia­tions concer­nant le pro­jet d’usine de traitement-recyclage des com­bus­tibles usés ». Un accord… pour pour­suivre les négo­cia­tions : génial !

Un deuxième accord pré­voit la créa­tion d’une coen­tre­prise qui « contri­bue­ra au ren­for­ce­ment de la sûre­té des cen­trales nucléaires chi­noises. ». Les Chinois s’adressent à Areva pour la sûre­té nucléaire : aux fous ! Enfin, « les deux groupes pré­voient de ren­for­cer leur par­te­na­riat stra­té­gique ». Il faut croire que ce par­te­na­riat était bien chan­ce­lant puisqu’il y a néces­si­té de le ren­for­cer. En résu­mé, une belle séance d’annonces bidons…

[*Extraction du plutonium et surgénérateurs : l’industrie atomique déboussolée*]

Extraire le plu­to­nium est un jeu amu­sant (ie : à mou­rir de rire) qui se pra­tique en par­ti­cu­lier sur les armes nucléaires déclas­sées et sur les com­bus­tibles usés, c’est à dire les déchets radio­ac­tifs pro­duits par les cen­trales nucléaires.

Le pre­mier « inté­rêt » de l’affaire est qu’il faut construire de gigan­tesques usines qui sont rui­neuses pour la col­lec­ti­vi­té… mais qui rap­portent gros à leurs construc­teurs, les­quels sont en géné­ral les amis des poli­ti­ciens qui ont déci­dé la construc­tion des usines en ques­tion… et dont ils financent les cam­pagnes élec­to­rales, etc.

Mais, sur­tout en période de disette bud­gé­taire, la fac­ture est par­fois si gigan­tesque que la plai­san­te­rie trouve là ses limites. Ainsi, aux USA, le Département de l’énergie a mis un coup d’arrêt à la construc­tion d’une usine de plu­to­nium en Caroline du Sud.

Annoncé au départ à un coût de 1 petit mil­liard de dol­lars, ce « machin » a déjà englou­ti plus de 4 mil­liards et pour­rait pous­ser in fine jusqu’à 10 mil­liards. Et, toutes fac­tures com­prises, y com­pris le coût de fonc­tion­ne­ment pen­dant 15 ans, l’affaire pour­rait englou­tir la somme astro­no­mique de 34 mil­liards. D’où le « stop » du dépar­te­ment de l’énergie.

Pendant ce temps, des experts dénoncent les graves risques pour la sécu­ri­té mon­diale cau­sés par la construc­tion au Japon d’une usine de sépa­ra­tion du plu­to­nium, mise en chan­tier en 1993 sous la hou­lette d’Areva.

Craintes jus­ti­fiées sur le fond mais peut-être pas dans les faits puisque, alors qu’elle devait être ache­vée en 1997, cette usine gigan­tesque n’est tou­jours pas entrée en ser­vice, plus de 20 ans après le « pre­mier béton ». Quant à la fac­ture, elle est pas­sée offi­ciel­le­ment de 6 à 14 mil­liards, en atten­dant le mon­tant réel.

Le plu­to­nium issu des usines de sépa­ra­tion peut bien sûr ser­vir à faire des bombes ato­miques, mais aus­si à ali­men­ter des réac­teurs dits « de 4ème géné­ra­tion », les­quels sont en réa­li­té ces sur­gé­né­ra­teurs que l’industrie nucléaire mon­diale échoue depuis 50 ans à faire fonc­tion­ner correctement.

Ce fut ain­si le cas en France du fameux sur­gé­né­ra­teur Superphénix dont la faillite gigan­tesque, qui s’est sol­dée par la dés­in­té­gra­tion de 10 mil­liards d’euros, est res­tée mythique. Pas de quoi décou­ra­ger les nucléo­crates hexa­go­naux qui veulent effec­tuer une nou­velle ten­ta­tive avec un petit Superphénix joli­ment bap­ti­sé Astrid. Pierre Péguin, ancien phy­si­cien nucléaire, membre de la Coordination anti­nu­cléaire du Sud-est, lance l’alerte.

[*Fukushima : censure des médias au Japon, pas en Suisse*]

Illustration non retrou­vée dans les archives — Fukushima : tout avait été pré­vu… sauf ça !

La catas­trophe nucléaire de Fukushima est si dra­ma­tique que les auto­ri­tés japo­naises, qui vou­draient bien impo­ser la remise en ser­vice des réac­teurs nip­pons, tentent par tous les moyens, et en par­ti­cu­lier par la cen­sure, de cacher la réalité.

C’est ain­si que Reporters sans fron­tières « dénonce le trai­te­ment réser­vé aux jour­na­listes et blo­gueurs cri­tiques à l’encontre des auto­ri­tés et du lob­by nucléaire(…) Dernier cas recen­sé par l’organisation, la jour­na­liste free­lance et blo­gueuse Mari Takenouchi, accu­sée d’« outrage cri­mi­nel » après avoir cri­ti­qué l’organisation non gou­ver­ne­men­tale « Ethos » et son pro­jet de repeu­ple­ment volon­taire des zones irradiées. »

« Ethos » est un pro­gramme néga­tion­niste et cri­mi­nel prin­ci­pa­le­ment mis en place par les nucléo­crates fran­çais qui ont pris pour cobayes les habi­tants des zones conta­mi­nées autour de Tchernobyl et, forts de leur « exper­tise », se croient habi­li­tés à expli­quer aux Japonais com­ment vivre heu­reux en man­geant des pro­duits conta­mi­nés. Lire à ce sujet « La mal­bouffe radioactive »

Pas de cen­sure par contre en Suisse où Le Temps nous informe : « Alors que des mil­liers de familles dépla­cées de la région de Fukushima s’entassent dans des pré­fa­bri­qués et que les opé­ra­tions de décon­ta­mi­na­tion et de col­ma­tage de la cen­trale détruite sont émaillées de fuites, la jus­tice japo­naise a, la semaine der­nière, nul­li­fié la plu­part des plaintes contre l’opérateur Tepco (Tokyo Electric Power). Ni l’administration nip­ponne, ni les diri­geants de cette com­pa­gnie élec­trique ne seront tenus pour res­pon­sables du drame. ».

[*Fukushima : l’Autorité de sûreté des USA a massivement menti !*]

Avant tout, il ne faut pas déduire du titre ci-dessus que l’Autorité de sûre­té nucléaire des USA, la NRC, n’a men­ti que lors du début de la catas­trophe de Fukushima : elle men­tait avant, elle ment depuis, et elle men­ti­ra à l’avenir, car c’est sa mis­sion pre­mière, tout comme pour l’ASN française.

Cependant, grâce à l’entêtement d’organisations citoyennes, il est désor­mais éta­bli que la NRC a men­ti encore plus que d’habitude dès le début de la catas­trophe de Fukushima et dans les semaines et les mois qui ont suivi.

Les USA ont beau­coup de défauts, mais aus­si quelques ver­tus comme la pos­si­bi­li­té pour des orga­ni­sa­tions citoyennes d’obtenir la copie des e-mails échan­gés dans une agence publique. Autre dif­fé­rence avec la France, on peut trou­ver de grands médias, NBC en l’occurrence, pour faire la véri­té sur les men­songes de l’industrie nucléaire.

[*Mini-Fukushima aux USA (suite)*]

Merci à Arnie de dévoi­ler les des­sous de cette affaire déjà évo­quée le mois der­nier, mer­ci aus­si à la per­sonne incon­nue qui a fait la tra­duc­tion en fran­çais et pos­té la vidéo sous-titrée. Vous êtes for­te­ment invi­tés à prendre quelques minutes pour regar­der cette vidéo édifiante.

[*3 ans après Fukushima, l’industrie nucléaire crâne…*]

Déguisés en jour­na­listes, deux des plus fidèles ser­vi­teurs de l’industrie nucléaire nous gra­ti­fient de stu­pé­fiants « articles », un bien grand mot d’ailleurs pour un simple reco­piage de la pro­pa­gande du lob­by de l’atome.

La thèse défen­due est que « la catas­trophe de Fukushima est déjà oubliée » et que les réac­teurs nucléaires vont pous­ser un peu par­tout sur la pla­nète. C’est le grand retour… du « grand retour du nucléaire », mythe annon­cé dans des mil­liers d’articles et de repor­tages depuis le début des années 2000.

On nous annonce même que de nom­breux pays d’Afrique, qui n’ont pour­tant guère d’argent à gas­piller après avoir été pillés pen­dant des décen­nies (et aujourd’hui encore) par les pays riches, vont se lan­cer « aus­si » dans l’atome : bla bla bla, bla bla bla…

Pourtant, il suf­fit d’ouvrir les yeux - par exemple ici -> http://bit.ly/1mRYvkk - pour consta­ter que l’atome mon­dial est en déclin bru­tal et irré­ver­sible : la majo­ri­té des 400 réac­teurs en ser­vice sur Terre a plus de 30 ans, les fer­me­tures défi­ni­tives vont se mul­ti­plier, et ce ne sont pas les rares mises en ser­vice de nou­veaux réac­teurs qui y chan­ge­ront quoi que ce soit.

[*…mais son effondrement se poursuit inéluctablement*]

9% aujourd’hui (contre 17% en 2001) : la part du nucléaire dans l’électricité mon­diale s’effondre…

Les mau­vaises nou­velles se suc­cèdent au royaume de l’atome : un réac­teur va être arrê­té en Allemagne avant la date pré­vue car il n’est tout sim­ple­ment plus ren­table. La Finlande, déjà au prise avec le désastre de l’EPR fran­çais, renonce à construire en plus un réac­teur russe.

A noter aus­si en Belgique la suite de l’affaire des réac­teurs aux cuves fis­su­rées, affaire lar­ge­ment évo­quées dans nos revues de presse depuis deux ans. Les deux réac­teurs belges remis en ser­vice auraient dû res­ter à l’arrêt, c’est assu­ré­ment par miracle que l’accident n’a pas eu lieu. Cette fois, Doel 3 et Tihange2 sont pro­ba­ble­ment fer­més pour tou­jours. Tant mieux.

[*Nucléaire : d’autres façons d’en parler…*]

Chanson du doyen d’Iitate (Fukushima)

[*Fusion nucléaire : ça bouge !*]

Confinement magné­tique (ITER) ou iner­tiel (Mégajoule) ? Dans les deux cas, la France gas­pille des sommes inouïes pour construire des ins­tal­la­tions sup­po­sées per­mettre de maî­tri­ser la fusion nucléaire. Ou du moins d’essayer de « pro­gres­ser sur cette voie ». Ou du moins de per­mettre aux phy­si­ciens de faire des expé­riences vaines… mais pas­sion­nantes pour eux. Grand bien leur fasse, mais à part ça…

En résu­mé, 50 ans de recherches n’ont guère per­mis d’avancer vers la maî­trise de la fusion nucléaire et, pire, le bout du tun­nel avance plus vite que les cher­cheurs ! L’échec est donc d’ores et déjà assu­ré pour Iter comme pour le Mégajoule, les années de retard et les mil­liards d’euros de sur­coût s’accumulent mais, bien sûr, les tra­vaux continuent.

Concernant Iter (cf http://reacteur.iter.free.fr ), les « res­pon­sables » en sont juste à faire des tests de convois rou­tiers pour ame­ner le moment venu les gigan­tesques pièces (qui arri­ve­ront par bateau à Marseille) jusqu’au site nucléaire de Cadarache. Mais, même à vide, ça ne s’est pas bien pas­sé. On n’a pas fini de rire…

Du côté de Bordeaux, le pre­mier tir du Laser Mégajoule est pré­vu en prin­cipe pour le 2 décembre 2014. Pour mémoire, si par extra­or­di­naire il fonc­tionne cor­rec­te­ment, ce « machin » est sup­po­sé per­mettre aux mili­taires de mettre au point une nou­velle géné­ra­tion de bombes ato­miques. Du coup, un Camp de la Paix va être orga­ni­sé en Gironde les 20 et 21 sep­tembre 2014. Cf http://laser.megajoule.free.fr

[*Deux études mettent en lumière les ravages du nucléaire sur la santé publique*]

L’industrie nucléaire a des effets dra­ma­tiques sur la san­té publique y com­pris en fonc­tion­ne­ment « ordi­naire », c’est à dire hors des situa­tions acci­den­telles et catas­tro­phiques comme au Japon actuellement.

Deux études récentes montrent les graves consé­quences pour la san­té publique de la pré­sence d’une cen­trale nucléaire, en par­ti­cu­lier lorsqu’elle est ancienne, ou d’une mine d’uranium. Bien enten­du, ces tra­vaux ne font la Une d’aucun des « grands médias » qui ont mieux à faire que d’informer la population.

Un étude montre par exemple la pré­sence de stron­tium, un élé­ment proche du plu­to­nium, dans les dents des jeunes enfants vivant près d’une cen­trale nucléaire. Une autre étude montre aus­si com­ment les popu­la­tions indi­gènes, Indiens d’Amérique en l’occurrence, sont les prin­ci­pales vic­times des mines d’uranium.

[*Mines d’uranium d’Areva : une malédiction au Niger… et en France !*]

Illustration non retrou­vée dans les archives — La France est par­se­mée d’anciennes mines d’uranium… tou­jours dangereuses

Au moment de bou­cler cette revue de presse, la conclu­sion des négo­cia­tions entre Areva et le Niger n’est tou­jours pas au rendez-vous, bien que de mul­tiples fois annon­cée. Pour mémoire, le Niger essaie d’obtenir d’Areva un prix un peu moins ridi­cule pour l’uranium exploi­té (pillé) depuis 50 ans par la France pour ali­men­ter à bon compte ses cen­trales nucléaires.

L’Observatoire du nucléaire est cepen­dant d’ores et déjà en mesure d’annoncer le résul­tat final : les Nigériens vont conti­nuer à être spo­liés, Areva va conti­nuer à se ser­vir à bas prix et en conta­mi­nant la popu­la­tion et l’environnement, en assé­chant la nappe phréatique…

Il ne fau­drait d’ailleurs pas oublier qu’Areva (autre­fois la Cogéma) a aus­si conta­mi­né de nom­breuses régions de France car on y trouve aus­si de l’uranium. Toutes les mines sont fer­mées depuis 1999, mais les conta­mi­na­tions per­sistent, à tel point qu’une famille de la région de Limoges a dû être éva­cuée en urgence.

[*A NOTER :*]

Sous peu, l’Observatoire du nucléaire publie­ra des infor­ma­tions stu­pé­fiantes concer­nant le pro­cès qui lui est inten­té par Areva (cf http://www.observatoire-du-nucleaire.org ) et le juge­ment de pre­mière ins­tance qui a don­né rai­son, de façon sidé­rante, à la mul­ti­na­tio­nale de l’atome, de la conta­mi­na­tion et du mensonge.